« L’IA est en train de participer à l’évaporation de la valeur. Le coût marginal de la cognition, qui était quelque chose de très important dans notre société, n’a quasiment plus de valeur économique et sociale. »
Cyril a vu l’IA passer en quelques années d’une promesse de laboratoire à une technologie qui s’invite partout. Et pourtant.
Quand on lui demande où nous en sommes, il ne déroule pas le récit de la Silicon Valley. Il ne parle pas de singularité, ni d’AGI, ni de la prochaine révolution magique.
Il parle d’évaporation de valeur, d’effondrement d’un paradigme, de pollution cognitive, de grottes sombres dans lesquelles des gens refusent de revenir.
Dans ce nouvel épisode de TIME TO RESET, j’échange avec Cyril de Sousa Cardoso sur ce que cette vague technologique nous fait, à nous, à nos organisations, à notre rapport au monde. Et sur la troisième voie qu’il cherche, entre la fuite en avant techno-solutionniste et le déni d’obstacle qui nous laisserait à terre.
Une idée m’a marqué dans cette conversation. C’est une question simple que Cyril pose à mi-parcours : et si la bonne utilisation de l’IA n’était pas d’en faire un outil de plus, mais un outil qui réduit ?
Qui réduit le bruit, le mail, la réunion, le compte rendu, le scroll, tout ce qu’on a empilé en croyant produire de la valeur. Il appelle ça la déflation numérique, et il en parle comme d’une intuition qui se forme en direct.
Je n’avais pas vu venir cette idée en préparant l’épisode, et c’est elle qui réorganise tout le reste pour moi.
Parce que si on accepte cette inversion, alors les chiffres qu’il cite, les bulles qu’il décrit, les paradoxes qu’il pointe ne disent plus la même chose. Ils ne disent plus « comment intégrer l’IA ». Ils disent « qu’est-ce qu’on cherche à faire de notre temps de cerveau, et qui décide ».
L’épisode en bref (1h47)
L’état des lieux, sans le mythe : la rupture des transformers, le plafond des modèles statistiques, l’évaporation de la valeur cognitive, la chaîne digitale rompue, le paradoxe de Moravec, les 95 % de projets IA qui échouent, le shadow AI qui contourne les DSI, la bulle qui se profile derrière le mirage de l’AGI…
Les angles morts qu’on évite : le coût carbone du numérique dans son ensemble, les effets rebonds d’une technologie trop efficiente, la pollution cognitive, le bilan carbone global qu’on refuse de regarder, la souveraineté numérique européenne et ce que Trump a révélé de notre dépendance…
Les voies de sortie, entre lucidité et mouvement : high-tech / low-tech / no-tech comme cadre d’arbitrage, l’accélération sociale de Hartmut Rosa, la résonance comme posture stratégique, le glandeur magnifique et la protection du temps cognitif, la déflation numérique, l’extensio face aux limites planétaires, la troisième voie entre course en avant et repli, la créativité comme compétence biologique, et ce qu’on devrait peut-être à nos enfants.
Mon invité : Cyril de Sousa Cardoso
Cyril est entrepreneur et dirige trois activités : Polaria spécialisée dans la formation et le conseil en IA, le développement de chatbots et de SaaS souverains via Polaria Tech, et une ESN nouvelle génération avec Goria.
Son domaine : accompagner organisations publiques et privées dans l’intégration concrète de l’IA, depuis la stratégie jusqu’au développement sur mesure.
Son approche : refuser la binarité entre techno-enthousiasme et techno-rejet. Cyril travaille l’IA depuis l’intérieur, mais il l’aborde toujours par ses conséquences économiques, sociales, écologiques et cognitives, plutôt que par la promesse.
Sa singularité : il a contribué à créer Manage IA, une chaire de recherche qui adosse à un laboratoire INRIA des chercheurs en sciences sociales, en philosophie et en anthropologie. Parce que face à la plus grande vague technologique de notre époque, comprendre la machine ne suffit plus : il faut aussi comprendre ce qu’elle fait à l’humain. Il est l’auteur de Manager Sapiens, où il défend une idée simple et dérangeante : l’état normal de l’être humain n’est pas de travailler.
Ce que vous allez découvrir dans cet épisode
Le piège de la performance
« Actuellement, dans le monde, la majorité des projets IA échouent. Parce qu’ils sont focalisés sur la performance. Quand elles font ça, elles sont juste en train de se mettre au niveau du marché. Elles ne produisent pas de valeur économique en réalité. »
Pendant des années, on a parlé de transformation numérique comme d’un sujet de plateformes et de process à digitaliser. Cyril renverse la perspective : la technologie a évolué plus vite qu’on l’attendait, les organisations plus lentement, et l’écart ne se comblera pas en achetant des licences.
80 % des entreprises qui intègrent l’IA cherchent à gagner en performance. Cyril dit qu’il faut le faire, sinon on disparaît. Mais il ajoute aussitôt que ça n’est pas créer de la valeur, c’est rattraper un standard qui se déplace plus vite qu’on ne l’atteint.
Les organisations qui réussissent ne se contentent pas de faire la même chose en plus vite. Elles transforment leur business model. Elles acceptent de revoir leurs fiches métiers, et de considérer l’IA comme une infrastructure plutôt que comme une fonctionnalité.
La vraie transformation aujourd’hui est organisationnelle, managériale, humaine. Et c’est ce qui la rend difficile.
L’évaporation de la valeur cognitive
« Notre structure scolaire est construite sur la dimension du QI. L’IA est en train de nous dire que tout ça n’a quasiment plus de valeur économique et sociale. »
Pendant des siècles, l’accumulation et la restitution de la connaissance ont fondé le pouvoir. L’école, l’expertise, la hiérarchie pyramidale, le statut social : tout reposait sur ce socle.
Désormais, la machine fait mieux. Plus vite. Pour quasiment rien.
L’IA ne capte pas la valeur, elle la fait s’évaporer. Et il faut prendre la mesure de ce que ça déplace : si la cognition pure n’a plus de prix, qu’est-ce qui en a ?
J’ai mis du temps, en écoutant Cyril, à laisser cette phrase s’installer. Parce que je l’entends dans mon métier aussi. Une partie de ce que je faisais il y a cinq ans en consulting, n’importe quel modèle généraliste le fait maintenant en quelques secondes. Et la question qui reste, c’est celle que Cyril met sur la table juste après.
Le paradoxe de Moravec et le retour au réel
« La valeur économique se déplace là où la machine ne peut pas capter. La perception sensorielle du monde, l’interaction humaine, le temps long. »
Le paradoxe de Moravec, du nom du roboticien Hans Moravec qui l’a formulé dans les années 80, dit que ce qui est facile pour un humain est difficile pour une machine, et inversement. Calculer, classer, résumer relève du facile pour la machine. Marcher dans une rue ou lire un visage lui reste pour l’instant inaccessible.
Ce qui résiste, ce sont les dimensions biologiques de notre existence. Le geste manuel fin, la perception sensible, la présence à l’autre, la capacité à percevoir ce qui n’est pas formalisé dans la donnée.
Cyril prend l’exemple du comptable. Si son métier était de produire des bilans, sa valeur tend vers zéro. Si son métier était d’accompagner ses clients dans leurs moments de transmission, de restructuration, d’arbitrage stratégique, alors sa valeur se renforce.
Tous nos métiers sont à relire sous cet angle. Et ce que ça dit, au fond, c’est que l’IA pourrait bien nous ramener au réel.
Le shadow AI : la première techno qui contourne la DSI
« 65 % des gens utilisent de l’IA au travail sans le dire à leur employeur. C’est la première fois que des directions des systèmes d’information ne maîtrisent plus le système d’information de leur boîte. »
Pour la première fois, une technologie professionnelle s’est diffusée par le bas. Par les poches. Par les abonnements personnels payés en cachette parce que ça permet de gagner cinq heures par semaine.
Les outils que les salariés utilisent à titre privé sont plus puissants que ceux que leur entreprise leur fournit. Et chaque tentative d’intégration centralisée se heurte à cette tentation : à côté, j’ai mieux pour vingt euros par mois.
Cette inversion dit quelque chose de la perméabilité nouvelle entre vie pro et vie perso, entre l’individu et l’organisation, entre le besoin de productivité et la quête d’autonomie.
Et elle pose aux DSI un problème qu’ils n’avaient encore jamais eu : comment piloter un système d’information dont une part décisive vous échappe par construction ?
Une bulle qui ne dit pas son nom
« Des centaines de milliards de dollars sont investis dans la tech aujourd'hui. Tout ça s'est fait sur une sorte de mythe autour de l'AGI. On est dans un temps avec une véritable bulle autour de l'IA. »
Cyril prend ici une position que peu de professionnels assument publiquement. Selon lui, on arrive au plafond des modèles statistiques actuels. La loi d’échelle qui voulait que plus de calcul donne plus de performance est en train de s’inverser. Les ruptures à venir seront ailleurs : il cite les world models, sur lesquels travaille Yann Le Cun depuis son retour en France.
Tout ce qui a été investi sur le mythe de l’intelligence artificielle générale risque donc de décevoir. La technologie reste puissante, mais elle court après une chimère.
Cyril rappelle un précédent. La bulle internet a explosé. Internet a quand même changé le monde. L’IA suivra probablement le même chemin, à condition qu’on ne confonde pas la bulle avec la technologie.
L’angle mort écologique et le coût du numérique entier
« On parle souvent du coût carbone de l'IA. Mais on n'assume pas assez le coût carbone du digital dans son ensemble. C'est ça le problème. »
Cyril aborde le sujet écologique avec une nuance qui dérange un peu, et je veux la restituer telle quelle parce qu’il faut être prudent avec ce qu’elle dit.
Faire rédiger un texte par une IA consomme 200 à 2 000 fois moins de carbone que de le rédiger soi-même sur un traitement de texte. Une heure de chat IA consomme 200 fois moins qu’une heure de Netflix.
Cyril précise lui-même que ces chiffres ne valent pas absolution, et il rappelle au passage que le numérique pèse 4 à 5 % de la consommation carbone mondiale et augmente quand il devrait baisser. Ce qu’il propose, c’est d’élargir le cadre. Le sujet n’est pas l’IA contre rien. Le sujet est notre bilan carbone numérique global. Les mails inutiles, les pièces jointes à dix personnes en copie, le scroll infini sur les réseaux. Tout ce qu’il appelle le bruit numérique.
L’IA devient une question piégée tant qu’on ne pose pas la vraie : à quoi sert tout ce numérique ?
Et il y a un piège supplémentaire à nommer, celui de l’effet rebond. Toute technologie qui devient plus efficiente finit par être utilisée à tort et à travers, et le bilan global s’aggrave au lieu de s’améliorer. L’IA entre exactement dans ce schéma.
L’exemple des cahiers des charges publics : d’un côté, on forme des fonctionnaires à utiliser l’IA pour rédiger des appels d’offres ; de l’autre, on forme des candidats à utiliser l’IA pour y répondre ; et puis l’IA analyse les réponses. Personne n’a rien lu. Personne n’a rien écrit. À la fin de la chaîne, il faut organiser un oral pour vérifier que les humains comprennent encore ce qu’ils sont censés faire.
C’est exactement ce qu’on voit aussi dans le recrutement. Et le seul moment de valeur dans toute la chaîne, c’est celui où deux êtres humains se rencontrent.
High-tech, low-tech, no-tech
« Si ma maman doit aller faire une radio pour détecter des potentielles maladies, et qu'elle utilise la meilleure technologie possible, je suis OK. Par contre, est-ce qu'on a besoin que WhatsApp soit hyper puissant ? »
C’est le triptyque que Cyril défend et celui qui m’a paru le plus immédiatement utilisable pour un dirigeant qui doit arbitrer.
Il y a des usages qui méritent la high-tech : ceux où la performance technologique sauve des vies, ouvre des connaissances, permet des choses inaccessibles autrement.
Il y a des usages qui méritent la low-tech : une messagerie pour échanger un mot, un lien, une photo n’a pas besoin d’être un monstre algorithmique.
Et il y a des usages qui méritent la no-tech : boire un café avec quelqu’un, marcher, penser sans écran allumé.
Ce triptyque n’a rien d’idéologique. C’est un cadre d’arbitrage qui permet de répartir intentionnellement notre consommation technologique en fonction de la valeur réelle des usages, au lieu de subir le défaut technologique partout.
Le bruit, le travail et le glandeur magnifique
« On confond le travail, l'intensité avec le bruit. Il y a plein de gens qui font plein de choses, qui envoient plein de mails. Mais en termes de valeur ajoutée, pas grand-chose. »
Cyril cite Hartmut Rosa et son concept d’accélération sociale. Une accélération qui n’est pas d’abord technologique mais sociale, dans laquelle chacun a la tête dans le guidon, court après le temps, et oublie de se demander à quoi sert ce qu’il fait.
Il rappelle aussi un fait que personne n’aime entendre : au-delà de 25 heures de travail effectives par semaine, le temps supplémentaire défait la valeur créée auparavant. Les recherches sont anciennes, elles sont ignorées.
C’est de là que vient le concept du « glandeur magnifique » qu’il a introduit dans Manager Sapiens, et qui lui a valu son lot de réactions :
« Je ne pense pas que le travail soit une valeur. Le glandeur magnifique, c'est celui qui considère que l'état normal des choses n'est pas de travailler. Et que si je travaille, c'est pour poser de la haute valeur ajoutée. »
Sur cette phrase, je bute un peu. Pas parce qu’elle est fausse, je crois qu’elle dit quelque chose de juste et de nécessaire, mais parce qu’elle est pratiquement inaudible dans la culture professionnelle française, et que je me demande comment un dirigeant peut la tenir devant ses équipes sans être perçu comme déconnecté.
Cyril n’évacue pas la question. Il dit : protéger son temps cognitif pour le déposer là où il a vraiment de la valeur ajoutée. Et il propose un test simple, à faire chaque jour. Qu’est-ce que j’ai fait aujourd’hui qui était vraiment utile ? Qu’est-ce que j’aurais pu ne pas faire ?
Une discipline plus qu’un manifeste. Et peut-être ce que l’IA, bien utilisée, pourrait nous offrir : du temps pour penser à ce qu’on fait.
La résonance
« La résonance, c'est ces moments où tu es simplement au monde. Si tu n'as pas de disponibilité cognitive pour être présent, tu n'as pas de valeur ajoutée, quelle que soit ta profession. »
C’est l’autre concept de Hartmut Rosa que Cyril mobilise, son contrepoint à l’accélération. La résonance, ce sont ces moments où l’on s’ouvre au monde, où l’on devient présent à ce qui se passe, à ce qui parle. Une rencontre dans un train, un paysage qu’on regarde sans but, une conversation qui s’ouvre par hasard.
Pour Cyril, c’est une posture stratégique. Une condition de la valeur ajoutée professionnelle, dans un monde où cette valeur s’est déplacée vers ce qui ne se traite pas par algorithme. Et ce que l’IA bien utilisée pourrait nous rendre, dit-il, c’est exactement la disponibilité cognitive d’être là.
L’expérience de la grotte face au monde réel
« 13 personnes sur 14 ne voulaient plus sortir. Comment on a réussi ce truc incroyable de rendre notre monde moins désirable qu'une grotte sombre ? »
Cyril raconte une étude conduite par le Human Adaptation Institute. Quatorze personnes placées pendant quarante jours dans une grotte sombre, sans montre, sans téléphone, sans repère temporel.
Au bout des quarante jours, presque toutes refusent de sortir. Pas par acclimatation au manque, mais parce qu’elles avaient retrouvé quelque chose : la présence simple, l’interaction non médiée, l’absence d’impératif.
L’image est forte. Elle ne propose aucun modèle, Cyril le précise lui-même, ce serait absurde.
Elle pose une question qui ne nous lâche pas : si nous avons rendu notre monde moins désirable qu’une grotte sombre, peut-être qu’il est temps de regarder pourquoi.
La troisième voie : l’extensio et les limites planétaires
« Comment je rends compatible l'extensio et les limites planétaires ? Je crois que c'est la question de notre époque. S'il n'y a pas de réponse à ça, alors on disparaîtra. »
Cyril refuse les deux postures qu’il voit dominer le débat. D’un côté, ceux qui veulent accélérer en faisant abstraction des ressources. De l’autre, ceux qui veulent placer l’humain sous cloche pour nier son besoin d’extension. Aucune des deux ne tient.
Ce qu’il appelle l’extensio, un mot qu’il forge lui-même, c’est ce mouvement par lequel toute cellule vivante cherche à étendre son champ relationnel au monde. C’est ce qui pousse à explorer, à innover, à dépasser les frontières. On ne l’arrêtera pas, dit-il. On peut le modérer. Le rendre compatible avec ce que la planète peut soutenir.
Et c’est peut-être, dit-il encore, la place de la France et de l’Europe : tracer cette voie intermédiaire que personne d’autre ne semble vouloir tracer. Il parle d’optimisme de combat. D’une voie où l’on assume la compétition là où elle est nécessaire et la coopération là où elle est plus féconde.
C’est le passage où je me sens le plus aligné avec lui. Parce que c’est exactement le terrain de TIME TO RESET : refuser la fuite en avant sans tomber dans le repli, et chercher ce que ça veut dire concrètement, pour des organisations qui n’ont pas le luxe de sortir du monde.
Trump, et la déflation numérique qu’on ne fait jamais
« Trump est une chance pour la France et l'Europe. Il nous a confrontés à la réalité. Et peut-être que la meilleure chose qui pourrait nous arriver, c'est qu'on aille au bout de l'exercice. »
Cyril ne défend pas Donald Trump. Il observe que sa politique a forcé la France et l’Europe à voir ce qu’elles refusaient de voir : leur dépendance numérique totale aux États-Unis, pour les mails, pour le cloud, pour les données de santé.
Notre échange pousse l’expérience de pensée jusqu’au bout. Et si on coupait ? Et si Microsoft et Google fermaient les vannes pendant quelques jours ?
La réponse tient en deux mots : so what.
Le premier mois serait douloureux, et puis on saurait faire sans, comme on a su faire sans avant. Un brin provocateur. L’effondrement opérationnel d’un système d’information national serait probablement plus violent que ce que nous avons décrit. Mais l’expérience de pensée fait son travail : elle force à mesurer ce qu’on a abandonné en chemin, et à se demander si on l’a vraiment choisi.
C’est de là que naît l’idée qui réorganise l’épisode pour moi : la déflation numérique. Une IA qui servirait, enfin, à réduire le bruit plutôt qu’à l’amplifier. Des systèmes qui s’interconnectent pour nous éviter les allers-retours de mails, les validations en cascade, les comptes rendus que personne ne lit. Pour libérer du temps de cerveau et le rendre à ce qui en mérite.
Cyril pose cette idée comme une intuition encore en formation. Mais elle ouvre quelque chose. Parce que l’IA cesse d’être la question : elle devient l’instrument possible d’une question plus ancienne, celle de ce qu’on veut faire de notre attention.
Le pouvoir de la marche
« J'ai marché plusieurs jours, seul. J'ai découvert peut-être une fenêtre sur la résonance. Le bonheur, il n'est pas dans le fait de posséder. »
Je termine chaque épisode par la même question : qu’est-ce qui t’a profondément transformé ?
Cyril répond : la marche seule. Le GR34, en Bretagne. Le sentier des douaniers. Plusieurs jours, sac au dos, sans rien d’autre que ses pieds et ce qui se présente.
Pour un entrepreneur super actif, la réponse a quelque chose de touchant. Et de cohérent, parce que c’est exactement ce qu’il essaie de faire avec sa pensée : marcher, s’arrêter, regarder, refuser la course en avant sans refuser le mouvement.
Ce qui reste, après cette conversation, c’est une question que je n’avais pas en commençant l’épisode et que je n’arrive plus à reposer : qu’est-ce qu’on cherche, vraiment, quand on intègre l’IA dans une organisation ? Si la réponse est « gagner du temps », alors on rejoue exactement le scénario qui nous a menés à n’avoir jamais eu autant de burn-out avec autant d’outils de productivité. Si la réponse est « réduire le bruit pour libérer ce qui compte », alors c’est un autre projet, plus politique et plus exigeant pour ceux qui le portent. Et c’est peut-être celui-là qu’il faut commencer à nommer.`
Je suis Hugo Lambert, le co-fondateur du STUDIO RESET, un studio de formation engagé qui conçoit et déploie des formations personnalisées à haute valeur ajoutée afin d’aider les organisations à réussir leur transformation écologique. Notre valeur ajoutée : une pédagogie créative et innovante centrée sur la résolution des problèmes de votre organisation !
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