<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?><rss xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/" xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/" xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom" version="2.0" xmlns:itunes="http://www.itunes.com/dtds/podcast-1.0.dtd" xmlns:googleplay="http://www.google.com/schemas/play-podcasts/1.0"><channel><title><![CDATA[TIME TO RESET]]></title><description><![CDATA[Un média pour comprendre les transitions et penser la transformation écologique de son organisation.]]></description><link>https://timetoreset.studioreset.fr</link><image><url>https://substackcdn.com/image/fetch/$s_!X5JN!,w_256,c_limit,f_auto,q_auto:good,fl_progressive:steep/https%3A%2F%2Fsubstack-post-media.s3.amazonaws.com%2Fpublic%2Fimages%2Fb0568828-e751-476f-a45b-f4682203a883_600x600.png</url><title>TIME TO RESET</title><link>https://timetoreset.studioreset.fr</link></image><generator>Substack</generator><lastBuildDate>Wed, 19 Aug 2026 13:27:54 GMT</lastBuildDate><atom:link href="https://timetoreset.studioreset.fr/feed" rel="self" type="application/rss+xml"/><copyright><![CDATA[STUDIO RESET]]></copyright><language><![CDATA[fr]]></language><webMaster><![CDATA[timetoreset@substack.com]]></webMaster><itunes:owner><itunes:email><![CDATA[timetoreset@substack.com]]></itunes:email><itunes:name><![CDATA[Hugo Lambert]]></itunes:name></itunes:owner><itunes:author><![CDATA[Hugo Lambert]]></itunes:author><googleplay:owner><![CDATA[timetoreset@substack.com]]></googleplay:owner><googleplay:email><![CDATA[timetoreset@substack.com]]></googleplay:email><googleplay:author><![CDATA[Hugo Lambert]]></googleplay:author><itunes:block><![CDATA[Yes]]></itunes:block><item><title><![CDATA[Et si comprendre ne suffisait pas à transformer ?]]></title><description><![CDATA[La t&#234;te, le c&#339;ur, le corps. La plupart des d&#233;cideurs s'arr&#234;tent &#224; la premi&#232;re.]]></description><link>https://timetoreset.studioreset.fr/p/et-si-comprendre-ne-suffisait-pas</link><guid isPermaLink="false">https://timetoreset.studioreset.fr/p/et-si-comprendre-ne-suffisait-pas</guid><dc:creator><![CDATA[Hugo Lambert]]></dc:creator><pubDate>Wed, 22 Jul 2026 05:02:12 GMT</pubDate><enclosure url="https://api.substack.com/feed/podcast/207767028/72bdaadc9dbbb323109b52cd93e3cc3d.mp3" length="0" type="audio/mpeg"/><content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong>Personne ne s'est jamais mis en mouvement devant un tableau de bord&#8230;</strong></p><p>Mon invit&#233; accompagne le changement depuis vingt ans. Il en a pass&#233; plus de la moiti&#233; dans une grande entreprise industrielle. Il conna&#238;t les r&#233;organisations, les plans de transformation, les s&#233;minaires... Et pourtant, quand je lui demande comment il regarde le monde, il r&#233;pond en un mot : contemplatif.</p><p>Ce d&#233;calage m&#8217;a occup&#233; toute la conversation. Nous parlons de conduite du changement, de discernement, de prise de d&#233;cision. Nous parlons donc, en principe, de m&#233;thode. Sauf qu&#8217;&#224; chaque fois qu&#8217;on approche du point de bascule, elle se d&#233;robe.</p><p>Reste l&#8217;humilit&#233; d&#8217;admettre qu&#8217;une bonne d&#233;cision pass&#233;e a fait son temps.</p><p>Reste la solitude du dirigeant au moment d&#8217;annoncer.</p><p>Reste la capacit&#233; &#224; toucher quelqu&#8217;un.</p><h2><strong>L&#8217;&#233;pisode n&#176;13 en bref (54 min)</strong></h2><div class="pullquote"><p style="text-align: justify;">Augustin Courau est coach et facilitateur. Il exerce chez Airbus Helicopters et conduit en parall&#232;le une activit&#233; ind&#233;pendante de facilitation pour d'autres organisations. Son quotidien : accompagner des r&#233;organisations, animer des s&#233;minaires d'innovation, soutenir des managers qui traversent des p&#233;riodes qu'ils ne ma&#238;trisent pas compl&#232;tement.</p></div><div class="callout-block" data-callout="true"><p><strong>Les points cl&#233;s de l&#8217;&#233;pisode :</strong></p><ul><li><p><strong>Le changement comme histoire</strong> : le regard contemplatif, l&#8217;organisation comme syst&#232;me vivant, le potentiel des &#233;quipes, d&#8217;o&#249; venons-nous et o&#249; allons-nous, l&#8217;humilit&#233; de reconna&#238;tre les limites des d&#233;cisions d&#8217;hier, le cas Kodak&#8230;</p></li><li><p><strong>D&#233;cider sous contrainte</strong> : le d&#233;cideur compar&#233; au funambule de la highline, l&#8217;annonce du retour sur site pendant le Covid, d&#233;cider puis assumer, la solitude du dirigeant, l&#8217;anxi&#233;t&#233; g&#233;n&#233;r&#233;e par l&#8217;instabilit&#233; permanente, l&#8217;ing&#233;nierie collective de la d&#233;cision, la clart&#233; de l&#8217;intention&#8230;</p></li><li><p><strong>Mettre en mouvement</strong> : la vision strat&#233;gique qui parle vraiment, t&#234;te-c&#339;ur-corps, gestionnaire ou leader, la cr&#233;ativit&#233; comme espace de man&#339;uvre, tester ne tue pas, deux s&#233;minaires d&#8217;innovation en France et en Allemagne, le rapport &#224; la fragilit&#233;, r&#233;veiller l&#8217;audace, et un po&#232;te pour boucler la boucle.</p></li></ul><p style="text-align: justify;"><strong>Cet &#233;pisode s'adresse &#224; tous ceux qui pilotent des transformations et qui cherchent o&#249; se joue vraiment l'engagement des &#233;quipes.</strong></p></div><p class="button-wrapper" data-attrs="{&quot;url&quot;:&quot;https://timetoreset.studioreset.fr/subscribe?&quot;,&quot;text&quot;:&quot;S'abonner maintenant&quot;,&quot;action&quot;:null,&quot;class&quot;:null}" data-component-name="ButtonCreateButton"><a class="button primary" href="https://timetoreset.studioreset.fr/subscribe?"><span>S'abonner maintenant</span></a></p><h2>Ce que vous allez d&#233;couvrir dans cet &#233;pisode</h2><h3>Regarder une organisation en contemplatif</h3><blockquote><p><strong>&#171; En contemplatif. S&#8217;il fallait r&#233;pondre &#224; la question par un mot, ce serait celui-l&#224;. &#187;</strong></p></blockquote><p>Il travaille dans un grand groupe industriel. Il aurait pu r&#233;pondre en syst&#233;mique, en processus, en indicateurs&#8230; Mais il a choisi de r&#233;pondre en spectateur de quelque chose qui se d&#233;plie sous ses yeux.</p><p>La posture n&#8217;est pas d&#233;corative. Elle d&#233;termine ce qu&#8217;on voit. Celui qui regarde une organisation comme une machine cherche des pannes.</p><h3>Le potentiel, avant le probl&#232;me</h3><blockquote><p><strong>&#171; Le premier mot qui me vient, c&#8217;est un potentiel incroyable. &#187;</strong></p></blockquote><p>Ce qu&#8217;il observe en premier dans les &#233;quipes qu&#8217;il accompagne, ce ne sont pas les blocages. C&#8217;est une capacit&#233; &#224; faire ce qu&#8217;elles font d&#233;j&#224;, et &#224; le faire plus, autrement, mieux. Il pose lui-m&#234;me la question qui f&#226;che. Est-ce qu&#8217;on parle d&#8217;am&#233;lioration continue et de performance &#224; tout prix ? Ou est-ce qu&#8217;on parle de faire diff&#233;remment ?</p><p>La nuance n&#8217;est pas anodine pour un d&#233;cideur. Le potentiel d&#8217;une organisation est une obsession l&#233;gitime. La fa&#231;on dont on va le chercher d&#233;termine s&#8217;il se d&#233;ploie ou s&#8217;il se referme. Le m&#233;tier de coach tient dans une phrase : aider une personne, une &#233;quipe, une organisation &#224; d&#233;ployer son potentiel. Pas &#224; en inventer un nouveau.</p><h3>Accompagner des gens dans leur histoire</h3><blockquote><p><strong>&#171; La conduite du changement, c&#8217;est accompagner des gens dans leur histoire, accompagner une organisation dans son histoire. &#187;</strong></p></blockquote><p>Voil&#224; la d&#233;finition qu&#8217;il retient apr&#232;s vingt ans.</p><p>Elle introduit une dimension que les plans de transformation traitent mal : le temps. D&#8217;o&#249; venons-nous ? Quelle est notre trajectoire ? O&#249; allons-nous ?</p><p>Son travail ne consiste pas &#224; inventer ce que les &#233;quipes devraient mieux faire. Il consiste &#224; leur permettre de prendre conscience de l&#224; o&#249; elles sont, et de ce qui les y a men&#233;es. Ce que cette exp&#233;rience leur a appris. Comment &#231;a peut servir pour la suite.</p><p>Les entreprises formulent leur destination en chiffres et en objectifs. C&#8217;est leur r&#244;le. Mais un objectif ne dit rien du chemin parcouru pour arriver au point de d&#233;part. Et c&#8217;est souvent l&#224; que le changement bute.</p><h3>L&#8217;humilit&#233;, condition d&#8217;entr&#233;e dans le changement</h3><blockquote><p><strong>&#171; Pour accepter de changer, il faut aussi accepter que les d&#233;cisions d&#8217;hier ont atteint leurs limites. &#187;</strong></p></blockquote><p>Je lui demande pourquoi une organisation n&#8217;arrive pas &#224; se transformer. Il commence par l&#8217;exemple attendu, Kodak et le passage au num&#233;rique, et il en tire autre chose que la le&#231;on habituelle.</p><p>Ce qui s&#8217;est jou&#233; l&#224;, selon lui, c&#8217;est un manque d&#8217;observation des tendances. Et une forme d&#8217;orgueil. On sait faire. On a des acquis.</p><p>D&#8217;o&#249; la question qu&#8217;il pose ensuite, et qui vaut pour n&#8217;importe quel comit&#233; de direction. Comment tenir ensemble l&#8217;humilit&#233; de reconna&#238;tre que ce qu&#8217;on fait ne sera peut-&#234;tre plus pertinent demain, et l&#8217;ego n&#233;cessaire pour affirmer une direction ?</p><p>Sa r&#233;ponse d&#233;samorce le pi&#232;ge.</p><p><em>&#171; Remettre en question une d&#233;cision pass&#233;e, &#231;a ne veut pas dire qu&#8217;elle &#233;tait mauvaise, &#231;a veut dire que c&#8217;&#233;tait la meilleure &#224; l&#8217;&#233;poque. &#187;</em></p><p>Cette phrase m&#233;rite d&#8217;&#234;tre pos&#233;e sur la table d&#8217;un comit&#233; de direction. Elle transforme un aveu d&#8217;&#233;chec en acte de discernement.</p><h3>Le d&#233;cideur est un highliner</h3><blockquote><p><strong>&#171; Le d&#233;cideur est un highliner. &#187;</strong></p></blockquote><p>La highline, ce sont ces sangles tendues entre deux points, tr&#232;s haut, sur lesquelles on avance en &#233;quilibre.</p><p>L&#8217;image dit trois choses simultan&#233;es. Rester fix&#233; sur l&#8217;objectif. Pr&#233;server sa propre s&#233;curit&#233;. Pr&#233;server celle des personnes dont on a la responsabilit&#233;.</p><p>Et ne basculer ni d&#8217;un c&#244;t&#233; ni de l&#8217;autre.</p><p>C&#8217;est une m&#233;taphore qui vaut ce qu&#8217;elle vaut, dit-il lui-m&#234;me. Elle d&#233;crit pourtant assez bien la situation d&#8217;un d&#233;cideur en 2026, somm&#233; d&#8217;arbitrer vite dans un environnement satur&#233; d&#8217;informations, avec l&#8217;interdiction implicite de vaciller.</p><h3>D&#233;cider, c&#8217;est ensuite assumer</h3><blockquote><p><strong>Une cha&#238;ne d&#8217;assemblage d&#8217;h&#233;licopt&#232;res, au plus fort du confinement.</strong></p></blockquote><p>Une manager qui a trois ou quatre ans de management derri&#232;re elle. Devant elle, cinquante personnes. Elle doit leur annoncer qu&#8217;elles reviennent sur site.</p><p>Le discernement a fonctionn&#233; en amont. Les risques &#233;valu&#233;s, la continuit&#233; d&#8217;activit&#233; pes&#233;e contre la sant&#233; des &#233;quipes, les conditions du retour s&#233;curis&#233;es. Le tout dans un d&#233;lai tr&#232;s court. Puis vient l&#8217;annonce. Chacun des cinquante a une famille, une situation, des raisons d&#8217;avoir peur. La d&#233;cision est prise. Il faut la porter avec son corps, sa voix, son visage.</p><p>&#171; Qui dit d&#233;cider, dit aussi assumer. Et l&#224;, il n&#8217;y a plus de technique. On ne parle plus d&#8217;une m&#233;thode de d&#233;cision. &#187;</p><p>Ce qui prend le relais n&#8217;a pas de nom dans les manuels.</p><p>&#171; C&#8217;est mon fort int&#233;rieur qui me permet d&#8217;&#234;tre s&#251;r que l&#8217;acte que je mets en &#339;uvre et qui implique la vie d&#8217;autres personnes est la bonne d&#233;cision &#224; ce moment-l&#224;. &#187;</p><p>Aucun outil ne couvre ce m&#232;tre-l&#224;. C&#8217;est la part du m&#233;tier dont les formations ne parlent pas, et celle qui use le plus.</p><h3>Manager, vous n&#8217;&#234;tes pas seul</h3><blockquote><p><strong>&#171; Manager, vous n&#8217;&#234;tes pas seul. Peut-&#234;tre que sur votre highline, vous devez vous sentir seul. &#187;</strong></p></blockquote><p>Ce que les managers lui remontent, quand ils le lui remontent, c&#8217;est d&#8217;abord qu&#8217;il se passe quelque chose qu&#8217;ils ne ma&#238;trisent pas compl&#232;tement. Et qu&#8217;ils ont besoin d&#8217;en parler. De r&#233;fl&#233;chir &#224; voix haute pour trouver un d&#233;but de solution.</p><p>Augustin les &#233;coute avec une grille qu&#8217;il qualifie lui-m&#234;me de neuroscience pour les nuls. Pour compenser le cortisol, quatre ingr&#233;dients : dopamine, ocytocine, s&#233;rotonine, endorphine. Motivation, relation, s&#233;r&#233;nit&#233;, effort.</p><p>La vulgarisation est grossi&#232;re, il le dit. Le point qu&#8217;elle sert l&#8217;est moins. L&#8217;anxi&#233;t&#233; g&#233;n&#233;r&#233;e par l&#8217;instabilit&#233; permanente ne se traite pas par plus de m&#233;thode.</p><p>Il ajoute qu&#8217;il pr&#234;che pour sa paroisse. Cr&#233;er du lien, r&#233;veiller l&#8217;intelligence collective, c&#8217;est son m&#233;tier. Reste que la solitude du dirigeant est une donn&#233;e, pas une fatalit&#233;. Il y a une &#233;quipe autour.</p><h3>Fabriquer des d&#233;cisions robustes</h3><blockquote><p><strong>&#171; Mon boulot est de cr&#233;er du lien, de r&#233;veiller l&#8217;intelligence collective dans les organisations. &#187;</strong></p></blockquote><p>Je lui soumets une id&#233;e pendant l&#8217;&#233;change : et si le lien &#224; l&#8217;autre &#233;tait l&#8217;antidote en amont, pendant et apr&#232;s la d&#233;cision ?</p><p>En amont, animer la pr&#233;paration. Faire entrer la diversit&#233; des regards, parce que l&#8217;intuition individuelle ne suffit pas quand les variables se multiplient.</p><p>Pendant, organiser des m&#233;caniques coll&#233;giales. Sans qu&#8217;elles soient forc&#233;ment d&#233;mocratiques ni majoritaires.</p><p>Apr&#232;s, faire remonter les probl&#232;mes. Le lean management a construit tout un travail de mise en discussion de ce qui ne va pas, pour suivre l&#8217;application r&#233;elle des d&#233;cisions prises.</p><p>Le d&#233;placement est net. Le d&#233;cideur n&#8217;est plus en haut de la pyramide. Il est au milieu.</p><h3>Une vision strat&#233;gique qui parle de ce qui est vivant</h3><blockquote><p><strong>&#171; Delivering solutions to perform whatever, &#231;a ne me parle pas. &#187;</strong></p></blockquote><p>Les organisations communiquent beaucoup plus qu&#8217;avant. Elles ne sont pas plus lisibles pour autant. Les visions strat&#233;giques s&#8217;empilent, tr&#232;s denses, et finissent toutes par se ressembler. Sa r&#233;ponse reste coh&#233;rente avec sa position de d&#233;part. Une entreprise est un organisme vivant.</p><p>&#171; Ma vision strat&#233;gique n&#8217;a de sens que si elle parle de ce qui est vraiment vivant. &#187;</p><p>Sauver des vies. Prot&#233;ger des gens. S&#233;curiser des fronti&#232;res. Ces mots-l&#224; parlent. Ils d&#233;signent ce que fait r&#233;ellement le groupe o&#249; il travaille. Le test est facile &#224; appliquer. Prenez la phrase d&#8217;intention de votre organisation. Lisez-la &#224; voix haute devant quelqu&#8217;un du terrain. Regardez son visage.</p><h3>Toucher les c&#339;urs</h3><blockquote><p><strong>&#171; Les gens se mettent en mouvement parce qu&#8217;on a touch&#233; leur d&#233;sir de se mettre en mouvement. &#187;</strong></p></blockquote><p>Personne ne s&#8217;engage devant un pourcentage ou une courbe de croissance. C&#8217;est le constat le plus simple de l&#8217;&#233;pisode, et le plus syst&#233;matiquement ignor&#233;. Nous &#233;voquons ensemble la formule qu&#8217;on attribue &#224; Saint-Exup&#233;ry, celle du go&#251;t de la mer qu&#8217;il faut donner &#224; ceux qu&#8217;on veut emmener naviguer.</p><p>Augustin pr&#233;cise imm&#233;diatement, et c&#8217;est important : toucher les c&#339;urs vient en compl&#233;ment du travail d&#8217;analyse, du contexte, des chiffres. Pas &#224; la place.</p><p>C&#8217;est probablement, dit-il, la plus belle mission du dirigeant.</p><h3>T&#234;te, c&#339;ur, corps</h3><blockquote><p><strong>&#171; La conduite du changement, c&#8217;est ces trois niveaux-l&#224;. C&#8217;est la t&#234;te, le c&#339;ur et le corps. &#187;</strong></p></blockquote><p>Un bonhomme b&#226;ton griffonn&#233; en formation. Une t&#234;te, un c&#339;ur, deux bras, deux jambes. C&#8217;est le mod&#232;le le plus op&#233;rant de tout l&#8217;&#233;pisode.</p><ul><li><p>La t&#234;te : comprendre les donn&#233;es, avec assez de p&#233;dagogie pour que tout le monde comprenne r&#233;ellement.</p></li><li><p>Le c&#339;ur : ai-je envie de m&#8217;investir dans ce projet, d&#8217;y mettre mes comp&#233;tences ?</p></li><li><p>Le corps : en ai-je les moyens, la formation, l&#8217;expertise ? Notre &#233;quipe a-t-elle les ressources ?</p></li></ul><p>Trois questions. Dans la plupart des plans de transformation, seule la premi&#232;re est r&#233;ellement trait&#233;e. Et de l&#224; d&#233;coule une distinction qu&#8217;il pose sans d&#233;tour.</p><p><em>&#171; Le leader qui a conscience que rien ne se fera sans l&#8217;investissement total des personnes dont il a la responsabilit&#233;. &#187;</em></p><p>Le gestionnaire pilote des ressources au service d&#8217;un r&#233;sultat. Le leader sait que le r&#233;sultat n&#8217;existera pas sans l&#8217;engagement r&#233;el des personnes. Son portrait-robot du leader, c&#8217;est le bonhomme complet. Une intelligence large de l&#8217;&#233;volution du monde. Une capacit&#233; &#224; percevoir ce qui se joue dans le c&#339;ur de ses &#233;quipes. Une conscience concr&#232;te des conditions de travail sur le terrain.</p><p>Sur ce dernier point, il est net. Quand un patron conna&#238;t les contraintes r&#233;elles que rencontrent ses &#233;quipes en production, l&#8217;engagement suit plus facilement. Parce qu&#8217;elles savent qu&#8217;elles sont entendues.</p><h3>Ouvrir des voies : &#224; quoi sert la cr&#233;ativit&#233;</h3><blockquote><p><strong>&#171; Ouvrir des voies, cr&#233;er des marges de man&#339;uvre, explorer de nouveaux territoires. C&#8217;est &#231;a la cr&#233;ativit&#233;. &#187;</strong></p></blockquote><p>R&#233;ponse plus courte que ma question. Plus claire, aussi.</p><p>La cr&#233;ativit&#233;, dans son usage, ne sert pas &#224; produire des id&#233;es. Elle sert &#224; rompre avec la d&#233;pendance au sentier, les habitudes install&#233;es, les mani&#232;res de faire qu&#8217;on ne questionne plus. Et elle sert &#224; r&#233;veiller quelque chose.</p><p><em>&#171; &#192; l&#8217;&#226;ge adulte, on ne dessine plus sur les murs. &#187;</em></p><p>L&#8217;enfant saute dans les flaques et dessine sur les murs. L&#8217;adulte reste dans le cadre. Cette cr&#233;ativit&#233; n&#8217;a pourtant pas disparu le jour de la signature du contrat de travail.</p><p>D&#8217;o&#249; sa d&#233;finition de son propre m&#233;tier, plus modeste qu&#8217;on ne l&#8217;imaginerait.</p><p><em>&#171; Mon boulot, c&#8217;est de rassurer les &#233;quipes sur le fait que tester ne tue pas. &#187;</em></p><p>Tester, se planter, apprendre, ajuster, recommencer. C&#8217;est un espace &#224; autoriser avant d&#8217;&#234;tre une comp&#233;tence &#224; acqu&#233;rir.</p><h3>France, Allemagne : deux rythmes, un m&#234;me r&#233;sultat</h3><p>La semaine derni&#232;re, il animait un s&#233;minaire d&#8217;innovation en Allemagne. Soixante participants, des gens de production et de terrain, deux jours pour imaginer des solutions et mieux travailler ensemble. Le m&#234;me dispositif s&#8217;&#233;tait tenu en France quelques mois plus t&#244;t, avec un effectif comparable.</p><p>Point de d&#233;part identique des deux c&#244;t&#233;s : une prudence. De quoi s&#8217;agit-il. On va devoir inventer des choses. Des publics peu habitu&#233;s &#224; &#234;tre invit&#233;s dans ce type de dispositif, et encore moins &#224; ce qu&#8217;on leur laisse un vrai espace.</p><p>Le travail pr&#233;alable ne porte d&#8217;ailleurs pas sur les participants. Il porte sur leur management, qu&#8217;il faut convaincre de l&#8217;int&#233;r&#234;t de lib&#233;rer des dizaines de collaborateurs pendant deux jours.</p><p>Ensuite, les rythmes divergent. Plus formel et plus calme en Allemagne, autour d&#8217;une table. Plus mobile en France, debout, avec des post-it.</p><p>Et au bout de quarante-huit heures, le m&#234;me point d&#8217;arriv&#233;e. Des &#233;quipes convaincues de leurs propositions, qui viennent les d&#233;fendre avec enthousiasme et audace.</p><p><em>&#171; On a tous un d&#233;nominateur commun, c&#8217;est d&#8217;&#234;tre des &#234;tres vivants. &#187;</em></p><p>Il ajoute une note personnelle. Son allemand scolaire de vingt ans d&#8217;&#226;ge ne lui permettait pas de tout suivre. Il a vu la vitalit&#233; quand m&#234;me. On la comprend sans parler la langue. Il y a donc plusieurs chemins. Ce qui ne change pas, c&#8217;est l&#8217;appropriation. Quand les gens ont la main sur ce qu&#8217;ils construisent, le rapport au changement change de nature.</p><h3>Le rapport &#224; la fragilit&#233;</h3><blockquote><p><strong>&#171; Ta question vient r&#233;veiller une r&#233;ponse qui me touche d&#8217;ailleurs, qui est le rapport &#224; la fragilit&#233;. &#187;</strong></p></blockquote><p>Je lui pose en fin d&#8217;&#233;pisode une question que nous avions l&#8217;habitude de poser ensemble en formation. Quel est le changement qui a provoqu&#233; chez toi une bascule ?</p><p>Il r&#233;pond par une exp&#233;rience familiale, intime, qu&#8217;il &#233;voque avec pudeur. Une exp&#233;rience de la fragilit&#233;, telle que beaucoup de gens la vivent, sous des formes diverses, probablement plus nombreux qu&#8217;on ne l&#8217;imagine.</p><p>Ce qu&#8217;il en tire, il le formule dans les termes de son m&#233;tier. Une sensibilit&#233; &#224; la situation d&#8217;une personne, d&#8217;une &#233;quipe, d&#8217;une organisation. Et une disposition &#224; se mettre au service de ce que quelqu&#8217;un a envie de faire et n&#8217;arrive pas encore &#224; faire.</p><p>C&#8217;est la boucle avec le d&#233;but de la conversation. Le potentiel dont il parlait, aider &#224; le r&#233;v&#233;ler, aider &#224; mettre en mouvement.</p><p>Puis un rebond, en 2016. Apr&#232;s dix ans dans la conduite du changement, il d&#233;cide qu&#8217;il est temps de se mettre lui-m&#234;me en mouvement. Six mois aux c&#244;t&#233;s d&#8217;entrepreneurs sociaux, avec une poign&#233;e d&#8217;intrapreneurs comme lui. Il en revient et lance les premiers programmes d&#8217;intrapreneuriat de son entreprise.</p><p>&#171; R&#233;veillons l&#8217;audace et le potentiel qui sommeille en chacun de nous. &#187;</p><h3>Il y a du vivant dans un brin d&#8217;herbe</h3><blockquote><p><strong>&#171; Il y a du vivant dans un brin d&#8217;herbe. &#187;</strong></p></blockquote><p>La derni&#232;re question porte sur l&#8217;&#339;uvre qui l&#8217;a marqu&#233;. Il cite Christian Bobin, po&#232;te fran&#231;ais mort en 2022.</p><p>Il raconte l&#8217;avoir inscrit sur une liste de r&#233;solutions : le rencontrer, au Creusot ou dans un salon du livre. Bobin est mort avant. Il a l&#8217;impression de l&#8217;avoir rencontr&#233; dans ses &#233;crits quand m&#234;me.</p><p>Une po&#233;sie d&#8217;une vitalit&#233; r&#233;confortante, dit-il.</p><div><hr></div><div class="callout-block" data-callout="true"><p style="text-align: justify;">Ce qui reste, apr&#232;s cette conversation, c&#8217;est une distance tr&#232;s courte et tr&#232;s mal franchie : &#171; <em>il y a un autre petit bout de chemin &#224; explorer, qui est celui qui va de la t&#234;te au c&#339;ur.</em> &#187;</p><p style="text-align: justify;">Nos organisations ont massivement investi la t&#234;te : analyses, tableaux de bord, plans, argumentaires... Elles produisent de la compr&#233;hension en quantit&#233; industrielle. Et elles s&#8217;&#233;tonnent que rien ne bouge.</p><p style="text-align: justify;">Augustin ne propose pas de m&#233;thode pour franchir ces quelques centim&#232;tres. Il propose une posture. Regarder son organisation comme un vivant, rassurer avant de demander, parler de ce qui compte vraiment, et accepter qu&#8217;au dernier m&#232;tre, il n&#8217;y ait plus de technique.</p><p style="text-align: justify;">C&#8217;est peu. Mais c&#8217;est probablement l&#8217;essentiel.</p></div><div class="captioned-button-wrap" data-attrs="{&quot;url&quot;:&quot;https://timetoreset.studioreset.fr/p/et-si-comprendre-ne-suffisait-pas?utm_source=substack&utm_medium=email&utm_content=share&action=share&quot;,&quot;text&quot;:&quot;Partager&quot;}" data-component-name="CaptionedButtonToDOM"><div class="preamble"><p class="cta-caption">Si cet entretien vous a &#233;t&#233; utile, diffusez-le !</p></div><p class="button-wrapper" data-attrs="{&quot;url&quot;:&quot;https://timetoreset.studioreset.fr/p/et-si-comprendre-ne-suffisait-pas?utm_source=substack&utm_medium=email&utm_content=share&action=share&quot;,&quot;text&quot;:&quot;Partager&quot;}" data-component-name="ButtonCreateButton"><a class="button primary" href="https://timetoreset.studioreset.fr/p/et-si-comprendre-ne-suffisait-pas?utm_source=substack&utm_medium=email&utm_content=share&action=share"><span>Partager</span></a></p></div><div class="poll-embed" data-attrs="{&quot;id&quot;:828556}" data-component-name="PollToDOM"></div><p style="text-align: justify;">Je suis Hugo Lambert, co-fondateur du STUDIO RESET, et j&#8217;aide les d&#233;cideurs (CEO, dirigeants, &#233;lus, cadres de directions&#8230;) &#224; d&#233;cider et agir dans un monde qui se transforme. </p><p style="text-align: justify;">Pour cela notre studio de transformation con&#231;oit et propose des exp&#233;riences cr&#233;atives, personnalis&#233;es et centr&#233;es sur la r&#233;solution des probl&#232;mes de votre organisation.</p><ul><li><p><a href="https://outlook.office.com/bookwithme/user/cb997e1d69f645db89dfd32bc4709d34%40studioreset.fr/meetingtype/FX-fuwyDZEup9LWpNlrbvg2?anonymous&amp;ismsaljsauthenabled=true">Pour programmer un temps d&#8217;&#233;changes avec moi</a></p></li><li><p>Pour en savoir plus sur le STUDIO RESET :</p><ul><li><p><a href="https://www.studioreset.fr/">Le site internet</a></p></li><li><p><a href="https://www.linkedin.com/company/studioreset/">Linkedin</a></p></li></ul></li><li><p>Pour suivre mes publications</p><ul><li><p><a href="https://www.linkedin.com/in/hugo-lambert/">Me suivre sur Linkedin</a></p></li><li><p><a href="https://hugolambert.substack.com/">Me suivre sur ma newsletter personnelle</a></p></li></ul></li></ul>]]></content:encoded></item><item><title><![CDATA[La matière d'abord ]]></title><description><![CDATA[On a une strat&#233;gie bas carbone. Pas les ressources qu'elle exige.]]></description><link>https://timetoreset.studioreset.fr/p/la-matiere-dabord</link><guid isPermaLink="false">https://timetoreset.studioreset.fr/p/la-matiere-dabord</guid><dc:creator><![CDATA[Hugo Lambert]]></dc:creator><pubDate>Tue, 07 Jul 2026 05:30:24 GMT</pubDate><enclosure url="https://substack-post-media.s3.amazonaws.com/public/images/64aeabd1-bed1-480b-9ae1-c7ad03e666c8_525x375.png" length="0" type="image/jpeg"/><content:encoded><![CDATA[<div class="pullquote"><p style="text-align: right;">Celui qui croit qu&#8217;une croissance exponentielle peut durer ind&#233;finiment dans un monde fini est soit un fou, soit un &#233;conomiste. <br>Kenneth Boulding</p></div><p>TIME TO RESET (&#233;dition #17) en 1 minute</p><ul><li><p><strong>L&#8217;&#233;dito :</strong> la transition se joue autant sur la mati&#232;re que sur l&#8217;&#233;nergie, et c&#8217;est l&#8217;angle mort des d&#233;cideurs.</p></li><li><p><strong>Le concept &#224; d&#233;crypter :</strong> la contrainte mati&#232;re.</p></li><li><p><strong>1 ressource pour agir dans la complexit&#233; :</strong> les fiches de criticit&#233; du BRGM (Mineral Info).</p></li><li><p><strong>5 signaux faibles et tendances lourdes :</strong> d&#233;ficit de cuivre, &#233;chec du recyclage, angle mort des politiques, controverse du peak minerals, planification territoriale.</p></li><li><p><strong>1 contenu pour aller plus loin :</strong> Les Limites &#224; la Croissance, cinquante ans apr&#232;s.</p></li><li><p><strong>Le mot de la fin.</strong></p></li></ul><p class="button-wrapper" data-attrs="{&quot;url&quot;:&quot;https://timetoreset.studioreset.fr/subscribe?&quot;,&quot;text&quot;:&quot;S'abonner maintenant&quot;,&quot;action&quot;:null,&quot;class&quot;:null}" data-component-name="ButtonCreateButton"><a class="button primary" href="https://timetoreset.studioreset.fr/subscribe?"><span>S'abonner maintenant</span></a></p><h2>L&#8217;&#201;DITO&#9119;L&#8217;angle mort de la transition</h2><p>Nous avons appris &#224; penser la transition comme une affaire d&#8217;&#233;nergie avec pour principal horizon : sortir du fossile et &#233;lectrifier nos usages. </p><p>Le sujet est central mais il masque l&#8217;essentiel : la transition est, aussi et surtout, un probl&#232;me de mati&#232;re, de ressources.</p><p>Une voiture &#233;lectrique, une &#233;olienne ou un panneau solaire, ce sont d&#8217;abord du lithium, du cuivre, du cobalt, des terres rares. Des ressources finies, concentr&#233;es dans quelques pays, aussi disput&#233;es que le p&#233;trole hier.</p><p>Le mouvement en cours d&#233;place la contrainte plus qu&#8217;il ne la l&#232;ve. On quitte une d&#233;pendance aux fossiles pour une d&#233;pendance aux m&#233;taux, avec une concentration g&#233;ographique encore plus forte. La vraie question ne porte donc pas que sur la faisabilit&#233; de la transition, mais sur les ressources qu&#8217;elle mobilise et sur leur disponibilit&#233;.</p><p>Cette &#233;dition traite de la finitude comme un fait qui sera d&#233;terminant dans l&#8217;&#233;conomie de demain. Ce que la raret&#233; impose, ce qu&#8217;elle d&#233;place, et les leviers pour composer avec elle.</p><p><strong>Hugo LAMBERT <br>Co-fondateur STUDIO RESET</strong></p><h2>D&#201;CRYPTAGE&#9119;Trois raret&#233;s derri&#232;re un seul mot</h2><h3><strong>La contrainte mati&#232;re</strong></h3><p>La contrainte mati&#232;re d&#233;signe une &#233;vidence longtemps ignor&#233;e par la th&#233;orie &#233;conomique : une &#233;conomie ne peut mobiliser qu&#8217;une quantit&#233; limit&#233;e de ressources physiques, &#224; un co&#251;t et dans des d&#233;lais donn&#233;s. Trois distinctions la rendent lisible.</p><p><strong>R&#233;serves et ressources ne sont pas synonymes.</strong> Les r&#233;serves sont les quantit&#233;s extractibles de fa&#231;on rentable avec les technologies actuelles. Les ressources d&#233;signent l&#8217;ensemble des gisements connus ou suppos&#233;s, exploitables ou non. Un gisement de cuivre peut exister g&#233;ologiquement sans jamais devenir exploitable, si l&#8217;extraire co&#251;te plus que le m&#233;tal ne vaut.</p><p><strong>La criticit&#233; ajoute une dimension strat&#233;gique.</strong> Une ressource est dite critique quand elle croise une forte importance &#233;conomique et un risque &#233;lev&#233; sur son approvisionnement. En 2023, l&#8217;Union europ&#233;enne a class&#233; 34 mati&#232;res premi&#232;res critiques, parmi lesquelles le lithium, le cobalt, les terres rares et le cuivre.</p><p><strong>La raret&#233;, enfin, se d&#233;cline en trois registres qu&#8217;on confond souvent.</strong> </p><ul><li><p>G&#233;ologique, elle est absolue : la cro&#251;te terrestre contient une quantit&#233; finie de chaque &#233;l&#233;ment. </p></li><li><p>&#201;conomique, elle est relative : un gisement non rentable le devient quand le prix grimpe. Et inversement.</p></li><li><p>G&#233;opolitique, elle est imm&#233;diate : la production, et surtout le raffinage, se concentrent dans une poign&#233;e de pays. La Chine raffine aujourd'hui pr&#232;s de 90 % des terres rares et transforme 78 % du cobalt mondial.</p></li></ul><h3><strong>Pourquoi c&#8217;est important ?</strong></h3><p>Parce que nos trajectoires de d&#233;carbonation ne bouclent pas avec les ressources disponibles. L&#8217;&#233;tude INEC/Capgemini a confront&#233; la Strat&#233;gie nationale bas carbone aux besoins en mati&#232;res qu&#8217;elle suppose. </p><blockquote><p>Selon l'Agence internationale de l'&#233;nergie, les mines en activit&#233; et les projets engag&#233;s ne couvriront qu'environ la moiti&#233; de la demande mondiale de lithium en 2030. Dans un sc&#233;nario de faible circularit&#233;, l'&#233;tude INEC chiffre &#224; seize la multiplication de la criticit&#233; fran&#231;aise d'ici 2050.</p></blockquote><p>Parce que le signal prix ne dit pas la finitude. Les march&#233;s n&#8217;int&#232;grent ni le co&#251;t des extractions futures, plus profondes et moins riches, ni les d&#233;g&#226;ts environnementaux et sociaux. La contrainte n&#8217;appara&#238;t qu&#8217;au moment du choc, chocs p&#233;troliers, rupture Covid, tensions sur les terres rares, puis s&#8217;efface une fois la pression retomb&#233;e. </p><p>Parce que la contrainte est d&#233;j&#224; chiffr&#233;e, pas hypoth&#233;tique. L&#8217;extraction mondiale de mati&#232;res d&#233;passe 100 milliards de tonnes par an et p&#232;se pour plus de 55 % des &#233;missions de gaz &#224; effet de serre. Le taux de circularit&#233; mondial est tomb&#233; &#224; 6,9 % en 2025. Pendant ce temps, sept des neuf limites plan&#233;taires sont d&#233;sormais franchies.</p><p><strong>&#192; noter</strong></p><ul><li><p>Un mot circule pour nommer ce basculement : le capitalisme de la finitude. L&#8217;&#233;conomiste Arnaud Orain l&#8217;emploie dans un essai paru en 2025 pour d&#233;crire une phase o&#249; les individus, les entreprises et les &#201;tats n&#8217;esp&#232;rent plus tirer qu&#8217;une fraction de ce que le capitalisme promettait autrefois. </p></li><li><p>Le terme n&#8217;est pas install&#233; dans la litt&#233;rature acad&#233;mique et se manie avec prudence. Il rejoint des cadres plus &#233;tablis comme la post-croissance ou l&#8217;&#233;conomie du donut de Kate Raworth. L'un et l'autre posent la m&#234;me question. Une &#233;conomie b&#226;tie sur la croissance peut-elle tenir dans un monde aux limites physiques fixes ? Le d&#233;bat sur le d&#233;couplage entre PIB et consommation de mati&#232;res reste ouvert, mais aucun d&#233;couplage absolu n'a &#233;t&#233; observ&#233; &#224; l'&#233;chelle mondiale &#224; ce jour.</p></li></ul><h2>UNE RESSOURCE POUR AGIR&#9119;La criticit&#233;, substance par substance</h2><p><strong>Sortir des g&#233;n&#233;ralit&#233;s sur la raret&#233;</strong></p><p>Le BRGM, service g&#233;ologique national, met &#224; disposition une base publique de fiches de criticit&#233;, mati&#232;re par mati&#232;re. Pour chaque m&#233;tal, on y trouve les r&#233;serves, la concentration de la production, les usages concurrents, la recyclabilit&#233; et les risques d&#8217;approvisionnement.</p><p>L&#8217;int&#233;r&#234;t pour un d&#233;cideur tient dans le passage du g&#233;n&#233;ral au particulier. La raret&#233; cesse d&#8217;&#234;tre un slogan et redevient une donn&#233;e. Avant d&#8217;&#233;lectrifier une flotte, de lancer une gamme de produits ou d&#8217;arbitrer un investissement industriel, la vraie question porte sur les substances concern&#233;es, leur origine et leur horizon de tension.</p><ul><li><p>Consulter les fiches de criticit&#233; sur <a href="https://mineralinfo.fr/fr/substances">mineralinfo.fr</a></p></li></ul><h2>SIGNAUX FAIBLES ET TENDANCES LOURDES&#9119;5 signaux que la transition oublie</h2><p><strong>Le cuivre, l&#8217;alerte la mieux document&#233;e</strong></p><div class="callout-block" data-callout="true"><p>L&#8217;Agence internationale de l&#8217;&#233;nergie &#233;value l&#8217;offre disponible hors recyclage &#224; 21,8 Mt en 2035, pour une demande anticip&#233;e de 28,3 Mt. L&#8217;&#233;cart d&#233;passe six millions de tonnes. S&#8217;y ajoute un d&#233;lai de plus de quinze ans entre la d&#233;couverte d&#8217;un gisement et sa mise en exploitation. Le m&#233;tal le plus banal des r&#233;seaux &#233;lectriques devient un point de rupture structurel.</p></div><ul><li><p>Retrouver l&#8217;article sur <a href="https://www.goodplanet.info/2025/05/22/la-transition-energetique-accentue-la-pression-sur-lapprovisionnement-en-metaux-dont-le-cuivre/">GoodPlanet</a></p></li></ul><p><strong>Moins de 7 % des mati&#232;res sont recycl&#233;es</strong></p><div class="callout-block" data-callout="true"><p>Le taux de circularit&#233; mondial a recul&#233; de 9,1 % en 2018 &#224; 6,9 % en 2025. La consommation de ressources progresse plus vite que la capacit&#233; des fili&#232;res &#224; les r&#233;absorber. L&#8217;&#233;conomie circulaire, brandie comme la solution, &#233;choue pour l&#8217;instant &#224; passer &#224; l&#8217;&#233;chelle.</p></div><ul><li><p>Retrouver l&#8217;article sur <a href="https://www.novethic.fr/economie-et-social/business-model-en-transition/moins-de-7-des-materiaux-utilises-chaque-annee-dans-le-monde-proviennent-de-sources-recyclees">Novethic</a></p></li></ul><p><strong>La rar&#233;faction, angle mort des politiques publiques</strong></p><div class="callout-block" data-callout="true"><p>L&#8217;&#233;tude INEC/Capgemini reste la premi&#232;re &#224; mod&#233;liser conjointement d&#233;carbonation et contrainte de ressources, sur 14 ressources et 15 secteurs. Son constat est frontal : la Strat&#233;gie nationale bas carbone n&#8217;&#233;voque les ressources que de fa&#231;on elliptique, sans trajectoire d&#233;di&#233;e.</p></div><ul><li><p>Retrouver l&#8217;&#233;tude sur <a href="https://institut-economie-circulaire.fr/strategie-nationale-bas-carbone-sous-contrainte-de-ressources/">institut-economie-circulaire.fr</a></p></li></ul><p><strong>Va-t-on vraiment manquer de m&#233;taux ?</strong></p><div class="callout-block" data-callout="true"><p>Contre-point utile. Pour l&#8217;Association fran&#231;aise pour l&#8217;information scientifique, la limite qui s&#8217;impose &#224; court terme rel&#232;ve moins d&#8217;un plafond g&#233;ologique que de consid&#233;rations &#233;conomiques, sociales et environnementales. Une position techno-optimiste mod&#233;r&#233;e, qui rappelle que la raret&#233; est aussi une affaire de prix et d&#8217;acceptabilit&#233;.</p></div><ul><li><p>Retrouver l&#8217;article sur <a href="https://www.afis.org/Va-t-on-manquer-de-mineraux-et-metaux">afis.org</a></p></li></ul><p><strong>Planifier la d&#233;carbonation par les ressources locales</strong></p><div class="callout-block" data-callout="true"><p>Apr&#232;s 18 mois de travail, The Shift Project montre que d&#233;carboner la France sans aggraver sa d&#233;pendance suppose de planifier l&#8217;allocation de l&#8217;eau, des sols, de la biomasse et de l&#8217;&#233;nergie. Une approche territoriale des conflits d&#8217;usage, l&#224; o&#249; l&#8217;&#201;tat reste souvent muet.</p></div><ul><li><p>Retrouver le rapport sur <a href="https://theshiftproject.org/publications/planification-ressources-locales-rapport-final/">theshiftproject.org</a></p></li></ul><h2>ALLER PLUS LOIN&#9119;Cinquante ans de finitude</h2><p><strong>Les Limites &#224; la Croissance en bref</strong></p><p>Publi&#233; en 1972 pour le Club de Rome par Dennis et Donella Meadows, Jorgen Randers et William Behrens, Les Limites &#224; la Croissance mod&#233;lise les interactions entre population, ressources, pollution, alimentation et production industrielle dans un monde fini. Son sc&#233;nario de r&#233;f&#233;rence d&#233;crit un d&#233;passement des capacit&#233;s de la plan&#232;te, suivi d&#8217;un d&#233;clin des niveaux de vie au milieu du XXIe si&#232;cle.</p><p>Longtemps caricatur&#233;, le rapport a &#233;t&#233; r&#233;habilit&#233; par les faits. La recalibration men&#233;e par Gaya Herrington en 2021 montre que les donn&#233;es r&#233;elles collect&#233;es depuis un demi-si&#232;cle suivent de pr&#232;s la trajectoire de r&#233;f&#233;rence du mod&#232;le.  </p><p><strong>7 enseignements &#224; retenir</strong></p><ul><li><p>Une croissance mat&#233;rielle exponentielle ne se prolonge pas ind&#233;finiment dans un syst&#232;me physique fini, quelles que soient les intentions politiques.</p></li><li><p>Dans le mod&#232;le, l'effondrement peut &#234;tre d&#233;clench&#233; autant par la saturation des puits, climat et pollution, que par l'&#233;puisement des ressources.</p></li><li><p>Les donn&#233;es observ&#233;es depuis 1972 restent coh&#233;rentes avec le sc&#233;nario de r&#233;f&#233;rence, ce que confirme l&#8217;actualisation de Herrington en 2021.</p></li><li><p>Les critiques classiques, sur le r&#244;le des prix ou de la technologie, att&#233;nuent la dynamique sans en inverser le sens.</p></li><li><p>Le progr&#232;s technique repousse la contrainte plus qu&#8217;il ne la supprime, car la thermodynamique et l&#8217;effet rebond finissent par reprendre leurs droits.</p></li><li><p>Agir t&#244;t co&#251;te moins cher que subir le d&#233;passement, et la ressource la plus rare reste le temps long, celui qui manque le plus &#224; nos d&#233;cisions.</p></li><li><p>L&#8217;enjeu porte moins sur le sauvetage de la plan&#232;te, qui se passera tr&#232;s bien de nous, que sur la pr&#233;servation d&#8217;un espace habitable pour les humains.</p></li></ul><h2>LE MOT DE LA FIN&#9119;La finitude comme enjeu d&#233;cisionnel</h2><p>N&#8217;en d&#233;plaise aux partisans de la croissance illimit&#233;e : l&#8217;&#233;conomie est un sous-syst&#232;me de la biosph&#232;re. Les ressources qu'elle transforme, mati&#232;res et &#233;nergie utile, existent en quantit&#233; finie. </p><p>Aucune ing&#233;niosit&#233; ne cr&#233;e de ressource &#224; partir de rien, et le recyclage lui-m&#234;me dissipe une part de ce qu&#8217;il r&#233;cup&#232;re.</p><p>La finitude rel&#232;ve du cadre de d&#233;cision, sans jugement moral. La sobri&#233;t&#233; fonctionne comme une condition de robustesse quand les ruptures d&#8217;approvisionnement deviennent la norme.</p><p>Reste alors &#224; tenir un refus sym&#233;trique du catastrophisme et du solutionnisme. La plan&#232;te se passera de nous. La question tient &#224; l&#8217;espace que nous laissons habitable, et aux ressources que nous choisissons d&#8217;y consacrer.</p><p>Reste une question, que je vous laisse. Dans vos propres arbitrages, &#224; quel moment la ressource entre-t-elle dans l&#8217;&#233;quation ? Avant la d&#233;cision, ou seulement quand le prix s&#8217;envole ?</p><p><strong>Hugo LAMBERT <br>Co-fondateur STUDIO RESET</strong></p><div class="callout-block" data-callout="true"><p><em>Processus infini d&#8217;am&#233;lioration continue dans un monde fini : n&#8217;h&#233;sitez pas &#224; me faire remonter vos remarques et avis sur cette newsletter. Ainsi que vos envies pour les prochaines !</em></p><p class="button-wrapper" data-attrs="{&quot;url&quot;:&quot;https://timetoreset.studioreset.fr/p/la-matiere-dabord/comments&quot;,&quot;text&quot;:&quot;Laissez un commentaire.&quot;,&quot;action&quot;:null,&quot;class&quot;:null}" data-component-name="ButtonCreateButton"><a class="button primary" href="https://timetoreset.studioreset.fr/p/la-matiere-dabord/comments"><span>Laissez un commentaire.</span></a></p></div><div class="poll-embed" data-attrs="{&quot;id&quot;:726468}" data-component-name="PollToDOM"></div><div><hr></div><p>Je suis Hugo Lambert, co-fondateur du STUDIO RESET, et j'aide les d&#233;cideurs (CEO, dirigeants, &#233;lus, cadres de directions&#8230;) &#224; d&#233;cider et agir dans un monde qui se transforme. </p><p>Pour cela notre studio de transformation con&#231;oit et propose des exp&#233;riences cr&#233;atives, personnalis&#233;es et centr&#233;es sur la r&#233;solution des probl&#232;mes de votre organisation.</p><ul><li><p><a href="https://outlook.office.com/bookwithme/user/cb997e1d69f645db89dfd32bc4709d34%40studioreset.fr/meetingtype/FX-fuwyDZEup9LWpNlrbvg2?anonymous&amp;ismsaljsauthenabled=true">Pour programmer un temps d&#8217;&#233;changes avec moi</a></p></li><li><p>Pour en savoir plus sur le STUDIO RESET :</p><ul><li><p><a href="https://www.studioreset.fr/">Le site internet</a></p></li><li><p><a href="https://www.linkedin.com/company/studioreset/">Linkedin</a></p></li></ul></li><li><p>Pour suivre mes publications</p><ul><li><p><a href="https://www.linkedin.com/in/hugo-lambert/">Me suivre sur Linkedin</a></p></li><li><p><a href="https://hugolambert.substack.com/">Me suivre sur ma newsletter personnelle</a></p></li></ul></li></ul><div class="captioned-button-wrap" data-attrs="{&quot;url&quot;:&quot;https://timetoreset.studioreset.fr/p/la-matiere-dabord?utm_source=substack&utm_medium=email&utm_content=share&action=share&quot;,&quot;text&quot;:&quot;Partager&quot;}" data-component-name="CaptionedButtonToDOM"><div class="preamble"><p class="cta-caption">Merci d&#8217;avoir lu TIME TO RESET ! Abonnez-vous gratuitement pour recevoir de nouveaux posts et soutenir mon travail.</p></div><p class="button-wrapper" data-attrs="{&quot;url&quot;:&quot;https://timetoreset.studioreset.fr/p/la-matiere-dabord?utm_source=substack&utm_medium=email&utm_content=share&action=share&quot;,&quot;text&quot;:&quot;Partager&quot;}" data-component-name="ButtonCreateButton"><a class="button primary" href="https://timetoreset.studioreset.fr/p/la-matiere-dabord?utm_source=substack&utm_medium=email&utm_content=share&action=share"><span>Partager</span></a></p></div>]]></content:encoded></item><item><title><![CDATA[Circuler ou subir : le vrai prix de nos ressources]]></title><description><![CDATA[Transformer notre rapport &#224; la ressource : ce que l&#8217;&#233;conomie circulaire exige vraiment des organisations]]></description><link>https://timetoreset.studioreset.fr/p/circuler-ou-subir-le-vrai-prix-de</link><guid isPermaLink="false">https://timetoreset.studioreset.fr/p/circuler-ou-subir-le-vrai-prix-de</guid><dc:creator><![CDATA[Hugo Lambert]]></dc:creator><pubDate>Tue, 16 Jun 2026 05:01:40 GMT</pubDate><enclosure url="https://api.substack.com/feed/podcast/197390329/180610ca76d128f2fe37e14737a518ce.mp3" length="0" type="audio/mpeg"/><content:encoded><![CDATA[<blockquote><p><strong>On a pris la trajectoire de la strat&#233;gie nationale bas carbone, et on a regard&#233; les besoins en ressources associ&#233;es. Et en fait, il y a des secteurs o&#249; &#231;a ne passe pas.</strong></p></blockquote><p>Extraire, transformer, consommer, puis jeter.</p><p>Ce circuit en ligne droite, c&#8217;est celui sur lequel repose l&#8217;essentiel de notre &#233;conomie. Il a un nom que personne ne lui donne : l&#8217;&#233;conomie lin&#233;aire. Et un probl&#232;me que tout le monde pr&#233;f&#232;re ignorer : les ressources n&#233;cessaires pour le maintenir n&#8217;existent pas en quantit&#233; suffisante.</p><p>La finitude des ressources n&#8217;est pas une question morale ou &#233;thique, c&#8217;est une question de s&#233;curit&#233; individuelle et collective, de souverainet&#233;, d&#8217;autonomie... </p><p>Dans ce nouvel &#233;pisode de TIME TO RESET, j&#8217;&#233;change avec Emmanuelle Ledoux sur ce que signifie concr&#232;tement transformer notre rapport &#224; la ressource. Sur ce qui bloque, ce qui pourrait d&#233;bloquer, et cette posture de lucidit&#233; qui permet d&#8217;avancer sans se raconter d&#8217;histoires.</p><p><strong>Ce que cet &#233;pisode documente</strong></p><div class="callout-block" data-callout="true"><p>Ce qui m&#8217;a frapp&#233;, dans cette conversation, c&#8217;est le calme d&#8217;Emmanuelle quand elle pose les chiffres. Elle ne cherche pas &#224; convaincre. Elle ne milite pas. Elle d&#233;roule des trajectoires, confronte des donn&#233;es &#224; des objectifs, et montre ce qui ne boucle pas. La France a 3% du cobalt mondial et il lui en faudrait 7% pour &#233;lectrifier son parc automobile. La strat&#233;gie de d&#233;carbonation de l&#8217;a&#233;ronautique mobilise &#224; elle seule 100% de la biomasse disponible. Ce sont des faits. Et personne ne les met sur la table dans les d&#233;bats qu&#8217;on entend d&#8217;habitude.</p><p>Ce que j&#8217;ai retenu de cet &#233;change, c&#8217;est que l&#8217;&#233;conomie circulaire n&#8217;est pas un sujet environnemental. C&#8217;est un sujet de planification industrielle et politique, et c&#8217;est pour &#231;a qu&#8217;il avance si lentement. Emmanuelle le voit tous les jours : les d&#233;cideurs savent, les lois existent, les outils sont l&#224;, et pourtant le passage &#224; l&#8217;&#233;chelle &#233;choue. Ce qu&#8217;elle d&#233;crit pourrait s&#8217;appliquer &#224; presque tous les chantiers de transformation que nous documentons dans TIME TO RESET.</p></div><h2>L&#8217;&#233;pisode en bref </h2><h3>Synth&#232;se (dur&#233;e 2h02)</h3><ul><li><p><strong>L&#8217;&#233;tat des lieux :</strong> l&#8217;&#233;conomie lin&#233;aire et ses impasses, le rapport Meadows et son h&#233;ritage, la loi anti-gaspillage et ses limites, le signal prix comme seul d&#233;clencheur politique&#8230;</p></li><li><p><strong>Les verrous :</strong> la mati&#232;re recycl&#233;e plus ch&#232;re que la vierge, les r&#233;parateurs qui manquent, les cordonniers en voie de disparition, le foncier inaccessible, les cinq freins &#224; la circularit&#233;, la TVA circulaire retoqu&#233;e au 49-3&#8230;</p></li><li><p><strong>Les voies de sortie :</strong> la strat&#233;gie nationale bas carbone sous contrainte de ressources, la planification comme condition de la transformation, l&#8217;&#233;cole circulaire comme r&#233;cit f&#233;d&#233;rateur, la posture de lucidit&#233; face &#224; l&#8217;&#233;co-anxi&#233;t&#233;, Dune comme livre de la contrainte de ressources.</p></li></ul><h3>Un &#233;pisode pour qui ?</h3><p>Cet &#233;pisode s&#8217;adresse &#224; tous ceux qui travaillent sur les questions de transformation &#233;cologique et qui sentent que le passage &#224; l&#8217;&#233;chelle reste le point de blocage. </p><ul><li><p>Aux responsables de collectivit&#233;s qui cherchent &#224; int&#233;grer la circularit&#233; dans leurs politiques d&#8217;achat et d&#8217;am&#233;nagement. </p></li><li><p>Aux dirigeants d&#8217;entreprise qui veulent anticiper la contrainte de ressources avant qu&#8217;elle ne s&#8217;impose par les prix. </p></li><li><p>Aux acheteurs publics et priv&#233;s qui jonglent entre injonctions environnementales et budgets contraints. </p></li><li><p>Aux acteurs du r&#233;emploi, de la r&#233;paration et du reconditionnement qui peinent &#224; trouver leur mod&#232;le. </p></li><li><p>Aux &#233;tudiants et jeunes professionnels qui s&#8217;interrogent sur les m&#233;tiers de demain dans une &#233;conomie sous contrainte. Et &#224; tous ceux qui, comme Emmanuelle, pr&#233;f&#232;rent la lucidit&#233; froide au d&#233;couragement.</p></li></ul><h3>L&#8217;invit&#233;e : Emmanuelle Ledoux</h3><p>Emmanuelle Ledoux dirige l&#8217;Institut national de l&#8217;&#233;conomie circulaire. </p><ul><li><p>Son parcours : conseil, engagement politique et action institutionnelle. Un double ancrage qui dit quelque chose de sa conviction : on ne peut pas penser la transition &#233;cologique sans comprendre les m&#233;canismes &#233;conomiques.</p></li><li><p>Son quotidien : convaincre des &#233;lus, des industriels, des collectivit&#233;s que le mod&#232;le dans lequel ils op&#232;rent est une voie sans issue.</p></li><li><p>Son domaine : l&#8217;&#233;conomie circulaire dans toutes ses dimensions. Plaidoyer aupr&#232;s des institutions europ&#233;ennes et fran&#231;aises, animation du d&#233;bat public, accompagnement des collectivit&#233;s et des entreprises.</p></li><li><p>Son approche : poser les chiffres sur la table, retirer l&#8217;affect du d&#233;bat, et travailler sous contrainte de ressources. Elle ne verse ni dans le catastrophisme ni dans le solutionnisme. Son registre, c&#8217;est la lucidit&#233; froide et l&#8217;obstination.</p></li><li><p>Sa singularit&#233; : elle a fait de la TVA circulaire un combat personnel, co-r&#233;dig&#233; un rapport sur le sujet en deux mois, et continue de le porter ann&#233;e apr&#232;s ann&#233;e devant le Parlement. &#171; Je ne quitterai pas cette terre tant qu&#8217;il n&#8217;y a pas la TVA circulaire. &#187;</p></li></ul><h2>Ce que vous allez d&#233;couvrir dans cet &#233;pisode</h2><h3>Le mod&#232;le lin&#233;aire : une &#233;conomie qui n&#8217;a jamais dit son nom</h3><blockquote><p><strong>L&#8217;&#233;conomie dans laquelle on vit principalement et depuis longtemps, c&#8217;est l&#8217;&#233;conomie lin&#233;aire, extractive, jetable. Il y a plein de fa&#231;ons de la qualifier.</strong></p></blockquote><p>On dit &#171; l&#8217;&#233;conomie &#187;. Comme si c&#8217;&#233;tait un fait de nature. Une &#233;vidence. Emmanuelle rappelle que ce syst&#232;me a un fonctionnement tr&#232;s pr&#233;cis : j&#8217;extrais, je produis, je consomme, je jette. Et qu&#8217;il a une date de p&#233;remption.</p><p>Le rapport Meadows, en 1972, posait d&#233;j&#224; la question. &#192; ce rythme d&#8217;extraction, les ressources disponibles ne tiennent pas au-del&#224; de 2050.</p><p>Cinquante ans plus tard, la r&#233;ponse technologique a apport&#233; des solutions partielles. On &#233;lectrifie pour sortir du fossile. Mais les batteries n&#233;cessitent du lithium, du cobalt, du cuivre. Nous n&#8217;avons pas supprim&#233; la contrainte de ressources : on a d&#233;placer le risque sans le r&#233;soudre.</p><h3>Le signal prix : seul d&#233;clencheur de la prise de conscience</h3><blockquote><p><strong>Les vraies &#233;volutions sur les transformations des politiques publiques, c&#8217;est rarement li&#233; &#224; la compr&#233;hension. C&#8217;est li&#233; &#224; la volatilit&#233; des prix et au risque-prix.</strong></p></blockquote><p>Emmanuelle identifie un m&#233;canisme r&#233;current. On sait depuis des d&#233;cennies que les ressources sont limit&#233;es : les rapports s&#8217;accumulent, les mod&#233;lisations convergent. Mais ce qui d&#233;clenche le mouvement, ce n&#8217;est jamais la connaissance, c&#8217;est le choc &#233;conomique.</p><p>1973, premier choc p&#233;trolier. &#171; En France, on n&#8217;a pas de p&#233;trole, mais on a des id&#233;es. &#187; Puis oubli. Covid, rupture des cha&#238;nes d&#8217;approvisionnement. Prise de conscience. Puis oubli. Nouveau choc p&#233;trolier en cours. La m&#234;me s&#233;quence qui se renouvelle.</p><p>Ce sch&#233;ma pose une question : les prix d&#233;clenchent le vote, le vote produit la loi, la loi cr&#233;e le cadre. Mais entre chaque secousse, le cadre s&#8217;effiloche et les habitudes reprennent.</p><h3>Conviction acquise, action absente</h3><blockquote><p><strong>La conviction, c&#8217;est gagn&#233;. Tous ensemble, passons &#224; l&#8217;action. Mais je suis bien d&#8217;accord qu&#8217;il y a encore un &#233;cart qui est assez significatif.</strong></p></blockquote><p>Emmanuelle pose un diagnostic net. Le temps de la conviction est termin&#233;. Tout le monde sait qu&#8217;il y a un probl&#232;me avec la fast fashion, avec l&#8217;&#233;nergie, avec les d&#233;chets. La loi anti-gaspillage de 2020 a ancr&#233; ces sujets dans le quotidien des citoyens.</p><p>Mais la loi AGEC a mis&#233; sur la demande. Le consommateur, convaincu, devait tirer le march&#233;. Sauf qu&#8217;en face, l&#8217;offre n&#8217;a pas suivi. L&#8217;organisation &#233;conomique et industrielle n&#8217;&#233;tait pas pr&#234;te : les r&#233;parateurs manquent, les fili&#232;res de reconditionnement peinent &#224; trouver leur mod&#232;le, l&#8217;infrastructure territoriale fait d&#233;faut.</p><h3>Le paradoxe de la r&#233;paration : des clients sans r&#233;parateurs</h3><blockquote><p><strong>Le nerf de la guerre sur la r&#233;paration de l&#8217;&#233;lectrom&#233;nager, c&#8217;est pas les clients. C&#8217;est les r&#233;parateurs.</strong></p></blockquote><p>La loi AGEC a cr&#233;&#233; le bonus r&#233;paration, l&#8217;indice de r&#233;parabilit&#233;, l&#8217;obligation de disponibilit&#233; des pi&#232;ces d&#233;tach&#233;es. Le cadre existe : mais qui r&#233;pare ?</p><p>Les cordonniers : 45 000 dans les ann&#233;es 50, 3 000 aujourd&#8217;hui. La plupart proches de la retraite. Pas de mod&#232;le &#233;conomique tonique, pas de formation, pas de foncier accessible. Un cordonnier ne va pas s&#8217;installer l&#224; o&#249; il n&#8217;y a pas de clients, et l&#224; o&#249; il y a des clients, le loyer est trop cher.</p><p>Comment une &#233;choppe de cordonnerie peut-elle rivaliser avec un Sephora pour un bail commercial ? L&#8217;&#233;conomie circulaire de proximit&#233; bute l&#224;-dessus. La r&#233;paration suppose des r&#233;parateurs. Les r&#233;parateurs supposent un mod&#232;le viable. Le mod&#232;le suppose du foncier, de la formation, une vision sur le temps long. Rien de tout &#231;a n&#8217;a &#233;t&#233; anticip&#233;.</p><h3><strong>La mati&#232;re recycl&#233;e plus ch&#232;re que la mati&#232;re vierge</strong></h3><blockquote><p><strong>La plupart du temps, la mati&#232;re recycl&#233;e est plus ch&#232;re que la mati&#232;re vierge. C&#8217;est pas simple.</strong></p></blockquote><p>C&#8217;est le premier des freins qu&#8217;identifie Emmanuelle : le frein &#233;conomique r&#233;sume &#224; lui seul l&#8217;absurdit&#233; du syst&#232;me actuel.</p><p>On extrait loin, on produit loin, dans des conditions sociales qui ne sont pas les n&#244;tres, et on consomme ici. Ce circuit-l&#224; produit des prix bas. Passer &#224; la circularit&#233;, c&#8217;est relocaliser les boucles de valeur, avec des salaires fran&#231;ais, un mod&#232;le social europ&#233;en. Le diff&#233;rentiel de prix ne se comblera pas par la bonne volont&#233;.</p><p>Emmanuelle le dit : on ne va pas s&#8217;aligner sur les conditions sociales de l&#8217;Asie du Sud-Est. Le &#171; moins 30% &#187; que les consommateurs attendent pour la seconde main, ce n&#8217;est pas tenable.</p><h3><strong>Les cinq freins qui bloquent la bascule</strong></h3><blockquote><p><strong>L&#8217;exp&#233;rimentation marche bien. Et puis, au moment de passer &#224; l&#8217;&#233;chelle, on n&#8217;y arrive pas.</strong></p></blockquote><p>Emmanuelle les nomme un par un. </p><ol><li><p><strong>Le frein &#233;conomique</strong>, on l&#8217;a vu. </p></li><li><p><strong>Le frein r&#233;glementaire</strong> ensuite : notre corpus l&#233;gislatif a &#233;t&#233; construit pour l&#8217;&#233;conomie lin&#233;aire. Dans le BTP, la loi de ma&#238;trise d&#8217;ouvrage public fonctionne par lots s&#233;par&#233;s. La circularit&#233; exige que tous les lots communiquent. &#199;a ne colle pas.</p></li><li><p><strong>Le frein assurantiel :</strong> on sait assurer du neuf, pas du reconditionn&#233;. Qui est responsable quand un lave-linge r&#233;par&#233; puis revendu tombe en panne ? Le cadre se construit, mais avec retard.</p></li><li><p><strong>Le frein comportemental</strong> : &#171; J&#8217;ai toujours fait comme &#231;a. &#187; Le r&#233;flexe d&#8217;achat optimis&#233; pour la dopamine du clic, le one-button d&#8217;Amazon, tout ce qui r&#233;duit la friction &#224; l&#8217;achat va &#224; l&#8217;encontre de la logique d&#8217;investissement que suppose la circularit&#233;. Et l&#8217;injonction contradictoire permanente : on demande aux acheteurs publics de faire mieux, mais avec moins de budget. R&#233;sultat : on fait mieux l&#224; o&#249; &#231;a se voit. Les cantines. Le gaspillage alimentaire. Et le reste continue comme avant.</p></li><li><p><strong>Et un cinqui&#232;me, la temporalit&#233;</strong>. Planifier suppose de la visibilit&#233;, la visibilit&#233; suppose de la stabilit&#233;. Quand tout est confus, le temps long devient inaccessible : or c&#8217;est le temps long qui permet d&#8217;organiser les ressources, de structurer les budgets, de prendre des d&#233;cisions qui tiennent.</p></li></ol><h3><strong>Investir ou consommer : une philosophie de l&#8217;achat</strong></h3><blockquote><p><strong>On d&#233;cide pas de r&#233;parer un produit au moment o&#249; il est cass&#233;. On d&#233;cide de r&#233;parer un produit au moment o&#249; on l&#8217;ach&#232;te.</strong></p></blockquote><p>Cette phrase, emprunt&#233;e &#224; R&#233;gis Koenig de Fnac Darty, r&#233;sume un basculement. Consommer, c&#8217;est un acte imm&#233;diat. Investir, c&#8217;est un choix qui engage la dur&#233;e.</p><p>Emmanuelle le formule autrement : quand on consomme, on a consomm&#233;. Quand on investit, on cr&#233;e de la valeur. Le passage d&#8217;une logique &#224; l&#8217;autre change tout. Le choix du lave-vaisselle &#224; 112 euros qu&#8217;on remplacera dans trois ans, ou celui qu&#8217;on paie plus cher, qu&#8217;on choisit r&#233;parable, qu&#8217;on fait durer.</p><p>Mais investir suppose d&#8217;en avoir les moyens. Et c&#8217;est l&#224; que la question sociale s&#8217;impose : comment faire en sorte que cette logique ne soit pas r&#233;serv&#233;e &#224; ceux qui ont le budget ?</p><h3><strong>L&#8217;&#233;cole circulaire : entrer par la vie</strong></h3><blockquote><p><strong>L&#8217;&#233;conomie circulaire, c&#8217;est un sujet un peu aride. Et l&#224;, d&#8217;un coup, &#231;a devient un sujet d&#8217;&#234;tre humain.</strong></p></blockquote><p>&#192; son arriv&#233;e &#224; l&#8217;INEC en 2019, Emmanuelle cherche un projet f&#233;d&#233;rateur. Elle part d&#8217;une question simple : comment raconter l&#8217;&#233;conomie circulaire &#224; un maire qui discute &#224; la boulangerie le dimanche matin ?</p><p>R&#233;ponse : par l&#8217;&#233;cole. Une &#233;cole, on la construit, on la r&#233;nove, on y ach&#232;te des crayons, on la chauffe, on y nourrit les enfants, on la lave. &#192; chaque &#233;tape, un choix circulaire est possible.</p><p>L&#8217;approche par le lieu de vie permet de sortir de l&#8217;aridit&#233; technique. Le territoire n&#8217;est plus une surface g&#233;ographique. C&#8217;est l&#8217;endroit o&#249; les gens partagent des repr&#233;sentations communes et d&#233;cident d&#8217;adresser des enjeux ensemble.</p><p>Le test acide pour Emmanuelle, c&#8217;est la simulation du maire &#224; la boulangerie. &#171; Imaginons, je suis maire d&#8217;une commune. Je fais la queue le dimanche matin. On me demande : et au fait, vous faites quoi en &#233;conomie circulaire ? &#187; Si la r&#233;ponse tient en deux minutes et parle de l&#8217;&#233;cole de la commune, c&#8217;est gagn&#233;. Si la r&#233;ponse exige un glossaire, c&#8217;est perdu.</p><p>Le projet a &#233;t&#233; stopp&#233; net par le confinement. Emmanuelle compte le relancer car l&#8217;enjeu reste le m&#234;me : trouver le r&#233;cit qui rende lisible un sujet que ses propres acteurs reconnaissent comme aride.</p><h3><strong>La TVA circulaire : un combat de tranch&#233;es</strong></h3><blockquote><p><strong>Je ne quitterai pas cette terre tant qu&#8217;il n&#8217;y aura pas la TVA circulaire.</strong></p></blockquote><p>L&#8217;histoire de la TVA r&#233;paration est un condens&#233; de tout ce qui coince. En 2022, on confie &#224; Emmanuelle et Emery Jacquillat un rapport sur le sujet avec deux mois pour le r&#233;aliser. La commande initiale : estimer combien &#231;a co&#251;te.</p><p>Leur strat&#233;gie, changer l&#8217;angle : pas d&#8217;effet prix pour le consommateur, on maintient le tarif. Mais on baisse la TVA de 20% &#224; 5,5% sur les op&#233;rations de r&#233;paration. Le gain va au r&#233;parateur, c&#8217;est sa marge qui est prot&#233;g&#233;e, son mod&#232;le &#233;conomique qui est s&#233;curis&#233;.</p><p>L&#8217;argument fiscal : en passant de 45 000 &#224; 3 000 cordonniers, la France a perdu de la TVA. Si le secteur de la r&#233;paration se d&#233;veloppe, l&#8217;assiette grossit. Il vaut mieux 5,5% de quelque chose que 20% de presque rien.</p><p>Vot&#233;e &#224; l&#8217;Assembl&#233;e nationale. Vot&#233;e au S&#233;nat. Et retoqu&#233;e au 49-3. Les estimations de co&#251;t de Bercy ? Un ministre avance 500 millions pour les seules chaussures. Ramen&#233;e au nombre de cordonniers, &#231;a ferait 11 millions de chiffre d&#8217;affaires par &#233;choppe. Bref, le concours L&#233;pine du chiffre au pif, comme le dit Emmanuelle.</p><p>La bataille continue.</p><h2><strong>Planifier sous contrainte de ressources</strong></h2><blockquote><p><strong>On a pris la strat&#233;gie nationale bas carbone, et on a regard&#233; les besoins en ressources associ&#233;es. Et en fait, &#231;a ne passe pas.</strong></p></blockquote><p>En 2021, l&#8217;INEC publie une &#171; strat&#233;gie nationale bas carbone sous contrainte de ressources &#187;. Le point de d&#233;part : un rapport de l&#8217;Agence internationale de l&#8217;&#233;nergie qui questionnait la disponibilit&#233; des ressources pour l&#8217;&#233;lectrification.</p><p>L&#8217;&#233;quipe d&#8217;Emmanuelle reprend la trajectoire de d&#233;carbonation de la France et la confronte aux ressources n&#233;cessaires. Trois secteurs : &#233;lectrification (lithium, cobalt, terres rares), construction (volumes pond&#233;reux), biomasse (comp&#233;tition entre usages).</p><p>Sur la biomasse, le constat est net : la strat&#233;gie de d&#233;carbonation de l&#8217;a&#233;ronautique, &#224; elle seule, mobilise 100% de la biomasse disponible. L&#8217;arm&#233;e, elle, planifie. Les strat&#233;gies civiles, beaucoup moins.</p><p>La France produit environ 3% du cobalt mondial. L&#8217;&#233;lectrification de l&#8217;automobile en exigerait 7%. Soit on trouve plus de cobalt. Soit on fait avec ce qu&#8217;on a. Il n&#8217;y a pas 150 solutions. Et dans le second cas, &#231;a pose la question de l&#8217;allongement de dur&#233;e de vie des batteries, de l&#8217;&#233;co-conception, de la recyclabilit&#233;. Les investissements dans les m&#233;ga-factories de batteries, qui n&#8217;ont pas forc&#233;ment un mod&#232;le &#233;conomique &#224; deux ans, deviennent compr&#233;hensibles si on entre par la contrainte de ressources.</p><p>L&#8217;arm&#233;e fran&#231;aise, elle, produit des rapports sur ces sujets. Elle planifie. Emmanuelle se souvient d&#8217;une intervention devant l&#8217;arm&#233;e de terre. Elle demande &#224; un g&#233;n&#233;ral s&#8217;il est inquiet sur l&#8217;allocation des ressources. R&#233;ponse : &#171; &#199;a va aller. &#187; L&#8217;arm&#233;e sait qu&#8217;elle aura sa part, elle est prioritaire. La question se pose pour tous les autres.</p><h3><strong>L&#8217;&#233;conomie circulaire n&#8217;est pas un retour en arri&#232;re</strong></h3><blockquote><p><strong>L&#8217;&#233;conomie circulaire, est-ce que ce n&#8217;est pas un retour en arri&#232;re ? Ce n&#8217;est m&#234;me pas le sujet.</strong></p></blockquote><p>Emmanuelle raconte son propre souvenir. L&#8217;ouverture du H&amp;M &#224; Saint-Lazare : elle avait 20 ans, le pouvoir d&#8217;achat d&#8217;une &#233;tudiante. Et soudain, avec le m&#234;me budget, trois jeans au lieu d&#8217;un. C&#8217;est l&#8217;acc&#232;s &#224; la consommation pour tous. </p><p>Le Rana Plaza est venu apr&#232;s.</p><p>La fast fashion a trente ans. Pas deux cents. Ce rapport &#224; la consommation rapide est r&#233;cent. Et il est construit sur un r&#233;cit puissant de libert&#233; et d&#8217;acc&#232;s.</p><p>La question que pose Emmanuelle : qu&#8217;est-ce qu&#8217;on est pr&#234;t &#224; accepter pour payer un t-shirt 5 euros ? Les conditions de production r&#233;pondent probablement pas &#224; nos standards sociaux et moraux. Soit on fait semblant de ne pas voir, soit on repose la question.</p><h3><strong>L&#8217;affect invisible : pourquoi le gaspillage alimentaire marche et pas le b&#233;ton</strong></h3><blockquote><p><strong>Le gaspillage du b&#233;ton, personne ne t&#8217;a jamais dit &#8220;gaspiller du b&#233;ton, c&#8217;est pas bien&#8221;. Il n&#8217;y a pas de &#8220;gens qui n&#8217;ont pas assez de b&#233;ton&#8221;.</strong></p></blockquote><p>Emmanuelle avance une th&#233;orie. Le gaspillage alimentaire nous touche parce qu&#8217;on a tous entendu, enfants, &#171; pense &#224; ceux qui n&#8217;ont pas &#224; manger &#187;. Cette image collective cr&#233;e un r&#233;cit puissant. Le gaspillage de nourriture, c&#8217;est mal. Point.</p><p>Mais le gaspillage de mat&#233;riaux de construction, d&#8217;&#233;lectrom&#233;nager, de dalles de b&#233;ton ? Aucune image &#233;quivalente. Aucun r&#233;cit collectif. Et donc beaucoup moins de mobilisation.</p><p>Pour l&#8217;&#233;conomie circulaire, c&#8217;est un vrai probl&#232;me de r&#233;cit. Les cantines scolaires, le circuit court, le bio : &#231;a se voit, &#231;a se comprend, &#231;a se communique politiquement. Le r&#233;emploi dans le BTP ? Beaucoup plus difficile &#224; raconter.</p><p>Emmanuelle ajoute un autre facteur. L&#8217;&#233;cole fran&#231;aise de gestion des d&#233;chets repose sur l&#8217;invisible. On met les poubelles devant sa porte et &#231;a dispara&#238;t. Le tri, les bennes, les biod&#233;chets : tout ce qui rend la mati&#232;re visible cr&#233;e une friction. Avant, c&#8217;&#233;tait propre. Maintenant, il y a des poubelles partout, le citoyen voit &#233;merger des choses qu&#8217;il ne voyait pas. Et la transition &#233;cologique, sur ce terrain, ressemble moins &#224; un progr&#232;s qu&#8217;&#224; une r&#233;gression du confort.</p><h3><strong>La lucidit&#233; plut&#244;t que le courage</strong></h3><blockquote><p><strong>Parce que le courage, il y a toujours un truc un peu &#233;pique. La lucidit&#233;, c&#8217;est plus collectif. On affronte une situation lucidement, collectivement.</strong></p></blockquote><p>Sur la posture du d&#233;cideur, Emmanuelle pr&#233;f&#232;re le mot lucidit&#233; au mot courage. Le courage, &#231;a fait penser &#224; un acte individuel, un truc un peu &#233;pique. La lucidit&#233;, c&#8217;est une posture collective : on regarde les chiffres, les trajectoires, les contraintes, sans se cacher derri&#232;re son petit doigt.</p><p>L&#8217;&#233;co-anxi&#233;t&#233; la touche aussi. Mais ce qui la rassure, paradoxalement, c&#8217;est de refroidir les sujets. Poser des chiffres, tracer des trajectoires, cartographier un champ des possibles. Comment on fait avec ce qu&#8217;on a ?</p><p>C&#8217;est cette posture qu&#8217;elle recommande aux d&#233;cideurs : affronter le r&#233;el, m&#234;me quand il ne boucle pas. Refuser de reporter parce que c&#8217;est anxiog&#232;ne. Et se retrousser les manches.</p><h3><strong>Dune : le livre de la contrainte de ressources</strong></h3><blockquote><p><strong>Dune, c&#8217;est LE livre de la contrainte de ressources. Le distillat, l&#8217;eau, le rapport &#224; l&#8217;&#233;pice&#8230;</strong></p></blockquote><p>&#192; sept ans, Emmanuelle voit le Dune de David Lynch. Fascin&#233;e, elle lit le livre de Frank Herbert peu apr&#232;s, de fa&#231;on compulsive, plusieurs fois.</p><p>Pour elle, Dune reste une &#339;uvre majeure de l&#8217;anticipation. Tout y est : la raret&#233; de l&#8217;eau, la d&#233;pendance &#224; l&#8217;&#201;pice, la g&#233;opolitique des ressources, le rapport entre pouvoir et contr&#244;le des flux. Jusqu&#8217;&#224; la question de l&#8217;intelligence artificielle.</p><p>Une &#339;uvre de science-fiction &#233;crite en 1965 qui pose les questions que l&#8217;INEC travaille chaque jour. Emmanuelle mentionne aussi un ouvrage scientifique d&#8217;analyse de Dune, &#171; un livre jaune &#187;, o&#249; des chercheurs d&#233;cortiquent les enjeux ressources de l&#8217;univers de Herbert. Elle avait m&#234;me envisag&#233;, &#224; sa prise de poste, d&#8217;organiser une conf&#233;rence &#171; ce que Dune nous apporte sur la contrainte de ressources &#187;. Les films de Villeneuve sont sortis entre-temps. Le projet reste d&#8217;actualit&#233;.</p><p>Sur la seconde question, celle de ce qu&#8217;on laisse aux g&#233;n&#233;rations qui viennent, Emmanuelle h&#233;site. Puis elle livre une r&#233;ponse sobre : la responsabilit&#233; de faire de son mieux. Et le cadre de la prise de d&#233;cision qui permette d&#8217;agir. Parce qu&#8217;on parle parfois de sauver la plan&#232;te. Mais la plan&#232;te s&#8217;en sortira tr&#232;s bien sans nous. La question, c&#8217;est sauver l&#8217;espace humain.</p><div class="callout-block" data-callout="true"><p>Ce qui reste, apr&#232;s cette conversation, c&#8217;est une image. Emmanuelle qui confronte les trajectoires de d&#233;carbonation aux ressources disponibles, et qui montre, secteur par secteur, que &#231;a ne boucle pas. Elle ne dit pas que c&#8217;est foutu. Elle dit que c&#8217;est anxiog&#232;ne, qu&#8217;on a le droit de trouver &#231;a anxiog&#232;ne, et qu&#8217;il faut y aller quand m&#234;me. </p><p>C&#8217;est une posture que je retrouve chez presque tous les invit&#233;s de TIME TO RESET : refuser le d&#233;ni sans c&#233;der au d&#233;couragement. </p><p>Emmanuelle ajoute une nuance qui m&#8217;a touch&#233; : la plan&#232;te s&#8217;en sortira tr&#232;s bien sans nous. La question, c&#8217;est de pr&#233;server son habitabilit&#233; pour l&#8217;&#234;tre humain. Et pour &#231;a, il faut au moins regarder les chiffres en face.</p></div><p class="button-wrapper" data-attrs="{&quot;url&quot;:&quot;https://timetoreset.studioreset.fr/?utm_source=substack&amp;utm_medium=email&amp;utm_content=share&amp;action=share&quot;,&quot;text&quot;:&quot;Partager TIME TO RESET&quot;,&quot;action&quot;:null,&quot;class&quot;:null}" data-component-name="ButtonCreateButton"><a class="button primary" href="https://timetoreset.studioreset.fr/?utm_source=substack&amp;utm_medium=email&amp;utm_content=share&amp;action=share"><span>Partager TIME TO RESET</span></a></p><div class="poll-embed" data-attrs="{&quot;id&quot;:519526}" data-component-name="PollToDOM"></div><p>Je suis Hugo Lambert, co-fondateur du STUDIO RESET, et j'aide les d&#233;cideurs (CEO, dirigeants, &#233;lus, cadres de directions&#8230;) &#224; d&#233;cider et agir dans un monde qui se transforme. </p><p>Pour cela notre studio de transformation con&#231;oit et propose des exp&#233;riences cr&#233;atives, personnalis&#233;es et centr&#233;es sur la r&#233;solution des probl&#232;mes de votre organisation.</p><ul><li><p><a href="https://outlook.office.com/bookwithme/user/cb997e1d69f645db89dfd32bc4709d34%40studioreset.fr/meetingtype/FX-fuwyDZEup9LWpNlrbvg2?anonymous&amp;ismsaljsauthenabled=true">Pour programmer un temps d&#8217;&#233;changes avec moi</a></p></li><li><p>Pour en savoir plus sur le STUDIO RESET :</p><ul><li><p><a href="https://www.studioreset.fr/">Le site internet</a></p></li><li><p><a href="https://www.linkedin.com/company/studioreset/">Linkedin</a></p></li></ul></li><li><p>Pour suivre mes publications</p><ul><li><p><a href="https://www.linkedin.com/in/hugo-lambert/">Me suivre sur Linkedin</a></p></li><li><p><a href="https://hugolambert.substack.com/">Me suivre sur ma newsletter personnelle</a></p></li></ul></li></ul>]]></content:encoded></item><item><title><![CDATA[Se préparer à un monde où penser ne coûtera plus rien]]></title><description><![CDATA[Le co&#251;t marginal de la cognition &#224; l&#8217;&#232;re de l&#8217;IA g&#233;n&#233;rative. Et ce que &#231;a change pour ceux qui d&#233;cident.]]></description><link>https://timetoreset.studioreset.fr/p/se-preparer-a-un-monde-ou-penser</link><guid isPermaLink="false">https://timetoreset.studioreset.fr/p/se-preparer-a-un-monde-ou-penser</guid><dc:creator><![CDATA[Hugo Lambert]]></dc:creator><pubDate>Thu, 28 May 2026 05:01:09 GMT</pubDate><enclosure url="https://substack-post-media.s3.amazonaws.com/public/images/cdb98fbf-95ef-4019-8d00-ba18f52ce74e_420x300.png" length="0" type="image/jpeg"/><content:encoded><![CDATA[<div class="pullquote"><p style="text-align: right;"><strong>Ce qui est rare a de la valeur. Ce qui est abondant en perd.<br>Adam Smith</strong></p></div><h1><strong>Time To Reset en 1 minute</strong></h1><ul><li><p><strong>L&#8217;&#233;dito :</strong> le co&#251;t de la cognition s'effondre, la valeur se d&#233;place. Face &#224; ce mouvement, trois r&#233;actions possibles pour une organisation. Une seule tient la route.</p></li><li><p><strong>Le concept &#224; d&#233;crypter :</strong> le co&#251;t marginal de la cognition</p></li><li><p><strong>1 ressource pour agir dans la complexit&#233; :</strong> la grille donut appliqu&#233;e aux projets IA (Shift Project / Kate Raworth)</p></li><li><p><strong>5 signaux faibles et tendances lourdes :</strong> atrophie cognitive, Shadow AI, verrouillage des &#233;lectrons, effet rebond &#233;nerg&#233;tique, &#233;conomie de l&#8217;attention</p></li><li><p><strong>1 contenu pour aller plus loin :</strong> l&#8217;audition d&#8217;Arthur Mensch devant l&#8217;Assembl&#233;e nationale (mai 2026)</p></li><li><p><strong>Le mot de la fin</strong></p></li></ul><p>Si on vous a transmis cette newsletter, vous pouvez vous abonner pour recevoir ce contenu chaque semaine.</p><p class="button-wrapper" data-attrs="{&quot;url&quot;:&quot;https://timetoreset.studioreset.fr/subscribe?&quot;,&quot;text&quot;:&quot;Abonnez-vous maintenant&quot;,&quot;action&quot;:null,&quot;class&quot;:null}" data-component-name="ButtonCreateButton"><a class="button primary" href="https://timetoreset.studioreset.fr/subscribe?"><span>Abonnez-vous maintenant</span></a></p><h2><strong>L&#8217;&#201;DITO&#9119; Acc&#233;l&#233;rer, nier ou trier</strong></h2><p>Arthur Mensch, le patron de Mistral AI, a trouv&#233; la formule la plus claire que j&#8217;ai entendue sur ce qui se passe en ce moment : &#171; Notre m&#233;tier, c&#8217;est de transformer de l&#8217;&#233;lectricit&#233; en tokens. &#187; On peut trouver &#231;a r&#233;ducteur. </p><p>C&#8217;est en fait une red&#233;finition compl&#232;te. L&#8217;IA n&#8217;est pas un service logiciel, c&#8217;est une industrie de transformation physique : les data centers sont les mines, l&#8217;&#233;nergie est la mati&#232;re premi&#232;re, le token est le produit fini.</p><p>Le co&#251;t de production de ce token s&#8217;est effondr&#233;. Ce qui mobilisait des heures de travail qualifi&#233; se g&#233;n&#232;re en quelques secondes pour quelques centimes. <strong>Et quand le co&#251;t d&#8217;un bien s&#8217;effondre, la valeur se d&#233;place. C&#8217;est m&#233;canique.</strong> &#199;a s&#8217;est v&#233;rifi&#233; avec la musique, avec l&#8217;information, avec le logiciel. &#199;a se v&#233;rifie aujourd&#8217;hui avec la connaissance formalis&#233;e.</p><p>Une question centrale se pose alors : o&#249; va la valeur ? Et surtout : qui la capte ?</p><p>Trois r&#233;actions possibles pour une organisation face &#224; ce d&#233;placement. </p><ol><li><p><strong>La premi&#232;re, c&#8217;est l&#8217;acc&#233;l&#233;ration &#224; p&#233;rim&#232;tre constant.</strong> On prend les outils, on produit davantage, plus vite, moins cher. C&#8217;est ce que font 80 % des projets IA. C&#8217;est aussi ce qui explique que 95 % d&#8217;entre eux ne produisent aucun impact mesurable. Plus de volume, pas plus de valeur.</p></li><li><p><strong>La deuxi&#232;me, c&#8217;est le d&#233;ni.</strong> On attend, on observe, on se dit que &#231;a ne nous concerne pas encore. Pendant ce temps, 68 % des salari&#233;s utilisent d&#233;j&#224; l&#8217;IA sans en informer leur direction. Le train est parti.</p></li><li><p><strong>La troisi&#232;me, c&#8217;est le tri.</strong> Accepter que ce qui avait de la valeur hier (la capacit&#233; &#224; produire de la connaissance formalis&#233;e) n&#8217;en a plus autant. Et concentrer l&#8217;&#233;nergie sur ce que la machine ne capte pas : le jugement en situation, la relation, la capacit&#233; &#224; poser les bonnes questions plut&#244;t qu&#8217;&#224; g&#233;n&#233;rer les bonnes r&#233;ponses.</p></li></ol><p>C&#8217;est la seule qui tienne la route.</p><p><strong><a href="https://www.linkedin.com/in/hugo-lambert/">Hugo LAMBERT</a></strong><a href="https://www.linkedin.com/in/hugo-lambert/"><br></a><strong>Co-fondateur STUDIO RESET</strong></p><p class="button-wrapper" data-attrs="{&quot;url&quot;:&quot;https://timetoreset.studioreset.fr/?utm_source=substack&amp;utm_medium=email&amp;utm_content=share&amp;action=share&quot;,&quot;text&quot;:&quot;Partager TIME TO RESET&quot;,&quot;action&quot;:null,&quot;class&quot;:null}" data-component-name="ButtonCreateButton"><a class="button primary" href="https://timetoreset.studioreset.fr/?utm_source=substack&amp;utm_medium=email&amp;utm_content=share&amp;action=share"><span>Partager TIME TO RESET</span></a></p><h2><strong>D&#201;CRYPTAGE&#9119;  Cognition : le co&#251;t s'effondre, la quantit&#233; explose </strong></h2><p><strong>Le co&#251;t marginal de la cognition</strong></p><div class="callout-block" data-callout="true"><p>En &#233;conomie, le co&#251;t marginal d&#233;signe ce que co&#251;te la production d&#8217;une unit&#233; suppl&#233;mentaire d&#8217;un bien. Quand ce co&#251;t tend vers z&#233;ro, les r&#232;gles classiques de la raret&#233; s&#8217;effondrent. C&#8217;est ce qui s&#8217;est pass&#233; avec la musique (le MP3), avec l&#8217;information (le web), avec le logiciel (l&#8217;open source). Chaque fois, un secteur entier a vu sa cha&#238;ne de valeur se recomposer.</p></div><p><strong>L&#8217;IA g&#233;n&#233;rative &#233;tend cette logique &#224; un territoire qu&#8217;on croyait prot&#233;g&#233;, les t&#226;ches cognitives complexes</strong> : r&#233;diger un contrat, analyser un bilan financier, synth&#233;tiser une litt&#233;rature scientifique, produire du code&#8230; Autant de livrables qui mobilisaient des heures de travail qualifi&#233; et qui peuvent aujourd&#8217;hui &#234;tre g&#233;n&#233;r&#233;s en quelques secondes, pour un co&#251;t quasi nul.</p><p><strong>Mais l&#8217;effondrement du co&#251;t entra&#238;ne autre chose : l&#8217;explosion de la quantit&#233;. </strong>Quand produire ne co&#251;te rien, on produit sans compter. Des mails, des rapports, des synth&#232;ses, des pr&#233;sentations. Le volume de contenu cognitif en circulation augmente, et avec lui le bruit. Un collaborateur moyen conserve plus de 10 550 emails, en hausse de 29 % sur un an. Un dirigeant en re&#231;oit 342 par semaine. L&#8217;IA qui facilite la production alimente une machine &#224; saturer l&#8217;attention.</p><p>C&#8217;est le double pi&#232;ge. C&#244;t&#233; co&#251;t : ce qui &#233;tait rare (l&#8217;expertise cognitive formalis&#233;e) devient abondant. C&#244;t&#233; quantit&#233; : cette abondance g&#233;n&#232;re une pollution informationnelle qui d&#233;grade la capacit&#233; m&#234;me de penser. <strong>Le paradoxe de Jevons en version cognitive : chaque gain d&#8217;efficacit&#233; est absorb&#233; par la multiplication des usages.</strong> Google r&#233;duit d&#8217;un facteur 33 la consommation par requ&#234;te Gemini, mais ChatGPT atteint 700 millions d&#8217;utilisateurs actifs mensuels.</p><p><strong>Pourquoi c&#8217;est important ?</strong></p><p>Selon l&#8217;&#233;tude Coface-OEM de 2026, une profession sur huit franchit d&#233;sormais le seuil de 30 % de t&#226;ches automatisables. Le FMI estime que 40 % des emplois sont expos&#233;s. Ce n&#8217;est pas la destruction massive qu&#8217;annoncent les proph&#232;tes du pire. Mais les institutions qui ont &#233;t&#233; construites sur la raret&#233; de l&#8217;expertise formalis&#233;e (l&#8217;&#233;cole, l&#8217;universit&#233;, la hi&#233;rarchie professionnelle) voient leur fondation se fissurer.</p><p>Une &#233;tude MIT sur l&#8217;utilisation de ChatGPT par des r&#233;dacteurs professionnels montre une augmentation de productivit&#233; de 14 %. C&#8217;est r&#233;el, mais c&#8217;est loin des ordres de grandeur qu&#8217;on entend dans les conf&#233;rences. Plus troublant encore : les meilleurs professionnels en b&#233;n&#233;ficient moins que les moins performants. L&#8217;IA nivelle. Elle tire les bas vers le haut, plus qu&#8217;elle n&#8217;&#233;l&#232;ve les excellents.</p><p>Reste la question du tri. Si le co&#251;t baisse et la quantit&#233; explose, qui d&#233;cide de ce qu&#8217;on produit, et pourquoi ? Les organisations qui tirent parti de l&#8217;IA ne sont pas celles qui produisent le plus. Ce sont celles qui repensent ce qui m&#233;rite d&#8217;&#234;tre produit.</p><p><strong>&#192; noter</strong></p><p>Le paradoxe de Moravec, formul&#233; dans les ann&#233;es 1980, prend aujourd&#8217;hui une dimension &#233;conomique inattendue. Ce que les machines trouvent facile (raisonner, calculer, analyser, r&#233;diger), c&#8217;est ce que nous avons mis des si&#232;cles &#224; formaliser. Ce que nous faisons sans y penser (serrer une main, sentir l&#8217;atmosph&#232;re d&#8217;une r&#233;union, lire les micro-expressions d&#8217;un visage) reste hors de port&#233;e de la machine. La cognition formalis&#233;e se banalise. La cognition incarn&#233;e ne suit pas le m&#234;me mouvement. Elle prend de la valeur, par contraste.</p><p>Reste un angle mort dans le d&#233;bat sur la cognition : o&#249; part l&#8217;argent. Si la couche logicielle de l&#8217;IA (mod&#232;les, plateformes, applications) capte l&#8217;essentiel de la valeur, et que cette couche est am&#233;ricaine, alors l&#8217;effondrement du co&#251;t cognitif en Europe profite d&#8217;abord &#224; ceux qui poss&#232;dent l&#8217;infrastructure. Le d&#233;ficit commercial europ&#233;en sur les services num&#233;riques, d&#233;j&#224; de 100 milliards d&#8217;euros par an, pourrait &#234;tre multipli&#233; par dix dans la d&#233;cennie. </p><h2><strong>UNE RESSOURCE POUR AGIR&#9119; Le filtre donut pour vos projets IA </strong></h2><p><strong>Deux questions avant de d&#233;ployer</strong></p><p>Kate Raworth a con&#231;u l&#8217;&#233;conomie du donut comme un cadre de d&#233;cision simple : toute activit&#233; &#233;conomique devrait se situer entre un plancher social (les besoins humains fondamentaux) et un plafond &#233;cologique (les limites plan&#233;taires). Le Shift Project a transpos&#233; ce cadre aux projets IA dans son rapport d&#8217;octobre 2025.</p><p>Le principe tient en deux questions, &#224; poser avant tout d&#233;ploiement d&#8217;IA dans une organisation.</p><ol><li><p>Premi&#232;re question : ce projet r&#233;pond-il &#224; un besoin social ou &#233;conomique r&#233;el, non couvert ? Si c&#8217;est un compte-rendu de r&#233;union automatis&#233; qui va surtout multiplier le nombre de r&#233;unions, la r&#233;ponse est non. Si c&#8217;est un outil de diagnostic m&#233;dical qui r&#233;duit les d&#233;lais d&#8217;acc&#232;s aux soins, la r&#233;ponse est oui.</p></li><li><p>Deuxi&#232;me question : la consommation &#233;nerg&#233;tique de ce projet est-elle compatible avec la trajectoire carbone de l&#8217;organisation ? Ce qui suppose de la mesurer. Un outil comme CodeCarbon (biblioth&#232;que Python open source) permet de quantifier l&#8217;empreinte carbone du code IA en temps r&#233;el. Pour les &#233;quipes non techniques, les facteurs d&#8217;&#233;mission de la Base Carbone ADEME fournissent des ordres de grandeur.</p></li></ol><p>Si la r&#233;ponse &#224; l&#8217;une des deux questions est non, le projet m&#233;rite d&#8217;&#234;tre reconsid&#233;r&#233;. C&#8217;est un filtre, pas un frein. Il distingue les usages qui cr&#233;ent de la valeur r&#233;elle de ceux qui ajoutent du volume. Une histoire de tri. </p><p>+ Consulter le rapport du Shift Project sur <a href="https://theshiftproject.org/publications/intelligence-artificielle-centres-de-donnees-rapport-final/">theshiftproject.org </a><br>+ D&#233;couvrir CodeCarbon sur <a href="https://codecarbon.io/">codecarbon.io</a></p><h2><strong>SIGNAUX FAIBLES ET TENDANCES LOURDES&#9119; 5 signaux qu&#8217;on ne peut plus ignorer</strong></h2><p><strong>Confier vos t&#226;ches &#224; l&#8217;IA vous fait perdre votre capacit&#233; de r&#233;flexion critique</strong></p><div class="callout-block" data-callout="true"><p><em>Une &#233;tude Microsoft-Carnegie Mellon men&#233;e aupr&#232;s de 319 travailleurs du savoir met en &#233;vidence un ph&#233;nom&#232;ne d&#8217;atrophie cognitive : plus les utilisateurs font confiance &#224; l&#8217;IA, moins ils exercent leur propre jugement. Les chercheurs parlent d&#8217;une &#171; musculature cognitive &#187; qui s&#8217;atrophie faute d&#8217;entra&#238;nement. Un r&#233;sultat qui interroge sur le co&#251;t cach&#233; de l&#8217;assistance permanente.</em></p></div><p>+ Retrouver l&#8217;article sur <a href="https://trustmyscience.com/confier-taches-ia-fait-perdre-capacite-reflexion-critique-etude-microsoft/">TrustMyScience</a></p><p><strong>Shadow AI : quand les salari&#233;s utilisent l&#8217;IA sans le dire</strong></p><div class="callout-block" data-callout="true"><p><em>68 % des salari&#233;s utilisent des outils d&#8217;IA sans en informer leur employeur. 78 % des professionnels du marketing recourent &#224; des outils non approuv&#233;s au moins une fois par semaine. L&#8217;&#233;tude INRIA-Datacraft (juin 2025) documente un ph&#233;nom&#232;ne massif et invisible, qui expose les organisations &#224; des risques de s&#233;curit&#233;, de conformit&#233; et de fracture interne entre ceux qui ma&#238;trisent ces outils et ceux qui ne les utilisent pas.</em></p></div><p>+ Retrouver la synth&#232;se sur <a href="https://siecledigital.fr/2025/06/20/shadow-ai-un-salarie-sur-trois-utilise-lia-sans-en-parler-a-sa-direction/">siecledigital.fr</a></p><p><strong>Les hyperscalers verrouillent l&#8217;&#233;nergie europ&#233;enne</strong></p><div class="callout-block" data-callout="true"><p><em>L'essor de l'IA g&#233;n&#233;rative n&#233;cessite des data centers toujours plus puissants et plus &#233;nergivores. Aux &#201;tats-Unis, ils pourraient absorber la moiti&#233; de la croissance de la demande en &#233;lectricit&#233; entre 2025 et 2030. En Europe, la Commission affiche l'objectif de data centers &#171; climatiquement neutres d'ici 2030 &#187;. Dans les faits, c'est l'inverse qui se produit. En Irlande, les data centers captent d&#233;j&#224; 20 % de la consommation &#233;lectrique nationale. En France, le surplus disponible d'environ 9 GW attire Microsoft, Google, Amazon et Meta, qui pr&#233;financent des infrastructures avant m&#234;me que la demande existe. Une fois les contrats sign&#233;s, les &#233;lectrons sont r&#233;serv&#233;s. La fen&#234;tre de tir pour les acteurs europ&#233;ens se referme.</em></p></div><p>+ Retrouver l&#8217;enqu&#234;te sur <a href="https://warm.2050now.com/energie/centres-de-donnees-cherchent-electricite-a-tout-prix-4092/">WARM / 2050Now</a></p><p><strong>L&#8217;IA consomme peu par unit&#233;, mais ses usages explosent</strong></p><div class="callout-block" data-callout="true"><p><em>Google a annonc&#233; une r&#233;duction d&#8217;un facteur 33 de la consommation par requ&#234;te Gemini. Progr&#232;s technique r&#233;el. Mais ChatGPT a atteint 700 millions d&#8217;utilisateurs actifs mensuels. Chaque gain d&#8217;efficacit&#233; est absorb&#233; par l&#8217;explosion de la base d&#8217;usage. C&#8217;est le paradoxe de Jevons appliqu&#233; &#224; l&#8217;IA : une technologie trop efficiente produit des effets rebonds. Le Shift Project conclut que les trajectoires actuelles sont incompatibles avec les contraintes carbone.</em></p></div><p>+ Retrouver le rapport du Shift Project sur <a href="https://theshiftproject.org/publications/intelligence-artificielle-centres-de-donnees-rapport-final/">theshiftproject.org</a></p><p><strong>L&#8217;&#233;conomie de l&#8217;attention pourrait co&#251;ter 2 &#224; 3 points de PIB</strong></p><div class="callout-block" data-callout="true"><p><em>La Direction g&#233;n&#233;rale du Tr&#233;sor a publi&#233; en septembre 2025 une &#233;valuation in&#233;dite : le co&#251;t de l&#8217;&#233;conomie de l&#8217;attention est estim&#233; &#224; 0,6 point de PIB par an d&#232;s aujourd&#8217;hui, avec des projections &#224; 2-3 points &#224; long terme. La cause principale : la d&#233;gradation cognitive des jeunes g&#233;n&#233;rations. L&#8217;IA qui g&#233;n&#232;re davantage de livrables, de mails, de sollicitations risque d&#8217;amplifier cette dynamique. On cr&#233;e les outils pour gagner du temps. On les utilise pour en perdre davantage.</em></p></div><p>+ Retrouver le rapport sur <a href="https://www.tresor.economie.gouv.fr/Articles/2025/09/04/l-economie-de-l-attention-a-l-ere-du-numerique">tresor.economie.gouv.fr</a></p><p class="button-wrapper" data-attrs="{&quot;url&quot;:&quot;https://timetoreset.studioreset.fr/?utm_source=substack&amp;utm_medium=email&amp;utm_content=share&amp;action=share&quot;,&quot;text&quot;:&quot;Partager TIME TO RESET&quot;,&quot;action&quot;:null,&quot;class&quot;:null}" data-component-name="ButtonCreateButton"><a class="button primary" href="https://timetoreset.studioreset.fr/?utm_source=substack&amp;utm_medium=email&amp;utm_content=share&amp;action=share"><span>Partager TIME TO RESET</span></a></p><p></p><h2><strong>ALLER PLUS LOIN&#9119; &#201;lectrons, tokens, souverainet&#233;</strong></h2><p><strong>L&#8217;audition d&#8217;Arthur Mensch en bref</strong></p><p>En mai 2026, Arthur Mensch, cofondateur et directeur g&#233;n&#233;ral de Mistral AI, a &#233;t&#233; auditionn&#233; par la commission d&#8217;enqu&#234;te de l&#8217;Assembl&#233;e nationale sur la souverainet&#233; num&#233;rique. Cette audition est probablement le document le plus &#233;clairant produit en France cette ann&#233;e sur la r&#233;alit&#233; mat&#233;rielle de l&#8217;IA et ses cons&#233;quences g&#233;opolitiques.</p><p>La formule qui r&#233;sume tout : &#171; Notre m&#233;tier, c&#8217;est de transformer de l&#8217;&#233;lectricit&#233; en tokens. Consid&#233;rez le token comme une ressource naturelle. La mine, c&#8217;est le data center. &#187; L&#8217;IA n&#8217;est pas un service d&#233;mat&#233;rialis&#233;. C&#8217;est une industrie physique, soumise aux m&#234;mes contraintes que l&#8217;&#233;nergie ou les semi-conducteurs.</p><p><strong>7 enseignements &#224; retenir</strong></p><ul><li><p>Le token est l&#8217;unit&#233; &#233;conomique de l&#8217;IA. Il se facture au million (environ 1 &#8364; le million en entr&#233;e, 3 &#8364; en sortie pour les mod&#232;les Mistral). Mais <strong>ce prix cache une cha&#238;ne physique compl&#232;te :</strong> cycles GPU, watts, data centers, r&#233;seaux &#233;lectriques.</p></li><li><p>Mensch identifie un triangle de souverainet&#233; : les semi-conducteurs (chips), l&#8217;&#233;nergie et les mod&#232;les. <strong>Ces trois ressources se conditionnent mutuellement.</strong> L&#8217;Europe produit 10 % des semi-conducteurs mondiaux. Les GPU de haute performance sont concentr&#233;s dans 30 pays, avec les &#201;tats-Unis et la Chine tr&#232;s largement en t&#234;te.</p></li><li><p>90 % de la valeur de la cha&#238;ne est capt&#233;e par la couche logicielle (mod&#232;les et plateformes). Les 10 % restants vont au fournisseur d&#8217;&#233;nergie. <strong>Si l&#8217;Europe se contente de fournir l&#8217;&#233;lectricit&#233; sans ma&#238;triser les mod&#232;les, elle finance la R&amp;D des autres.</strong></p></li><li><p>Le d&#233;ficit commercial num&#233;rique de l&#8217;Europe pourrait atteindre 1 000 milliards d&#8217;euros par an si 10 % de la masse salariale europ&#233;enne est consacr&#233;e &#224; des services IA import&#233;s. <strong>C&#8217;est dix fois le d&#233;ficit actuel.</strong></p></li><li><p>La France dispose d&#8217;un atout r&#233;el : 70 % de son mix &#233;lectrique est nucl&#233;aire. Chaque token produit en France a une empreinte carbone nettement inf&#233;rieure &#224; un token produit au Texas. <strong>Mais cet avantage est menac&#233; par la vitesse de captage des hyperscalers sur le surplus &#233;lectrique disponible.</strong></p></li><li><p>Mensch d&#233;fend <strong>une forme de n&#233;o-colbertisme technologique : l&#8217;&#201;tat doit activer massivement la commande publique pour cr&#233;er la visibilit&#233; commerciale dont les acteurs europ&#233;ens ont besoin.</strong> La commande publique repr&#233;sente aujourd&#8217;hui 15 % du chiffre d&#8217;affaires de Mistral. Le levier est consid&#233;rable et sous-utilis&#233;.</p></li><li><p>Sa conclusion : &#171; Il faut penser &#224; la souverainet&#233; comme un chemin. Vous partez d&#8217;un &#233;tat de l&#8217;&#233;conomie qui n&#8217;est pas satisfaisant. Il faut le changer, et &#231;a va prendre du temps. &#187;</p></li></ul><div id="youtube2-qQq9qC2xv_4" class="youtube-wrap" data-attrs="{&quot;videoId&quot;:&quot;qQq9qC2xv_4&quot;,&quot;startTime&quot;:null,&quot;endTime&quot;:null}" data-component-name="Youtube2ToDOM"><div class="youtube-inner"><iframe src="https://www.youtube-nocookie.com/embed/qQq9qC2xv_4?rel=0&amp;autoplay=0&amp;showinfo=0&amp;enablejsapi=0" frameborder="0" loading="lazy" gesture="media" allow="autoplay; fullscreen" allowautoplay="true" allowfullscreen="true" width="728" height="409"></iframe></div></div><h2><strong>LE MOT DE LA FIN&#9119; R&#233;sonner pour raisonner </strong></h2><p>Hartmut Rosa a &#233;crit deux livres qui se r&#233;pondent. Le premier, <em>Acc&#233;l&#233;ration</em> (2010), pose le diagnostic : plus nous acc&#233;l&#233;rons, plus nous manquons de temps. <strong>Les outils cens&#233;s nous lib&#233;rer cr&#233;ent de l&#8217;espace imm&#233;diatement rempli par de nouvelles sollicitations.</strong> L&#8217;IA g&#233;n&#233;rative s&#8217;inscrit dans cette logique avec une efficacit&#233; redoutable.</p><p>Le second, <em>R&#233;sonance</em> (2018), propose autre chose. La r&#233;sonance, pour Rosa, c&#8217;est la qualit&#233; d&#8217;une relation au monde. <strong>Un &#233;tat de vibration mutuelle entre soi et ce qu&#8217;on fait, ce qu&#8217;on lit, ce qu&#8217;on &#233;coute, les gens &#224; qui on parle.</strong> Le contraire de l&#8217;ali&#233;nation produite par l&#8217;acc&#233;l&#233;ration. Et Rosa insiste sur un point : la r&#233;sonance a besoin de limites. On ne peut pas entrer en relation profonde avec quelque chose qu&#8217;on est en train de dominer ou d&#8217;acc&#233;l&#233;rer.</p><p>Quand le co&#251;t de la cognition s&#8217;effondre et que la quantit&#233; de contenu explose, ce qui se rar&#233;fie, c&#8217;est la possibilit&#233; m&#234;me de cette r&#233;sonance. L&#8217;exp&#233;rience Deep Time l&#8217;a montr&#233; &#224; sa mani&#232;re : 14 volontaires confin&#233;s 40 jours dans une grotte, sans t&#233;l&#233;phone, sans montre, sans stimulation ext&#233;rieure, ont retrouv&#233; une capacit&#233; de concentration et de cr&#233;ation que le monde connect&#233; leur avait retir&#233;e. Certains ne voulaient plus sortir.</p><p>Arthur Mensch dit que la souverainet&#233; est un chemin, pas un &#233;tat. Rosa dit la m&#234;me chose de la r&#233;sonance : ce n&#8217;est pas une destination, c&#8217;est une qualit&#233; de relation qu&#8217;on entretient ou qu&#8217;on perd. Les deux parlent de <strong>quelque chose qui se construit dans la dur&#233;e et qui exige de renoncer &#224; la vitesse comme valeur par d&#233;faut.</strong></p><p>La question pour les d&#233;cideurs ne se formule peut-&#234;tre pas en termes de productivit&#233; ou de comp&#233;titivit&#233;. Elle se formule en termes de distance. </p><blockquote><p><strong>Quelle distance mettre entre soi et le bruit ? Quel espace prot&#233;ger pour que la pens&#233;e puisse se d&#233;ployer sans &#234;tre imm&#233;diatement satur&#233;e par la production suivante ?</strong></p></blockquote><p>Rosa appelle &#231;a r&#233;sonner. Mensch appelle &#231;a ma&#238;triser sa cha&#238;ne de valeur. </p><p><strong>Les mots diff&#232;rent. L&#8217;intention converge : choisir ce qu&#8217;on prot&#232;ge, plut&#244;t que de subir ce qu&#8217;on accumule.</strong></p><p><strong><a href="https://www.linkedin.com/in/hugo-lambert/">Hugo LAMBERT</a></strong><a href="https://www.linkedin.com/in/hugo-lambert/"><br></a><strong>Co-fondateur STUDIO RESET</strong></p><p></p><div class="callout-block" data-callout="true"><p>Processus infini d&#8217;am&#233;lioration continue dans un monde fini : n&#8217;h&#233;sitez pas &#224; me faire remonter vos remarques et avis sur cette newsletter. Ainsi que vos envies pour les prochaines ! </p><p class="button-wrapper" data-attrs="{&quot;url&quot;:&quot;https://timetoreset.studioreset.fr/p/se-preparer-a-un-monde-ou-penser/comments&quot;,&quot;text&quot;:&quot;Laissez un commentaire.&quot;,&quot;action&quot;:null,&quot;class&quot;:null}" data-component-name="ButtonCreateButton"><a class="button primary" href="https://timetoreset.studioreset.fr/p/se-preparer-a-un-monde-ou-penser/comments"><span>Laissez un commentaire.</span></a></p></div><div class="poll-embed" data-attrs="{&quot;id&quot;:519459}" data-component-name="PollToDOM"></div><div><hr></div><p>Je suis Hugo Lambert, co-fondateur du STUDIO RESET, et j&#8217;aide les d&#233;cideurs - CEO, dirigeants, &#233;lus, cadres de directions - &#224; d&#233;cider et agir dans un monde qui se transforme.</p><p>Pour cela notre studio de formation con&#231;oit et propose des formations cr&#233;atives, personnalis&#233;es et centr&#233;es sur la r&#233;solution des probl&#232;mes de votre organisation.</p><ul><li><p><a href="https://outlook.office.com/bookwithme/user/cb997e1d69f645db89dfd32bc4709d34%40studioreset.fr/meetingtype/FX-fuwyDZEup9LWpNlrbvg2?anonymous&amp;ismsaljsauthenabled=true">Pour programmer un temps d&#8217;&#233;changes avec moi</a></p></li><li><p>Pour en savoir plus sur le STUDIO RESET :</p><ul><li><p><a href="https://www.studioreset.fr/">Le site internet</a></p></li><li><p><a href="https://www.linkedin.com/company/studioreset/">Linkedin</a></p></li></ul></li><li><p>Pour suivre mes publications</p><ul><li><p><a href="https://www.linkedin.com/in/hugo-lambert/">Me suivre sur Linkedin</a></p></li><li><p><a href="https://hugolambert.substack.com/">Me suivre sur ma newsletter personnelle</a></p></li></ul></li></ul><div class="subscription-widget-wrap-editor" data-attrs="{&quot;url&quot;:&quot;https://timetoreset.studioreset.fr/subscribe?&quot;,&quot;text&quot;:&quot;S'abonner&quot;,&quot;language&quot;:&quot;fr&quot;}" data-component-name="SubscribeWidgetToDOM"><div class="subscription-widget show-subscribe"><div class="preamble"><p class="cta-caption">Merci d'avoir lu TIME TO RESET ! 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Le co&#251;t marginal de la cognition, qui &#233;tait quelque chose de tr&#232;s important dans notre soci&#233;t&#233;, n&#8217;a quasiment plus de valeur &#233;conomique et sociale. &#187;</em></p></blockquote><p style="text-align: justify;">Cyril a vu l&#8217;IA passer en quelques ann&#233;es d&#8217;une promesse de laboratoire &#224; une technologie qui s&#8217;invite partout. Et pourtant.</p><p style="text-align: justify;">Quand on lui demande o&#249; nous en sommes, il ne d&#233;roule pas le r&#233;cit de la Silicon Valley. Il ne parle pas de singularit&#233;, ni d&#8217;AGI, ni de la prochaine r&#233;volution magique. </p><p style="text-align: justify;">Il parle d&#8217;&#233;vaporation de valeur, d&#8217;effondrement d&#8217;un paradigme, de pollution cognitive, de grottes sombres dans lesquelles des gens refusent de revenir.</p><p style="text-align: justify;">Dans ce nouvel &#233;pisode de TIME TO RESET, j&#8217;&#233;change avec Cyril de Sousa Cardoso sur ce que cette vague technologique nous fait, &#224; nous, &#224; nos organisations, &#224; notre rapport au monde. Et sur la troisi&#232;me voie qu&#8217;il cherche, entre la fuite en avant techno-solutionniste et le d&#233;ni d&#8217;obstacle qui nous laisserait &#224; terre.</p><div class="callout-block" data-callout="true"><p style="text-align: justify;">Une id&#233;e m&#8217;a marqu&#233; dans cette conversation. C&#8217;est une question simple que Cyril pose &#224; mi-parcours : et si la bonne utilisation de l&#8217;IA n&#8217;&#233;tait pas d&#8217;en faire un outil de plus, mais un outil qui <em>r&#233;duit</em> ? <br><br>Qui r&#233;duit le bruit, le mail, la r&#233;union, le compte rendu, le scroll, tout ce qu&#8217;on a empil&#233; en croyant produire de la valeur. Il appelle &#231;a la d&#233;flation num&#233;rique, et il en parle comme d&#8217;une intuition qui se forme en direct. </p><p style="text-align: justify;">Je n&#8217;avais pas vu venir cette id&#233;e en pr&#233;parant l&#8217;&#233;pisode, et c&#8217;est elle qui r&#233;organise tout le reste pour moi.</p><p style="text-align: justify;">Parce que si on accepte cette inversion, alors les chiffres qu&#8217;il cite, les bulles qu&#8217;il d&#233;crit, les paradoxes qu&#8217;il pointe ne disent plus la m&#234;me chose. Ils ne disent plus &#171; comment int&#233;grer l&#8217;IA &#187;. Ils disent &#171; qu&#8217;est-ce qu&#8217;on cherche &#224; faire de notre temps de cerveau, et qui d&#233;cide &#187;.</p></div><h2>L&#8217;&#233;pisode en bref (1h47)</h2><ul><li><p><strong>L&#8217;&#233;tat des lieux, sans le mythe</strong> : la rupture des transformers, le plafond des mod&#232;les statistiques, l&#8217;&#233;vaporation de la valeur cognitive, la cha&#238;ne digitale rompue, le paradoxe de Moravec, les 95 % de projets IA qui &#233;chouent, le shadow AI qui contourne les DSI, la bulle qui se profile derri&#232;re le mirage de l&#8217;AGI&#8230;</p></li><li><p><strong>Les angles morts qu&#8217;on &#233;vite</strong> : le co&#251;t carbone du num&#233;rique dans son ensemble, les effets rebonds d&#8217;une technologie trop efficiente, la pollution cognitive, le bilan carbone global qu&#8217;on refuse de regarder, la souverainet&#233; num&#233;rique europ&#233;enne et ce que Trump a r&#233;v&#233;l&#233; de notre d&#233;pendance&#8230;</p></li><li><p><strong>Les voies de sortie, entre lucidit&#233; et mouvement</strong> : high-tech / low-tech / no-tech comme cadre d&#8217;arbitrage, l&#8217;acc&#233;l&#233;ration sociale de Hartmut Rosa, la r&#233;sonance comme posture strat&#233;gique, le glandeur magnifique et la protection du temps cognitif, la d&#233;flation num&#233;rique, l&#8217;extensio face aux limites plan&#233;taires, la troisi&#232;me voie entre course en avant et repli, la cr&#233;ativit&#233; comme comp&#233;tence biologique, et ce qu&#8217;on devrait peut-&#234;tre &#224; nos enfants.</p></li></ul><p class="button-wrapper" data-attrs="{&quot;url&quot;:&quot;https://timetoreset.studioreset.fr/subscribe?&quot;,&quot;text&quot;:&quot;Abonnez-vous maintenant&quot;,&quot;action&quot;:null,&quot;class&quot;:null}" data-component-name="ButtonCreateButton"><a class="button primary" href="https://timetoreset.studioreset.fr/subscribe?"><span>Abonnez-vous maintenant</span></a></p><h2>Mon invit&#233; : Cyril de Sousa Cardoso</h2><p>Cyril est entrepreneur et dirige trois activit&#233;s : Polaria sp&#233;cialis&#233;e dans la formation et le conseil en IA, le d&#233;veloppement de chatbots et de SaaS souverains via Polaria Tech, et une ESN nouvelle g&#233;n&#233;ration avec Goria.</p><ul><li><p><strong>Son domaine : </strong>accompagner organisations publiques et priv&#233;es dans l&#8217;int&#233;gration concr&#232;te de l&#8217;IA, depuis la strat&#233;gie jusqu&#8217;au d&#233;veloppement sur mesure.</p></li><li><p><strong>Son approche :</strong> refuser la binarit&#233; entre techno-enthousiasme et techno-rejet. Cyril travaille l&#8217;IA depuis l&#8217;int&#233;rieur, mais il l&#8217;aborde toujours par ses cons&#233;quences &#233;conomiques, sociales, &#233;cologiques et cognitives, plut&#244;t que par la promesse.</p></li><li><p><strong>Sa singularit&#233; :</strong> il a contribu&#233; &#224; cr&#233;er Manage IA, une chaire de recherche qui adosse &#224; un laboratoire INRIA des chercheurs en sciences sociales, en philosophie et en anthropologie. Parce que face &#224; la plus grande vague technologique de notre &#233;poque, comprendre la machine ne suffit plus : il faut aussi comprendre ce qu&#8217;elle fait &#224; l&#8217;humain. Il est l&#8217;auteur de <em>Manager Sapiens</em>, o&#249; il d&#233;fend une id&#233;e simple et d&#233;rangeante : l&#8217;&#233;tat normal de l&#8217;&#234;tre humain n&#8217;est pas de travailler.</p></li></ul><h2>Ce que vous allez d&#233;couvrir dans cet &#233;pisode</h2><h3>Le pi&#232;ge de la performance</h3><blockquote><p style="text-align: justify;"><em>&#171; Actuellement, dans le monde, la majorit&#233; des projets IA &#233;chouent. Parce qu&#8217;ils sont focalis&#233;s sur la performance. Quand elles font &#231;a, elles sont juste en train de se mettre au niveau du march&#233;. Elles ne produisent pas de valeur &#233;conomique en r&#233;alit&#233;. &#187;</em></p></blockquote><p style="text-align: justify;">Pendant des ann&#233;es, on a parl&#233; de transformation num&#233;rique comme d&#8217;un sujet de plateformes et de process &#224; digitaliser. Cyril renverse la perspective : la technologie a &#233;volu&#233; plus vite qu&#8217;on l&#8217;attendait, les organisations plus lentement, et l&#8217;&#233;cart ne se comblera pas en achetant des licences.</p><p style="text-align: justify;">80 % des entreprises qui int&#232;grent l&#8217;IA cherchent &#224; gagner en performance. Cyril dit qu&#8217;il faut le faire, sinon on dispara&#238;t. Mais il ajoute aussit&#244;t que &#231;a n&#8217;est pas cr&#233;er de la valeur, c&#8217;est rattraper un standard qui se d&#233;place plus vite qu&#8217;on ne l&#8217;atteint.</p><p style="text-align: justify;">Les organisations qui r&#233;ussissent ne se contentent pas de faire la m&#234;me chose en plus vite. Elles transforment leur business model. Elles acceptent de revoir leurs fiches m&#233;tiers, et de consid&#233;rer l&#8217;IA comme une infrastructure plut&#244;t que comme une fonctionnalit&#233;.</p><p style="text-align: justify;"><strong>La vraie transformation aujourd&#8217;hui est organisationnelle, manag&#233;riale, humaine. Et c&#8217;est ce qui la rend difficile.</strong></p><h3>L&#8217;&#233;vaporation de la valeur cognitive</h3><blockquote><p style="text-align: justify;"><em>&#171; Notre structure scolaire est construite sur la dimension du QI. L&#8217;IA est en train de nous dire que tout &#231;a n&#8217;a quasiment plus de valeur &#233;conomique et sociale. &#187;</em></p></blockquote><p style="text-align: justify;">Pendant des si&#232;cles, l&#8217;accumulation et la restitution de la connaissance ont fond&#233; le pouvoir. L&#8217;&#233;cole, l&#8217;expertise, la hi&#233;rarchie pyramidale, le statut social : tout reposait sur ce socle.</p><p style="text-align: justify;">D&#233;sormais, la machine fait mieux. Plus vite. Pour quasiment rien.</p><p style="text-align: justify;"><strong>L&#8217;IA ne capte pas la valeur, elle la fait s&#8217;&#233;vaporer. Et il faut prendre la mesure de ce que &#231;a d&#233;place : si la cognition pure n&#8217;a plus de prix, qu&#8217;est-ce qui en a ?</strong></p><p style="text-align: justify;">J&#8217;ai mis du temps, en &#233;coutant Cyril, &#224; laisser cette phrase s&#8217;installer. Parce que je l&#8217;entends dans mon m&#233;tier aussi. Une partie de ce que je faisais il y a cinq ans en consulting, n&#8217;importe quel mod&#232;le g&#233;n&#233;raliste le fait maintenant en quelques secondes. Et la question qui reste, c&#8217;est celle que Cyril met sur la table juste apr&#232;s.</p><h3>Le paradoxe de Moravec et le retour au r&#233;el</h3><blockquote><p style="text-align: justify;"><em>&#171; La valeur &#233;conomique se d&#233;place l&#224; o&#249; la machine ne peut pas capter. La perception sensorielle du monde, l&#8217;interaction humaine, le temps long. &#187;</em></p></blockquote><p style="text-align: justify;">Le paradoxe de Moravec, du nom du roboticien Hans Moravec qui l&#8217;a formul&#233; dans les ann&#233;es 80, dit que ce qui est facile pour un humain est difficile pour une machine, et inversement. Calculer, classer, r&#233;sumer rel&#232;ve du facile pour la machine. Marcher dans une rue ou lire un visage lui reste pour l&#8217;instant inaccessible.</p><p style="text-align: justify;">Ce qui r&#233;siste, ce sont les dimensions biologiques de notre existence. Le geste manuel fin, la perception sensible, la pr&#233;sence &#224; l&#8217;autre, la capacit&#233; &#224; percevoir ce qui n&#8217;est pas formalis&#233; dans la donn&#233;e.</p><p style="text-align: justify;">Cyril prend l&#8217;exemple du comptable. Si son m&#233;tier &#233;tait de produire des bilans, sa valeur tend vers z&#233;ro. Si son m&#233;tier &#233;tait d&#8217;accompagner ses clients dans leurs moments de transmission, de restructuration, d&#8217;arbitrage strat&#233;gique, alors sa valeur se renforce.</p><p style="text-align: justify;"><strong>Tous nos m&#233;tiers sont &#224; relire sous cet angle. Et ce que &#231;a dit, au fond, c&#8217;est que l&#8217;IA pourrait bien nous ramener au r&#233;el.</strong></p><h3>Le shadow AI : la premi&#232;re techno qui contourne la DSI</h3><blockquote><p style="text-align: justify;"><em>&#171; 65 % des gens utilisent de l&#8217;IA au travail sans le dire &#224; leur employeur. C&#8217;est la premi&#232;re fois que des directions des syst&#232;mes d&#8217;information ne ma&#238;trisent plus le syst&#232;me d&#8217;information de leur bo&#238;te. &#187;</em></p></blockquote><p style="text-align: justify;">Pour la premi&#232;re fois, une technologie professionnelle s&#8217;est diffus&#233;e par le bas. Par les poches. Par les abonnements personnels pay&#233;s en cachette parce que &#231;a permet de gagner cinq heures par semaine.</p><p style="text-align: justify;">Les outils que les salari&#233;s utilisent &#224; titre priv&#233; sont plus puissants que ceux que leur entreprise leur fournit. Et chaque tentative d&#8217;int&#233;gration centralis&#233;e se heurte &#224; cette tentation : &#224; c&#244;t&#233;, j&#8217;ai mieux pour vingt euros par mois.</p><p style="text-align: justify;"><strong>Cette inversion dit quelque chose de la perm&#233;abilit&#233; nouvelle entre vie pro et vie perso, entre l&#8217;individu et l&#8217;organisation, entre le besoin de productivit&#233; et la qu&#234;te d&#8217;autonomie.</strong> </p><p style="text-align: justify;">Et elle pose aux DSI un probl&#232;me qu&#8217;ils n&#8217;avaient encore jamais eu : comment piloter un syst&#232;me d&#8217;information dont une part d&#233;cisive vous &#233;chappe par construction ?</p><p class="button-wrapper" data-attrs="{&quot;url&quot;:&quot;https://timetoreset.studioreset.fr/?utm_source=substack&amp;utm_medium=email&amp;utm_content=share&amp;action=share&quot;,&quot;text&quot;:&quot;Partager TIME TO RESET&quot;,&quot;action&quot;:null,&quot;class&quot;:null}" data-component-name="ButtonCreateButton"><a class="button primary" href="https://timetoreset.studioreset.fr/?utm_source=substack&amp;utm_medium=email&amp;utm_content=share&amp;action=share"><span>Partager TIME TO RESET</span></a></p><h3>Une bulle qui ne dit pas son nom</h3><blockquote><p style="text-align: justify;"><em>&#171; Des centaines de milliards de dollars sont investis dans la tech aujourd'hui. Tout &#231;a s'est fait sur une sorte de mythe autour de l'AGI. On est dans un temps avec une v&#233;ritable bulle autour de l'IA. &#187;</em></p></blockquote><p style="text-align: justify;">Cyril prend ici une position que peu de professionnels assument publiquement. Selon lui, on arrive au plafond des mod&#232;les statistiques actuels. La loi d&#8217;&#233;chelle qui voulait que plus de calcul donne plus de performance est en train de s&#8217;inverser. Les ruptures &#224; venir seront ailleurs : il cite les <em>world models</em>, sur lesquels travaille Yann Le Cun depuis son retour en France.</p><p style="text-align: justify;">Tout ce qui a &#233;t&#233; investi sur le mythe de l&#8217;intelligence artificielle g&#233;n&#233;rale risque donc de d&#233;cevoir. La technologie reste puissante, mais elle court apr&#232;s une chim&#232;re.</p><p style="text-align: justify;">Cyril rappelle un pr&#233;c&#233;dent. La bulle internet a explos&#233;. Internet a quand m&#234;me chang&#233; le monde. L&#8217;IA suivra probablement le m&#234;me chemin, &#224; condition qu&#8217;on ne confonde pas la bulle avec la technologie.</p><h3>L&#8217;angle mort &#233;cologique et le co&#251;t du num&#233;rique entier</h3><blockquote><p style="text-align: justify;"><em>&#171; On parle souvent du co&#251;t carbone de l'IA. Mais on n'assume pas assez le co&#251;t carbone du digital dans son ensemble. C'est &#231;a le probl&#232;me. &#187;</em></p></blockquote><p style="text-align: justify;">Cyril aborde le sujet &#233;cologique avec une nuance qui d&#233;range un peu, et je veux la restituer telle quelle parce qu&#8217;il faut &#234;tre prudent avec ce qu&#8217;elle dit.</p><p style="text-align: justify;">Faire r&#233;diger un texte par une IA consomme 200 &#224; 2 000 fois moins de carbone que de le r&#233;diger soi-m&#234;me sur un traitement de texte. Une heure de chat IA consomme 200 fois moins qu&#8217;une heure de Netflix.</p><p style="text-align: justify;">Cyril pr&#233;cise lui-m&#234;me que ces chiffres ne valent pas absolution, et il rappelle au passage que le num&#233;rique p&#232;se 4 &#224; 5 % de la consommation carbone mondiale et augmente quand il devrait baisser. Ce qu&#8217;il propose, c&#8217;est d&#8217;&#233;largir le cadre. Le sujet n&#8217;est pas l&#8217;IA contre rien. Le sujet est notre bilan carbone num&#233;rique global. Les mails inutiles, les pi&#232;ces jointes &#224; dix personnes en copie, le scroll infini sur les r&#233;seaux. Tout ce qu&#8217;il appelle le bruit num&#233;rique.</p><p style="text-align: justify;">L&#8217;IA devient une question pi&#233;g&#233;e tant qu&#8217;on ne pose pas la vraie : &#224; quoi sert tout ce num&#233;rique ?</p><p style="text-align: justify;">Et il y a un pi&#232;ge suppl&#233;mentaire &#224; nommer, celui de l&#8217;effet rebond. Toute technologie qui devient plus efficiente finit par &#234;tre utilis&#233;e &#224; tort et &#224; travers, et le bilan global s&#8217;aggrave au lieu de s&#8217;am&#233;liorer. L&#8217;IA entre exactement dans ce sch&#233;ma. </p><p style="text-align: justify;">L&#8217;exemple des cahiers des charges publics : d&#8217;un c&#244;t&#233;, on forme des fonctionnaires &#224; utiliser l&#8217;IA pour r&#233;diger des appels d&#8217;offres ; de l&#8217;autre, on forme des candidats &#224; utiliser l&#8217;IA pour y r&#233;pondre ; et puis l&#8217;IA analyse les r&#233;ponses. <strong>Personne n&#8217;a rien lu. Personne n&#8217;a rien &#233;crit. &#192; la fin de la cha&#238;ne, il faut organiser un oral pour v&#233;rifier que les humains comprennent encore ce qu&#8217;ils sont cens&#233;s faire.</strong></p><p>C&#8217;est exactement ce qu&#8217;on voit aussi dans le recrutement. Et le seul moment de valeur dans toute la cha&#238;ne, c&#8217;est celui o&#249; deux &#234;tres humains se rencontrent.</p><h3>High-tech, low-tech, no-tech</h3><blockquote><p><em>&#171; Si ma maman doit aller faire une radio pour d&#233;tecter des potentielles maladies, et qu'elle utilise la meilleure technologie possible, je suis OK. Par contre, est-ce qu'on a besoin que WhatsApp soit hyper puissant ? &#187;</em></p></blockquote><p>C&#8217;est le triptyque que Cyril d&#233;fend et celui qui m&#8217;a paru le plus imm&#233;diatement utilisable pour un dirigeant qui doit arbitrer.</p><p><strong>Il y a des usages qui m&#233;ritent la high-tech :</strong> ceux o&#249; la performance technologique sauve des vies, ouvre des connaissances, permet des choses inaccessibles autrement.</p><p><strong>Il y a des usages qui m&#233;ritent la low-tech : </strong>une messagerie pour &#233;changer un mot, un lien, une photo n&#8217;a pas besoin d&#8217;&#234;tre un monstre algorithmique.</p><p><strong>Et il y a des usages qui m&#233;ritent la no-tech :</strong> boire un caf&#233; avec quelqu&#8217;un, marcher, penser sans &#233;cran allum&#233;.</p><p>Ce triptyque n&#8217;a rien d&#8217;id&#233;ologique. C&#8217;est un cadre d&#8217;arbitrage qui permet de r&#233;partir intentionnellement notre consommation technologique en fonction de la valeur r&#233;elle des usages, au lieu de subir le d&#233;faut technologique partout.</p><h3>Le bruit, le travail et le glandeur magnifique</h3><blockquote><p><em>&#171; On confond le travail, l'intensit&#233; avec le bruit. Il y a plein de gens qui font plein de choses, qui envoient plein de mails. Mais en termes de valeur ajout&#233;e, pas grand-chose. &#187;</em></p></blockquote><p>Cyril cite Hartmut Rosa et son concept d&#8217;acc&#233;l&#233;ration sociale. Une acc&#233;l&#233;ration qui n&#8217;est pas d&#8217;abord technologique mais sociale, dans laquelle chacun a la t&#234;te dans le guidon, court apr&#232;s le temps, et oublie de se demander &#224; quoi sert ce qu&#8217;il fait.</p><p>Il rappelle aussi un fait que personne n&#8217;aime entendre : au-del&#224; de 25 heures de travail effectives par semaine, le temps suppl&#233;mentaire d&#233;fait la valeur cr&#233;&#233;e auparavant. Les recherches sont anciennes, elles sont ignor&#233;es.</p><p>C&#8217;est de l&#224; que vient le concept du &#171; glandeur magnifique &#187; qu&#8217;il a introduit dans <em>Manager Sapiens</em>, et qui lui a valu son lot de r&#233;actions :</p><p>&#171; Je ne pense pas que le travail soit une valeur. Le glandeur magnifique, c'est celui qui consid&#232;re que l'&#233;tat normal des choses n'est pas de travailler. Et que si je travaille, c'est pour poser de la haute valeur ajout&#233;e. &#187;</p><p>Sur cette phrase, je bute un peu. Pas parce qu&#8217;elle est fausse, je crois qu&#8217;elle dit quelque chose de juste et de n&#233;cessaire, mais parce qu&#8217;elle est pratiquement inaudible dans la culture professionnelle fran&#231;aise, et que je me demande comment un dirigeant peut la tenir devant ses &#233;quipes sans &#234;tre per&#231;u comme d&#233;connect&#233;. </p><p>Cyril n&#8217;&#233;vacue pas la question. Il dit : prot&#233;ger son temps cognitif pour le d&#233;poser l&#224; o&#249; il a vraiment de la valeur ajout&#233;e. Et il propose un test simple, &#224; faire chaque jour. Qu&#8217;est-ce que j&#8217;ai fait aujourd&#8217;hui qui &#233;tait vraiment utile ? Qu&#8217;est-ce que j&#8217;aurais pu ne pas faire ?</p><p><strong>Une discipline plus qu&#8217;un manifeste. Et peut-&#234;tre ce que l&#8217;IA, bien utilis&#233;e, pourrait nous offrir : du temps pour penser &#224; ce qu&#8217;on fait.</strong></p><p class="button-wrapper" data-attrs="{&quot;url&quot;:&quot;https://timetoreset.studioreset.fr/p/quand-la-machine-sait-et-fait-mieux?utm_source=substack&utm_medium=email&utm_content=share&action=share&quot;,&quot;text&quot;:&quot;Partager&quot;,&quot;action&quot;:null,&quot;class&quot;:null}" data-component-name="ButtonCreateButton"><a class="button primary" href="https://timetoreset.studioreset.fr/p/quand-la-machine-sait-et-fait-mieux?utm_source=substack&utm_medium=email&utm_content=share&action=share"><span>Partager</span></a></p><h3>La r&#233;sonance</h3><blockquote><p><em>&#171; La r&#233;sonance, c'est ces moments o&#249; tu es simplement au monde. Si tu n'as pas de disponibilit&#233; cognitive pour &#234;tre pr&#233;sent, tu n'as pas de valeur ajout&#233;e, quelle que soit ta profession. &#187;</em></p></blockquote><p>C&#8217;est l&#8217;autre concept de Hartmut Rosa que Cyril mobilise, son contrepoint &#224; l&#8217;acc&#233;l&#233;ration. <strong>La r&#233;sonance, ce sont ces moments o&#249; l&#8217;on s&#8217;ouvre au monde, o&#249; l&#8217;on devient pr&#233;sent &#224; ce qui se passe, &#224; ce qui parle.</strong> Une rencontre dans un train, un paysage qu&#8217;on regarde sans but, une conversation qui s&#8217;ouvre par hasard.</p><p>Pour Cyril, c&#8217;est une posture strat&#233;gique. Une condition de la valeur ajout&#233;e professionnelle, dans un monde o&#249; cette valeur s&#8217;est d&#233;plac&#233;e vers ce qui ne se traite pas par algorithme. Et ce que l&#8217;IA bien utilis&#233;e pourrait nous rendre, dit-il, c&#8217;est exactement la disponibilit&#233; cognitive d&#8217;&#234;tre l&#224;.</p><h3>L&#8217;exp&#233;rience de la grotte face au monde r&#233;el</h3><blockquote><p><em>&#171; 13 personnes sur 14 ne voulaient plus sortir. Comment on a r&#233;ussi ce truc incroyable de rendre notre monde moins d&#233;sirable qu'une grotte sombre ? &#187;</em></p></blockquote><p>Cyril raconte une &#233;tude conduite par le Human Adaptation Institute. Quatorze personnes plac&#233;es pendant quarante jours dans une grotte sombre, sans montre, sans t&#233;l&#233;phone, sans rep&#232;re temporel.</p><p>Au bout des quarante jours, presque toutes refusent de sortir. Pas par acclimatation au manque, mais parce qu&#8217;elles avaient retrouv&#233; quelque chose : la pr&#233;sence simple, l&#8217;interaction non m&#233;di&#233;e, l&#8217;absence d&#8217;imp&#233;ratif.</p><p>L&#8217;image est forte. Elle ne propose aucun mod&#232;le, Cyril le pr&#233;cise lui-m&#234;me, ce serait absurde. </p><p><strong>Elle pose une question qui ne nous l&#226;che pas : si nous avons rendu notre monde moins d&#233;sirable qu&#8217;une grotte sombre, peut-&#234;tre qu&#8217;il est temps de regarder pourquoi.</strong></p><h3>La troisi&#232;me voie : l&#8217;extensio et les limites plan&#233;taires</h3><blockquote><p><em>&#171; Comment je rends compatible l'extensio et les limites plan&#233;taires ? Je crois que c'est la question de notre &#233;poque. S'il n'y a pas de r&#233;ponse &#224; &#231;a, alors on dispara&#238;tra. &#187;</em></p></blockquote><p>Cyril refuse les deux postures qu&#8217;il voit dominer le d&#233;bat. D&#8217;un c&#244;t&#233;, ceux qui veulent acc&#233;l&#233;rer en faisant abstraction des ressources. De l&#8217;autre, ceux qui veulent placer l&#8217;humain sous cloche pour nier son besoin d&#8217;extension. Aucune des deux ne tient.</p><p>Ce qu&#8217;il appelle l&#8217;<em>extensio</em>, un mot qu&#8217;il forge lui-m&#234;me, c&#8217;est ce mouvement par lequel toute cellule vivante cherche &#224; &#233;tendre son champ relationnel au monde. C&#8217;est ce qui pousse &#224; explorer, &#224; innover, &#224; d&#233;passer les fronti&#232;res. On ne l&#8217;arr&#234;tera pas, dit-il. On peut le mod&#233;rer. Le rendre compatible avec ce que la plan&#232;te peut soutenir.</p><p>Et c&#8217;est peut-&#234;tre, dit-il encore, la place de la France et de l&#8217;Europe : tracer cette voie interm&#233;diaire que personne d&#8217;autre ne semble vouloir tracer. Il parle d&#8217;optimisme de combat. D&#8217;une voie o&#249; l&#8217;on assume la comp&#233;tition l&#224; o&#249; elle est n&#233;cessaire et la coop&#233;ration l&#224; o&#249; elle est plus f&#233;conde.</p><p>C&#8217;est le passage o&#249; je me sens le plus align&#233; avec lui. Parce que c&#8217;est exactement le terrain de TIME TO RESET : refuser la fuite en avant sans tomber dans le repli, et chercher ce que &#231;a veut dire concr&#232;tement, pour des organisations qui n&#8217;ont pas le luxe de sortir du monde.</p><h3>Trump, et la d&#233;flation num&#233;rique qu&#8217;on ne fait jamais</h3><blockquote><p><em>&#171; Trump est une chance pour la France et l'Europe. Il nous a confront&#233;s &#224; la r&#233;alit&#233;. Et peut-&#234;tre que la meilleure chose qui pourrait nous arriver, c'est qu'on aille au bout de l'exercice. &#187;</em></p></blockquote><p>Cyril ne d&#233;fend pas Donald Trump. Il observe que sa politique a forc&#233; la France et l&#8217;Europe &#224; voir ce qu&#8217;elles refusaient de voir : leur d&#233;pendance num&#233;rique totale aux &#201;tats-Unis, pour les mails, pour le cloud, pour les donn&#233;es de sant&#233;.</p><p>Notre &#233;change pousse l&#8217;exp&#233;rience de pens&#233;e jusqu&#8217;au bout. Et si on coupait ? Et si Microsoft et Google fermaient les vannes pendant quelques jours ?</p><p>La r&#233;ponse tient en deux mots : <em>so what</em>.</p><p>Le premier mois serait douloureux, et puis on saurait faire sans, comme on a su faire sans avant. Un brin provocateur. L&#8217;effondrement op&#233;rationnel d&#8217;un syst&#232;me d&#8217;information national serait probablement plus violent que ce que nous avons d&#233;crit. Mais l&#8217;exp&#233;rience de pens&#233;e fait son travail : elle force &#224; mesurer ce qu&#8217;on a abandonn&#233; en chemin, et &#224; se demander si on l&#8217;a vraiment choisi.</p><p>C&#8217;est de l&#224; que na&#238;t l&#8217;id&#233;e qui r&#233;organise l&#8217;&#233;pisode pour moi : la d&#233;flation num&#233;rique. Une IA qui servirait, enfin, &#224; r&#233;duire le bruit plut&#244;t qu&#8217;&#224; l&#8217;amplifier. Des syst&#232;mes qui s&#8217;interconnectent pour nous &#233;viter les allers-retours de mails, les validations en cascade, les comptes rendus que personne ne lit. Pour lib&#233;rer du temps de cerveau et le rendre &#224; ce qui en m&#233;rite.</p><p><strong>Cyril pose cette id&#233;e comme une intuition encore en formation. Mais elle ouvre quelque chose. Parce que l&#8217;IA cesse d&#8217;&#234;tre la question : elle devient l&#8217;instrument possible d&#8217;une question plus ancienne, celle de ce qu&#8217;on veut faire de notre attention.</strong></p><h3>Le pouvoir de la marche</h3><p>&#171; J'ai march&#233; plusieurs jours, seul. J'ai d&#233;couvert peut-&#234;tre une fen&#234;tre sur la r&#233;sonance. Le bonheur, il n'est pas dans le fait de poss&#233;der. &#187;</p><p>Je termine chaque &#233;pisode par la m&#234;me question : qu&#8217;est-ce qui t&#8217;a profond&#233;ment transform&#233; ?</p><p>Cyril r&#233;pond : la marche seule. Le GR34, en Bretagne. Le sentier des douaniers. Plusieurs jours, sac au dos, sans rien d&#8217;autre que ses pieds et ce qui se pr&#233;sente.</p><p>Pour un entrepreneur super actif, la r&#233;ponse a quelque chose de touchant. Et de coh&#233;rent, parce que c&#8217;est exactement ce qu&#8217;il essaie de faire avec sa pens&#233;e : marcher, s&#8217;arr&#234;ter, regarder, refuser la course en avant sans refuser le mouvement.</p><div class="callout-block" data-callout="true"><p>Ce qui reste, apr&#232;s cette conversation, c&#8217;est une question que je n&#8217;avais pas en commen&#231;ant l&#8217;&#233;pisode et que je n&#8217;arrive plus &#224; reposer : qu&#8217;est-ce qu&#8217;on cherche, vraiment, quand on int&#232;gre l&#8217;IA dans une organisation ? Si la r&#233;ponse est &#171; gagner du temps &#187;, alors on rejoue exactement le sc&#233;nario qui nous a men&#233;s &#224; n&#8217;avoir jamais eu autant de burn-out avec autant d&#8217;outils de productivit&#233;. Si la r&#233;ponse est &#171; r&#233;duire le bruit pour lib&#233;rer ce qui compte &#187;, alors c&#8217;est un autre projet, plus politique et plus exigeant pour ceux qui le portent. Et c&#8217;est peut-&#234;tre celui-l&#224; qu&#8217;il faut commencer &#224; nommer.`</p></div><p class="button-wrapper" data-attrs="{&quot;url&quot;:&quot;https://timetoreset.studioreset.fr/?utm_source=substack&amp;utm_medium=email&amp;utm_content=share&amp;action=share&quot;,&quot;text&quot;:&quot;Partager TIME TO RESET&quot;,&quot;action&quot;:null,&quot;class&quot;:null}" data-component-name="ButtonCreateButton"><a class="button primary" href="https://timetoreset.studioreset.fr/?utm_source=substack&amp;utm_medium=email&amp;utm_content=share&amp;action=share"><span>Partager TIME TO RESET</span></a></p><div class="poll-embed" data-attrs="{&quot;id&quot;:492855}" data-component-name="PollToDOM"></div><p style="text-align: justify;">Je suis Hugo Lambert, le co-fondateur du STUDIO RESET, un studio de formation engag&#233; qui con&#231;oit et d&#233;ploie des formations personnalis&#233;es &#224; haute valeur ajout&#233;e afin d&#8217;aider les organisations &#224; r&#233;ussir leur transformation &#233;cologique. Notre valeur ajout&#233;e : une p&#233;dagogie cr&#233;ative et innovante centr&#233;e sur la r&#233;solution des probl&#232;mes de votre organisation !</p><ul><li><p><a href="https://outlook.office.com/bookwithme/user/cb997e1d69f645db89dfd32bc4709d34%40studioreset.fr/meetingtype/FX-fuwyDZEup9LWpNlrbvg2?anonymous&amp;ismsaljsauthenabled=true">Pour programmer un temps d&#8217;&#233;changes avec moi</a></p></li><li><p>Pour en savoir plus sur le STUDIO RESET : <a href="https://www.studioreset.fr/">notre site internet</a></p></li><li><p>Pour suivre mes publications<a href="https://www.linkedin.com/in/hugo-lambert/"> sur Linkedin</a>&#8230;</p><ul><li><p><a href="https://hugolambert.substack.com/">Ou me suivre sur ma newsletter personnelle</a> </p></li></ul></li></ul><p>Merci d&#8217;avoir lu TIME TO RESET ! Abonnez-vous gratuitement pour recevoir de nouveaux posts et soutenir mon travail.</p>]]></content:encoded></item><item><title><![CDATA[Piloter à 1% de croissance]]></title><description><![CDATA[Comment d&#233;cider quand la promesse de croissance n'est plus tenable ?]]></description><link>https://timetoreset.studioreset.fr/p/piloter-a-1-de-croissance</link><guid isPermaLink="false">https://timetoreset.studioreset.fr/p/piloter-a-1-de-croissance</guid><dc:creator><![CDATA[Hugo Lambert]]></dc:creator><pubDate>Wed, 08 Apr 2026 05:01:22 GMT</pubDate><enclosure url="https://substack-post-media.s3.amazonaws.com/public/images/c24ace0b-5fb2-4934-9a57-35c8008948b5_420x300.png" length="0" type="image/jpeg"/><content:encoded><![CDATA[<div class="pullquote"><p style="text-align: right;">Il fut un temps o&#249; les limites &#224; la croissance appartenaient &#224; un futur &#233;loign&#233;. <br>Elles sont bien l&#224;, aujourd&#8217;hui.<br><em><strong>Dennis Meadows, pr&#233;face de l&#8217;&#233;dition 50 ans <br>du rapport au Club de Rome (2022)</strong></em></p></div><p class="button-wrapper" data-attrs="{&quot;url&quot;:&quot;https://timetoreset.studioreset.fr/subscribe?&quot;,&quot;text&quot;:&quot;Abonnez-vous maintenant&quot;,&quot;action&quot;:null,&quot;class&quot;:null}" data-component-name="ButtonCreateButton"><a class="button primary" href="https://timetoreset.studioreset.fr/subscribe?"><span>Abonnez-vous maintenant</span></a></p><h2>TIME TO RESET EN 1 MINUTE</h2><ul><li><p><strong>L'&#233;dito : </strong>et si la croissance qu'on attend n'&#233;tait plus en retard, mais d&#233;j&#224; derri&#232;re nous ? </p></li><li><p><strong>Le mot pour d&#233;crypter la transition : </strong>la post-croissance </p></li><li><p><strong>1 ressource pour agir dans la complexit&#233; : </strong>l'&#233;conomie du donut appliqu&#233;e aux villes </p></li><li><p><strong>5 signaux faibles et tendances lourdes : </strong>post-croissance et d&#233;carbonation, ralentissement et populismes, valeurs &#233;conomiques &#224; 2050, d&#233;couplage introuvable, libert&#233; acad&#233;mique menac&#233;e </p></li><li><p><strong>1 contenu pour aller plus loin : </strong>Timoth&#233;e Parrique, &#171; Penser le post-capitalisme &#187; </p></li><li><p><strong>Le mot de la fin</strong></p></li></ul><div class="subscription-widget-wrap-editor" data-attrs="{&quot;url&quot;:&quot;https://timetoreset.studioreset.fr/subscribe?&quot;,&quot;text&quot;:&quot;S'abonner&quot;,&quot;language&quot;:&quot;fr&quot;}" data-component-name="SubscribeWidgetToDOM"><div class="subscription-widget show-subscribe"><div class="preamble"><p class="cta-caption">S&#8217;abonner &#224; TIME TO RESET</p></div><form class="subscription-widget-subscribe"><input type="email" class="email-input" name="email" placeholder="Tapez votre e-mail&#8230;" tabindex="-1"><input type="submit" class="button primary" value="S'abonner"><div class="fake-input-wrapper"><div class="fake-input"></div><div class="fake-button"></div></div></form></div></div><h2>L&#8217;&#201;DITO</h2><p>0,9%.</p><p>C&#8217;est le taux de croissance de la zone euro en 2024. Et les projections pour 2025-2026 ne d&#233;passent pas 1,3%. Ce n&#8217;est pas une crise. Ce n&#8217;est pas un accident. La Banque centrale europ&#233;enne estime le potentiel de croissance de la zone &#171; &#224; environ 1% &#187;.</p><p>Un pour cent. Comme plafond, pas comme plancher.</p><p>Pendant ce temps, la population chinoise diminue pour la quatri&#232;me ann&#233;e cons&#233;cutive. En France, le solde naturel est devenu n&#233;gatif pour la premi&#232;re fois depuis 1945. La dette publique mondiale fr&#244;le 100% du PIB. Et le commerce mondial des biens ne devrait cro&#238;tre que de 0,5% en 2026 selon l&#8217;OMC.</p><p>On continue pourtant de piloter nos organisations, nos politiques publiques, nos syst&#232;mes sociaux comme si la croissance allait revenir. </p><p>Comme si cette parenth&#232;se de soixante-dix ans, les Trente Glorieuses et leur prolongement, &#233;tait la norme et non l&#8217;exception.</p><p>Ce qu&#8217;explore cette newsletter, c&#8217;est ce que &#231;a change concr&#232;tement quand le g&#226;teau ne grossit plus. Pas en th&#233;orie. En arithm&#233;tique. Et ce que cela transforme aussi dans la nature m&#234;me de nos relations.<br><br>Bonne lecture,</p><p>Hugo L.</p><h2>LE CONCEPT &#192; D&#201;CRYPTER : LA POST-CROISSANCE</h2><h3>Le concept</h3><p>La post-croissance n&#8217;est pas la d&#233;croissance. Ce n&#8217;est pas non plus la croissance verte. C&#8217;est un entre-deux, d&#233;fini par le Parlement europ&#233;en comme la recherche de la prosp&#233;rit&#233; et de la pr&#233;servation de l&#8217;environnement &#171; <em>ind&#233;pendamment de ses effets sur la croissance &#233;conomique</em> &#187;. </p><p><strong>Concr&#232;tement : le PIB n&#8217;est plus la boussole. On pilote avec d&#8217;autres instruments.</strong></p><p>Le champ est d&#233;sormais structur&#233; acad&#233;miquement. Timoth&#233;e Parrique, dans Ralentir ou p&#233;rir, en donne la formulation la plus nette en fran&#231;ais : une d&#233;croissance organis&#233;e vers &#171; <em>une &#233;conomie stationnaire en harmonie avec la nature</em> &#187;. Mais le mot qui compte dans &#171; <em>post-croissance</em> &#187;, c&#8217;est le pr&#233;fixe. On ne demande pas de d&#233;cro&#238;tre. On constate que la croissance ne reviendra probablement pas &#224; ses niveaux historiques dans les &#233;conomies avanc&#233;es. Et on en tire les cons&#233;quences.</p><p>C&#8217;est cette posture qui me semble la plus juste. Pas un programme. Un diagnostic partag&#233;.</p><h3>Pourquoi cette notion est importante ?</h3><p>Parce que les signaux sont structurels, pas conjoncturels. Et ils ne viennent pas seulement des limites &#233;cologiques.</p><p><strong>D&#8217;abord la demande s&#8217;&#233;tiole.</strong> La Chine pourrait passer de 1,4 milliard d&#8217;habitants &#224; 633 millions d&#8217;ici 2100 selon les mod&#232;les de l&#8217;ONU. Moins de naissances, moins de consommateurs, moins de besoins &#224; satisfaire. Et quand chaque m&#233;nage a d&#233;j&#224; son frigo, sa voiture, sa connexion, on ne fait plus que renouveler. La croissance devient du remplacement.</p><p><strong>Ensuite le mod&#232;le lui-m&#234;me s&#8217;essouffle.</strong> On emprunte sur le futur pour payer le pr&#233;sent : la dette publique mondiale approche 100% du PIB. Et quarante ans apr&#232;s le paradoxe de Solow, l&#8217;IA ne semble g&#233;n&#233;rer qu&#8217;environ 0,25 &#224; 0,5 point de productivit&#233; suppl&#233;mentaire par an. Chaque point de croissance co&#251;te plus cher &#224; produire.</p><p><strong>C&#8217;est aussi une question politique, pas seulement technique.</strong> Quand le g&#226;teau grossissait, les d&#233;mocraties tenaient leur contrat : promettre plus &#224; tout le monde. L&#8217;Institut Montaigne documente aujourd&#8217;hui comment &#171; l&#8217;ascenseur social ralentit, ou s&#8217;est quasiment arr&#234;t&#233; &#187; et comment l&#8217;alliance entre capitalisme et d&#233;mocratie lib&#233;rale &#171; para&#238;t ne plus fonctionner &#187;. Sans croissance, chaque arbitrage redistributif devient un jeu &#224; somme nulle. C&#8217;est math&#233;matique.</p><p><strong>Et la question n&#8217;est pas seulement individuelle. Elle est relationnelle.</strong> Tant que le g&#226;teau grossit, la comp&#233;tition est jouable : on peut perdre une part de march&#233; et continuer de cro&#238;tre en valeur absolue. Un pays peut voir son poids relatif baisser et son niveau de vie monter. La comp&#233;tition est compatible avec la coexistence. Quand le g&#226;teau cesse de grossir, ce que l&#8217;un gagne, l&#8217;autre le perd. M&#233;caniquement.</p><p><strong>Deux trajectoires s&#8217;ouvrent alors.</strong> Soit la comp&#233;tition s&#8217;intensifie : course aux terres rares, fragmentation des cha&#238;nes de valeur, guerres commerciales, repli national. C&#8217;est la trajectoire la plus probable &#224; court terme, parce qu&#8217;elle prolonge les r&#233;flexes acquis pendant les Trente Glorieuses. Soit la coop&#233;ration devient une condition de survie. Pas par moralisme. Par calcul, parce que la comp&#233;tition pure produit des perdants qui finissent par tout d&#233;stabiliser. C&#8217;est peut-&#234;tre la question structurante des dix prochaines ann&#233;es.</p><p><strong>Si la coop&#233;ration est rationnelle, pourquoi reste-t-elle si rare ?</strong> Parce qu&#8217;elle se heurte &#224; des r&#233;cits qui nient les limites. Trois imaginaires dominent aujourd&#8217;hui le d&#233;bat, et aucun ne reconna&#238;t la finitude. Le r&#233;cit nationaliste promet de retrouver la grandeur par l&#8217;extractivisme. L&#8217;anticapitaliste veut redistribuer sans contrainte. Le technologique parie que l&#8217;innovation r&#233;soudra tout. Comme le note un rapport du S&#233;nat fran&#231;ais d&#8217;octobre 2025, le d&#233;couplage entre croissance et impacts environnementaux &#171; ne peut pas &#187; s&#8217;op&#233;rer sans transformation du syst&#232;me.</p><h3>&#192; noter</h3><p>Le Japon vit en post-croissance de fait depuis trois d&#233;cennies. Et il n&#8217;a pas disparu. Son taux d&#8217;emploi atteint 80%, sa dette est colossale (pr&#232;s de 200% du PIB), mais le pays fonctionne. L&#8217;analyste Rexecode y voit &#171; une recette inspirante pour des pays europ&#233;ens qui arrivent au bout de ce que permettent leurs politiques budg&#233;taires et mon&#233;taires &#187;. La preuve qu&#8217;on peut vivre en post-croissance, &#224; condition de la choisir plut&#244;t que de la subir.</p><h2>UNE RESSOURCE POUR AGIR DANS LA COMPLEXIT&#201;</h2><h3>L&#8217;&#233;conomie du donut, appliqu&#233;e aux villes</h3><p>Kate Raworth a propos&#233; en 2017 un cadre visuel devenu r&#233;f&#233;rence : le donut. Un plancher social, un plafond &#233;cologique. L&#8217;espace viable est entre les deux.<br><br>J&#8217;en parlais d&#8217;ailleurs dans la newsletter #2 (&#233;motion) <a href="https://timetoreset.studioreset.fr/p/faire-face-aux-limites-planetaires">&#8220;Faire face aux limites plan&#233;taires&#8221;</a>.</p><p>Amsterdam est devenue en 2020 la premi&#232;re ville au monde &#224; adopter ce cadre comme strat&#233;gie officielle. Le City Portrait d&#233;velopp&#233; pour la ville a r&#233;v&#233;l&#233; qu&#8217;un locataire sur cinq ne pouvait pas couvrir ses besoins de base apr&#232;s avoir pay&#233; son loyer. Un chiffre que personne n&#8217;avait avant. L&#8217;outil l&#8217;a fait appara&#238;tre. Bruxelles-Capitale a suivi avec sa strat&#233;gie Shifting Economy.</p><p>Ce qui m&#8217;int&#233;resse dans le donut pour cette newsletter : il ne demande pas de choisir entre &#233;conomie et &#233;cologie. Il pose une autre question. Plus &#171; comment cro&#238;tre ? &#187; mais &#171; comment prosp&#233;rer dans les limites ? &#187;. </p><p><strong>C&#8217;est peut-&#234;tre la seule question qui vaille dans un monde &#224; 1% de croissance.</strong></p><p>D&#233;couvrir <a href="https://doughnuteconomics.org/amsterdam-portrait.pdf">le City Portrait d&#8217;Amsterdam</a></p><h2>SIGNAUX FAIBLES ET TENDANCES LOURDES : 5 ARTICLES SUR LA POST-CROISSANCE</h2><p><strong>&#171; Post-croissance : un consensus pour la d&#233;carbonation ? &#187;, Guillaume Delafosse, La Vie des Id&#233;es, 9 f&#233;vrier 2026</strong></p><p>&#171; La post-croissance est le paradigme selon lequel il faut rechercher la prosp&#233;rit&#233; et la pr&#233;servation de l&#8217;environnement ind&#233;pendamment de ses effets sur la croissance &#233;conomique. &#187; Guillaume Delafosse propose la post-croissance comme r&#233;ponse pragmatique &#224; l&#8217;incertitude climatique. Ni croissantisme, ni d&#233;croissantisme : une troisi&#232;me voie qui consiste &#224; prendre au s&#233;rieux les contraintes physiques sans exiger de certitude pr&#233;alable sur leurs effets macro&#233;conomiques. C&#8217;est sans doute la formulation la plus op&#233;rationnelle du concept &#224; ce jour. </p><ul><li><p>Retrouver cet article sur <a href="https://laviedesidees.fr/Post-croissance-un-consensus-pour-la-decarbonation">laviedesidees.fr</a></p></li></ul><p><strong>&#171; Populismes autoritaires : les racines d&#8217;un attrait croissant &#187;, Institut Montaigne, 23 juin 2025</strong></p><p>&#171; L&#8217;ascenseur social ralentit, ou, dans certains pays, s&#8217;est quasiment arr&#234;t&#233;. L&#8217;alliance entre capitalisme et d&#233;mocratie lib&#233;rale para&#238;t ne plus fonctionner. &#187; L&#8217;Institut Montaigne documente le lien direct entre ralentissement &#233;conomique structurel, frustrations sociales et mont&#233;e des autoritarismes. Ce que la promesse de croissance avait permis de tenir pendant cinquante ans, un contrat social acceptable, elle ne peut plus l&#8217;assurer. Le vide se remplit autrement. </p><ul><li><p>Retrouver l&#8217;analyse sur <a href="https://www.institutmontaigne.org/expressions/populismes-autoritaires-les-racines-dun-attrait-croissant">institutmontaigne.org</a></p></li></ul><p><strong>&#171; &#201;volution des valeurs dans le champ &#233;conomique &#224; l&#8217;horizon 2050 &#187;, Rapport du S&#233;nat fran&#231;ais, 7 octobre 2025</strong></p><p>&#171; La valeur &#233;conomique a jou&#233; apr&#232;s-guerre un r&#244;le unificateur et stabilisateur dans les d&#233;mocraties. &#187; La d&#233;l&#233;gation &#224; la prospective du S&#233;nat publie un rapport d&#8217;information qui interroge ce que devient cet &#233;quilibre quand la croissance ne tient plus son r&#244;le. Le constat est sans d&#233;tour : le d&#233;couplage entre croissance &#233;conomique et consommation de ressources &#171; ne peut pas &#187; s&#8217;op&#233;rer sans transformation syst&#233;mique. Une lecture institutionnelle fran&#231;aise rare sur ce sujet. </p><ul><li><p>Retrouver ce rapport sur <a href="https://www.senat.fr/notice-rapport/2025/r25-010-notice.html">senat.fr</a></p></li></ul><p><strong>&#171; La croissance &#233;conomique r&#233;chauffe toujours la plan&#232;te, l&#8217;illusion du d&#233;couplage &#187;, Thierry Souvay, mars 2026</strong></p><p>&#171; En 2024, le PIB mondial a atteint la cime historique de 111,1 billions de dollars, tra&#238;nant dans son sillage un record d&#8217;&#233;missions de CO&#8322;. &#187; Le d&#233;couplage absolu existe, mais il est quatre fois trop lent par rapport aux objectifs climatiques. Chaque record de PIB s&#8217;accompagne d&#8217;un record d&#8217;&#233;missions. </p><ul><li><p>Retrouver l&#8217;article sur <a href="https://thierrysouvay.com/2026/03/11/la-croissance-economique-rechauffe-toujours-la-planete-lillusion-du-decouplage/">thierrysouvay.com</a></p></li></ul><p><strong>&#171; Why Academic Freedom and Post-Growth Research Is Needed &#187;, ESEE &amp; ISEE, d&#233;cembre 2025</strong></p><p>Les deux principales soci&#233;t&#233;s acad&#233;miques d&#8217;&#233;conomie &#233;cologique ont publi&#233; une d&#233;claration conjointe alarmante. Le UK Economic and Social Research Council avait annonc&#233; vouloir mettre la croissance &#171; au c&#339;ur &#187; de sa strat&#233;gie et rendre la recherche sur la d&#233;croissance plus difficile &#224; financer. La r&#233;ponse : &#171; R&#233;duire les voix critiques au milieu d&#8217;un effondrement &#233;cologique est non seulement myope, mais mine l&#8217;esprit m&#234;me de la recherche scientifique. &#187; Quand la recherche elle-m&#234;me est somm&#233;e de cro&#238;tre, le signal est clair. </p><ul><li><p>Retrouver la d&#233;claration sur <a href="https://www.isecoeco.org/why-academic-freedom-and-post-growth-research-is-needed/">isecoeco.org</a></p></li></ul><p class="button-wrapper" data-attrs="{&quot;url&quot;:&quot;https://timetoreset.studioreset.fr/?utm_source=substack&amp;utm_medium=email&amp;utm_content=share&amp;action=share&quot;,&quot;text&quot;:&quot;Partager TIME TO RESET&quot;,&quot;action&quot;:null,&quot;class&quot;:null}" data-component-name="ButtonCreateButton"><a class="button primary" href="https://timetoreset.studioreset.fr/?utm_source=substack&amp;utm_medium=email&amp;utm_content=share&amp;action=share"><span>Partager TIME TO RESET</span></a></p><h2>POUR ALLER PLUS LOIN : TIMOTH&#201;E PARRIQUE, &#171; PENSER LE POST-CAPITALISME &#187;</h2><div id="youtube2-64dHdpRzNG8" class="youtube-wrap" data-attrs="{&quot;videoId&quot;:&quot;64dHdpRzNG8&quot;,&quot;startTime&quot;:null,&quot;endTime&quot;:null}" data-component-name="Youtube2ToDOM"><div class="youtube-inner"><iframe src="https://www.youtube-nocookie.com/embed/64dHdpRzNG8?rel=0&amp;autoplay=0&amp;showinfo=0&amp;enablejsapi=0" frameborder="0" loading="lazy" gesture="media" allow="autoplay; fullscreen" allowautoplay="true" allowfullscreen="true" width="728" height="409"></iframe></div></div><h3>En bref</h3><p>En avril 2025, Timoth&#233;e Parrique a donn&#233; une conf&#233;rence de 14 minutes au TEDxLi&#232;ge intitul&#233;e &#171; Penser le post-capitalisme &#187;. C&#8217;est le format le plus accessible de son &#339;uvre r&#233;cente : quatorze minutes pour saisir l&#8217;essentiel. Et c&#8217;est celui que je recommanderais &#224; quelqu&#8217;un qui veut comprendre pourquoi la post-croissance n&#8217;est pas un slogan mais une question de design de syst&#232;me.</p><p>L&#8217;argument tient en une id&#233;e : nos crises &#233;cologiques ne sont pas des probl&#232;mes de comportement individuel. Ce sont des ph&#233;nom&#232;nes &#233;mergents d&#8217;un syst&#232;me &#233;conomique qui ne peut pas ralentir sans s&#8217;effondrer. Pas par mauvaise volont&#233;. Par architecture. Et donc il faut le re-designer.</p><h3>Ce que j&#8217;en retiens :</h3><p>Les crises &#233;cologiques sont d&#8217;origine &#233;conomique, pas morale. &#171; Personne se l&#232;ve le matin en se disant : bah tiens, je vais aller r&#233;chauffer le climat. &#187; La violence &#233;cologique est ce que Parrique appelle un ph&#233;nom&#232;ne &#233;mergent : la somme de comportements banals (rembourser un pr&#234;t, garder un emploi, satisfaire des actionnaires) qui produit une destruction massive.</p><p>Un syst&#232;me &#233;conomique, c&#8217;est cinq institutions de base. La propri&#233;t&#233;, l&#8217;allocation, la distribution, le travail, la monnaie. Le capitalisme est une combinaison particuli&#232;re de ces cinq briques. Le post-capitalisme explore les autres.</p><p>Le capitalisme ne peut pas ralentir sans s&#8217;effondrer. Une entreprise endett&#233;e est oblig&#233;e de continuer &#224; produire du lucratif. Travailler moins ? Impossible quand le salaire ne suffit d&#233;j&#224; pas. Ralentir, dans ce syst&#232;me, c&#8217;est se noyer. Ce n&#8217;est pas une question de volont&#233;.</p><p>Les alternatives existent d&#233;j&#224;, &#224; la marge. Coop&#233;ratives, monnaies locales, budgets participatifs, s&#233;curit&#233; sociale de l&#8217;alimentation, salaire maximum, &#233;co-villages. Ces utopies concr&#232;tes existent en 2025. Mais elles restent marginales, comme l&#8217;&#233;taient les marchands au 18&#232;me si&#232;cle avant qu&#8217;ils ne deviennent la norme.</p><p>Le basculement est un ph&#233;nom&#232;ne historique connu, et c&#8217;est le mot que je retiens. On est pass&#233;s de la f&#233;odalit&#233; au capitalisme par accumulation de comportements minoritaires qui ont fini par d&#233;placer la norme. Le passage vers un autre syst&#232;me peut se faire de la m&#234;me mani&#232;re. Pas par d&#233;cret. Par contagion.</p><h2>LE MOT DE LA FIN</h2><p>Finalement, que retenir de cette newsletter ?</p><p>Des arbitrages et des coop&#233;rations</p><p><strong>La post-croissance n&#8217;est pas une opinion.</strong> C&#8217;est un constat arithm&#233;tique qui traverse la d&#233;mographie, l&#8217;&#233;nergie, l&#8217;endettement, la productivit&#233;. Le g&#226;teau ne grossit plus, ou si peu que les r&#232;gles du partage ont chang&#233;.</p><p><strong>Ce constat n&#8217;est pas une condamnation.</strong> Le Japon vit en post-croissance depuis trente ans et a fait le choix de la coh&#233;sion plut&#244;t que de la pr&#233;dation. Amsterdam pilote avec le donut. Des chantiers existent, &#224; toutes les &#233;chelles. &#192; condition d&#8217;&#234;tre assum&#233;s.</p><p><strong>Le choix n&#8217;est pas entre croissance et d&#233;croissance.</strong> Il est entre des arbitrages assum&#233;s et des arbitrages subis. Les premiers sont difficiles. Les seconds sont irr&#233;versibles.</p><p><strong>Et il n&#8217;est pas non plus individuel.</strong> Dans un monde &#224; somme nulle, les arbitrages d&#8217;une organisation, d&#8217;un territoire ou d&#8217;un pays ne tiennent que s&#8217;ils s&#8217;inscrivent dans des coop&#233;rations plus larges. Sinon, ils sont aval&#233;s par la comp&#233;tition g&#233;n&#233;rale. C&#8217;est peut-&#234;tre la bascule la plus difficile &#224; op&#233;rer : passer de r&#233;flexes comp&#233;titifs h&#233;rit&#233;s d&#8217;un monde qui grossissait &#224; des logiques coop&#233;ratives adapt&#233;es &#224; un monde qui se contraint.</p><p>Et c&#8217;est ce que Cyrus Farhangi documente dans l&#8217;&#233;pisode qui accompagne cette newsletter : &#171; J&#8217;ai envie de croire qu&#8217;on va s&#8217;en sortir, dignement. &#187; Sans promettre Mars. Sans garantie. Mais avec des raisons de construire et travailler pour cela.<br><br>Hugo</p><div id="youtube2-WA7ab_sTcCE" class="youtube-wrap" data-attrs="{&quot;videoId&quot;:&quot;WA7ab_sTcCE&quot;,&quot;startTime&quot;:null,&quot;endTime&quot;:null}" data-component-name="Youtube2ToDOM"><div class="youtube-inner"><iframe src="https://www.youtube-nocookie.com/embed/WA7ab_sTcCE?rel=0&amp;autoplay=0&amp;showinfo=0&amp;enablejsapi=0" frameborder="0" loading="lazy" gesture="media" allow="autoplay; fullscreen" allowautoplay="true" allowfullscreen="true" width="728" height="409"></iframe></div></div><p>Processus infini d&#8217;am&#233;lioration continue dans un monde fini : n&#8217;h&#233;sitez pas &#224; me faire remonter vos remarques et avis sur cette newsletter. Ainsi que vos envies pour les prochaines !</p><p class="button-wrapper" data-attrs="{&quot;url&quot;:&quot;https://timetoreset.studioreset.fr/p/piloter-a-1-de-croissance/comments&quot;,&quot;text&quot;:&quot;Laissez un commentaire.&quot;,&quot;action&quot;:null,&quot;class&quot;:null}" data-component-name="ButtonCreateButton"><a class="button primary" href="https://timetoreset.studioreset.fr/p/piloter-a-1-de-croissance/comments"><span>Laissez un commentaire.</span></a></p><div class="poll-embed" data-attrs="{&quot;id&quot;:490793}" data-component-name="PollToDOM"></div><div><hr></div><p>Je suis Hugo Lambert, co-fondateur du STUDIO RESET, et j&#8217;aide les d&#233;cideurs - CEO, dirigeants, &#233;lus, cadres de directions - &#224; d&#233;cider et agir dans un monde qui se transforme. </p><p>Pour cela notre studio de formation con&#231;oit et propose des formations cr&#233;atives, personnalis&#233;es et centr&#233;es sur la r&#233;solution des probl&#232;mes de votre organisation.</p><ul><li><p><a href="https://outlook.office.com/bookwithme/user/cb997e1d69f645db89dfd32bc4709d34%40studioreset.fr/meetingtype/FX-fuwyDZEup9LWpNlrbvg2?anonymous&amp;ismsaljsauthenabled=true">Pour programmer un temps d&#8217;&#233;changes avec moi</a></p></li><li><p>Pour en savoir plus sur le STUDIO RESET :</p><ul><li><p><a href="https://www.studioreset.fr/">Le site internet</a></p></li><li><p><a href="https://www.linkedin.com/company/studioreset/">Linkedin</a></p></li></ul></li><li><p>Pour suivre mes publications</p><ul><li><p><a href="https://www.linkedin.com/in/hugo-lambert/">Me suivre sur Linkedin</a></p></li><li><p><a href="https://hugolambert.substack.com/">Me suivre sur ma newsletter personnelle</a></p></li></ul></li></ul><div class="subscription-widget-wrap-editor" data-attrs="{&quot;url&quot;:&quot;https://timetoreset.studioreset.fr/subscribe?&quot;,&quot;text&quot;:&quot;S'abonner&quot;,&quot;language&quot;:&quot;fr&quot;}" data-component-name="SubscribeWidgetToDOM"><div class="subscription-widget show-subscribe"><div class="preamble"><p class="cta-caption">Merci d'avoir lu TIME TO RESET ! 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Mais personne n'a pr&#233;vu le frein...]]></description><link>https://timetoreset.studioreset.fr/p/croissance-peut-on-encore-arreter</link><guid isPermaLink="false">https://timetoreset.studioreset.fr/p/croissance-peut-on-encore-arreter</guid><dc:creator><![CDATA[Hugo Lambert]]></dc:creator><pubDate>Tue, 24 Mar 2026 06:31:12 GMT</pubDate><enclosure url="https://api.substack.com/feed/podcast/190326171/1556237be18da67aada169ef412cd006.mp3" length="0" type="audio/mpeg"/><content:encoded><![CDATA[<p>Vous connaissez s&#251;rement cette phrase. </p><p>Cette plaisanterie qui circule sur les r&#233;seaux sociaux :</p><blockquote><p>&#171; Le v&#233;lo, c&#8217;est une catastrophe pour l&#8217;&#233;conomie. Pas d&#8217;accident, donc pas de r&#233;paration de voiture. Pas de service d&#8217;ambulance, d&#8217;h&#244;pitaux qui viennent soigner. Et un pi&#233;ton, c&#8217;est encore pire, il n&#8217;ach&#232;te m&#234;me pas de v&#233;lo. &#187;</p></blockquote><p>C&#8217;est le r&#233;sum&#233; pr&#233;cis des impasses de notre mod&#232;le actuel. Un mod&#232;le o&#249; soigner un accident vaut mieux pour le PIB que de ne pas en avoir. O&#249; la sobri&#233;t&#233; des gens menace l&#8217;&#233;conomie. O&#249; marcher est un probl&#232;me. <br><br>Ce mod&#232;le est en train de mourir. Doucement, mais s&#251;rement. Car la croissance du PIB, c&#8217;est du bruit, de l&#8217;agitation. Et notre difficult&#233; &#224; en parler collectivement montre qu&#8217;il s&#8217;agit d&#8217;un totem. Quelque chose qu&#8217;on ne touche pas. Qu&#8217;on ne nomme pas. M&#234;me quand tout le monde sait dans la pi&#232;ce que &#231;a ne tient plus.</p><p>Dans ce deuxi&#232;me &#233;pisode de la saison 2 de TIME TO RESET, nous parlons des cons&#233;quences d&#8217;un monde confront&#233; aux limites de la croissance&#8230; et de notre capacit&#233; &#224; regarder la r&#233;alit&#233; en face.</p><h2>L&#8217;&#233;pisode en bref (2h)</h2><ul><li><p><strong>Le diagnostic d&#8217;un monde qui change de logique :</strong> la m&#233;canique arithm&#233;tique de la post-croissance, les limites non-&#233;cologiques que personne n&#8217;ose nommer, la saturation des besoins, le basculement de l&#8217;offre vers la demande, les conflits d&#8217;imaginaires entre r&#233;cits nationalistes, anticapitalistes et technologiques, et la pens&#233;e magique &#224; gauche comme &#224; droite&#8230;</p></li><li><p><strong>La transition comme chantier concret :</strong> la strat&#233;gie de l&#8217;&#233;lectro-&#201;tat, la g&#233;opolitique des ressources, le miracle pakistanais du solaire, la transformation sectorielle contrainte, les services &#233;co-syst&#233;miques, l&#8217;&#233;conomie circulaire, et l&#8217;importance de la vague &#233;conomique pour accompagner le changement&#8230;</p></li><li><p><strong>D&#233;cider et agir dans un monde qui percute ses limites :</strong> la prise de d&#233;cision en environnement VUCA, le syndrome de la reine rouge, choisir ou subir, la question d&#233;mocratique face &#224; la finitude, la faillite hydrique, et comment garder une posture constructive sans promettre la Lune&#8230;</p></li></ul><h2>Mon invit&#233; : Cyrus Farhangi</h2><p><a href="https://www.linkedin.com/in/cyrus-f-9301833/">Cyrus</a> est d&#233;veloppeur dans une soci&#233;t&#233; qui d&#233;ploie des offres en &#233;nergies renouvelables &#224; l&#8217;&#233;chelle nationale et europ&#233;enne. Il a &#233;t&#233; consultant et intervient en tant que formateur / conf&#233;rencier sur les sujets d&#8217;adaptation, de transition &#233;cologique et de prospective. Vous pouvez &#233;galement le retrouver en tant que co-animateur dans le podcast <a href="http://www.youtube.com/@pensercestchouette5472">&#8221;Pensez, c&#8217;est chouette&#8221;</a>.</p><p>Son parcours : ancr&#233; dans l&#8217;&#233;nergie, la p&#233;dagogie et la prospective. Trois terrains qui se recoupent quand vient le moment de comprendre pourquoi on a du mal &#224; d&#233;cider dans un monde qui change de logique.</p><h2>Ce que vous allez d&#233;couvrir dans cet &#233;pisode</h2><h3>Le g&#226;teau ne grossit plus : et &#231;a change tout</h3><blockquote><p>&#171; S&#8217;il n&#8217;y a pas de croissance, il faut prendre &#224; quelqu&#8217;un pour que quelqu&#8217;un d&#8217;autre s&#8217;&#233;l&#232;ve. Et &#231;a, c&#8217;est math&#233;matique. &#187;</p></blockquote><p>Cyrus pose d&#8217;abord le cadre. Brutalement, simplement.</p><p>Pendant les Trente Glorieuses, la croissance &#224; 4-5% par an permettait d&#8217;&#233;lever tout le monde simultan&#233;ment. Car on avait de quoi distribuer. M&#234;me les in&#233;galit&#233;s &#233;taient supportables, parce que le bas de l&#8217;&#233;chelle continuait de s&#8217;&#233;lever.</p><p>Aujourd&#8217;hui, &#224; 1% en zone euro, les r&#232;gles du jeu ont chang&#233;. Ce n&#8217;est plus comment distribuer les fruits de la croissance. Mais qui en profite ou pas.</p><p>Et cette arithm&#233;tique, dit Cyrus, explique &#171; de mani&#232;re assez b&#234;te &#187; la plupart des tensions que nous observons. La mont&#233;e des extr&#234;mes. Les conflits autour des retraites. Le sentiment de d&#233;classement des classes moyennes. L&#8217;oligarchie qui fait &#171; quasiment s&#233;cession &#187; en continuant de capter de la croissance, forc&#233;ment au d&#233;triment d&#8217;autres.</p><p>Ce n&#8217;est pas la seule explication. Mais c&#8217;est le fond de la sc&#232;ne. Tout le reste se joue devant.</p><h3>Les autres limites &#224; la croissance qu&#8217;on ne regarde pas</h3><blockquote><p>&#171; La d&#233;mographie, c&#8217;est l&#8217;arbre qui cache la for&#234;t. &#187;</p></blockquote><p>On parle beaucoup des limites &#233;cologiques &#224; la croissance. Moins des autres.</p><p>Cyrus en dresse l&#8217;inventaire. La d&#233;mographie d&#8217;abord : la population de la Chine pourrait &#234;tre divis&#233;e par deux en cinquante ans. En France, la tendance est moins brutale mais r&#233;elle. Moins d&#8217;enfants, moins de besoins &#224; satisfaire, et donc in fine moins de croissance dans des secteurs entiers de notre &#233;conomie : les cr&#232;ches, les jardins d&#8217;enfants, les besoins essentiels associ&#233;s...</p><p>La saturation des besoins ensuite. Une fois que chaque m&#233;nage a son frigo, sa voiture, sa connexion, on ne fait que renouveler. Plus de croissance. Juste du remplacement.</p><p>L&#8217;endettement enfin. Jadis, dit Cyrus, on faisait 3-4% de croissance sans s&#8217;endetter. Aujourd&#8217;hui, regardez les niveaux d&#8217;endettement public et priv&#233; n&#233;cessaires pour &#171; maintenir le navire &#224; flot &#187;. C&#8217;est un indicateur fort. On emprunte sur le futur pour payer le pr&#233;sent.</p><p>Ces signaux pr&#233;existent aux questions &#233;cologiques. Et ils se cumulent.</p><h3>Le basculement de l&#8217;offre vers la demande</h3><blockquote><p>&#171; Avant il y avait une demande qu&#8217;on n&#8217;arrivait pas &#224; assouvir. Aujourd&#8217;hui, il y a une offre que la demande n&#8217;arrive pas &#224; absorber. &#187;</p></blockquote><p>C&#8217;est peut-&#234;tre la formule la plus synth&#233;tique de l&#8217;&#233;pisode.</p><p>Au XIXe si&#232;cle, la croissance &#233;tait tir&#233;e par des besoins r&#233;els non satisfaits. Les entreprises se demandaient comment produire assez de m&#233;dicaments, d&#8217;&#233;lectricit&#233;, de logements. Il y avait une demande immense. L&#8217;offre courait derri&#232;re.</p><p>Aujourd&#8217;hui, dit Cyrus, les entreprises se demandent &#171; comment on va inventer de nouveaux besoins &#187;. Ce n&#8217;est plus r&#233;pondre &#224; la demande mais la cr&#233;er. Et &#231;a vire parfois &#224; l&#8217;absurde. Il suffit de regarder certains secteurs de la consommation pour s&#8217;en convaincre.</p><p>L&#8217;&#233;conomie de l&#8217;attention est r&#233;v&#233;latrice. Nos formats se raccourcissent, la stimulation s&#8217;intensifie, et pourtant Cyrus pointe que notre attention est &#233;parpill&#233;e et qu&#8217;on commence &#224; atteindre les limites de notre attention. </p><p>Y compris pour les podcasts. Y compris pour TIME TO RESET. Le contenu arrive lui aussi &#224; saturation. Cette franchise d&#233;sarme. Et oblige &#224; penser.</p><h3>La post-croissance dans les coulisses d&#8217;une bo&#238;te d&#8217;ENR</h3><blockquote><p>&#171; La post-croissance, ce n&#8217;est pas top partout, y compris dans des secteurs qui sont pourtant prometteurs. &#187;</p></blockquote><p>Voil&#224; ce qui rend cette conversation diff&#233;rente des discussions habituelles sur la post-croissance. Cyrus ne parle pas &#8220;en th&#233;orie&#8221;. Il partage son exp&#233;rience de son secteur d&#8217;activit&#233;, celui des &#233;nergies renouvelables. Et ce qu&#8217;il d&#233;crit est instructif.</p><p>La consommation d&#8217;&#233;lectricit&#233; en France stagne, voire a baiss&#233; par rapport &#224; il y a quinze ans. C&#244;t&#233; sobri&#233;t&#233; et efficacit&#233; &#233;nerg&#233;tique, et c&#8217;est une bonne nouvelle, les ampoules LED, les frigos classe A, l&#8217;isolation des b&#226;timents font leur effet. Mais c&#244;t&#233; transition, c&#8217;est un signe que l&#8217;&#233;lectrification des usages, transports, chauffage, industrie, ne progresse pas assez vite.</p><p>R&#233;sultat : le secteur des EnR se retrouve &#171; pris en &#233;tau entre une consommation qui plafonne et une offre qui est d&#233;j&#224; assez abondante &#187;. Moins de besoin de nouvelles centrales solaires ou &#233;oliennes. Moins de croissance. Des signaux brouill&#233;s pour fl&#233;cher les investissements.</p><p>Quand la vague est importante, rapide, puissante, c&#8217;est plus facile de la prendre. Et l&#224;, la vague est moins haute. M&#234;me pour les renouvelables.</p><h3>Les conflits d&#8217;imaginaires : ce qui nous paralyse vraiment</h3><blockquote><p>&#171; On sait ce qu&#8217;on est en train de perdre, mais qu&#8217;est-ce qu&#8217;on est en train de gagner ? &#199;a, c&#8217;est plus dur &#224; tracer. &#187;</p></blockquote><p>La croissance portait un imaginaire simple et puissant. Une maison, une voiture, une piscine peut-&#234;tre. Un progr&#232;s visible. Partageable. La grande acc&#233;l&#233;ration de 1945 &#224; 2000 a fonctionn&#233; comme une br&#232;ve parenth&#232;se &#224; l&#8217;&#233;chelle de l&#8217;histoire, mais qui a structur&#233; tous nos imaginaires collectifs.</p><p>Aujourd&#8217;hui, les r&#233;cits en pr&#233;sence s&#8217;affrontent sans r&#233;ussir &#224; f&#233;d&#233;rer.</p><ul><li><p>Le r&#233;cit nationaliste : redonner sa grandeur &#224; la nation, &#171; trouver des boucs &#233;missaires &#187; dans un contexte de jeu &#224; somme nulle. </p></li><li><p>Le r&#233;cit anticapitaliste : redistribuer les richesses et tout ira bien. </p></li><li><p>Le r&#233;cit technologique : drones partout, repousser la mort jusqu&#8217;&#224; 150 ans, promettre Mars.</p></li></ul><p>Cyrus ne rejette aucun de ces r&#233;cits brutalement. Mais il pointe leur point commun : ils nient tous, &#224; leur mani&#232;re, que les limites sont r&#233;elles. Et que les arbitrages seront douloureux pour tout le monde, &#171; y compris pour les plus modestes &#187;.</p><p>L&#8217;imaginaire se cherche. Il est &#171; en guerre avec lui-m&#234;me &#187;. Et dans ce vide, le repli sur la tribu - religieuse, nationale, ethnique - gagne du terrain. Pas par malveillance. Par besoin de r&#233;confort dans une soci&#233;t&#233; qui a &#171; perdu le sens &#187;.</p><h3>La pens&#233;e magique &#224; gauche comme &#224; droite</h3><blockquote><p>&#171; C&#8217;est aussi une forme de proposition de croissance infinie qu&#8217;on puisse augmenter les d&#233;penses publiques &#224; l&#8217;infini. &#187;</p></blockquote><p>Cyrus ne m&#233;nage aucun camp.</p><p>&#192; droite, le drill baby drill : s&#8217;enfermer dans un monde &#233;nerg&#233;tique vou&#233; &#224; dispara&#238;tre, aller &#171; racler les fonds de tiroir au Venezuela &#187;, convoiter le Groenland pour ses terres rares. &#171; Pour moi, c&#8217;est plut&#244;t signe qu&#8217;on arrive un peu aux limites du syst&#232;me. &#187;</p><p>&#192; gauche, la promesse de d&#233;croissance douce : redistribuer les richesses, retourner &#224; la retraite &#224; 60 ans, augmenter les services publics sans contrainte. Cyrus l&#8217;&#233;coute avec respect, mais constate : &#171; c&#8217;est un peu de la pens&#233;e magique. &#187; Parce que &#231;a fait comme si on pouvait d&#233;cro&#238;tre sans perdants. Comme si la finitude n&#8217;impliquait pas de choix difficiles.</p><p>&#171; D&#233;cro&#238;tre tout en redistribuant, et tout le monde sera content. Attention. D&#233;cro&#238;tre, c&#8217;est un projet avec des choix lourds pour tout le monde. &#187;</p><p>Le probl&#232;me du financement de notre mod&#232;le sous contrainte de ressources reste entier.</p><h3>La strat&#233;gie de l&#8217;&#233;lectro-&#201;tat : un choix de civilisation</h3><blockquote><p>&#171; L&#8217;Europe a tout int&#233;r&#234;t &#224; aller vers un &#233;lectro-continent sobre en ressources. C&#8217;est l&#8217;avenir qu&#8217;on est contraint de cultiver. On n&#8217;a pas le choix. &#187;</p></blockquote><p>La Chine a fait un pari radical : &#233;lectrifier toute son &#233;conomie, ma&#238;triser la cha&#238;ne enti&#232;re de valeur, des ressources au produit fini.</p><p>Le r&#233;sultat est saisissant. Un camion sur deux vendu en Chine est aujourd&#8217;hui &#233;lectrique. En Europe, c&#8217;est proche de z&#233;ro. Et BYD, constructeur chinois, envisage d&#8217;ouvrir des usines en Europe pour &#171; conqu&#233;rir le march&#233; europ&#233;en &#187; depuis l&#8217;int&#233;rieur.</p><p>&#171; C&#8217;est le monde &#224; l&#8217;envers. &#192; une &#233;poque, c&#8217;&#233;taient les Europ&#233;ens qui venaient installer des usines en Chine. &#187;</p><p>Pour Cyrus, l&#8217;Europe a une strat&#233;gie coh&#233;rente &#224; construire : devenir un &#233;lectro-continent sobre en ressources, aller vers l&#8217;&#233;conomie circulaire, le recyclage, la r&#233;paration. </p><p>Pas seulement &#171; pour faire plaisir aux &#233;colos &#187;, mais parce qu&#8217;on est limit&#233; en ressources naturelles sur notre sol, et que les territoires qui en ont commencent &#224; les garder pour eux.</p><p>Ce sont des chantiers immenses. De l&#8217;emploi non-d&#233;localisable. Des connaissances pointues. De l&#8217;infrastructure. Un projet collectif possible, si on se donne les moyens de le tenir dans le temps.</p><h3>Le miracle pakistanais et ce qu&#8217;il r&#233;v&#232;le</h3><blockquote><p>&#171; Au Pakistan, les gens vont au march&#233; du coin, ach&#232;tent des panneaux solaires, rentrent chez eux, branchent et &#224; l&#8217;&#233;lectricit&#233;. C&#8217;est aussi simple que &#231;a. &#187;</p></blockquote><p>L&#8217;un des moments les plus inattendus de l&#8217;&#233;pisode.</p><p>Le troisi&#232;me plus gros march&#233; du solaire au monde, apr&#232;s la Chine et les &#201;tats-Unis : c&#8217;est le Pakistan. Des dizaines de millions de Pakistanais se sont &#233;quip&#233;s de mani&#232;re spontan&#233;e, populaire, d&#233;centralis&#233;e&#8230; des particuliers, des agriculteurs, des salons de coiffure, des villages en off-grid total.</p><p>Pourquoi ? Le r&#233;seau &#233;lectrique conventionnel est cher, carbon&#233;, et peu fiable. Il &#171; saute souvent, y compris en cas de canicule &#187;. Quand il fait 50 degr&#233;s depuis dix jours et que le r&#233;seau l&#226;che, le panneau solaire sur le toit devient une question de survie.</p><p>Cyrus voit dans ce mouvement un &#171; mod&#232;le de d&#233;veloppement alternatif &#187; encore &#224; &#233;crire. Un signe que la transition &#233;nerg&#233;tique peut prendre des formes tr&#232;s diff&#233;rentes selon les contextes. Et surtout un rappel que la transition globale est une &#171; fausse discussion &#187; si elle exclut les 4-5 milliards de personnes qui ne consomment &#171; presque pas &#187; d&#8217;&#233;nergie.</p><h3>Choisir ou subir : la question centrale</h3><blockquote><p>&#171; Soit on le choisit, soit on le subit, dans la mani&#232;re de le traiter. &#187;</p></blockquote><p>Pas un appel &#224; l&#8217;action na&#239;f. Pas une promesse que tout se passera bien. Juste la reconnaissance que, dans un monde en post-croissance, reporter les arbitrages ne les supprime pas.</p><p>Cyrus le dit clairement : &#171; Quand il y a un choc, les premiers &#224; &#234;tre expos&#233;s sont les plus fragiles. &#187; Et le fait de ne pas choisir, de laisser les limites s&#8217;imposer sans les avoir anticip&#233;es, c&#8217;est aussi &#171; reporter le fait que certaines personnes vont le subir plus fortement que d&#8217;autres. &#187;</p><p>Ce qui l&#8217;agace dans le d&#233;bat public, c&#8217;est &#171; la confusion entre des arbitrages difficiles et le fait que &#231;a produise des situations difficiles. &#187; Les deux ne sont pas synonymes. <br><br>On peut faire des choix durs, bien pos&#233;s, bien accompagn&#233;s. Et &#233;viter que &#231;a devienne incontr&#244;lable. Ce qui rendra la chose difficile, ce n&#8217;est pas le choix. </p><p>C&#8217;est &#171; l&#8217;absence de choix, ou des choix mal pos&#233;s ou mal accompagn&#233;s &#187;.</p><h3>La faillite hydrique : ne pas attendre l&#8217;irr&#233;versible</h3><blockquote><p>&#171; La faillite hydrique, c&#8217;est quand c&#8217;est irr&#233;versible. On a d&#233;grad&#233; d&#233;finitivement, vid&#233; des aquif&#232;res, des nappes fossiles pour de bon. &#187;</p></blockquote><p>Cyrus, d&#8217;origine iranienne, ouvre un chapitre sur l&#8217;eau dont l&#8217;importance est souvent minor&#233;e. Il distingue trois niveaux. </p><ul><li><p>Le stress hydrique : tension temporaire, certains jours de l&#8217;ann&#233;e. </p></li><li><p>La crise hydrique : rationnement, d&#233;cisions difficiles. </p></li><li><p>Et la faillite hydrique : aquif&#232;res vid&#233;s, nappes fossiles &#233;puis&#233;es, bassins versants artificialis&#233;s sans retour possible.</p></li></ul><p>Le Jourdain a perdu 90% de son d&#233;bit en cinquante ans. L&#8217;Euphrate cr&#233;e des tensions entre la Turquie et l&#8217;Irak. En Iran, une ann&#233;e de s&#233;cheresse sans pr&#233;c&#233;dent a contribu&#233;, parmi d&#8217;autres causes, &#224; une explosion sociale. On a comment&#233; les &#233;v&#233;nements &#224; la surface sans toujours regarder les causes physiques en dessous.</p><p>&#171; Je ne peux pas m&#8217;emp&#234;cher de me dire que dans un monde o&#249; l&#8217;eau serait illimit&#233;e, ce serait un peu plus d&#233;tendu. &#187;</p><p>Ce n&#8217;est pas une explication r&#233;ductrice. C&#8217;est une invitation &#224; regarder ce qui fonde la stabilit&#233; d&#8217;une soci&#233;t&#233;.</p><h3>D&#233;mocratie et finitude : une &#233;quation non r&#233;solue</h3><blockquote><p>&#171; Est-ce que la d&#233;mocratie peut survivre &#224; la finitude, quand on n&#8217;est plus en mesure de promettre toujours plus chaque ann&#233;e &#224; tout le monde ? &#187;</p></blockquote><p>C&#8217;est la question politique de fond de l&#8217;&#233;pisode.</p><p>Quand la croissance permettait de promettre plus &#224; tout le monde, les d&#233;mocraties tenaient leur contrat. Le d&#233;bat politique portait sur &#171; comment redistribuer les fruits de la croissance ? &#187;.</p><p>Aujourd&#8217;hui, la promesse de croissance a disparu des discours. Pas parce que les politiciens ont choisi la v&#233;rit&#233;. Parce qu&#8217;ils ne peuvent plus tenir la promesse. Et dans ce vide, dit Cyrus, on peut &#234;tre tent&#233; de promettre de la s&#233;curit&#233; &#224; la place. Des descentes de police. Des boucs &#233;missaires. Du spectacle s&#233;curitaire.</p><p>Mais Cyrus croit &#171; pas na&#239;vement &#187; qu&#8217;on peut pr&#233;server la d&#233;mocratie. Il y a une demande citoyenne pour des r&#233;ponses s&#233;rieuses sur l&#8217;&#233;cologie. Il y a des sondages qui montrent que l&#8217;id&#233;e m&#234;me de d&#233;croissance est &#171; moins rejet&#233;e qu&#8217;il y a 10-15 ans &#187;. Et il y a des &#233;lites europ&#233;ennes qui ont, dit-il, &#171; internalis&#233; &#187; la n&#233;cessit&#233; de g&#233;rer la finitude, m&#234;me si ce n&#8217;est pas encore dans les discours de campagne.</p><p>La fen&#234;tre existe, encore ouverte.</p><h3>Garder l&#8217;espoir sans promettre la Lune</h3><blockquote><p>&#171; Je n&#8217;ai pas envie de m&#8217;arr&#234;ter &#224; &#231;a. Sinon, on va se laisser mourir dans le d&#233;clin. &#187;</p></blockquote><p>Voil&#224; comment Cyrus cl&#244;t le tableau. Non par optimisme de fa&#231;ade, mais parce qu&#8217;il a une liste de chantiers qui &#171; donnent envie &#187; :</p><ul><li><p>La modernisation des r&#233;seaux &#233;lectriques : passer d&#8217;un monde organis&#233; autour de la chaleur et du carburant liquide &#224; un monde organis&#233; autour du r&#233;seau &#233;lectrique.</p></li><li><p>L&#8217;agro&#233;cologie et la restauration des haies. </p></li><li><p>La sant&#233; : soigner les cancers, traiter les maladies chroniques, relever le d&#233;fi de la sant&#233; mentale chez les jeunes. </p></li><li><p>Le rapport &#224; l&#8217;Afrique : 300 millions de francophones aujourd&#8217;hui, peut-&#234;tre 800 millions en 2100, et un continent que l&#8217;Europe regarde encore &#171; de haut &#187;, au risque de se faire d&#233;finitivement supplanter.</p></li></ul><p>Des perspectives &#171; dans les limites qui s&#8217;imposent &#224; nous. &#187; C&#8217;est le tout de la formule. Pas illimitistes. Pas catastrophistes. Juste r&#233;elles.</p><p>Et pour rester &#224; cette place Cyrus dit une chose simple : &#171; J&#8217;ai envie de croire qu&#8217;on va s&#8217;en sortir, dignement. &#187;</p><p>Sans promettre Mars. Sans garantie. Mais avec des chantiers. Des raisons de travailler. Et le refus de se laisser mourir dans le d&#233;clin.</p><h2>Un &#233;pisode pour qui ?</h2><p>Cet &#233;pisode s&#8217;adresse &#224; tous ceux qui travaillent dans des organisations encore construites pour la croissance et qui sentent que quelque chose s&#8217;est cass&#233;.</p><ul><li><p>Aux d&#233;cideurs publics et priv&#233;s qui doivent faire des arbitrages de plus en plus douloureux sans r&#233;cit collectif pour les accompagner.</p></li><li><p>Aux professionnels de la transition qui cherchent des donn&#233;es solides pour ancrer leur discours sans tomber dans le catastrophisme.</p></li><li><p>Aux managers confront&#233;s &#224; des march&#233;s qui plafonnent et qui cherchent &#224; comprendre pourquoi leurs outils de pilotage ne fonctionnent plus.</p></li><li><p>Mais aussi, et surtout, &#224; tous ceux qui refusent &#224; la fois le d&#233;ni confortable et l&#8217;angoisse paralysante, et qui ont besoin d&#8217;entendre que les arbitrages difficiles n&#8217;impliquent pas forc&#233;ment des situations catastrophiques.</p></li></ul><p class="button-wrapper" data-attrs="{&quot;url&quot;:&quot;https://timetoreset.substack.com/?utm_source=substack&amp;utm_medium=email&amp;utm_content=share&amp;action=share&quot;,&quot;text&quot;:&quot;Partager TIME TO RESET&quot;,&quot;action&quot;:null,&quot;class&quot;:null}" data-component-name="ButtonCreateButton"><a class="button primary" href="https://timetoreset.substack.com/?utm_source=substack&amp;utm_medium=email&amp;utm_content=share&amp;action=share"><span>Partager TIME TO RESET</span></a></p><div class="poll-embed" data-attrs="{&quot;id&quot;:471304}" data-component-name="PollToDOM"></div><p class="button-wrapper" data-attrs="{&quot;url&quot;:&quot;https://timetoreset.studioreset.fr/p/croissance-peut-on-encore-arreter/comments&quot;,&quot;text&quot;:&quot;Laissez un commentaire.&quot;,&quot;action&quot;:null,&quot;class&quot;:null}" data-component-name="ButtonCreateButton"><a class="button primary" href="https://timetoreset.studioreset.fr/p/croissance-peut-on-encore-arreter/comments"><span>Laissez un commentaire.</span></a></p><p>Je suis Hugo Lambert, co-fondateur du STUDIO RESET, et j'aide les d&#233;cideurs - CEO, dirigeants, &#233;lus, cadres de directions - &#224; d&#233;cider et agir dans un monde qui se transforme. Pour cela notre studio de formation con&#231;oit et propose des formations cr&#233;atives, personnalis&#233;es et centr&#233;es sur la r&#233;solution des probl&#232;mes de votre organisation.</p><ul><li><p><a href="https://outlook.office.com/bookwithme/user/cb997e1d69f645db89dfd32bc4709d34%40studioreset.fr/meetingtype/FX-fuwyDZEup9LWpNlrbvg2?anonymous&amp;ismsaljsauthenabled=true">Pour programmer un temps d&#8217;&#233;changes avec moi</a></p></li><li><p>Pour en savoir plus sur le STUDIO RESET :</p><ul><li><p><a href="https://www.studioreset.fr/">Le site internet</a></p></li><li><p><a href="https://www.linkedin.com/company/studioreset/">Linkedin</a></p></li></ul></li><li><p>Pour suivre mes publications</p><ul><li><p><a href="https://www.linkedin.com/in/hugo-lambert/">Me suivre sur Linkedin</a></p></li><li><p><a href="https://hugolambert.substack.com/">Me suivre sur ma newsletter personnelle</a></p></li></ul></li></ul>]]></content:encoded></item><item><title><![CDATA[Décider quand on ne sait plus prédire]]></title><description><![CDATA[L&#8217;incertitude radicale transforme l&#8217;inaction en principal risque syst&#233;mique.]]></description><link>https://timetoreset.studioreset.fr/p/decider-quand-on-ne-sait-plus-predire</link><guid isPermaLink="false">https://timetoreset.studioreset.fr/p/decider-quand-on-ne-sait-plus-predire</guid><dc:creator><![CDATA[Hugo Lambert]]></dc:creator><pubDate>Tue, 03 Mar 2026 06:00:55 GMT</pubDate><enclosure url="https://substack-post-media.s3.amazonaws.com/public/images/624a85a1-0d10-4424-a262-b0c9eed40bb2_420x300.jpeg" length="0" type="image/jpeg"/><content:encoded><![CDATA[<blockquote><p>Il n&#8217;y a pas de moyen de r&#233;soudre l&#8217;incertitude : nous ne savons tout simplement pas. <strong>Mervyn King &amp; John Kay, Radical Uncertainty (2020)</strong></p></blockquote><h2>TIME TO RESET en 1 minute</h2><ul><li><p><strong>L&#8217;&#233;dito :</strong> et si le vrai danger n&#8217;&#233;tait plus l&#8217;erreur, mais l&#8217;immobilisme ?</p></li><li><p><strong>Le mot pour d&#233;crypter la transition :</strong> l&#8217;incertitude radicale</p></li><li><p><strong>1 ressource pour agir dans la complexit&#233; </strong></p></li><li><p><strong>5 signaux faibles et tendances lourdes :</strong> paralysie d&#233;cisionnelle, co&#251;t de l&#8217;inaction climatique, crise du temps long, court-termisme financier, effondrement de la prospective</p></li><li><p><strong>1 contenu pour aller plus loin </strong></p></li><li><p><strong>Le mot de la fin</strong></p></li></ul><div class="subscription-widget-wrap-editor" data-attrs="{&quot;url&quot;:&quot;https://timetoreset.studioreset.fr/subscribe?&quot;,&quot;text&quot;:&quot;S'abonner&quot;,&quot;language&quot;:&quot;fr&quot;}" data-component-name="SubscribeWidgetToDOM"><div class="subscription-widget show-subscribe"><div class="preamble"><p class="cta-caption">S&#8217;abonner &#224; TIME TO RESET.</p></div><form class="subscription-widget-subscribe"><input type="email" class="email-input" name="email" placeholder="Tapez votre e-mail&#8230;" tabindex="-1"><input type="submit" class="button primary" value="S'abonner"><div class="fake-input-wrapper"><div class="fake-input"></div><div class="fake-button"></div></div></form></div></div><h2>L&#8217;&#201;DITO</h2><p>Pendant des d&#233;cennies, nous avons construit nos organisations, nos politiques publiques et nos trajectoires professionnelles sur une promesse implicite.<br><br>Le futur pouvait &#234;tre anticip&#233;. </p><p>Pas dans le d&#233;tail, bien s&#251;r. Mais dans ses grandes lignes. Les plans &#224; cinq ans avaient du sens. Les mod&#232;les de pr&#233;vision fonctionnaient &#224; peu pr&#232;s. L&#8217;horizon existait.</p><p>Sauf que ce monde-l&#224; n&#8217;existe plus.</p><ul><li><p>En France, 23% des entrepreneurs envisagent d&#8217;annuler leurs investissements. 43% pr&#233;f&#232;rent les reporter. </p></li><li><p>Selon l&#8217;INSEE, le taux d&#8217;&#233;pargne des m&#233;nages atteint 18,9%, le plus &#233;lev&#233; depuis 45 ans hors Covid. </p></li><li><p>La confiance des dirigeants mondiaux dans l&#8217;&#233;conomie s&#8217;effondre.</p></li></ul><p>Partout, le m&#234;me r&#233;flexe : attendre. Attendre que &#231;a se clarifie, que &#231;a se stabilise, que &#231;a revienne &#224; la normale.</p><p>Mais la normale ne reviendra pas. Et les chiffres dessinent un paradoxe saisissant. </p><ul><li><p><a href="https://www.pwc.com/gx/en/issues/c-suite-insights/ceo-survey.html">42% des CEO sont convaincus que leur entreprise ne sera plus viable dans dix ans</a> si elle ne se r&#233;invente pas. Pourtant, 84% des dirigeants estiment que l&#8217;ex&#233;cution au rythme n&#233;cessaire est un d&#233;fi &#8212; et 70 &#224; 90% des initiatives strat&#233;giques &#233;chouent &#224; atteindre leurs objectifs. </p></li></ul><p>On sait qu&#8217;il faut bouger. On n&#8217;y arrive pas.</p><p>Pendant ce temps, le co&#251;t humain s&#8217;accumule. 44% des salari&#233;s d&#233;clarent &#234;tre en &#233;tat de stress intense &#8212; un pourcentage qui augmente dans les entreprises en mutation. Mais voici ce qui est frappant : les salari&#233;s qui comprennent le sens global des transformations sont 3 fois plus engag&#233;s. </p><p>Le probl&#232;me n&#8217;est pas le changement. C&#8217;est l&#8217;absence de sens dans le changement.</p><p>Ce que nous vivons n&#8217;est pas une crise de plus. <br>C&#8217;est un changement de climat d&#233;cisionnel. </p><p>L&#8217;incertitude n&#8217;est plus un moment &#8212; c&#8217;est un &#233;tat permanent. Et dans cet &#233;tat, l&#8217;inaction n&#8217;est pas prudente. Elle est le risque principal.</p><p>C&#8217;est le paradoxe que nous allons explorer cette semaine : pourquoi ne rien faire semble rationnel, pourquoi c&#8217;est mortel, et quels cadres existent pour agir malgr&#233; le brouillard.</p><p>Bonne lecture,</p><p>Hugo L.</p><h2>LE CONCEPT &#192; D&#201;CRYPTER : L&#8217;INCERTITUDE</h2><h3><strong>Le concept</strong></h3><p>L&#8217;incertitude radicale d&#233;signe une situation o&#249; les r&#233;sultats possibles ne sont ni connus ni probabilisables. Ce n&#8217;est pas un risque &#8212; le risque, on sait le calculer, comme une probabilit&#233; au casino. L&#8217;incertitude radicale, c&#8217;est quand le calcul lui-m&#234;me devient impossible. On ne sait pas ce qui peut arriver. On ne sait m&#234;me pas ce qu&#8217;on ne sait pas.</p><p>Le concept a &#233;t&#233; introduit par l&#8217;&#233;conomiste Frank Knight en 1921 en distinguant trois situations face &#224; l&#8217;inconnu : </p><ul><li><p>Le risque : probabilit&#233;s calculables ;</p></li><li><p>L&#8217;incertitude : r&#233;sultats non probabilisables ;</p></li><li><p>L&#8217;incertitude radicale : situation fondamentalement non r&#233;ductible &#224; un calcul. </p></li></ul><p>Keynes a prolong&#233; cette intuition en montrant que l&#8217;incertitude radicale n&#8217;est pas une anomalie temporaire des &#233;conomies de march&#233; &#8212; c&#8217;est leur &#233;tat permanent.</p><p>En 2020, Mervyn King et John Kay ont relanc&#233; le concept dans un ouvrage essentiel. Leur proposition : cesser de demander &#171; quelles sont les probabilit&#233;s ? &#187; pour poser une question bien plus fondamentale.</p><p>&#171; What is going on here ? &#187; : qu&#8217;est-ce qui se passe ici ? Une question de sens, pas de calcul.</p><h3><strong>Pourquoi cette notion est importante ?</strong></h3><blockquote><p><strong>Parce qu&#8217;elle invalide la plupart de nos outils de d&#233;cision. </strong></p></blockquote><p>Nos organisations, nos politiques publiques, nos strat&#233;gies d&#8217;investissement sont construites sur l&#8217;hypoth&#232;se que le futur est probabilisable. Les plans strat&#233;giques, les business plans, les mod&#232;les de pr&#233;vision reposent tous sur cette pr&#233;misse. Or quand l&#8217;incertitude devient radicale, ces outils ne sont pas simplement impr&#233;cis &#8212; ils sont structurellement inadapt&#233;s. C&#8217;est comme utiliser une carte routi&#232;re dans un monde o&#249; les routes changent chaque nuit.</p><blockquote><p><strong>Parce qu&#8217;elle explique la paralysie. </strong></p></blockquote><p>Face &#224; l&#8217;incertitude radicale, un biais cognitif bien document&#233; entre en jeu : le biais d&#8217;omission. Nous pr&#233;f&#233;rons les cons&#233;quences n&#233;gatives de l&#8217;inaction &#224; celles de l&#8217;action, m&#234;me lorsque ne rien faire produit un r&#233;sultat objectivement pire. </p><p>Ce biais est rationnel &#224; l&#8217;&#233;chelle individuelle &#8212; ne rien faire est cognitivement moins co&#251;teux, socialement moins risqu&#233;. Mais il devient catastrophique &#224; l&#8217;&#233;chelle collective.</p><blockquote><p><strong>Parce qu&#8217;elle oblige &#224; changer de paradigme. </strong></p></blockquote><p>Si l&#8217;on ne peut plus pr&#233;dire, il faut passer d&#8217;une logique de planification &#224; une logique d&#8217;action it&#233;rative. C&#8217;est exactement ce que proposent des cadres comme l&#8217;effectuation : ne pas partir d&#8217;un objectif pour trouver les moyens, mais partir des moyens disponibles pour construire ce qui est possible. </p><p><strong>&#192; noter</strong></p><ul><li><p>Le passage du cadre VUCA (Volatile, Uncertain, Complex, Ambiguous) au cadre BANI (Brittle, Anxious, Nonlinear, Incomprehensible) traduit cette escalade. Mais attention aux effets de mode : l&#8217;incertitude n&#8217;est pas nouvelle, les soci&#233;t&#233;s humaines ont toujours navigu&#233; dans le brouillard. Ce qui change, c&#8217;est peut-&#234;tre moins la nature de l&#8217;incertitude que notre capacit&#233; collective &#224; la supporter dans un monde hyper-connect&#233; et hyper-inform&#233;.</p></li><li><p>Un r&#233;sultat r&#233;cent m&#233;rite attention : une &#233;tude publi&#233;e dans PNAS en 2025 montre que les grands mod&#232;les de langage (LLMs) pr&#233;sentent un biais d&#8217;inaction amplifi&#233; par rapport aux humains. Si l&#8217;IA est appel&#233;e &#224; jouer un r&#244;le croissant dans l&#8217;aide &#224; la d&#233;cision, cette tendance &#224; recommander le statu quo pose une question s&#233;rieuse.</p></li></ul><h2>UNE RESSOURCE POUR AGIR DANS LA COMPLEXIT&#201;</h2><p>Nous vous proposons un cadre de d&#233;cision bas&#233; sur diff&#233;rents &#233;tats de l&#8217;environnement : maitris&#233;, analysable, &#233;mergent, chaotique. </p><ul><li><p>Dans un environnement maitris&#233;, les proc&#233;dures permettent de garantir l&#8217;efficacit&#233; de la d&#233;cision ;</p></li><li><p>Dans un environnement analysable, le recours &#224; l&#8217;expertise permet de b&#226;tir la d&#233;cision adapt&#233;e ;</p></li><li><p>Dans un environnement &#233;mergent, lancer plusieurs petites exp&#233;rimentations, observer ce qui fonctionne, amplifier ce qui marche, arr&#234;ter ce qui ne marche pas. </p></li><li><p>Dans un environnement chaotique, agir en distinguant l&#8217;essentiel de l&#8217;accessoire en privil&#233;giant la r&#233;activit&#233;.</p></li></ul><div class="captioned-image-container"><figure><a class="image-link image2 is-viewable-img" target="_blank" href="https://substackcdn.com/image/fetch/$s_!gDex!,f_auto,q_auto:good,fl_progressive:steep/https%3A%2F%2Fsubstack-post-media.s3.amazonaws.com%2Fpublic%2Fimages%2F3abaedb4-de1e-4cd3-8bbc-46d49047b627_1920x1080.jpeg" data-component-name="Image2ToDOM"><div class="image2-inset"><picture><source type="image/webp" srcset="https://substackcdn.com/image/fetch/$s_!gDex!,w_424,c_limit,f_webp,q_auto:good,fl_progressive:steep/https%3A%2F%2Fsubstack-post-media.s3.amazonaws.com%2Fpublic%2Fimages%2F3abaedb4-de1e-4cd3-8bbc-46d49047b627_1920x1080.jpeg 424w, https://substackcdn.com/image/fetch/$s_!gDex!,w_848,c_limit,f_webp,q_auto:good,fl_progressive:steep/https%3A%2F%2Fsubstack-post-media.s3.amazonaws.com%2Fpublic%2Fimages%2F3abaedb4-de1e-4cd3-8bbc-46d49047b627_1920x1080.jpeg 848w, 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class="image-link-expand"><div class="pencraft pc-display-flex pc-gap-8 pc-reset"><button tabindex="0" type="button" class="pencraft pc-reset pencraft icon-container restack-image"><svg aria-hidden="true" width="20" height="20" viewBox="0 0 20 20" fill="none" stroke-width="1.5" stroke="var(--color-fg-primary)" stroke-linecap="round" stroke-linejoin="round" xmlns="http://www.w3.org/2000/svg"><g><path d="M2.53001 7.81595C3.49179 4.73911 6.43281 2.5 9.91173 2.5C13.1684 2.5 15.9537 4.46214 17.0852 7.23684L17.6179 8.67647M17.6179 8.67647L18.5002 4.26471M17.6179 8.67647L13.6473 6.91176M17.4995 12.1841C16.5378 15.2609 13.5967 17.5 10.1178 17.5C6.86118 17.5 4.07589 15.5379 2.94432 12.7632L2.41165 11.3235M2.41165 11.3235L1.5293 15.7353M2.41165 11.3235L6.38224 13.0882"></path></g></svg></button><button tabindex="0" type="button" class="pencraft pc-reset pencraft icon-container view-image"><svg xmlns="http://www.w3.org/2000/svg" width="20" height="20" viewBox="0 0 24 24" fill="none" stroke="currentColor" stroke-width="2" stroke-linecap="round" stroke-linejoin="round" class="lucide lucide-maximize2 lucide-maximize-2"><polyline points="15 3 21 3 21 9"></polyline><polyline points="9 21 3 21 3 15"></polyline><line x1="21" x2="14" y1="3" y2="10"></line><line x1="3" x2="10" y1="21" y2="14"></line></svg></button></div></div></div></a></figure></div><h2>SIGNAUX FAIBLES ET TENDANCES LOURDES : 5 ARTICLES SUR L&#8217;ACTION SOUS INCERTITUDE</h2><p><strong>&#171; Accompagner ses &#233;quipes dans les p&#233;riodes d'incertitude &#187; - Dynamique Mag</strong> </p><blockquote><p>&#171; Le silence manag&#233;rial nourrit l'inqui&#233;tude. 44% des employ&#233;s affirment &#234;tre en &#233;tat de stress intense. &#187; Ce chiffre du barom&#232;tre OpinionWay&#8211;Empreinte Humaine r&#233;v&#232;le l'impact concret de l'incertitude sur les &#233;quipes. L'article documente le r&#244;le du manager comme stabilisateur &#233;motionnel &#8212; celui dont les actes, plus que les mots, donnent le cap quand tout se brouille. Un rappel utile : en p&#233;riode d'incertitude, le premier outil de d&#233;cision, c'est la qualit&#233; de la relation.</p></blockquote><ul><li><p>Retrouver <a href="https://www.dynamique-mag.com/article/accompagner-ses-equipes-dans-les-periodes-dincertitude-un-defi-devenu-central-pour-les-organisations">l&#8217;article sur Dynamique Mag </a></p></li></ul><p><strong>&#171; Inscrire l&#8217;action publique dans le temps long &#187; - Conseil d&#8217;&#201;tat, &#233;tude annuelle 2025</strong> </p><blockquote><p>&#171; L&#8217;action publique peine &#224; s&#8217;inscrire dans le temps long lorsque la pression de l&#8217;urgence &#233;crase tous les autres horizons. &#187; Le Conseil d&#8217;&#201;tat diagnostique une crise structurelle du temps long, li&#233;e &#224; l&#8217;imm&#233;diatet&#233; de l&#8217;information, &#224; la polarisation du d&#233;bat et &#224; l&#8217;instabilit&#233; normative. Vingt propositions concr&#232;tes accompagnent ce constat. </p></blockquote><ul><li><p>Retrouver <a href="https://www.conseil-etat.fr/publications-colloques/etudes/etudes-annuelles/etude-annuelle-2025-inscrire-l-action-publique-dans-le-temps-long-le-conseil-d-etat-formule-20-propositions">le rapport du Conseil d&#8217;Etat</a></p></li></ul><p><strong>&#171; La transition &#233;cologique &#187; - Cour des comptes, septembre 2025</strong> </p><blockquote><p>&#171; Le co&#251;t de la transition, bien inf&#233;rieur &#224; celui de l&#8217;inaction, va cro&#238;tre avec le retard pris dans la conduite des transformations. &#187; Premier rapport annuel d&#233;di&#233; &#224; la transition &#233;cologique, chiffrant l&#8217;effort suppl&#233;mentaire &#224; 110 milliards d&#8217;euros par an d&#8217;ici 2030. Chaque ann&#233;e de retard augmente m&#233;caniquement la facture. </p></blockquote><ul><li><p>Retrouver <a href="https://www.ccomptes.fr/fr/publications/la-transition-ecologique">le rapport de la Cour des comptes</a></p></li></ul><p><strong>&#171; Le co&#251;t de l&#8217;inaction : guide du dirigeant pour la transition climatique &#187; - World Economic Forum</strong></p><blockquote><p> &#171; Le changement climatique a caus&#233; plus de 3 600 milliards de dollars de dommages depuis 2000. Sans action urgente, le PIB mondial pourrait baisser de 16 &#224; 22% d'ici 2100. &#187; Le World Economic Forum chiffre ce que l'attente co&#251;te r&#233;ellement &#8212; et le verdict est sans appel. Le rapport r&#233;v&#232;le aussi un ratio qui devrait faire r&#233;fl&#233;chir tout d&#233;cideur : chaque dollar investi dans l'adaptation rapporte jusqu'&#224; cinq fois sa mise. L'inaction n'est pas gratuite. Elle est le choix le plus co&#251;teux. </p></blockquote><ul><li><p>Retrouver <a href="https://reports.weforum.org/docs/WEF_The_Cost_of_Inaction_2024.pdf">le rapport du World Economic Forum</a></p></li></ul><p><strong>&#171; Diriger dans l'incertitude : d&#233;sapprendre ses r&#233;flexes &#187;</strong> <strong>- Harvard Business Review</strong></p><blockquote><p>&#171; Les organisations doivent d&#233;sormais &#233;lever la connexion humaine, la r&#233;silience, l'adaptabilit&#233; et l'imagination &#8212; plut&#244;t que les anciennes mesures de performance comme l'efficacit&#233;, la productivit&#233; et les r&#233;sultats pr&#233;visibles. &#187; Annie Peshkam (INSEAD) montre dans Harvard Business Review que le d&#233;fi des dirigeants n'est plus d'ajouter des comp&#233;tences, mais de d&#233;sapprendre leurs r&#233;flexes : l'urgence d&#233;guis&#233;e en importance, la r&#233;assurance d&#233;guis&#233;e en soin, la vitesse d&#233;guis&#233;e en valeur. En p&#233;riode d'incertitude, la capacit&#233; &#224; rester pr&#233;sent &#8212; sans se pr&#233;cipiter vers des solutions &#8212; devient plus d&#233;cisive que l'action elle-m&#234;me.</p></blockquote><ul><li><p>Retrouver <a href="https://hbr.org/2026/02/to-lead-through-uncertainty-unlearn-your-assumptions">l&#8217;article sur Harvard Business Review</a></p></li></ul><p class="button-wrapper" data-attrs="{&quot;url&quot;:&quot;https://timetoreset.substack.com/?utm_source=substack&amp;utm_medium=email&amp;utm_content=share&amp;action=share&quot;,&quot;text&quot;:&quot;Partager TIME TO RESET&quot;,&quot;action&quot;:null,&quot;class&quot;:null}" data-component-name="ButtonCreateButton"><a class="button primary" href="https://timetoreset.substack.com/?utm_source=substack&amp;utm_medium=email&amp;utm_content=share&amp;action=share"><span>Partager TIME TO RESET</span></a></p><h2>POUR ALLER PLUS LOIN : LE MODELE BAMBOU</h2><p>Le mod&#232;le Bambou est un cadre strat&#233;gique et organisationnel qui vise &#224; rendre les organisations beaucoup plus rapides, agiles, inventives et r&#233;silientes dans des environnements tr&#232;s impr&#233;visibles, en s&#8217;inspirant de la structure du bambou (racines + tiges). Sept principes structurent le fonctionnement d&#8217;une organisation Bambou.</p><ol><li><p><strong>Speed</strong> : l&#8217;organisation est repens&#233;e pour accro&#238;tre la vitesse et pr&#233;venir la bureaucratisation, en levant les freins et en actionnant les leviers de rapidit&#233;.</p></li><li><p><strong>Subsidiarity</strong> : la d&#233;cision est par d&#233;faut confi&#233;e au niveau local ; le centre n&#8217;intervient qu&#8217;en subsidiarit&#233;, et les collaborateurs au contact du client ont latitude pour d&#233;cider.</p></li><li><p><strong>Synchronization</strong> : ajustement spontan&#233; au sein des &#233;quipes autonomes et synchronisation fluide entre &#233;quipes, comme des essaims align&#233;s sur des buts communs.</p></li><li><p><strong>Shell</strong> : plateforme souple, mutualis&#233;e, con&#231;ue par les dirigeants, o&#249; sont puis&#233;s ressources, modules et services, et enrichie par les exp&#233;riences des tiges.</p></li><li><p><strong>Safety</strong> : climat de s&#233;curit&#233; psychologique qui r&#233;duit les m&#233;canismes de d&#233;fense, lib&#232;re l&#8217;initiative, l&#8217;apprentissage et la remont&#233;e des mauvaises nouvelles.</p></li><li><p><strong>Slack</strong> : acceptation d&#8217;un certain &#171; gras &#187; sous forme de redondance et exc&#233;dent de ressources, n&#233;cessaire &#224; la vitesse, l&#8217;adaptation et l&#8217;innovation.</p></li><li><p><strong>Smartness</strong> : mobilisation maximale de l&#8217;intelligence humaine, en cr&#233;ant les conditions pour son d&#233;ploiement individuel et collectif.</p></li></ol><h2>LE MOT DE LA FIN</h2><p>Finalement, que retenir de cette newsletter ? L&#8217;action pour horizon.</p><p>L&#8217;incertitude radicale n&#8217;est pas un probl&#232;me &#224; r&#233;soudre &#8212; c&#8217;est un contexte dans lequel apprendre &#224; &#233;voluer. </p><p>Nos outils de pr&#233;diction ne reviendront pas &#224; la hauteur de la complexit&#233; du monde. Que l&#8217;inaction, si elle est compr&#233;hensible, est devenue le risque le plus co&#251;teux &#8212; &#233;conomiquement, &#233;cologiquement, socialement.</p><p>Reste une question, celle que pose Walid dans notre conversation : comment construire quand on ne sait pas o&#249; l&#8217;on va ? <br><br>La r&#233;ponse est peut-&#234;tre dans ce renversement : ne plus chercher la destination avant de partir, mais partir avec ce qu&#8217;on a, tester, ajuster, avancer. </p><p>Millim&#232;tre par millim&#232;tre. C&#8217;est ce que les chercheurs appellent l&#8217;effectuation. </p><p>C&#8217;est ce que les entrepreneurs font chaque jour. <br>C&#8217;est ce que l&#8217;&#233;poque exige de nous tous.</p><p><strong>L&#8217;action n&#8217;est pas le contraire de la prudence. C&#8217;est la seule forme de prospective qui fonctionne encore.</strong></p><p class="button-wrapper" data-attrs="{&quot;url&quot;:&quot;https://timetoreset.studioreset.fr/p/decider-quand-on-ne-sait-plus-predire/comments&quot;,&quot;text&quot;:&quot;Laissez un commentaire.&quot;,&quot;action&quot;:null,&quot;class&quot;:null}" data-component-name="ButtonCreateButton"><a class="button primary" href="https://timetoreset.studioreset.fr/p/decider-quand-on-ne-sait-plus-predire/comments"><span>Laissez un commentaire.</span></a></p><p></p><div class="digest-post-embed" data-attrs="{&quot;nodeId&quot;:&quot;dcef832a-4b26-4b31-a64e-90aedc851e62&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;Walid accompagne des projets &#224; plusieurs millions d&#8217;euros dans la culture et le d&#233;veloppement &#233;conomique territorial. Mais son principal concurrent n&#8217;est ni un autre cabinet, ni le manque de budget.&quot;,&quot;cta&quot;:&quot;Watch now&quot;,&quot;showBylines&quot;:true,&quot;showDescription&quot;:true,&quot;showImage&quot;:true,&quot;size&quot;:&quot;lg&quot;,&quot;isEditorNode&quot;:true,&quot;title&quot;:&quot;Agir au milieu du brouillard&quot;,&quot;publishedBylines&quot;:[{&quot;id&quot;:115739877,&quot;name&quot;:&quot;Hugo Lambert&quot;,&quot;bio&quot;:&quot;Guid&#233; par le futur. Inspir&#233; par le pass&#233;. Concentr&#233; sur le pr&#233;sent.&quot;,&quot;photo_url&quot;:&quot;https://substack-post-media.s3.amazonaws.com/public/images/fd45b7d1-91fd-4668-bc76-97a900607158_800x800.jpeg&quot;,&quot;is_guest&quot;:false,&quot;bestseller_tier&quot;:null}],&quot;post_date&quot;:&quot;2026-02-24T06:00:55.459Z&quot;,&quot;cover_image&quot;:&quot;https://substack-video.s3.amazonaws.com/video_upload/post/187528481/4aa078ad-ccbf-4c77-8e4c-3b28e5c5cbad/transcoded-03503.png&quot;,&quot;cover_image_alt&quot;:null,&quot;canonical_url&quot;:&quot;https://timetoreset.substack.com/p/agir-au-milieu-du-brouillard&quot;,&quot;section_name&quot;:null,&quot;video_upload_id&quot;:&quot;4aa078ad-ccbf-4c77-8e4c-3b28e5c5cbad&quot;,&quot;id&quot;:187528481,&quot;type&quot;:&quot;podcast&quot;,&quot;reaction_count&quot;:5,&quot;comment_count&quot;:0,&quot;publication_id&quot;:2785112,&quot;publication_name&quot;:&quot;TIME TO RESET&quot;,&quot;publication_logo_url&quot;:&quot;https://substackcdn.com/image/fetch/$s_!X5JN!,f_auto,q_auto:good,fl_progressive:steep/https%3A%2F%2Fsubstack-post-media.s3.amazonaws.com%2Fpublic%2Fimages%2Fb0568828-e751-476f-a45b-f4682203a883_600x600.png&quot;,&quot;belowTheFold&quot;:true,&quot;youtube_url&quot;:null,&quot;show_links&quot;:null,&quot;feed_url&quot;:null}"></div><p></p><p>Dans cet &#233;pisode de TIME TO RESET, j&#8217;&#233;change avec Walid sur ce qui se passe quand on ne peut plus anticiper. Quand les choix se fracassent sur une r&#233;alit&#233; en transformation permanente. Quand il faut d&#233;cider sans garantie.</p><p>Et sur ce qui reste alors : l&#8217;action.</p><p>Faire. Construire dans l&#8217;incertitude. Naviguer sans boussole.</p><h3><strong>L&#8217;&#233;pisode en bref (1h50)</strong></h3><ul><li><p><strong>Le malaise d&#8217;une &#233;poque :</strong> tensions soci&#233;tales, mort de la prospective, environnement changeant, paradoxes temporels face au climat, financement &#224; court terme vs investissements longs&#8230;</p></li><li><p><strong>La culture comme pont entre le pass&#233;, le pr&#233;sent et le futur :</strong> souverainet&#233; culturelle et exception fran&#231;aise, industries culturelles comme laboratoire des transformations&#8230;</p></li><li><p><strong>Le mode op&#233;ratoire pour avancer dans l&#8217;incertitude :</strong> l&#8217;optimisme de l&#8217;action, la culture d&#8217;&#233;quipe et l&#8217;adaptation au changement, le m&#233;lange des comp&#233;tences, la formation des jeunes&#8230;</p></li><li><p><strong>Pour retrouver <a href="https://timetoreset.substack.com/p/agir-au-milieu-du-brouillard">cet &#233;pisode de podcast</a></strong></p></li></ul><p class="button-wrapper" data-attrs="{&quot;url&quot;:&quot;https://timetoreset.substack.com/?utm_source=substack&amp;utm_medium=email&amp;utm_content=share&amp;action=share&quot;,&quot;text&quot;:&quot;Partager TIME TO RESET&quot;,&quot;action&quot;:null,&quot;class&quot;:&quot;button-wrapper&quot;}" data-component-name="ButtonCreateButton"><a class="button primary button-wrapper" href="https://timetoreset.substack.com/?utm_source=substack&amp;utm_medium=email&amp;utm_content=share&amp;action=share"><span>Partager TIME TO RESET</span></a></p><div class="poll-embed" data-attrs="{&quot;id&quot;:453928}" data-component-name="PollToDOM"></div><div><hr></div><p>Je suis Hugo Lambert, le co-fondateur du STUDIO RESET, un studio de formation engag&#233; qui con&#231;oit et d&#233;ploie des formations personnalis&#233;es &#224; haute valeur ajout&#233;e afin d&#8217;aider les organisations &#224; r&#233;ussir leur transformation &#233;cologique. Notre valeur ajout&#233;e : une p&#233;dagogie cr&#233;ative et innovante centr&#233;e sur la r&#233;solution des probl&#232;mes de votre organisation ! </p><ul><li><p><a href="https://outlook.office.com/bookwithme/user/cb997e1d69f645db89dfd32bc4709d34%40studioreset.fr/meetingtype/FX-fuwyDZEup9LWpNlrbvg2?anonymous&amp;ismsaljsauthenabled=true">Pour programmer un temps d&#8217;&#233;changes avec moi</a></p></li><li><p>Pour en savoir plus sur le STUDIO RESET : </p><ul><li><p><a href="https://www.studioreset.fr/">Le site internet </a></p></li><li><p><a href="https://www.linkedin.com/company/studioreset/">Linkedin</a>  </p></li></ul></li><li><p>Pour suivre mes publications</p><ul><li><p><a href="https://www.linkedin.com/in/hugo-lambert/">Me suivre sur Linkedin</a>  </p></li><li><p><a href="https://hugolambert.substack.com/">Me suivre sur ma newsletter personnelle</a></p></li></ul></li></ul><div class="subscription-widget-wrap-editor" data-attrs="{&quot;url&quot;:&quot;https://timetoreset.studioreset.fr/subscribe?&quot;,&quot;text&quot;:&quot;S'abonner&quot;,&quot;language&quot;:&quot;fr&quot;}" data-component-name="SubscribeWidgetToDOM"><div class="subscription-widget show-subscribe"><div class="preamble"><p class="cta-caption">Merci d'avoir lu TIME TO RESET ! Abonnez-vous gratuitement pour recevoir de nouveaux posts et soutenir mon travail.</p></div><form class="subscription-widget-subscribe"><input type="email" class="email-input" name="email" placeholder="Tapez votre e-mail&#8230;" tabindex="-1"><input type="submit" class="button primary" value="S'abonner"><div class="fake-input-wrapper"><div class="fake-input"></div><div class="fake-button"></div></div></form></div></div>]]></content:encoded></item><item><title><![CDATA[Agir au milieu du brouillard]]></title><description><![CDATA[L'incertitude rend l'immobilisme rationnel. Et c'est mortel. Agir devient la seule prospective possible.]]></description><link>https://timetoreset.studioreset.fr/p/agir-au-milieu-du-brouillard</link><guid isPermaLink="false">https://timetoreset.studioreset.fr/p/agir-au-milieu-du-brouillard</guid><dc:creator><![CDATA[Hugo Lambert]]></dc:creator><pubDate>Tue, 24 Feb 2026 06:00:55 GMT</pubDate><enclosure url="https://api.substack.com/feed/podcast/187528481/68de254f0567d92851622492c591e0c9.mp3" length="0" type="audio/mpeg"/><content:encoded><![CDATA[<p>Walid accompagne des projets &#224; plusieurs millions d&#8217;euros dans la culture et le d&#233;veloppement &#233;conomique territorial. Mais son principal concurrent n&#8217;est ni un autre cabinet, ni le manque de budget.</p><p>C&#8217;est l&#8217;inaction.</p><p>Parce que dans un monde o&#249; les horizons se brouillent, o&#249; la prospective se complexifie, o&#249; le court terme a pris le pas sur toutes les autres &#233;chelles de temps, la tentation de l&#8217;immobilisme est puissante. Rationnelle, m&#234;me.</p><p>Mais mortelle.</p><p>Dans ce premier &#233;pisode de la saison 2 de TIME TO RESET, j&#8217;&#233;change avec Walid sur ce qui se passe quand on ne peut plus anticiper. Quand les choix se fracassent sur une r&#233;alit&#233; en transformation permanente. Quand il faut d&#233;cider sans garantie.</p><p>Et sur ce qui reste alors : l&#8217;action. </p><p>Faire. Construire dans l&#8217;incertitude. Naviguer sans boussole.</p><p>Cette conversation documente un basculement que j&#8217;observe partout : celui d&#8217;un monde qui doit renoncer &#224; la pr&#233;dictibilit&#233; pour embrasser le mouvement. Et qui d&#233;couvre que l&#8217;optimisme n&#8217;est pas une posture morale, mais une m&#233;thode de travail.</p><p>Ce qu&#8217;il dit de son m&#233;tier pourrait s&#8217;appliquer &#224; presque tous les n&#244;tres.</p><h2>L&#8217;&#233;pisode en bref (1h50)</h2><ul><li><p><strong>Le malaise d&#8217;une &#233;poque :</strong> tensions soci&#233;tales, mort de la prospective, environnement changeant, paradoxes temporels face au climat, financement &#224; court terme vs investissements longs&#8230;</p></li><li><p><strong>La culture comme pont entre le pass&#233;, le pr&#233;sent et le futur :</strong> souverainet&#233; culturelle et exception fran&#231;aise, industries culturelles comme laboratoire des transformations&#8230; </p></li><li><p><strong>Le mode op&#233;ratoire pour avancer dans l&#8217;incertitude :</strong> ne pas faire comme principal adversaire, l&#8217;optimisme de l&#8217;action, la culture d&#8217;&#233;quipe et l&#8217;adaptation au changement, le m&#233;lange des comp&#233;tences, la formation des jeunes, l&#8217;IA et la transformation des m&#233;tiers, le rapport au travail, la confiance interg&#233;n&#233;rationnelle, et ce que signifie &#8220;conseiller&#8221; dans un monde qui ne sait plus o&#249; il va.</p></li></ul><p class="button-wrapper" data-attrs="{&quot;url&quot;:&quot;https://timetoreset.studioreset.fr/subscribe?&quot;,&quot;text&quot;:&quot;Abonnez-vous maintenant&quot;,&quot;action&quot;:null,&quot;class&quot;:null}" data-component-name="ButtonCreateButton"><a class="button primary" href="https://timetoreset.studioreset.fr/subscribe?"><span>Abonnez-vous maintenant</span></a></p><h2>Mon invit&#233; du jour : Walid Ben Youssef</h2><p>Walid a un parcours singulier : math&#233;maticien, pass&#233; par le cin&#233;ma, puis la valorisation de la recherche, avant de devenir associ&#233; dans un Big Four o&#249; il dirige une &#233;quipe de conseil en financement de projets.</p><p>Son domaine : accompagner porteurs de projets, industriels et collectivit&#233;s &#224; d&#233;ployer et financer leurs initiatives, notamment dans la culture et le d&#233;veloppement &#233;conomique territorial.</p><p>Son approche : une capacit&#233; &#224; reformuler les questions avant d&#8217;y r&#233;pondre, un refus de la hi&#233;rarchie pyramidale au profit d&#8217;&#233;quipes horizontales, et une conviction que face aux probl&#232;mes ouverts, personne n&#8217;a la solution &#224; l&#8217;avance &#8212; pas m&#234;me lui.</p><p>Sa m&#233;thode : le cin&#233;ma lui a appris &#224; m&#233;langer des comp&#233;tences qui n&#8217;ont rien &#224; voir entre elles. Les maths lui ont appris &#224; d&#233;fricher millim&#232;tre par millim&#232;tre face &#224; l&#8217;incertitude. Et l&#8217;action lui a appris que &#8220;innover, c&#8217;est d&#8217;abord faire quelque chose&#8221;.</p><h2>Ce que vous allez d&#233;couvrir dans cet &#233;pisode</h2><h3>Une soci&#233;t&#233; en tension : quand l&#8217;avenir devient opaque</h3><blockquote><p><em>&#8220;C&#8217;est une soci&#233;t&#233; en tension, c&#8217;est une soci&#233;t&#233; en crise, donc c&#8217;est une soci&#233;t&#233; qui se pose des questions. C&#8217;est &#233;vident, &#224; la fois &#224; l&#8217;&#233;chelle mondiale et &#224; l&#8217;&#233;chelle fran&#231;aise.&#8221;</em></p></blockquote><p>Fractures. D&#233;fiance vis-&#224;-vis de l&#8217;avenir. Pessimisme ambiant.</p><p><strong>Walid observe une soci&#233;t&#233; qui ne sait plus se projeter.</strong> Dessiner un futur devient difficile face &#224; une actualit&#233; en transformation permanente.</p><p>Est-ce qu&#8217;on aurait imagin&#233; l&#8217;intelligence artificielle il y a deux ans ? La transformation des alliances mondiales ? Les bouleversements g&#233;opolitiques actuels ?</p><p>&#8220;Faire de la prospective, c&#8217;est tr&#232;s difficile. Tous les outils de prospective se confrontent &#224; une actualit&#233; qui tous les jours se transforme.&#8221;</p><p>R&#233;sultat : une attitude d&#233;fensive. <strong>On g&#232;re le court terme.</strong> On &#233;vite de trop se projeter. Le temps long a disparu de l&#8217;&#233;quation.</p><p>Ce n&#8217;est pas un simple ajustement. C&#8217;est un basculement structurel qui rend le m&#233;tier de conseil &#8212; fond&#233; sur l&#8217;anticipation &#8212; profond&#233;ment difficile.</p><h3>Le paradoxe temporel : urgence climatique et incapacit&#233; de projection</h3><blockquote><p><em>&#8220;On doit produire une r&#233;ponse sur une &#233;chelle de temps tr&#232;s longue au moment m&#234;me o&#249; nous avons l&#8217;incapacit&#233; de prendre des d&#233;cisions, o&#249; nous ne savons plus que prendre des d&#233;cisions &#224; court terme.&#8221;</em></p></blockquote><p>Le d&#233;fi climatique est existentiel. Il exige des d&#233;cisions &#224; 30, 50, 100 ans.</p><p>Mais nous n&#8217;investissons plus qu&#8217;avec l&#8217;esp&#233;rance d&#8217;un retour &#224; court terme.</p><p>&#8220;On investit d&#233;sormais avec l&#8217;esp&#233;rance d&#8217;un retour &#224; court terme. L&#224; o&#249; il faudrait investir sur des esp&#233;rances de retour &#224; tr&#232;s tr&#232;s long terme.&#8221;</p><p>La contradiction est totale. Et elle n&#8217;est pas technique. Elle est structurelle.</p><p>Comment financer la transition &#233;cologique quand les investisseurs veulent du retour rapide ? Comment planifier des infrastructures durables quand on ne sait plus penser au-del&#224; de l&#8217;horizon imm&#233;diat ?</p><p>Ce paradoxe traverse tous les secteurs : &#233;nergie, mobilit&#233;, am&#233;nagement, industrie, culture. Il reste largement impens&#233;. Mais c&#8217;est lui qui d&#233;termine ce qui sera possible &#8212; ou pas &#8212; dans les d&#233;cennies &#224; venir.</p><h3>La souverainet&#233; culturelle : raconter ses propres histoires</h3><blockquote><p><em>&#8220;Quand on parle de souverainet&#233;, la premi&#232;re des souverainet&#233;s, c&#8217;est d&#8217;&#234;tre en capacit&#233; de raconter ses propres histoires.&#8221;</em></p></blockquote><p>Pourquoi l&#8217;exception culturelle fran&#231;aise n&#8217;est pas un caprice mais une n&#233;cessit&#233; ?</p><p><strong>Parce que la culture, c&#8217;est ce qui reste quand il n&#8217;y a plus rien.</strong></p><p>&#8220;Si on se souvient des Mayas, si on se souvient des &#201;gyptiens, c&#8217;est d&#8217;abord par leur expression culturelle.&#8221;</p><p>Aujourd&#8217;hui, cette souverainet&#233; est menac&#233;e. Par la domination anglo-saxonne en termes de production. Mais surtout par le contr&#244;le des canaux de distribution : les plateformes.</p><p>&#8220;Ce qui fait la forme d&#8217;une plateforme c&#8217;est l&#8217;acc&#232;s direct au client, sans interm&#233;diaire. Et cet acc&#232;s direct quand il s&#8217;agit de millions, de centaines de millions de personnes, on voit bien qu&#8217;on devient une force prescriptive absolument d&#233;mentielle.&#8221;</p><p>Dans certains pays europ&#233;ens, la production domestique est devenue quasi marginale. R&#233;sultat : &#8220;Ils ne racontent plus leurs propres histoires. Ils ne regardent plus leurs propres histoires. C&#8217;est un &#233;norme probl&#232;me.&#8221;</p><p>C&#8217;est un enjeu vital. Pas seulement identitaire. Existentiel. <strong>Parce qu&#8217;une culture qui ne peut plus se raconter est une culture qui dispara&#238;t.</strong></p><h3>Les industries culturelles comme laboratoire des transformations</h3><blockquote><p><em>&#8220;Le monde de la culture, c&#8217;est un peu un laboratoire de ce qui se passe un peu partout ailleurs.&#8221;</em></p></blockquote><p>Le secteur culturel est en avance de phase. Ce qui s&#8217;y passe aujourd&#8217;hui arrive demain dans l&#8217;industrie, les services, l&#8217;&#233;conomie locale.</p><p>Pourquoi ? Parce que c&#8217;est un secteur structurellement fragile, o&#249; les &#233;quilibres &#233;conomiques sont toujours pr&#233;caires, o&#249; l&#8217;innovation est permanente, o&#249; le financement est un casse-t&#234;te.</p><p>C&#8217;est aussi une industrie de projets. On ne produit pas en s&#233;rie. Chaque film, chaque spectacle, chaque exposition est unique. Cela exige une capacit&#233; d&#8217;adaptation permanente, une culture du risque, une agilit&#233; structurelle.</p><p>&#8220;Une entreprise passe de deux salari&#233;s &#224; 100 salari&#233;s le temps d&#8217;un film.&#8221;</p><p>Les tensions qui traversent la culture &#8212; entre politiques publiques et industries cr&#233;atives, entre local et global, entre logique de march&#233; et exception culturelle &#8212; sont les m&#234;mes qui travaillent d&#233;sormais tous les secteurs.</p><p>Observer la culture, c&#8217;est voir l&#8217;avenir en acc&#233;l&#233;r&#233;.</p><h3>Capital culturel : temps, argent, cl&#233;s de lecture</h3><blockquote><p><em>&#8220;La culture, au sens noble du terme, c&#8217;est trois choses. C&#8217;est le capital-temps, il faut du temps. Il faut de l&#8217;argent, parce que &#231;a co&#251;te. Et il faut un capital culturel, les cl&#233;s de lecture pour comprendre et appr&#233;cier.&#8221;</em></p></blockquote><p>On pense souvent que l&#8217;acc&#232;s &#224; la culture est une question d&#8217;offre : construire des &#233;quipements, multiplier les th&#233;&#226;tres, les conservatoires, les cin&#233;mas.</p><p>&#8220;On a toujours eu une politique de l&#8217;offre, c&#8217;est-&#224;-dire qu&#8217;on s&#8217;est dit, la meilleure fa&#231;on de donner acc&#232;s, c&#8217;est d&#8217;avoir plein plein d&#8217;offres, et puis &#224; la fin, les gens vont choisir. C&#8217;est pas tout &#224; fait vrai.&#8221;</p><p>Parce que l&#8217;acc&#232;s &#224; la culture n&#233;cessite la combinaison de trois param&#232;tres :</p><p><strong>Le temps</strong> : avoir la disponibilit&#233; physique, mentale, pour y aller. Le maillage territorial compte. Si c&#8217;est trop loin, on n&#8217;y va pas.</p><p><strong>L&#8217;argent</strong> : m&#234;me subventionn&#233;e, la culture a un co&#251;t. Billet, transport, garde d&#8217;enfants.</p><p><strong>Le capital culturel</strong> : les cl&#233;s de lecture, l&#8217;&#233;ducation qui permet de comprendre, d&#8217;appr&#233;cier, de d&#233;coder.</p><p>&#8220;C&#8217;est toujours les m&#234;mes cat&#233;gories socio-professionnelles qui vont dans les conservatoires, etc.&#8221;</p><p>Cette grille d&#8217;analyse &#8212; temps, argent, capital culturel &#8212; pourrait s&#8217;appliquer &#224; bien d&#8217;autres domaines. Formation. Sant&#233;. Acc&#232;s aux services publics. Partout o&#249; l&#8217;offre seule ne suffit pas.</p><h3>Ne pas faire : le principal concurrent</h3><blockquote><p><em>&#8220;Mon principal concurrent c&#8217;est ne pas faire. Il y a toujours plus de raisons de ne pas faire que de faire. De raisons intelligentes. Ne pas faire, c&#8217;est plus facile.&#8221;</em></p></blockquote><p>C&#8217;est peut-&#234;tre la phrase la plus importante de l&#8217;&#233;pisode.</p><p>Parce qu&#8217;elle nomme l&#8217;adversaire invisible de tous les projets, de toutes les transformations, de toutes les actions qui comptent.</p><p>L&#8217;inertie. La procrastination. Le refus de prendre le risque. Les raisons &#8212; toujours rationnelles &#8212; de reporter, d&#8217;attendre, de ne rien faire.</p><p>&#8220;Il y a toujours plus de raisons de ne pas faire que de faire.&#8221;</p><p>Et ces raisons sont intelligentes. Coh&#233;rentes. D&#233;fendables.</p><p>Sauf qu&#8217;elles m&#232;nent au m&#234;me endroit : nulle part.</p><p>&#8220;Quand on essaye de construire des projets dans l&#8217;incertitude, dans la difficult&#233;, en &#233;tant sous-financ&#233;, etc&#8230; ne pas faire, c&#8217;est plus facile.&#8221;</p><p>Pour Walid, la cl&#233; n&#8217;est pas d&#8217;avoir la bonne id&#233;e, le bon plan, les bonnes ressources.</p><p>La cl&#233;, c&#8217;est de commencer.</p><p>&#8220;Pour moi, innover, c&#8217;est faire quelque chose. Souvent &#231;a suffit. C&#8217;est d&#233;j&#224; pas mal.&#8221;</p><h3>L&#8217;optimisme de l&#8217;action : construire plut&#244;t que subir</h3><blockquote><p><em>&#8220;&#199;a fabrique un optimisme de l&#8217;action dans un monde o&#249; le pessimisme est quand m&#234;me une pente naturelle.&#8221;</em></p></blockquote><p>Face &#224; l&#8217;incertitude, deux postures s&#8217;affrontent.</p><p>Le pessimisme : analyser, d&#233;cortiquer, pointer les obstacles, les risques, les impossibilit&#233;s. Attendre de voir. Ne rien faire.</p><p><strong>L&#8217;optimisme de l&#8217;action : commencer. Avec les moyens disponibles. Sans garantie de r&#233;sultat. Mais en acceptant que le mouvement cr&#233;e des opportunit&#233;s que l&#8217;immobilisme ne permet jamais.</strong> Ceux qui construisent, qui essayent, qui avancent millim&#232;tre par millim&#232;tre, d&#233;veloppent un rapport &#224; l&#8217;avenir fondamentalement diff&#233;rent.</p><p>Pas na&#239;f. Pas aveugle aux difficult&#233;s. Mais capable de voir les possibles plut&#244;t que les impasses.</p><h3>Naviguer dans l&#8217;incertitude : les le&#231;ons de la recherche math&#233;matique</h3><blockquote><p><em>&#8220;Quand tu fais de la recherche, tu es face &#224; un probl&#232;me ouvert. Tu te lances dans une th&#232;se, t&#8217;es un peu encadr&#233; par ton prof, mais t&#8217;es pas s&#251;r. C&#8217;est un tr&#232;s grand stress. Tu n&#8217;en sais rien, en fait. Et personne n&#8217;en sait rien.&#8221;</em></p></blockquote><p>Comment Walid a-t-il appris &#224; naviguer dans l&#8217;incertitude ?</p><p>Par la recherche math&#233;matique.</p><p>&#8220;J&#8217;&#233;tais math&#233;maticien, donc j&#8217;ai commenc&#233; &#224; faire un peu de recherche.&#8221;</p><p>En recherche, on ne sait pas si on va trouver. Le professeur n&#8217;a pas la solution. Personne ne l&#8217;a. On d&#233;friche.</p><p>&#8220;Tu d&#233;friches millim&#232;tre par millim&#232;tre. &#199;a doit ressembler &#224; l&#8217;arch&#233;ologue qui fait au pinceau une montagne. Tu construis une conviction, tu n&#8217;es pas s&#251;r, tu h&#233;sites, tu formules des hypoth&#232;ses qui se r&#233;v&#232;lent fausses.&#8221;</p><p><strong>Cette posture &#8212; accepter de ne pas savoir, construire des hypoth&#232;ses, avancer dans le brouillard &#8212; c&#8217;est exactement ce que demande le conseil dans un monde impr&#233;visible.</strong></p><p>Ce n&#8217;est pas confortable. Mais c&#8217;est n&#233;cessaire.</p><p>Et c&#8217;est transf&#233;rable &#224; presque tous les m&#233;tiers aujourd&#8217;hui.</p><h3>Le cin&#233;ma comme m&#233;thode : m&#233;langer des comp&#233;tences qui n&#8217;ont rien &#224; voir</h3><blockquote><p><em>&#8220;On m&#233;lange des comp&#233;tences qui n&#8217;ont rien &#224; voir entre elles. Il n&#8217;y a aucun rapport entre un chef d&#233;co ou un constructeur. Et ces gens vont parler le m&#234;me dialogue, et vont r&#233;ussir &#224; trouver une fa&#231;on de construire un projet ensemble.&#8221;</em></p></blockquote><p>Le cin&#233;ma n&#8217;est pas qu&#8217;une passion pour Walid. C&#8217;est une m&#233;thode.</p><p>Celle du m&#233;lange des comp&#233;tences.</p><p>Sur un plateau de tournage, cohabitent des m&#233;tiers qui n&#8217;ont rien en commun. Menuisiers. Ing&#233;nieurs lumi&#232;re. Costumiers. Techniciens son. Acteurs. R&#233;alisateurs.</p><p>Des univers mentaux totalement diff&#233;rents. Des langages techniques incompatibles.</p><p>Et pourtant : &#8220;Ces gens vont parler le m&#234;me dialogue, et vont r&#233;ussir &#224; trouver une fa&#231;on de construire un projet ensemble.&#8221;</p><p><strong>Cette capacit&#233; &#224; faire collaborer des comp&#233;tences h&#233;t&#233;rog&#232;nes, c&#8217;est ce qui permet de r&#233;soudre des probl&#232;mes complexes.</strong></p><p>&#8220;Le m&#233;lange des comp&#233;tences, &#231;a je pense que c&#8217;est un truc qui est vraiment utile.&#8221;</p><p>Walid applique cette m&#233;thode dans ses &#233;quipes : pas de silos, pas de hi&#233;rarchies rigides. Une structure horizontale o&#249; chacun contribue au probl&#232;me ouvert.</p><p>Parce que face &#224; l&#8217;incertitude, la solution ne vient pas forc&#233;ment du plus exp&#233;riment&#233;. Elle peut venir du dernier arriv&#233; qui regarde le probl&#232;me autrement.</p><p>&#8220;Il n&#8217;y a pas d&#8217;id&#233;e b&#234;te, en fait.&#8221;</p><h3>Cr&#233;er une culture d&#8217;&#233;quipe : bienveillance ET exigence</h3><blockquote><p><em>&#8220;La premi&#232;re des qualit&#233;s, c&#8217;est la bienveillance. Vraiment. Et tout commence l&#224;. Si l&#8217;&#233;quipe n&#8217;est pas bienveillante, tu ne peux rien b&#226;tir.&#8221;</em></p></blockquote><p>Comment cr&#233;e-t-on une culture capable d&#8217;embrasser le changement plut&#244;t que de le subir ?</p><p>Pour Walid, tout commence par la bienveillance.</p><p>Pas au sens mou du terme. Pas celle qui &#233;vite les conflits ou qui renonce &#224; l&#8217;exigence.</p><p><strong>Mais celle qui cr&#233;e un environnement o&#249; l&#8217;erreur est accept&#233;e, o&#249; la prise de risque est valoris&#233;e, o&#249; chacun peut questionner sans crainte.</strong></p><p>&#8220;Si l&#8217;&#233;quipe n&#8217;est pas bienveillante, tu ne peux rien b&#226;tir.&#8221;</p><p>Ensuite : l&#8217;exigence. Pas celle qui &#233;crase. Celle qui tire vers le haut. <strong>Qui pousse chacun &#224; aller un cran plus loin dans sa propre direction.</strong></p><p>&#8220;J&#8217;essaye &#224; la fois de m&#8217;appuyer sur eux, sur ce qu&#8217;ils sont, parce que j&#8217;ai besoin d&#8217;eux. Et en m&#234;me temps, les aider &#224; aller un cran plus loin dans la direction qui est la leur.&#8221;</p><p>Combiner les deux &#8212; bienveillance et exigence &#8212; cr&#233;e une dynamique rare : celle d&#8217;&#233;quipes qui osent, qui innovent, qui se r&#233;inventent.</p><p><strong>Dans un monde incertain, c&#8217;est peut-&#234;tre la seule ressource vraiment strat&#233;gique.</strong></p><h3>Horizontalit&#233; vs pyramide : qui a les r&#233;ponses ?</h3><blockquote><p><em>&#8220;Les plus jeunes ont beaucoup de choses &#224; nous dire. Ils ont certes pas les comp&#233;tences encore, mais ils ont beaucoup de choses &#224; nous dire.&#8221;</em></p></blockquote><p>Dans les structures de conseil, la hi&#233;rarchie est g&#233;n&#233;ralement pyramidale.</p><p>Les associ&#233;s en haut. Les juniors en bas. Le savoir descend. L&#8217;ex&#233;cution monte.</p><p>Walid fonctionne &#224; l&#8217;inverse : structures horizontales, &#233;quipes o&#249; il est &#8220;plut&#244;t au milieu des gens&#8221;. Pourquoi ?</p><p>&#8220;Parce que les plus jeunes ont beaucoup de choses &#224; nous dire.&#8221;</p><p><strong>Face &#224; un probl&#232;me ouvert, la solution ne vient pas forc&#233;ment d&#8217;en haut.</strong></p><p>&#8220;Quand on est face &#224; un probl&#232;me ouvert, la solution peut arriver du mec qui est arriv&#233; la semaine derni&#232;re. Parce que tout d&#8217;un coup, il va dire un mot, parce que tout d&#8217;un coup, il va regarder le probl&#232;me d&#8217;un autre truc.&#8221;</p><p>Le mod&#232;le pyramidal fonctionne pour l&#8217;ex&#233;cution. Tout le monde &#224; sa t&#226;che. On rame. Le bateau avance.</p><p><strong>Mais pour l&#8217;innovation, pour la r&#233;solution de probl&#232;mes complexes, il faut de l&#8217;alt&#233;rit&#233;.</strong></p><p>&#8220;Plus d&#8217;alt&#233;rit&#233;, mieux c&#8217;est.&#8221;</p><p>Et cela suppose d&#8217;accepter que celui qui a la r&#233;ponse peut &#234;tre n&#8217;importe qui dans l&#8217;&#233;quipe.</p><p>&#8220;Tous les gens avec qui j&#8217;ai travaill&#233;, ils m&#8217;ont tous appris un truc. Beaucoup m&#234;me. Parce que j&#8217;&#233;tais avide d&#8217;apprendre de leur regard, parce que le mien n&#8217;est pas complet. Il ne couvre pas tout.&#8221;</p><h3>L&#8217;IA et la transformation des m&#233;tiers : entre fascination et lucidit&#233;</h3><blockquote><p><em>&#8220;L&#8217;IA ne va pas remplacer les gens qui savent penser. Elle va remplacer les gens qui ne savent que r&#233;p&#233;ter.&#8221;</em></p></blockquote><p>ChatGPT, IA g&#233;n&#233;rative, automatisation des t&#226;ches&#8230; La technologie bouleverse les m&#233;tiers du conseil.</p><p>Mais pour Walid, le vrai enjeu n&#8217;est pas l&#8217;outil. C&#8217;est ce qu&#8217;on en fait.</p><p>L&#8217;IA peut &#234;tre un acc&#233;l&#233;rateur formidable &#8212; ou un pi&#232;ge terrible si on l&#8217;utilise pour ne plus penser.</p><p>Le risque : une g&#233;n&#233;ration de professionnels qui d&#233;l&#232;guent leur capacit&#233; de r&#233;flexion &#224; des outils, sans en comprendre les logiques, les biais, les limites.</p><p>L&#8217;opportunit&#233; : lib&#233;rer du temps pour les t&#226;ches &#224; vraie valeur ajout&#233;e &#8212; celles qui exigent discernement, cr&#233;ativit&#233;, relation humaine.</p><p><strong>Mais pour cela, il faut former. Accompagner. Maintenir une culture d&#8217;apprentissage permanent.</strong></p><p>Et surtout : ne jamais renoncer &#224; penser par soi-m&#234;me.</p><h3>Le rapport au travail se transforme : fin du mod&#232;le sacrificiel</h3><blockquote><p><em>&#8220;Ils ne veulent plus sacrifier leur vie pour le travail. Et franchement, je les comprends. On leur a vendu un mod&#232;le qui ne tient plus.&#8221;</em></p></blockquote><p>Les jeunes g&#233;n&#233;rations refusent le deal : sacrifier tout pour une carri&#232;re lin&#233;aire, une promesse de stabilit&#233; qui n&#8217;existe plus.</p><p>Ils veulent du sens. De l&#8217;&#233;quilibre. Du respect de leur temps. Et surtout : ne plus dissocier vie professionnelle et vie personnelle comme si l&#8217;une devait d&#233;vorer l&#8217;autre.</p><p><strong>Ce n&#8217;est pas un caprice g&#233;n&#233;rationnel. C&#8217;est une lucidit&#233;.</strong></p><p>Ils ont vu leurs parents s&#8217;&#233;puiser pour des entreprises qui licencient sans &#233;tat d&#8217;&#226;me. <strong>Ils ont compris que la loyaut&#233; n&#8217;&#233;tait plus r&#233;ciproque.</strong></p><p>Pour les managers, cela oblige &#224; repenser tout : recrutement, fid&#233;lisation, organisation du travail.</p><p>Mais aussi &#224; questionner : qu&#8217;est-ce qui fait qu&#8217;on reste ? Qu&#8217;est-ce qui donne envie de s&#8217;investir ?</p><p>La r&#233;ponse n&#8217;est plus : la s&#233;curit&#233; de l&#8217;emploi, la progression hi&#233;rarchique, le statut.</p><p><strong>La r&#233;ponse devient : le sens, l&#8217;apprentissage, l&#8217;&#233;quilibre, la reconnaissance, la qualit&#233; des relations.</strong></p><p>Et cela change tout.</p><h3>Former la jeunesse : leur faire confiance, co&#251;te que co&#251;te</h3><blockquote><p><em>&#8220;On leur doit tout ce qu&#8217;on a. Il faut leur transmettre tout et puis leur laisser l&#8217;espace pour inventer eux-m&#234;mes. Comme disait Frantz Fanon, notre destin est d&#8217;&#234;tre l&#226;ch&#233;. &#192; un moment, il faut l&#226;cher. Mais il faut leur faire confiance, je pense. Vraiment.&#8221;</em></p></blockquote><p>La vraie question interg&#233;n&#233;rationnelle n&#8217;est pas &#8220;comment les formons-nous ?&#8221; mais &#8220;leur faisons-nous confiance ?&#8221;</p><p>Pour Walid, la r&#233;ponse est claire : oui. Co&#251;te que co&#251;te.</p><p>M&#234;me quand leurs choix nous agacent. M&#234;me quand leurs chemins nous &#233;chappent. M&#234;me quand on les voit &#8220;passer leur temps sur des &#233;crans&#8221;.</p><p>&#8220;Il faut quand m&#234;me leur faire confiance. Ils trouveront un chemin. Leur chemin, en tout cas, c&#8217;est s&#251;r.&#8221;</p><p>Parce qu&#8217;ils ont les r&#233;ponses. Parce qu&#8217;ils voient le monde avec d&#8217;autres yeux. Parce que c&#8217;est leur monde qu&#8217;ils doivent inventer &#8212; pas celui qu&#8217;on leur impose.</p><p><strong>Le pi&#232;ge actuel : une soci&#233;t&#233; qui met une pression de dingue sur la jeunesse.</strong></p><p>&#8220;Nos soci&#233;t&#233;s ne font pas confiance &#224; la jeunesse. Pas du tout. Ils lui mettent une pression de dingue, pression qui a plus pour effet de les formater que de les &#233;manciper.&#8221;</p><p>L&#8217;alternative : leur donner toutes les armes. Les comp&#233;tences. Le capital culturel. Les cl&#233;s intellectuelles, critiques, &#233;motionnelles.</p><p>Et ensuite : l&#226;cher prise.</p><p>&#8220;Il faut leur donner toutes les armes pour qu&#8217;ensuite, ils s&#8217;en servent comme ils le souhaitent. Mais il faut leur faire confiance.&#8221;</p><h3>La d&#233;fiance envers l&#8217;avenir : un impens&#233; politique</h3><blockquote><p><em>&#8220;Je suis attentif &#224; ce que les mecs disent sur la jeunesse pendant les &#233;lections. Et c&#8217;est pas grand chose. C&#8217;est un impens&#233; clairement.&#8221;</em></p></blockquote><p>Pourquoi la jeunesse est-elle absente du d&#233;bat public ?</p><p>&#8220;Pourquoi on a pas grand chose &#224; dire sur la jeunesse ? Parce qu&#8217;on a pas grand chose &#224; dire sur l&#8217;avenir en ce moment. Et donc du coup les deux sont tr&#232;s connect&#233;s.&#8221;</p><p><strong>Ce silence r&#233;v&#232;le un malaise plus profond : celui d&#8217;une soci&#233;t&#233; qui a perdu sa capacit&#233; &#224; se projeter positivement. Qui pr&#233;f&#232;re g&#233;rer les crises du pr&#233;sent plut&#244;t que construire les possibles du futur.</strong></p><p>Mais ce n&#8217;est pas tenable.</p><p>Parce que sans projection, pas d&#8217;investissement. Sans horizon, pas d&#8217;engagement. Sans confiance, pas de transmission.</p><p>Et surtout : parce que les jeunes sont l&#224;. Ils attendent qu&#8217;on leur fasse confiance. Qu&#8217;on leur donne les cl&#233;s du camion.</p><p>&#8220;Il faut les laisser nous inventer le monde dont ils auront eux-m&#234;mes besoin. C&#8217;est vraiment tr&#232;s important.&#8221;</p><h2>Un &#233;pisode pour qui ?</h2><p>Cet &#233;pisode s&#8217;adresse &#224; tous ceux qui travaillent dans des environnements en transformation acc&#233;l&#233;r&#233;e et qui sentent que leurs vieux outils ne fonctionnent plus. </p><ul><li><p>Aux d&#233;cideurs qui ne savent plus comment faire de la prospective et qui cherchent &#224; cr&#233;er des &#233;quipes r&#233;silientes dans l&#8217;incertitude. </p></li><li><p>Aux porteurs de projets qui h&#233;sitent entre attendre le bon moment ou se lancer dans le brouillard. </p></li><li><p>Aux jeunes professionnels qui questionnent le sens de leur engagement. </p></li><li><p>Mais aussi &#8212; et surtout &#8212; &#224; tous ceux qui sont tent&#233;s par l&#8217;inaction, et qui ont besoin d&#8217;entendre que faire quelque chose, m&#234;me imparfait, vaut toujours mieux que ne rien faire du tout.</p></li></ul><h2>Cet &#233;pisode m&#233;rite d&#8217;&#234;tre entendu ?</h2><p>Si vous connaissez quelqu&#8217;un qui cherche &#224; comprendre comment agir dans l&#8217;incertitude, transf&#233;rez-lui cette newsletter.</p><p class="button-wrapper" data-attrs="{&quot;url&quot;:&quot;https://timetoreset.substack.com/?utm_source=substack&amp;utm_medium=email&amp;utm_content=share&amp;action=share&quot;,&quot;text&quot;:&quot;Partager TIME TO RESET&quot;,&quot;action&quot;:null,&quot;class&quot;:null}" data-component-name="ButtonCreateButton"><a class="button primary" href="https://timetoreset.substack.com/?utm_source=substack&amp;utm_medium=email&amp;utm_content=share&amp;action=share"><span>Partager TIME TO RESET</span></a></p><div><hr></div><div class="poll-embed" data-attrs="{&quot;id&quot;:451752}" data-component-name="PollToDOM"></div><p class="button-wrapper" data-attrs="{&quot;url&quot;:&quot;https://timetoreset.studioreset.fr/p/agir-au-milieu-du-brouillard/comments&quot;,&quot;text&quot;:&quot;Laissez un commentaire.&quot;,&quot;action&quot;:null,&quot;class&quot;:null}" data-component-name="ButtonCreateButton"><a class="button primary" href="https://timetoreset.studioreset.fr/p/agir-au-milieu-du-brouillard/comments"><span>Laissez un commentaire.</span></a></p><div><hr></div><p>Je suis Hugo Lambert, le co-fondateur du STUDIO RESET, un studio de formation engag&#233; qui con&#231;oit et d&#233;ploie des formations personnalis&#233;es &#224; haute valeur ajout&#233;e afin d&#8217;aider les organisations &#224; r&#233;ussir leur transformation &#233;cologique. Notre valeur ajout&#233;e : une p&#233;dagogie cr&#233;ative et innovante centr&#233;e sur la r&#233;solution des probl&#232;mes de votre organisation ! </p><ul><li><p><a href="https://outlook.office.com/bookwithme/user/cb997e1d69f645db89dfd32bc4709d34%40studioreset.fr/meetingtype/FX-fuwyDZEup9LWpNlrbvg2?anonymous&amp;ismsaljsauthenabled=true">Pour programmer un temps d&#8217;&#233;changes avec moi</a></p></li><li><p>Pour en savoir plus sur le STUDIO RESET : </p><ul><li><p><a href="https://www.studioreset.fr/">Le site internet </a></p></li><li><p><a href="https://www.linkedin.com/company/studioreset/">Linkedin</a>  </p></li></ul></li><li><p>Pour suivre mes publications</p><ul><li><p><a href="https://www.linkedin.com/in/hugo-lambert/">Me suivre sur Linkedin</a>  </p></li><li><p><a href="https://hugolambert.substack.com/">Me suivre sur ma newsletter personnelle</a><br></p></li></ul></li></ul>]]></content:encoded></item><item><title><![CDATA[L'économie territoriale face à ses limites]]></title><description><![CDATA[A regarder | Eau, &#233;nergie, foncier : la fin de l'illusion d'abondance]]></description><link>https://timetoreset.studioreset.fr/p/leconomie-territoriale-face-a-ses</link><guid isPermaLink="false">https://timetoreset.studioreset.fr/p/leconomie-territoriale-face-a-ses</guid><dc:creator><![CDATA[Hugo Lambert]]></dc:creator><pubDate>Tue, 09 Dec 2025 06:02:11 GMT</pubDate><enclosure url="https://api.substack.com/feed/podcast/180417718/6e921c1754421ec7b5464d20eda55c4f.mp3" length="0" type="audio/mpeg"/><content:encoded><![CDATA[<p>Pendant des d&#233;cennies, le d&#233;veloppement &#233;conomique territorial a fonctionn&#233; sur une promesse simple : plus de m&#232;tres carr&#233;s, plus d&#8217;entreprises, plus de croissance. </p><p>Un mod&#232;le extensif, dop&#233; &#224; l&#8217;artificialisation des sols et &#224; la course &#224; l&#8217;investisseur &#233;tranger. Sauf que ce monde-l&#224; n&#8217;existe plus. Contraintes &#233;cologiques. Ressources limit&#233;es. Z&#233;ro artificialisation nette. </p><p>Les d&#233;veloppeurs &#233;conomiques se retrouvent face &#224; une &#233;quation in&#233;dite : comment faire de l&#8217;&#233;conomie quand on ne peut plus tout faire ?</p><p>Dans ce nouvel &#233;pisode de TIME TO RESET, j&#8217;&#233;change avec <strong>Anabelle</strong>, directrice du d&#233;veloppement du territoire &#224; la Communaut&#233; de Communes Granville Terre et Mer et Pr&#233;sidente du <a href="https://economie-territoriale.fr/">R&#233;seau National de l&#8217;Economie Territoriale</a>. <br><br>Cette conversation est centrale car elle ne parle pas de th&#233;orie. Annabelle documente un basculement que j&#8217;observe partout : celui d&#8217;une &#233;conomie qui redevient physique, territorialis&#233;e, contrainte. </p><p>Et qui oblige &#224; r&#233;inventer tout un imaginaire professionnel. <br>Ce qu&#8217;elle dit de son m&#233;tier pourrait s&#8217;appliquer &#224; presque tous les n&#244;tres.</p><div><hr></div><p><strong>L&#8217;&#233;pisode en bref (1h15) <br></strong><em>Nous avons parl&#233; de fin de mod&#232;le, d&#8217;artificialisation des sols, de tension entre exog&#232;ne et endog&#232;ne, de ressources contraintes (eau, &#233;nergie, foncier), d&#8217;identit&#233; territoriale, de coop&#233;ration versus comp&#233;tition, d&#8217;humanit&#233; dans les pratiques professionnelles, et de ce que signifie r&#233;ellement &#8220;faire de l&#8217;&#233;conomie&#8221; &#224; l&#8217;&#233;chelle d&#8217;un territoire. <br></em><strong>Pour ne pas rater les prochains &#233;pisodes :</strong></p><p class="button-wrapper" data-attrs="{&quot;url&quot;:&quot;https://timetoreset.studioreset.fr/subscribe?&quot;,&quot;text&quot;:&quot;Abonnez-vous maintenant&quot;,&quot;action&quot;:null,&quot;class&quot;:null}" data-component-name="ButtonCreateButton"><a class="button primary" href="https://timetoreset.studioreset.fr/subscribe?"><span>Abonnez-vous maintenant</span></a></p><div><hr></div><h2>Mon invit&#233;e : Anabelle</h2><p>Anabelle exerce depuis plus de 15 ans dans le d&#233;veloppement &#233;conomique territorial. Directrice du d&#233;veloppement du territoire d&#8217;une communaut&#233; de communes normande, elle est &#233;galement pr&#233;sidente du r&#233;seau national de l&#8217;&#233;conomie territoriale (RNET), qui rassemble les praticiens d&#8217;un m&#233;tier singulier en pleine transformation.</p><p>Son approche : une connaissance fine du terrain, une relation directe avec les acteurs &#233;conomiques et institutionnels, et surtout une lucidit&#233; tranquille sur ce qui est en train de changer &#8212; et pourquoi &#231;a ne reviendra pas en arri&#232;re.</p><p>Sa m&#233;thode : l&#8217;action concr&#232;te, optimiste et humaine au service de son territoire. Tout en acceptant de se questionner face &#224; la complexit&#233; des arbitrages et projets &#224; op&#233;rer dans un monde de ressources contraintes.</p><h2>Ce que vous allez d&#233;couvrir dans cet &#233;pisode</h2><h3>La fin du mod&#232;le extensif : quand l&#8217;artificialisation s&#8217;arr&#234;te</h3><blockquote><p><em>On d&#233;veloppait du m&#232;tre carr&#233; &#224; foison. On faisait la comp&#233;tition entre nous parce qu&#8217;on &#233;tait le plus beau territoire. Tout le monde &#233;tait au centre de la France, au c&#339;ur de l&#8217;Europe.</em>&#8203;</p></blockquote><p>Pendant des d&#233;cennies, l&#8217;arme principale du d&#233;veloppement &#233;conomique a &#233;t&#233; le foncier. Cr&#233;er des zones d&#8217;activit&#233;. Artificialiser. Accueillir. Recommencer.&#8203;</p><p>Avec le z&#233;ro artificialisation nette (ZAN), ce mod&#232;le touche &#224; sa fin. <br>Ce n&#8217;est pas un ajustement &#224; la marge. C&#8217;est la fin d&#8217;un paradigme.&#8203;</p><p>La contrainte devient opportunit&#233; : r&#233;investir les espaces existants, densifier, optimiser. </p><p>Mais cela suppose de sortir de la facilit&#233; et de r&#233;apprendre &#224; faire avec ce que l&#8217;on a.&#8203;</p><h3>Investisseur ext&#233;rieur VS tissu local : qui cr&#233;e vraiment de la valeur ?</h3><blockquote><p><em>Le mythe de l&#8217;investisseur &#233;tranger qui allait r&#233;soudre tous les probl&#232;mes... Aujourd&#8217;hui, les d&#233;veloppeurs &#233;conomiques ne sont plus au service des entreprises du territoire, ils sont au service du territoire avant tout et de son tissu &#233;conomique.</em>&#8203;</p></blockquote><p>Hier on cherchait la grosse usine venue d&#8217;ailleurs. Le projet &#8220;strass et paillettes&#8221;. L&#8217;implantation qui fait la une.&#8203;</p><p>Aujourd&#8217;hui : le pivot s&#8217;op&#232;re vers l&#8217;endog&#232;ne. Le tissu &#233;conomique local. Les entreprises qui restent. Qui s&#8217;ancrent. Qui cr&#233;ent des &#233;cosyst&#232;mes r&#233;silients.&#8203;</p><p>Pourquoi ce basculement ? Parce que c&#8217;est ce tissu qui assure la r&#233;silience d&#8217;un territoire. Pas les coups m&#233;diatiques. Pas les promesses d&#8217;emplois qui partent aussi vite qu&#8217;elles arrivent.&#8203;</p><h3>Eau, &#233;nergie, foncier : quand l&#8217;&#233;conomie redevient physique </h3><blockquote><p><em>Avant, on ne se posait pas la question de la capacit&#233;. On disait : il y a ce qu&#8217;il faut. Maintenant, c&#8217;est un autre m&#233;tier. Quand vous passez de &#171; je vends des terrains&#187; &#224; &#171;je vends des terrains si j&#8217;ai les ressources&#187;, ce n&#8217;est plus le m&#234;me m&#233;tier.</em>&#8203;</p></blockquote><p>Eau, &#233;nergie, foncier, capacit&#233; des r&#233;seaux.&#8203;.. Pendant une parenth&#232;se historique, on a pu faire comme si ces contraintes n&#8217;existaient pas. Comme si on pouvait implanter n&#8217;importe quelle activit&#233; n&#8217;importe o&#249;.&#8203;</p><p>Cette parenth&#232;se se referme. L&#8217;&#233;conomie redevient ce qu&#8217;elle a toujours &#233;t&#233; : un ph&#233;nom&#232;ne territorialis&#233;, d&#233;pendant des ressources locales.&#8203;</p><p>Le d&#233;veloppeur &#233;conomique devient un &#8220;interface&#8221; : capable de parler aux entreprises, mais aussi aux gestionnaires d&#8217;eau, d&#8217;&#233;nergie, de d&#233;chets. Capable de comprendre les contraintes de chacun. De traduire. De faciliter.&#8203;</p><h3>L&#8217;identit&#233; du territoire comme ressource strat&#233;gique</h3><blockquote><p><em>Tous les territoires ne jouent pas dans la m&#234;me cour. Chacun a sa propre identit&#233;. Il n&#8217;y a aucun territoire qui n&#8217;a pas sa propre identit&#233;.</em>&#8203;</p></blockquote><p>Dunkerque n&#8217;est pas la Bourgogne. La Normandie n&#8217;est pas la C&#244;te d&#8217;Azur.&#8203;</p><p>Pendant longtemps, on a voulu gommer ces diff&#233;rences. Standardiser. Rentrer dans le moule du &#8220;territoire attractif&#8221; g&#233;n&#233;rique.&#8203;</p><p>L&#8217;exemple de Dunkerque est r&#233;v&#233;lateur : territoire industriel dont on a voulu cacher l&#8217;identit&#233; dans les ann&#233;es 90, avant de devoir la r&#233;habiliter aujourd&#8217;hui. <br><br>Parce que cette identit&#233;, c&#8217;est aussi ce qui fait la force d&#8217;un territoire. Ses comp&#233;tences. Son histoire. Ses ancrages.&#8203;</p><p>Accepter les diff&#233;rences, c&#8217;est sortir de la comp&#233;tition g&#233;n&#233;ralis&#233;e pour entrer dans une logique de compl&#233;mentarit&#233;. Et reconna&#238;tre qu&#8217;on ne peut pas tout faire. Que d&#8217;autres territoires sont mieux plac&#233;s pour certaines activit&#233;s. Et que c&#8217;est normal.&#8203;</p><h3>Coop&#233;ration versus comp&#233;tition : le basculement structurel</h3><blockquote><p><em>Dans un monde o&#249; la ressource est abondante, le mod&#232;le de la comp&#233;tition fonctionne bien. Mais dans un monde o&#249; la ressource est contrainte, le mod&#232;le de la coop&#233;ration prend beaucoup d&#8217;importance. </em>&#8203;</p></blockquote><p>Quand tout est possible, la comp&#233;tition a du sens. Chacun tire la couverture. Chacun d&#233;fend son pr&#233; carr&#233;.&#8203;</p><p>Mais quand les ressources deviennent limit&#233;es, cette logique s&#8217;effondre. Il faut coop&#233;rer. Se sp&#233;cialiser. B&#233;n&#233;ficier mutuellement des dynamiques des voisins.&#8203;</p><p>Ce basculement n&#8217;est pas moral. Il est structurel. Les territoires qui l&#8217;anticipent gagnent en r&#233;silience. Les autres d&#233;couvrent trop tard que l&#8217;isolationnisme ne fonctionne pas dans un monde contraint.&#8203;</p><h3>L&#8217;humanit&#233; au c&#339;ur du m&#233;tier : des relations, pas des tableaux Excel</h3><blockquote><p><em>Une entreprise, c&#8217;est des gens. C&#8217;est un num&#233;ro de t&#233;l&#233;phone. C&#8217;est quelqu&#8217;un qui t&#8217;appelle. C&#8217;est quelqu&#8217;un qui vit sur le territoire et qui participe aux activit&#233;s associatives. Tu le croises le dimanche matin au march&#233;. C&#8217;est pas d&#233;sincarn&#233;. </em>&#8203;</p></blockquote><p>L&#8217;exemple de Lesaffre : implant&#233; depuis les ann&#233;es 1930, reconstruit apr&#232;s-guerre, jamais ferm&#233; malgr&#233; les crises. Pourquoi ? Parce qu&#8217;il y a eu un ancrage. Une relation. Un attachement r&#233;ciproque entre l&#8217;entreprise et le territoire.&#8203;</p><p><em>&#171; C&#8217;est le graal du d&#233;veloppement &#233;conomique &#187;</em>, dit Annabelle.&#8203;</p><p>Parce que derri&#232;re les chiffres, il y a des &#234;tres humains. Des dirigeants qui vivent sur place. Des salari&#233;s qui font du b&#233;n&#233;volat le week-end. Des relations qui se construisent dans la dur&#233;e.&#8203;</p><p>Et cette dimension humaine, elle ne se quantifie pas. Mais c&#8217;est elle qui fait qu&#8217;une entreprise reste. Ou qu&#8217;elle part.&#8203;</p><h3>Du quantitatif au qualitatif : red&#233;finir ce qu&#8217;est la valeur</h3><blockquote><p><em>Avant, on ne se posait pas trop la question de la valeur et des impacts de l&#8217;entreprise qu&#8217;on accueillait.</em>&#8203;</p></blockquote><p>Nombre d&#8217;emplois cr&#233;&#233;s. Surface artificialis&#233;e. Montant de l&#8217;investissement.&#8203;</p><p>Pendant longtemps, la mesure de la r&#233;ussite &#233;tait purement quantitative. Plus = mieux.&#8203;</p><p>Aujourd&#8217;hui, les questions changent : quel type d&#8217;emploi ? Pour combien de temps ? Avec quelle empreinte &#233;cologique ? Quelle contribution au tissu local ? Quelle r&#233;silience face aux crises ?&#8203;</p><p>La valeur devient qualitative. Et cela change tout.&#8203;</p><h3>L&#8217;&#233;cologie n&#8217;est pas un geste individuel, c&#8217;est un choix de soci&#233;t&#233;</h3><blockquote><p><em>Ce n&#8217;est pas le Colibri individuel qui fait sa part. C&#8217;est le mod&#232;le d&#8217;habitat, de mobilit&#233;, d&#8217;am&#233;nagement qu&#8217;on met en place collectivement. </em>&#8203;</p></blockquote><p>La transformation &#233;cologique ne se joue pas &#224; l&#8217;&#233;chelle des petits gestes. <br>Elle se joue dans les infrastructures. <br>Les choix d&#8217;am&#233;nagement. <br>Les mod&#232;les &#233;conomiques territoriaux.&#8203;</p><p>Et ces choix, ce sont des choix politiques. Collectifs. Qui engagent une vision de soci&#233;t&#233;.</p><h2>Un &#233;pisode pour qui ?</h2><p>Cet &#233;pisode s&#8217;adresse &#224; tous ceux qui travaillent sur les territoires et sentent le sol bouger sous leurs pieds. Aux d&#233;veloppeurs &#233;conomiques dont les vieux outils ne fonctionnent plus. Aux &#233;lus qui h&#233;sitent entre soutenir la croissance &#233;conomique et renforcer la r&#233;silience de leur territoire. Aux entrepreneurs qui cherchent o&#249; s&#8217;ancrer. Mais aussi &#8212; et surtout &#8212; &#224; tous ceux qui veulent comprendre ce qui se joue vraiment dans l&#8217;&#233;conomie locale : ni th&#233;orie, ni id&#233;ologie, mais de la pratique incarn&#233;e.</p><div><hr></div><h3>Cet &#233;pisode m&#233;rite d&#8217;&#234;tre entendu</h3><p>Si vous connaissez un &#233;lu, un d&#233;veloppeur &#233;conomique, un entrepreneur qui cherche &#224; comprendre les mutations en cours, transf&#233;rez-lui cette newsletter.</p><p class="button-wrapper" data-attrs="{&quot;url&quot;:&quot;https://timetoreset.substack.com/?utm_source=substack&amp;utm_medium=email&amp;utm_content=share&amp;action=share&quot;,&quot;text&quot;:&quot;Partager TIME TO RESET&quot;,&quot;action&quot;:null,&quot;class&quot;:null}" data-component-name="ButtonCreateButton"><a class="button primary" href="https://timetoreset.substack.com/?utm_source=substack&amp;utm_medium=email&amp;utm_content=share&amp;action=share"><span>Partager TIME TO RESET</span></a></p><div><hr></div><p></p>]]></content:encoded></item><item><title><![CDATA[Face à l'incertitude : réinventer la décision]]></title><description><![CDATA[Renoncements &#224; assumer. Attachements &#224; pr&#233;server. R&#233;cits &#224; inventer.]]></description><link>https://timetoreset.studioreset.fr/p/face-a-lincertitude-reinventer-la</link><guid isPermaLink="false">https://timetoreset.studioreset.fr/p/face-a-lincertitude-reinventer-la</guid><dc:creator><![CDATA[Hugo Lambert]]></dc:creator><pubDate>Tue, 18 Nov 2025 05:31:01 GMT</pubDate><enclosure url="https://api.substack.com/feed/podcast/178479007/6b5315fd7d9aa568a2616f2fb64eda48.mp3" length="0" type="audio/mpeg"/><content:encoded><![CDATA[<p>Transformer nos organisations pour faire face aux d&#233;fis du changement climatique. Plus facile &#224; dire qu&#8217;&#224; faire. Car quand les vieux logiciels ne fonctionnent plus, il faut une nouvelle ing&#233;nierie de la d&#233;cision. Une nouvelle mani&#232;re de d&#233;cider, adapt&#233;e au monde de l&#8217;anthropoc&#232;ne.</p><p>Dans ce nouvel &#233;pisode de TIME TO RESET, j&#8217;&#233;change avec Alexandre Monnin, philosophe et chercheur sp&#233;cialiste de la redirection &#233;cologique. Son parcours lui donne une perspective rare : celle qui articule philosophie, terrain et action.</p><blockquote><p><strong>Cette conversation avec Alexandre m&#8217;a profond&#233;ment marqu&#233; en raison de la question centrale qu&#8217;elle pose : comment r&#233;apprendre &#224; agir et d&#233;cider dans un monde incertain ?</strong></p></blockquote><div class="pullquote"><p><em><strong>L&#8217;&#233;pisode n&#176;7 en bref (1h30)</strong><br></em>Nous avons parl&#233; d&#8217;anthropoc&#232;ne, de backlash &#233;cologique, de redirection des territoires et des entreprises, d&#8217;ambivalence, de certitude et d&#8217;incertitude, de g&#233;opolitique europ&#233;enne, de planification et d&#8217;attachements&#8230; <em><br></em>Pour &#234;tre sur de ne pas louper les &#233;pisodes &#224; venir</p><p class="button-wrapper" data-attrs="{&quot;url&quot;:&quot;https://timetoreset.studioreset.fr/subscribe?&quot;,&quot;text&quot;:&quot;Abonnez-vous maintenant&quot;,&quot;action&quot;:null,&quot;class&quot;:null}" data-component-name="ButtonCreateButton"><a class="button primary" href="https://timetoreset.studioreset.fr/subscribe?"><span>Abonnez-vous maintenant</span></a></p></div><h2>Mon invit&#233; : Alexandre Monnin</h2><p>Alexandre Monnin conjugue recherche acad&#233;mique et action concr&#232;te sur les territoires. Philosophe et docteur de l&#8217;Universit&#233; Paris 1 Panth&#233;on-Sorbonne, il est co-initiateur du courant de la redirection &#233;cologique. Depuis plus d&#8217;une dizaine d&#8217;ann&#233;es, il accompagne collectivit&#233;s, entreprises et ONG dans leurs transformations profondes. Avec une centaine d&#8217;acteurs accompagn&#233;s en quatre ans et un projet de recherche financ&#233; par l&#8217;Institut pour la Recherche de la Caisse des D&#233;p&#244;ts, il documente aujourd&#8217;hui les mouvements de redirection &#224; l&#8217;&#233;chelle des collectivit&#233;s, l&#224; o&#249; la transformation &#233;cologique se fait la plus visible.</p><p>Sa m&#233;thode : l&#8217;enqu&#234;te de terrain, le dialogue avec les acteurs en situation, et l&#8217;humilit&#233; face &#224; la complexit&#233; du r&#233;el.</p><h2>Ce que vous allez d&#233;couvrir dans cet &#233;pisode</h2><p><strong>L&#8217;anthropoc&#232;ne comme acc&#233;l&#233;rateur de contradictions</strong></p><blockquote><p>&#171; Il y a des acc&#233;l&#233;rations comme &#231;a qui viennent de loin. Il m&#8217;appara&#238;t qu&#8217;on vit une acc&#233;l&#233;ration de ce type-l&#224;, pas forc&#233;ment positive. N&#233;anmoins, il ne faut pas rester dans un &#233;tat de sid&#233;ration par rapport &#224; &#231;a, mais au contraire, en prendre la mesure et arriver &#224; r&#233;agir &#187;.&#8203;</p></blockquote><p>Nous vivons un basculement o&#249; plusieurs d&#233;cennies se jouent en tr&#232;s peu de temps. Entre backlash &#233;cologique, n&#233;gation climatique et tensions g&#233;opolitiques, le monde se reconfigure &#224; une vitesse in&#233;dite. Ces transformations obligent &#224; repenser nos modes de d&#233;cision.</p><p><strong>Le n&#233;o-kayfabe : quand le vrai et le faux deviennent indiscernables</strong></p><blockquote><p>&#171; Au sein du faux, on ne sait plus quand le vrai fait irruption ou non. Les gens sont plus capables de distinguer le vrai du faux, et c&#8217;est extr&#234;mement puissant &#187;.&#8203;</p></blockquote><p>Alexandre emprunte au catch am&#233;ricain le concept de <em>kayfabe</em> &#8212; cette zone grise o&#249; spectacle et r&#233;alit&#233; se confondent d&#233;lib&#233;r&#233;ment &#8212; pour d&#233;crypter un ph&#233;nom&#232;ne anthropologique profond : notre rapport ambigu &#224; la v&#233;rit&#233;, et la mani&#232;re dont cette indistinction structure d&#233;sormais le d&#233;bat public.</p><p><strong>L&#8217;Europe coinc&#233;e entre le marteau et l&#8217;enclume</strong></p><blockquote><p>&#171; Aucun pays aujourd&#8217;hui ne peut &#234;tre souverain, et notamment au plan technologique seul. On est oblig&#233; de toute mani&#232;re d&#8217;avoir des alliances, d&#8217;avoir des &#233;changes. Nous, on ne peut pas maintenir vraisemblablement des &#233;changes et des alliances sur l&#8217;ancien mode qui &#233;tait un mode n&#233;ocolonial &#187;.&#8203;</p></blockquote><p>Entre la fuite en avant am&#233;ricaine et l&#8217;autoritarisme &#233;cologique chinois, l&#8217;Union europ&#233;enne peine &#224; trouver sa voie. Alexandre plaide pour une diplomatie des interd&#233;pendants, seule &#224; m&#234;me de r&#233;pondre aux d&#233;fis d&#8217;un continent contraint par ses ressources et son histoire.</p><p><strong>La redirection &#233;cologique : documenter le renoncement en action</strong></p><blockquote><p>&#171; On a relev&#233; peu pr&#232;s 70 cas r&#233;cents ou en cours de collectivit&#233;s qui sont amen&#233;es &#224; proc&#233;der &#224; des renoncements, des redirections. Le renoncement qui s&#8217;impose aujourd&#8217;hui, ce ne sont pas des renoncements qui sont motiv&#233;s par des raisons budg&#233;taires. C&#8217;est plut&#244;t le fait d&#8217;anticiper des choses qui sont plus ou moins in&#233;luctables &#187;.&#8203;</p></blockquote><p>Sur les territoires, des acteurs prennent des mesures in&#233;dites face &#224; des situations qui les obligent &#224; fonctionner autrement. Alexandre documente ce mouvement silencieux mais d&#233;terminant, o&#249; collectivit&#233;s et citoyens r&#233;inventent leurs mod&#232;les &#233;conomiques face &#224; l&#8217;eau qui manque, aux inondations qui menacent, aux stations de ski qui ferment.</p><p><strong>Financer le renoncement : la contradiction fondamentale</strong></p><blockquote><p>&#171; Comment est-ce qu&#8217;on arrive finalement demain &#224; financer le renoncement ? Cette probl&#233;matique-l&#224;, on la retrouve &#224; tous les &#233;tages. L&#8217;eau paye l&#8217;eau : plus on consomme d&#8217;eau, plus on a de revenus pour faire fonctionner sa r&#233;gie. Sauf qu&#8217;&#233;videmment, si on vise la sobri&#233;t&#233; et qu&#8217;on l&#8217;atteint, on a moins de revenus. Il y a une contradiction &#233;vidente &#187;.&#8203;</p></blockquote><p>Les mod&#232;les &#233;conomiques actuels tiennent parce qu&#8217;ils ne sont pas align&#233;s avec les limites plan&#233;taires. Passer &#224; la sobri&#233;t&#233; implique de repenser radicalement la mani&#232;re dont on compte, dont on valorise, dont on finance.</p><p><strong>Les postures de la transformation : enqu&#234;te, humilit&#233; et tact</strong></p><blockquote><p>&#171; Il faut <em>a minima</em> comprendre le monde dans lequel ces acteurs-l&#224; vivent. Je parle bien du monde dans lequel ils vivent, pas un monde qui &#233;tait le monde dans lequel ils &#233;taient jeunes il y a 10, 15, 20 ans &#187;.&#8203;</p></blockquote><p>Pour conduire ces transformations, Alexandre insiste sur une posture fondamentale : sortir de sa tour d&#8217;ivoire, mener l&#8217;enqu&#234;te, accepter l&#8217;ambivalence, reconna&#238;tre ses propres contradictions. Ce n&#8217;est pas une question de comp&#233;tences mais de posture face au r&#233;el.</p><p><strong>L&#8217;agentivit&#233; : trouver un chemin quand on est perdu</strong></p><blockquote><p>&#171; Quelle que soit finalement la situation, d&#8217;essayer de trouver un chemin quand m&#234;me. Justement, je ne sais pas exactement quel va &#234;tre le chemin, mais je vais le trouver. Et depuis que j&#8217;ai d&#233;couvert ce terme-l&#224;, &#231;a r&#233;sout beaucoup de questions que j&#8217;avais &#187;.&#8203;</p></blockquote><p>Dans un monde incertain, l&#8217;agentivit&#233; &#8212; cette capacit&#233; &#224; trouver un chemin quand on est perdu, &#224; agir sans avoir toutes les r&#233;ponses &#8212; devient une comp&#233;tence d&#233;cisive pour naviguer dans la complexit&#233;.</p><p><strong>Un &#233;pisode pour qui ?</strong></p><ul><li><p>Pour les d&#233;cideurs qui sentent que leurs vieux logiciels ne fonctionnent plus.</p></li><li><p>Pour les &#233;lus locaux confront&#233;s &#224; des arbitrages impossibles.</p></li><li><p>Pour les acteurs publics et priv&#233;s qui cherchent &#224; transformer leurs organisations sans tomber dans la planification technocratique.</p></li><li><p>Pour les citoyens qui veulent comprendre les lignes de fracture de notre &#233;poque, et ce qui se dessine d&#233;j&#224; dans l&#8217;ombre.</p></li></ul><p>En synth&#232;se : un &#233;pisode pour tous ceux qui veulent comprendre comment d&#233;cider et agir dans un monde qui ne cesse de se transformer.</p><div><hr></div><div class="captioned-button-wrap" data-attrs="{&quot;url&quot;:&quot;https://timetoreset.studioreset.fr/p/face-a-lincertitude-reinventer-la?utm_source=substack&utm_medium=email&utm_content=share&action=share&quot;,&quot;text&quot;:&quot;Partager&quot;}" data-component-name="CaptionedButtonToDOM"><div class="preamble"><p class="cta-caption">Aidez-nous &#224; nous faire connaitre en partageant cet &#233;change si ce dernier vous a int&#233;ress&#233; !</p></div><p class="button-wrapper" data-attrs="{&quot;url&quot;:&quot;https://timetoreset.studioreset.fr/p/face-a-lincertitude-reinventer-la?utm_source=substack&utm_medium=email&utm_content=share&action=share&quot;,&quot;text&quot;:&quot;Partager&quot;}" data-component-name="ButtonCreateButton"><a class="button primary" href="https://timetoreset.studioreset.fr/p/face-a-lincertitude-reinventer-la?utm_source=substack&utm_medium=email&utm_content=share&action=share"><span>Partager</span></a></p></div><p></p>]]></content:encoded></item><item><title><![CDATA[S’adapter dans un monde instable : penser la sécurité sociale des besoins]]></title><description><![CDATA[Anticiper les chocs. S&#233;curiser les besoins. R&#233;inventer l&#8217;entraide.]]></description><link>https://timetoreset.studioreset.fr/p/sadapter-dans-un-monde-instable-penser</link><guid isPermaLink="false">https://timetoreset.studioreset.fr/p/sadapter-dans-un-monde-instable-penser</guid><dc:creator><![CDATA[Hugo Lambert]]></dc:creator><pubDate>Tue, 14 Oct 2025 05:01:44 GMT</pubDate><enclosure url="https://api.substack.com/feed/podcast/175946703/a56459a4bc591517bde9b0e96e9bfd24.mp3" length="0" type="audio/mpeg"/><content:encoded><![CDATA[<p>Et si le vrai d&#233;fi de notre si&#232;cle n&#8217;&#233;tait pas de cro&#238;tre autrement, mais de tenir ensemble dans un monde qui se d&#233;r&#232;gle ?</p><p>Nos infrastructures, nos mod&#232;les sociaux, nos &#233;conomies : tout a &#233;t&#233; b&#226;ti pour un climat stable, une &#233;nergie abondante, des ressources accessibles.</p><p>Et ce monde-l&#224; est d&#233;j&#224; derri&#232;re nous.</p><h2>Mon invit&#233; : Ilian Moundib</h2><p>Ing&#233;nieur, consultant et formateur en r&#233;silience climatique, Ilian Moundib accompagne entreprises et collectivit&#233;s &#224; comprendre ce que signifie vraiment <em>s&#8217;adapter</em>.<br>Dans cet &#233;pisode de <strong>TIME TO RESET</strong>, nous parlons d&#8217;incertitude, de fragilit&#233;, et de la n&#233;cessit&#233; de r&#233;inventer nos cadres collectifs &#224; la hauteur des d&#233;rives &#233;cologiques.</p><h2>Ce que vous allez d&#233;couvrir dans cet &#233;pisode</h2><h3>Une soci&#233;t&#233; &#224; la d&#233;rive</h3><blockquote><p>&#171; On confond la crise et la d&#233;rive. La crise, c&#8217;est une fi&#232;vre : &#231;a passe. La d&#233;rive, c&#8217;est un nouvel &#233;tat permanent. &#187;</p></blockquote><p>Nos institutions, nos politiques publiques, nos entreprises sont calibr&#233;es pour un monde qui n&#8217;existe plus.</p><p>Elles cherchent &#224; &#8220;revenir &#224; la normale&#8221; alors que la normale s&#8217;est effondr&#233;e.</p><p>Cette incapacit&#233; &#224; reconna&#238;tre la d&#233;rive produit une soci&#233;t&#233; sous tension :<br>celle o&#249;, pour reprendre les mots de Gramsci, <em>&#8220;le vieux monde se meurt, le nouveau tarde &#224; na&#238;tre, et dans ce clair-obscur surgissent les monstres.&#8221;</em></p><h3>Le culte de la performance, moteur de nos fragilit&#233;s</h3><blockquote><p>&#171; La performance, avant, c&#8217;&#233;tait un levier de d&#233;veloppement. Aujourd&#8217;hui, c&#8217;est une condition de survie. &#187;</p></blockquote><p>Nos &#233;conomies ont &#233;rig&#233; l&#8217;efficacit&#233; en dogme : produire plus vite, &#224; moindre co&#251;t, pour rester dans la course.</p><p>Mais cette qu&#234;te de performance a cr&#233;&#233; des vuln&#233;rabilit&#233;s partout : flux tendus, d&#233;pendances &#233;nerg&#233;tiques, d&#233;sindustrialisation.</p><p>Dans un monde stable, ces fragilit&#233;s &#233;taient invisibles.<br>Dans un monde instable, elles deviennent des fractures.</p><h3>Vivre &#224; l&#8217;&#232;re des "rhinoc&#233;ros gris&#8221; et des &#8220;cygnes noirs&#8221;</h3><blockquote><p>&#171; Le climat ne nous r&#233;serve pas des surprises, mais des certitudes : la France du trop chaud, du trop sec, du trop d&#8217;eau. &#187;</p></blockquote><p>Les <strong>rhinoc&#233;ros gris</strong> &#8211; ces risques massifs, pr&#233;visibles mais ignor&#233;s &#8211; s&#8217;approchent : s&#233;cheresses, inondations, pertes agricoles, p&#233;nuries.</p><p>Et au milieu de ces d&#233;rives pr&#233;visibles, surgissent les <strong>cygnes noirs</strong> : crises financi&#232;res, pand&#233;mies, ruptures g&#233;opolitiques, points de bascule climatiques.</p><p>Nous raisonnons encore comme si le monde suivait une moyenne.<br>Or, il est d&#233;sormais gouvern&#233; par les extr&#234;mes.</p><h3>Mettre en s&#233;curit&#233; sociale les besoins et les communs</h3><blockquote><p>&#171; Si on ne met pas en s&#233;curit&#233; sociale les besoins, on ne tiendra pas. &#187;</p></blockquote><p>Plut&#244;t que de pr&#234;cher la sobri&#233;t&#233; morale ou la croissance verte, Ilian Moundib propose une autre voie : celle de la <strong>mise en s&#233;curit&#233; sociale des besoins</strong> &#8211; alimentation, logement, &#233;nergie, mobilit&#233;, eau.</p><p>L&#8217;inspiration ? 1945, le Conseil National de la R&#233;sistance, la S&#233;curit&#233; Sociale n&#233;e de l&#8217;entraide ouvri&#232;re. Aujourd&#8217;hui, cette logique pourrait s&#8217;&#233;tendre &#224; l&#8217;alimentation, &#224; l&#8217;&#233;nergie, aux communs &#233;cologiques : sortir du march&#233; et de la charit&#233;, pour faire du collectif une institution.</p><p>C&#8217;est une &#233;cologie qui parle des conditions de vie, pas des seuls indicateurs carbone.</p><h3>Imaginer Sisyphe heureux</h3><blockquote><p>&#171; Il faut imaginer Sisyphe heureux. &#202;tre un &#233;metteur de sens, m&#234;me quand le rocher retombe. &#187;</p></blockquote><p>Camus, convoqu&#233; en fin d&#8217;entretien, devient boussole. Dans un monde absurde, il n&#8217;y a qu&#8217;une r&#233;ponse : cr&#233;er du sens, collectivement. &#202;tre &#8220;&#233;metteur de sens&#8221;, c&#8217;est refuser le cynisme, r&#233;habiliter l&#8217;entraide, et retrouver la puissance d&#8217;agir ensemble.</p><p>La transformation &#233;cologique n&#8217;est pas une utopie : c&#8217;est un chemin.</p><p>Un jeu d&#8217;exploration : avancer, tomber, recommencer, apprendre.</p><h3>Ce que nous devons aux g&#233;n&#233;rations futures</h3><blockquote><p>&#171; Poursuivre la marche de l&#8217;humanisme, c&#8217;est refuser la r&#233;signation. &#187;</p></blockquote><p>Nous devons aux g&#233;n&#233;rations futures un monde vivable, des institutions d&#233;mocratiques, et la possibilit&#233; de cr&#233;er du sens.</p><p>Pas seulement la survie, mais l&#8217;esp&#233;rance.</p><h2>Un &#233;pisode pour qui ?</h2><ul><li><p>Pour les entrepreneurs qui veulent sortir du r&#233;flexe d&#233;fensif de la performance pour construire la robustesse.</p></li><li><p>Pour les d&#233;cideurs publics qui cherchent &#224; penser l&#8217;adaptation autrement que comme un repli.</p></li><li><p>Pour les citoyens qui veulent retrouver du sens &#224; l&#8217;action collective et comprendre comment l&#8217;entraide peut devenir un projet de soci&#233;t&#233;.</p></li></ul>]]></content:encoded></item><item><title><![CDATA[Réindustrialiser au temps des limites planétaires]]></title><description><![CDATA[Choisir l&#8217;essentiel. Assumer nos renoncements. B&#226;tir l&#8217;avenir.]]></description><link>https://timetoreset.studioreset.fr/p/reindustrialiser-au-temps-des-limites</link><guid isPermaLink="false">https://timetoreset.studioreset.fr/p/reindustrialiser-au-temps-des-limites</guid><dc:creator><![CDATA[Hugo Lambert]]></dc:creator><pubDate>Tue, 09 Sep 2025 05:00:45 GMT</pubDate><enclosure url="https://api.substack.com/feed/podcast/172574939/cea0da7300f2f9e9f71fb7ec6560a8be.mp3" length="0" type="audio/mpeg"/><content:encoded><![CDATA[<blockquote><p>&#171; On ne peut pas r&#233;industrialiser sans se demander : qu&#8217;est-ce qui est essentiel, et qu&#8217;est-ce qui est accessoire ? &#187;</p></blockquote><p>Notre soci&#233;t&#233; vit une contradiction permanente : consommer mieux, mais sans renoncer &#224; nos habitudes ; vouloir des produits fabriqu&#233;s en France, mais ne pas les payer plus cher ; invoquer la transition, tout en redoutant ce qu&#8217;elle implique.</p><h2>Mon invit&#233;e : Ana&#239;s Voy-Gillis</h2><p>Dans ce nouvel &#233;pisode de <strong>TIME TO RESET</strong>, j&#8217;&#233;change avec <strong>Ana&#239;s Voy-Gillis</strong>, chercheuse, directrice RSE et strat&#233;gie dans un groupe industriel, et autrice de &#8220;<em>Pour une r&#233;volution industrielle&#8221;</em>.<br><br>Nous parlons de ce que signifie r&#233;industrialiser dans un monde contraint par les limites plan&#233;taires.</p><h2>Ce que vous allez d&#233;couvrir dans cet &#233;pisode </h2><p><strong>Un pays de paradoxes</strong></p><blockquote><p><em>&#171; On a beaucoup de r&#233;cits sur la transition qui ne sont pas engageants. On a l&#8217;impression qu&#8217;on va devoir renoncer &#224; quelque chose, comme si notre vie allait &#234;tre moins bien &#187;.</em></p></blockquote><p>La transition &#233;cologique ne peut pas &#234;tre seulement une rh&#233;torique de la perte. Sans r&#233;cit positif, les citoyens reculent devant les efforts &#224; fournir.</p><p><strong>La bataille des mati&#232;res premi&#232;res</strong></p><blockquote><p><em>&#171; La souverainet&#233; de demain, c&#8217;est l&#8217;approvisionnement sur les ressources critiques &#187;.</em></p></blockquote><p>Derri&#232;re la r&#233;industrialisation se cache une bataille invisible : celle de l&#8217;acc&#232;s aux mat&#233;riaux strat&#233;giques. Un enjeu qui conditionne notre autonomie industrielle et politique.</p><p><strong>L&#8217;industrie comme choix collectif</strong></p><blockquote><p><em>&#171; L&#8217;avenir industriel de la France ne peut pas se penser fili&#232;re par fili&#232;re. La question est : au service de quel projet de soci&#233;t&#233; voulons-nous mettre l&#8217;industrie ? &#187;.</em></p></blockquote><p>R&#233;industrialiser n&#8217;est pas un simple exercice technique. C&#8217;est un d&#233;bat de soci&#233;t&#233; sur ce que nous voulons produire, et pourquoi.</p><p><strong>R&#233;parer le lien avec la technique</strong></p><blockquote><p><em>&#171; Il n&#8217;y a rien de plus industriel que le num&#233;rique &#187;.</em></p></blockquote><p><em>Loin d&#8217;&#234;tre immat&#233;riel, le num&#233;rique repose sur des infrastructures physiques et &#233;nerg&#233;tiques massives. Retrouver un rapport concret &#224; la technique, &#224; la r&#233;paration et &#224; la mati&#232;re, c&#8217;est aussi r&#233;apprendre &#224; &#234;tre souverain.</em></p><p><strong>Ce que nous devons aux g&#233;n&#233;rations futures</strong></p><p><em>&#171; Un monde vivable, des institutions d&#233;mocratiques, et de l&#8217;esp&#233;rance &#187;.</em></p><p>Trois promesses simples et vertigineuses. Trois obligations sans lesquelles aucune politique industrielle ne peut pr&#233;tendre &#224; la l&#233;gitimit&#233;.</p><h2>Un &#233;pisode pour qui ?</h2><ul><li><p>Pour les dirigeant&#183;es qui veulent d&#233;passer la logique d&#233;fensive de la comp&#233;titivit&#233;.</p></li><li><p>Pour les d&#233;cideur&#183;es publics qui cherchent &#224; articuler industrie, &#233;cologie et souverainet&#233;.</p></li><li><p>Pour les citoyen&#183;nes qui pressentent que la r&#233;industrialisation ne se r&#233;sume pas &#224; rouvrir des usines, mais &#224; refonder un projet de soci&#233;t&#233;</p></li></ul>]]></content:encoded></item><item><title><![CDATA[Changer sans trahir : rediriger l’économie pour retrouver prise]]></title><description><![CDATA[Et si on osait enfin poser la question centrale : &#224; quoi voulons-nous vraiment que notre &#233;conomie serve ?]]></description><link>https://timetoreset.studioreset.fr/p/changer-sans-trahir-rediriger-leconomie</link><guid isPermaLink="false">https://timetoreset.studioreset.fr/p/changer-sans-trahir-rediriger-leconomie</guid><dc:creator><![CDATA[Hugo Lambert]]></dc:creator><pubDate>Tue, 15 Jul 2025 05:00:43 GMT</pubDate><enclosure url="https://api.substack.com/feed/podcast/167814235/5b523ec9ec0e3bc949cb953d16795029.mp3" length="0" type="audio/mpeg"/><content:encoded><![CDATA[<blockquote><p><strong>&#171; On ne fait pas que traverser une crise. On change de monde. &#187;</strong></p></blockquote><p>C&#8217;est l&#8217;un des constats puissants de mon invit&#233; : <strong>J&#233;r&#244;me Cuny</strong>.</p><p>Consultant, formateur, chercheur indocile, il travaille au plus pr&#232;s des organisations pour les accompagner dans leur redirection &#233;cologique.</p><p>Dans cet &#233;pisode, on parle de ce qu&#8217;on pr&#233;f&#232;re souvent taire :</p><ul><li><p>Ce &#224; quoi il va falloir renoncer.</p></li><li><p>Ce &#224; quoi nous restons attach&#233;s.</p></li><li><p>Ce qu&#8217;on appelle progr&#232;s.</p></li><li><p>Ce qu&#8217;on ne veut pas voir basculer.</p></li><li><p>Et surtout, ce que la transformation &#233;cologique exige : du courage, de l&#8217;imagination et une capacit&#233; &#224; reposer les fondations.</p></li></ul><p>En ligne de mire : &#171; si on ne discute pas du projet de soci&#233;t&#233;, on condamne les individus &#224; naviguer seuls. &#187;</p><h2><strong>Mon invit&#233; : J&#233;r&#244;me Cuny</strong></h2><p>Oc&#233;anographe de formation, J&#233;r&#244;me Cuny explore aujourd&#8217;hui les fronti&#232;res de la socio-&#233;conomie &#233;cologique. Il accompagne les organisations dans leur chemin de redirection en croisant expertise scientifique, pens&#233;e syst&#233;mique et sens politique.</p><p>Il est l&#8217;auteur de <em>Relocaliser</em> (Tana &#201;ditions), et coauteur de <em>La redirection &#233;cologique des entreprises</em>.</p><h2><strong>Ce que vous allez d&#233;couvrir dans cet &#233;pisode </strong></h2><p><strong>La bascule a commenc&#233;</strong></p><blockquote><p>&#171; Une bascule, &#231;a secoue. Des bascules douces dans l&#8217;histoire, j&#8217;en ai pas trouv&#233;. &#187;</p></blockquote><p>Plus personne n&#8217;ignore les signaux du d&#233;r&#232;glement. Mais la vitesse &#224; laquelle ils s&#8217;accumulent sid&#232;re encore. J&#233;r&#244;me Cuny invite &#224; regarder en face cette bascule en cours, et &#224; y r&#233;pondre sans f&#233;tichiser le futur.</p><p><strong>Renoncer pour mieux choisir</strong></p><blockquote><p>&#171; La transition &#233;cologique ne s&#8217;int&#233;resse qu&#8217;aux moyens. On a besoin de se pencher sur les finalit&#233;s. &#187;</p></blockquote><p>Loin de se limiter &#224; une affaire de technologie ou d&#8217;optimisation, la transformation &#233;cologique implique de reconsid&#233;rer ce &#224; quoi nous tenons. Elle suppose de traiter la question du renoncement, trop longtemps taboue.</p><p><strong>Changer de normes sans tomber dans la morale</strong></p><blockquote><p>&#171; Il y a la d&#233;cision juste. Et il y a la d&#233;cision possible. &#187;</p></blockquote><p>Face aux injonctions contradictoires, J&#233;r&#244;me Cuny d&#233;fend une posture lucide et non moralisatrice : il faut sortir des logiques binaires, r&#233;concilier le d&#233;sirable et le possible, et redonner de l&#8217;espace aux arbitrages d&#233;mocratiques.</p><p><strong>R&#233;interroger nos attachements</strong></p><blockquote><p>&#171; Un attachement, c&#8217;est ce &#224; quoi on tient. Et ce qui nous tient. &#187;</p></blockquote><p>La redirection &#233;cologique ne se fera pas contre les individus. Elle passera par une compr&#233;hension fine des attachements qui structurent nos vies, nos m&#233;tiers, nos choix &#8212; pour, pas &#224; pas, les d&#233;placer.</p><p><strong>Exp&#233;rimenter, documenter, rendre d&#233;sirable</strong></p><blockquote><p>&#171; On a au moins besoin d&#8217;exemples pour refaire r&#234;ver les gens. &#187;</p></blockquote><p>Changer &#224; grande &#233;chelle suppose de s&#8217;appuyer sur des r&#233;cits, mais aussi sur des preuves : d&#233;montrer que d&#8217;autres mod&#232;les &#233;conomiques sont possibles, documenter les trajectoires de redirection, rendre visible l&#8217;effort... et les b&#233;n&#233;fices.</p><h2><strong>Un &#233;pisode pour qui ?</strong></h2><ul><li><p>Pour celles et ceux qui n&#8217;ach&#232;tent plus le storytelling de la croissance verte.</p></li><li><p>Pour les dirigeants qui sentent que la strat&#233;gie ne peut plus ignorer le r&#233;el.</p></li><li><p>Pour les d&#233;cideurs publics, les acteurs priv&#233;s, les citoyens engag&#233;s&#8230; qui cherchent &#224; penser autrement.</p></li></ul><p>Pour d&#233;couvrir les travaux de J&#233;r&#244;me Cuny : <a href="https://jeromecuny.fr/">son site web</a>. </p><p>Pour approfondir la redirection &#233;cologique : <a href="https://www.dunod.com/entreprise-et-economie/redirection-ecologique-entreprises-se-transformer-pour-etre-compatible-avec">La redirection &#233;cologique des entreprises </a></p>]]></content:encoded></item><item><title><![CDATA[Face aux zones noires : penser l’inassurable pour refaire société]]></title><description><![CDATA[L&#8217;inassurabilit&#233; n&#8217;est pas un sujet technique. C&#8217;est un sujet politique, social, industriel.]]></description><link>https://timetoreset.studioreset.fr/p/face-aux-zones-noires-penser-linassurable</link><guid isPermaLink="false">https://timetoreset.studioreset.fr/p/face-aux-zones-noires-penser-linassurable</guid><dc:creator><![CDATA[Hugo Lambert]]></dc:creator><pubDate>Tue, 03 Jun 2025 05:01:15 GMT</pubDate><enclosure url="https://api.substack.com/feed/podcast/165012289/343deb4270e4d5ba327232f83f77a0b4.mp3" length="0" type="audio/mpeg"/><content:encoded><![CDATA[<p>Ce n&#8217;est plus un sc&#233;nario extr&#234;me. <br>C&#8217;est une hypoth&#232;se s&#233;rieuse, d&#233;j&#224; en discussion dans les sph&#232;res de l&#8217;assurance. </p><p>&#192; l&#8217;horizon 2027, certaines zones du territoire fran&#231;ais pourraient devenir inassurables, faute de mod&#232;le &#233;conomique viable. <br>Un basculement silencieux, mais d&#233;terminant.</p><p>Dans ce nouvel &#233;pisode de TIME TO RESET, j&#8217;&#233;change avec <strong>Chlo&#233; Coursaget</strong> et <strong>Dounia Belghiti</strong> qui explorent ensemble un sujet vertigineux : l&#8217;inassurabilit&#233;. </p><p>Ensemble, elles portent une d&#233;marche d&#8217;innovation en &#233;cosyst&#232;me pour poser les bonnes questions, croiser les expertises et inventer d&#8217;autres possibles.</p><p>Avec elles, nous avons parl&#233; du de climat, des territoires, des mod&#232;les assurantiels, des syst&#232;mes fragiles, d&#8217;innovation collective, d&#8217;information parcellaire&#8230; et surtout, de comment r&#233;apprendre &#224; agir dans un monde incertain.</p><div class="subscription-widget-wrap-editor" data-attrs="{&quot;url&quot;:&quot;https://timetoreset.studioreset.fr/subscribe?&quot;,&quot;text&quot;:&quot;S'abonner&quot;,&quot;language&quot;:&quot;fr&quot;}" data-component-name="SubscribeWidgetToDOM"><div class="subscription-widget show-subscribe"><div class="preamble"><p class="cta-caption"><strong>Pour &#234;tre s&#251;r de ne rien manquer</strong></p></div><form class="subscription-widget-subscribe"><input type="email" class="email-input" name="email" placeholder="Tapez votre e-mail&#8230;" tabindex="-1"><input type="submit" class="button primary" value="S'abonner"><div class="fake-input-wrapper"><div class="fake-input"></div><div class="fake-button"></div></div></form></div></div><p></p><h2>Mes invit&#233;es : Chlo&#233; Coursaget &amp; Dounia Belghiti</h2><p>Ces deux entrepreneures sont engag&#233;es dans la transformation des organisations.</p><ul><li><p><strong>Chlo&#233; Coursaget</strong>, fondatrice de <a href="https://www.circomplexe.fr/">Circomplexe</a>, accompagne les d&#233;cideurs dans la red&#233;finition de leurs mod&#232;les et visions strat&#233;giques.</p></li><li><p><strong>Dounia Belghiti</strong>, cofondatrice de <a href="https://www.phdtalent.fr/">PhD Talent</a>, mobilise la recherche pour produire des leviers d&#8217;action concrets dans les organisations.</p></li></ul><p>Leur ambition commune : faire &#233;merger des coalitions strat&#233;giques autour des grands enjeux syst&#233;miques. Leur m&#233;thode : la recherche-action partag&#233;e.</p><h2>Ce que vous allez d&#233;couvrir dans cet &#233;pisode :</h2><p><strong>Le d&#233;fi de l&#8217;inassurabilit&#233;, un impens&#233; collectif</strong></p><blockquote><p>&#171; Le risque climat pourrait &#234;tre exclu des contrats. Ce n&#8217;est pas le choix fait en France&#8230; pour l&#8217;instant. &#187;</p></blockquote><p>Avec la multiplication des sinistres climatiques, certaines zones deviennent trop risqu&#233;es. Quand l&#8217;al&#233;a dispara&#238;t, l&#8217;assurance aussi. Ce sujet n&#8217;est pas que technique, c&#8217;est un sujet politique, social, industriel. Il interroge les fondements de nos soci&#233;t&#233;s assur&#233;es.</p><p><strong>Le paradoxe du d&#233;cideur moderne</strong></p><blockquote><p>&#171; Il doit voir loin, mais il n&#8217;a pas forc&#233;ment int&#233;r&#234;t &#224; voir loin. &#187;</p></blockquote><p>Pris entre la conscience des mutations &#224; venir et les contraintes de court terme, le d&#233;cideur vit une tension permanente. Comment agir dans un monde qui change plus vite que les structures qui le gouvernent ?</p><p><strong>La n&#233;cessit&#233; de faire un pas de c&#244;t&#233;</strong></p><blockquote><p>&#171; On ne demande pas d&#8217;arr&#234;ter de regarder son organisation, mais d&#8217;accepter de la regarder autrement. &#187;</p></blockquote><p>Comprendre les effets syst&#233;miques implique de sortir du silo, d&#8217;accepter la complexit&#233;, de reconsid&#233;rer ses rep&#232;res. C&#8217;est &#224; ce prix qu&#8217;on peut transformer la strat&#233;gie en profondeur.</p><p><strong>Le pouvoir du doute et de la question</strong></p><blockquote><p>&#171; Poser les questions idiotes, ce sont les meilleures. &#187;</p></blockquote><p>Dans une &#233;poque satur&#233;e d&#8217;informations fragmentaires, retrouver l&#8217;art de questionner est une n&#233;cessit&#233; strat&#233;gique. Ce n&#8217;est qu&#8217;en posant les bonnes questions qu&#8217;on peut formuler les bonnes r&#233;ponses.</p><p><strong>L&#8217;innovation en &#233;cosyst&#232;me comme r&#233;ponse au chaos</strong></p><blockquote><p>&#171; Le vrai sujet, c&#8217;est : qui peut penser ces probl&#232;mes ? Et surtout : qui peut agir ? &#187;</p></blockquote><p>Face aux probl&#232;mes trop vastes pour une seule organisation, Chlo&#233; et Dounia proposent une d&#233;marche radicalement nouvelle : croiser les regards, construire une th&#232;se commune, activer la recherche, faire coop&#233;rer des acteurs qui ne se parlent jamais &#8212; pour craquer ensemble des probl&#232;mes impossibles &#224; r&#233;soudre seuls.</p><h2>Un &#233;pisode pour qui ?</h2><ul><li><p>Pour les dirigeant&#183;es qui sentent que leurs d&#233;cisions se heurtent &#224; un monde trop complexe.</p></li><li><p>Pour les chercheur&#183;es, innovateur&#183;ices et acteurs publics qui veulent renouer avec la puissance du collectif.</p></li><li><p>Pour les citoyen&#183;nes qui pressentent que certains d&#233;fis &#224; venir m&#233;ritent mieux qu&#8217;un traitement technique.</p></li></ul><blockquote><p>&#171; L&#8217;inassurabilit&#233; n&#8217;est pas un sujet d&#8217;assurance. C&#8217;est un sujet de soci&#233;t&#233;. &#187;</p></blockquote><p></p><p>Pour en savoir plus sur la m&#233;thode d&#8217;innovation en &#233;cosyst&#232;me appliqu&#233;e aux enjeux de l&#8217;inassurabilit&#233; : <a href="https://www.youtube.com/watch?v=HSIcK4rDwvQ">le webinaire d&#233;di&#233; au sujet</a>.</p><div class="captioned-button-wrap" data-attrs="{&quot;url&quot;:&quot;https://timetoreset.studioreset.fr/p/face-aux-zones-noires-penser-linassurable?utm_source=substack&utm_medium=email&utm_content=share&action=share&quot;,&quot;text&quot;:&quot;Partager&quot;}" data-component-name="CaptionedButtonToDOM"><div class="preamble"><p class="cta-caption">Si vous avez appr&#233;ci&#233; ce podcast, aidez-nous &#224; gagner en visibilit&#233; en partageant l&#8217;&#233;pisode &#10055;&#65039;</p></div><p class="button-wrapper" data-attrs="{&quot;url&quot;:&quot;https://timetoreset.studioreset.fr/p/face-aux-zones-noires-penser-linassurable?utm_source=substack&utm_medium=email&utm_content=share&action=share&quot;,&quot;text&quot;:&quot;Partager&quot;}" data-component-name="ButtonCreateButton"><a class="button primary" href="https://timetoreset.studioreset.fr/p/face-aux-zones-noires-penser-linassurable?utm_source=substack&utm_medium=email&utm_content=share&action=share"><span>Partager</span></a></p></div><p></p>]]></content:encoded></item><item><title><![CDATA[Face au bruit : remettre du sens dans la communication]]></title><description><![CDATA[Aujourd'hui nous communiquons beaucoup. Mais nous partageons trop peu.]]></description><link>https://timetoreset.studioreset.fr/p/face-au-bruit-remettre-du-sens-dans</link><guid isPermaLink="false">https://timetoreset.studioreset.fr/p/face-au-bruit-remettre-du-sens-dans</guid><dc:creator><![CDATA[Hugo Lambert]]></dc:creator><pubDate>Tue, 06 May 2025 05:30:24 GMT</pubDate><enclosure url="https://api.substack.com/feed/podcast/161756347/759976f2b892857a653793bd51c8a8a1.mp3" length="0" type="audio/mpeg"/><content:encoded><![CDATA[<p>Dans un monde satur&#233; de messages, o&#249; chacun parle mais o&#249; peu s&#8217;&#233;coutent, la communication semble avoir perdu son essence. Pourtant, <strong>c&#8217;est un levier fondamental pour faire soci&#233;t&#233;, engager la transformation &#233;cologique, et recr&#233;er du commun.</strong></p><p>Dans ce nouvel &#233;pisode de <em>TIME TO RESET</em>, j&#8217;&#233;change avec <strong>Cl&#233;mence et Valentin</strong>, communicants humanistes et cofondateurs de l&#8217;agence <em>La Moindre des choses</em>, pour repenser la place de la communication dans une &#233;poque sous tension.</p><p>Avec eux, on parle de bruit, de r&#233;cits, de confiance, de v&#233;rit&#233;, d&#8217;engagement, de territoires, d&#8217;images trop lisses, de messages creux&#8230; et surtout, de comment reconstruire des r&#233;cits porteurs de sens dans les entreprises et les institutions.</p><div class="subscription-widget-wrap-editor" data-attrs="{&quot;url&quot;:&quot;https://timetoreset.studioreset.fr/subscribe?&quot;,&quot;text&quot;:&quot;S'abonner&quot;,&quot;language&quot;:&quot;fr&quot;}" data-component-name="SubscribeWidgetToDOM"><div class="subscription-widget show-subscribe"><div class="preamble"><p class="cta-caption">Pour &#234;tre s&#251;r de ne rien manquer :</p></div><form class="subscription-widget-subscribe"><input type="email" class="email-input" name="email" placeholder="Tapez votre e-mail&#8230;" tabindex="-1"><input type="submit" class="button primary" value="S'abonner"><div class="fake-input-wrapper"><div class="fake-input"></div><div class="fake-button"></div></div></form></div></div><h2>Mes invit&#233;s : Cl&#233;mence &amp; Valentin, co-fondateurs de l&#8217;Agence <em>La Moindre des choses</em></h2><p>Fr&#232;re et s&#339;ur, communicants de terrain et d&#8217;id&#233;es, ils ont fond&#233; une agence &#224; part : <em>La Moindre des choses</em>. &#192; rebours des postures cosm&#233;tiques ou publicitaires, ils d&#233;fendent une <strong>communication ancr&#233;e, humble, humaniste et strat&#233;gique</strong>.</p><p>Leur boussole : <strong>documenter, comprendre, relier, incarner</strong>.<br>Leur ambition : <strong>aider les entreprises et institutions &#224; retrouver une parole juste et sinc&#232;re, &#224; l&#8217;heure des grandes transformations.</strong></p><h2>Ce que vous allez d&#233;couvrir dans cet &#233;pisode</h2><p><strong>Le paradoxe de notre &#233;poque</strong></p><blockquote><p>&#171; On n&#8217;a jamais autant communiqu&#233;, mais on n&#8217;a jamais &#233;t&#233; aussi isol&#233;s. &#187;</p></blockquote><p>Les r&#233;seaux sociaux ont cr&#233;&#233; des bulles, des monologues parall&#232;les, des algorithmes de sur-sollicitation. Mais o&#249; est pass&#233;e la conversation collective ?</p><p><strong>La communication comme culture et non comme outil</strong></p><blockquote><p>&#171; Une communication r&#233;ussie devient une culture. &#187;</p></blockquote><p>Au lieu d&#8217;&#234;tre r&#233;duite &#224; des indicateurs creux (like, reach, impressions), la communication doit fa&#231;onner une culture commune dans les organisations, en interne comme en externe.</p><p><strong>La n&#233;cessit&#233; d&#8217;incarner ses messages</strong></p><blockquote><p>&#171; Ce qu&#8217;on dit est inaudible si ce n&#8217;est pas port&#233; par des gens. &#187;</p></blockquote><p>Un message n&#8217;a de port&#233;e que s&#8217;il est incarn&#233; avec sinc&#233;rit&#233; et coh&#233;rence. Les entreprises doivent sortir de la communication d&#233;sincarn&#233;e et retrouver le courage de parler vrai.</p><p><strong>Le pi&#232;ge du storytelling plaqu&#233;</strong></p><blockquote><p>&#171; Le vrai r&#233;cit, c&#8217;est celui qu&#8217;on vit. Pas celui qu&#8217;on plaque. &#187;</p></blockquote><p>Face &#224; la d&#233;fiance g&#233;n&#233;ralis&#233;e, les r&#233;cits artificiels n&#8217;ont plus de prise. Seule une narration sinc&#232;re, humble, document&#233;e peut r&#233;tablir la confiance.</p><p><strong>La communication comme enjeu &#233;cologique</strong></p><blockquote><p>&#171; L'information est devenue une dimension de notre environnement. &#187;</p></blockquote><p>R&#233;apprendre &#224; faire silence, &#224; choisir ses messages, &#224; ralentir le flux : c&#8217;est aussi une forme d&#8217;&#233;cologie &#8212; de l&#8217;attention, de la parole, du lien.</p><h2>Un &#233;pisode pour qui ?</h2><ul><li><p>Pour <strong>les communicants</strong> qui veulent sortir des automatismes.</p></li><li><p>Pour <strong>les dirigeants</strong> et <strong>d&#233;cideurs</strong> en qu&#234;te d&#8217;un r&#233;cit plus juste pour leurs organisations.</p></li><li><p>Pour <strong>les citoyens</strong> qui aspirent &#224; une parole publique plus humaine et plus sinc&#232;re.</p></li></ul><blockquote><p>&#171; La transformation &#233;cologique est l&#8217;aventure du XXIe si&#232;cle. Encore faut-il la raconter. &#187;</p></blockquote><p class="button-wrapper" data-attrs="{&quot;url&quot;:&quot;https://timetoreset.substack.com/?utm_source=substack&amp;utm_medium=email&amp;utm_content=share&amp;action=share&quot;,&quot;text&quot;:&quot;Partager TIME TO RESET&quot;,&quot;action&quot;:null,&quot;class&quot;:null}" data-component-name="ButtonCreateButton"><a class="button primary" href="https://timetoreset.substack.com/?utm_source=substack&amp;utm_medium=email&amp;utm_content=share&amp;action=share"><span>Partager TIME TO RESET</span></a></p><p></p>]]></content:encoded></item><item><title><![CDATA[Face au stress : la clé c'est le mouvement]]></title><description><![CDATA[D&#233;cisions, pression, incertitudes : et si la cl&#233; &#233;tait dans l&#8217;action ?]]></description><link>https://timetoreset.studioreset.fr/p/face-au-stress-la-cle-cest-le-mouvement</link><guid isPermaLink="false">https://timetoreset.studioreset.fr/p/face-au-stress-la-cle-cest-le-mouvement</guid><dc:creator><![CDATA[Hugo Lambert]]></dc:creator><pubDate>Tue, 18 Mar 2025 06:30:48 GMT</pubDate><enclosure url="https://api.substack.com/feed/podcast/159051113/3f9c334a064a06dd56d9f2c55de24801.mp3" length="0" type="audio/mpeg"/><content:encoded><![CDATA[<blockquote><p><em>&#171; L&#8217;inaction g&#233;n&#232;re du stress. Se mettre en mouvement, c&#8217;est d&#233;j&#224; s&#8217;en lib&#233;rer. &#187;</em></p></blockquote><p><strong>Le stress est partout.</strong> Dans nos vies personnelles, bien s&#251;r, mais aussi dans les grandes d&#233;cisions strat&#233;giques. Quand on parle de <strong>transition &#233;cologique</strong>, de gestion du changement ou de transformation profonde, la pression monte : incertitudes, choix difficiles, attentes contradictoires&#8230; Autant de facteurs qui p&#232;sent sur les d&#233;cideurs.</p><p>Dans cet &#233;pisode, j&#8217;ai eu le plaisir d&#8217;&#233;changer avec <strong>Sam</strong>, ost&#233;opathe, coach, formateur et instructeur de karat&#233;. Un parcours atypique qui lui permet d&#8217;aborder la gestion du stress sous plusieurs angles : physiologique, mental et comportemental.</p><p><strong>Ce que vous allez d&#233;couvrir :</strong></p><ul><li><p><strong>Le stress, un faux ennemi ?</strong> Il peut &#234;tre un moteur, &#224; condition de savoir l&#8217;apprivoiser.</p></li><li><p><strong>Pourquoi 70 % des Fran&#231;ais ont mal au dos</strong> et comment le stress se manifeste physiquement.</p></li><li><p><strong>Le lien entre immobilisme et angoisse</strong> : ne pas agir, c&#8217;est nourrir le stress.</p></li><li><p><strong>Les cl&#233;s pour s&#8217;adapter</strong> en toute situation : respiration, mouvement, routines...</p></li><li><p><strong>Le pouvoir des habitudes</strong> : comment quelques ajustements quotidiens peuvent transformer votre rapport au stress.</p></li></ul><blockquote><p><em>&#171; On ne peut pas &#233;viter le stress, mais on peut choisir comment on l&#8217;affronte.&#187;</em></p></blockquote><p>Un &#233;pisode essentiel pour <strong>tous ceux qui veulent mieux g&#233;rer la pression et reprendre le contr&#244;le</strong> &#10055;&#65039;</p>]]></content:encoded></item><item><title><![CDATA[Pouvons-nous encore croire au progrès ?]]></title><description><![CDATA[#05 - Un progr&#232;s sous tension : entre aspirations humaines et d&#233;fis plan&#233;taires]]></description><link>https://timetoreset.studioreset.fr/p/pouvons-nous-encore-croire-au-progres</link><guid isPermaLink="false">https://timetoreset.studioreset.fr/p/pouvons-nous-encore-croire-au-progres</guid><dc:creator><![CDATA[Hugo Lambert]]></dc:creator><pubDate>Tue, 03 Dec 2024 06:01:49 GMT</pubDate><enclosure url="https://substack-post-media.s3.amazonaws.com/public/images/d218e46a-1630-4c59-a772-8391c4c80466_420x300.png" length="0" type="image/jpeg"/><content:encoded><![CDATA[<div class="pullquote"><p><em>&#8220;A quoi bon avoir une civilisation quand on ne cherche plus &#224; &#234;tre civilis&#233;?&#8221; </em><br>God Bless America</p></div><h2><strong>Time To Reset en 1 minute </strong></h2><ol><li><p><strong>&#129517; En route vers le progr&#232;s</strong> </p><p>Dans un monde en mutation, la d&#233;finition m&#234;me du progr&#232;s est en jeu. Ce d&#233;bat d&#233;passe les choix technologiques ou &#233;conomiques : il interroge notre capacit&#233; &#224; b&#226;tir un r&#233;cit collectif porteur de sens.</p></li><li><p><strong>&#128270; D&#233;crypter la transition : pourquoi le progr&#232;s est-il en panne ?</strong></p><p>Comprendre le progr&#232;s, c&#8217;est d&#233;crypter les tensions entre technique, social et environnemental.</p></li><li><p><strong>&#10055;&#65039; Ressources : quel r&#233;cit pour accompagner la transformation en cours?</strong></p><p>Mise en lumi&#232;re des d&#233;fis et des ordres de grandeur n&#233;cessaires pour atteindre la neutralit&#233; carbone d'ici 2050.</p></li><li><p><strong>&#128301; Signaux faibles, tendances lourdes : &#8220;Neutralit&#233; du progr&#232;s&#8221;, &#8220;Progr&#232;s &#233;conomique, progr&#232;s social", &#8220;Progr&#232;s et r&#233;cit&#8221;, &#8220;IA &amp; progr&#232;s&#8221;, &#8220;Progr&#232;s &amp; pouvoir&#8221;.</strong></p><p>Ces notions cl&#233;s offrent des pistes pour repenser le progr&#232;s et ses implications.</p></li><li><p><strong>&#10133; 1 contenu pour aller plus loin : nous sommes tous et toutes des macaques &#224; longue queue.</strong></p><p>Que nous apprend la biologie sur notre capacit&#233; &#224; agir pour un futur collectif ?</p></li><li><p><strong>&#128172; Le mot de la fin</strong> </p></li></ol><div class="pullquote"><p>Lors de la derni&#232;re newsletter j&#8217;abordais la notion d&#8217;ancrage local : <a href="https://timetoreset.substack.com/p/sancrer-dans-un-monde-fluctuant">&#8220;S'ancrer dans un monde fluctuant&#8221;</a>. Merci pour vos retours, soutiens et encouragements &#128591;</p></div><div class="subscription-widget-wrap-editor" data-attrs="{&quot;url&quot;:&quot;https://timetoreset.studioreset.fr/subscribe?&quot;,&quot;text&quot;:&quot;S'abonner&quot;,&quot;language&quot;:&quot;fr&quot;}" data-component-name="SubscribeWidgetToDOM"><div class="subscription-widget show-subscribe"><div class="preamble"><p class="cta-caption">Si on vous a transmis cette newsletter, vous pouvez vous abonner pour recevoir ce contenu tout chaud dans votre boite mail chaque semaine.</p></div><form class="subscription-widget-subscribe"><input type="email" class="email-input" name="email" placeholder="Tapez votre e-mail&#8230;" tabindex="-1"><input type="submit" class="button primary" value="S'abonner"><div class="fake-input-wrapper"><div class="fake-input"></div><div class="fake-button"></div></div></form></div></div><div><hr></div><h2>&#129517; Relancer le progr&#232;s</h2><p>L&#8217;actualit&#233; r&#233;cente illustre un paradoxe : &#224; l&#8217;heure o&#249; les catastrophes naturelles se multiplient, le climatoscepticisme progresse. </p><p>En novembre, alors qu&#8217;un pr&#233;sident climatosceptique &#233;tait r&#233;&#233;lu aux &#201;tats-Unis (&#8220;Drill, Baby, Drill&#8221;), des inondations d&#233;vastatrices frappaient l&#8217;Espagne lors de la COP 16. Une ironie am&#232;re.</p><p>Ces &#233;v&#233;nements illustrent une bataille cruciale : celle du r&#233;cit du progr&#232;s.<br>Au c&#339;ur de cette bataille : une notion fondatrice de nos soci&#233;t&#233;s modernes. </p><p>Depuis deux si&#232;cles, le progr&#232;s technique, social et &#233;conomique formait un socle, souvent imparfait, mais plut&#244;t partag&#233; au coeur du pacte social. </p><p>Mais aujourd&#8217;hui, cette m&#233;canique s&#8217;est enray&#233;e.</p><p>Puisque le progr&#232;s semble malade, t&#226;chons au moins de comprendre pourquoi.</p><p>Bonne lecture,</p><p>&#10055;&#65039; Hugo L.</p><p>PS : chaque mois, je vous ferai parvenir cette newsletter. N&#8217;h&#233;sitez pas &#224; la partager ou &#224; en parler autour de vous pour nous soutenir &#128591;</p><p class="button-wrapper" data-attrs="{&quot;url&quot;:&quot;https://timetoreset.substack.com/?utm_source=substack&amp;utm_medium=email&amp;utm_content=share&amp;action=share&quot;,&quot;text&quot;:&quot;Partager Time To Reset&quot;,&quot;action&quot;:null,&quot;class&quot;:null}" data-component-name="ButtonCreateButton"><a class="button primary" href="https://timetoreset.substack.com/?utm_source=substack&amp;utm_medium=email&amp;utm_content=share&amp;action=share"><span>Partager Time To Reset</span></a></p><blockquote><p><strong>Time To Reset : une newsletter mensuelle qui t&#8217;aide &#224; comprendre et agir en faveur de la transformation &#233;cologique des entreprises et des territoires.</strong></p></blockquote><div><hr></div><h2>&#128270; P<strong>ourquoi le progr&#232;s est-il en panne ?</strong></h2><ul><li><p>Les conditions de vie se durcissent (recul de l&#8217;esp&#233;rance de vie aux &#201;tats-Unis, baisse des niveaux &#233;ducatifs).</p></li><li><p>Les in&#233;galit&#233;s &#233;conomiques persistent, alimentant pr&#233;carit&#233; et m&#233;contentement.</p></li><li><p>La crise &#233;cologique frappe de plein fouet les populations les plus vuln&#233;rables.</p></li><li><p>Les r&#233;cits collectifs se fragmentent, minant notre capacit&#233; &#224; agir de mani&#232;re concert&#233;e.</p></li></ul><p><strong>Bref, la notion de progr&#232;s est en panne.</strong> &#192; tel point que 85 % des Fran&#231;ais regardent l&#8217;avenir avec inqui&#233;tude.</p><p>Pourtant, comme l&#8217;aurait dit le G&#233;n&#233;ral de Gaulle : <em>&#8220;On peut sauter sur sa chaise comme un cabri en disant : le progr&#232;s ! le progr&#232;s ! le progr&#232;s ! Mais &#231;a n&#8217;aboutit &#224; rien et &#231;a ne signifie rien.&#8221;</em></p><h3>Le concept</h3><blockquote><p>Le progr&#232;s peut se d&#233;finir comme une d&#233;marche dynamique d&#8217;am&#233;lioration de la condition humaine pour la rendre meilleure et atteindre un &#233;tat plus satisfaisant.</p></blockquote><p>Elle repose sur trois dimensions.</p><ul><li><p><strong>Le progr&#232;s technique</strong> englobe l&#8217;am&#233;lioration des processus de production et des technologies : augmentation de la productivit&#233;, r&#233;duction de la p&#233;nibilit&#233; du travail, &#233;mergence de nouveaux produits et services, innovation dans les m&#233;thodes de fabrication&#8230;</p></li><li><p><strong>Le progr&#232;s social</strong> vise l'am&#233;lioration des conditions d&#8217;existence : meilleur acc&#232;s aux soins, meilleur syst&#232;me &#233;ducatif, lutte contre la pauvret&#233;, reconnaissance et protection des droits, am&#233;lioration du bien-&#234;tre collectif&#8230;</p></li><li><p><strong>Le progr&#232;s &#233;conomique</strong> cible l'am&#233;lioration du niveau de vie : cr&#233;ation de richesses, d&#233;veloppement de nouvelles opportunit&#233;s &#233;conomiques, r&#233;duction des in&#233;galit&#233;s&#8230;</p></li></ul><h3>Pourquoi cette notion est importante ?</h3><p><strong>La crise climatique remet en cause une vision trop lin&#233;aire et centr&#233;e sur le progr&#232;s technique.</strong></p><div><hr></div><p>Pour approfondir ce point, il est possible de retrouver les &#233;l&#233;ments &#233;voqu&#233;s dans l&#8217;&#233;dition Time To Reset d&#233;di&#233; &#224; <a href="https://timetoreset.substack.com/p/faire-face-a-la-grande-acceleration">la grande acc&#233;l&#233;ration</a> et celle sur <a href="https://timetoreset.substack.com/p/faire-face-aux-limites-planetaires">les limites plan&#233;taires</a>.</p><div><hr></div><p><strong>La notion de progr&#232;s doit donc embrasser les enjeux syst&#233;miques et s&#8217;adapter aux contraintes d&#8217;un monde fini.</strong> </p><p>Autrement dit, la transition &#233;cologique requestionne le progr&#232;s autour de 4 dimensions :</p><ul><li><p><strong>R&#233;duction des in&#233;galit&#233;s</strong> socio-&#233;conomiques</p></li><li><p><strong>Transformation des modes de production</strong></p></li><li><p><strong>Pr&#233;servation des relations avec le vivant</strong></p></li><li><p><strong>Adaptation aux mutations globales</strong></p></li></ul><p>L&#8217;aspect central de la notion porte donc sur le r&#233;cit associ&#233; et les choix de soci&#233;t&#233;s induits. Probablement pour cette raison que la notion est constamment utilis&#233; pour justifier certains choix et en d&#233;nigrer d&#8217;autres.</p><h3>A noter</h3><p>Autour de cette ambition &#233;cologique du progr&#232;s co-existent plusieurs approches.</p><ul><li><p><strong>La modernisation &#233;cologique </strong>qui cherche &#224; concilier d&#233;veloppement &#233;conomique, technique et social avec la pr&#233;servation environnementale en s&#8217;appuyant sur l&#8217;innovation technique, la d&#233;carbonation et la pr&#233;servation de la biodiversit&#233;.</p></li><li><p><strong>La transformation &#233;cologique </strong>qui souhaite rompre avec une vision lin&#233;aire du progr&#232;s et int&#233;grer des objectifs &#233;cologiques, sociaux et d&#233;mocratiques en privil&#233;giant le bien-&#234;tre et le respect des &#233;cosyst&#232;mes. </p></li></ul><p>Finalement le progr&#232;s peut emprunter diff&#233;rents chemins, montrant ainsi son caract&#232;re prot&#233;iforme. </p><p>Pour illustrer cela, l&#8217;ADEME a r&#233;alis&#233; <strong>un excellent travail de projection autour de quatre chemins &#8220;types&#8221; coh&#233;rents qui illustrent de mani&#232;re volontairement contrast&#233;e des options &#233;conomiques, techniques et de soci&#233;t&#233; pour atteindre la neutralit&#233; carbone en 2050. </strong></p><p>Vous pouvez retrouver ce travail dans les visuels ci-dessous ou sur le site de <a href="https://www.ademe.fr/les-futurs-en-transition/les-scenarios/">l&#8217;ADEME</a>.</p><div class="image-gallery-embed" data-attrs="{&quot;gallery&quot;:{&quot;images&quot;:[{&quot;type&quot;:&quot;image/png&quot;,&quot;src&quot;:&quot;https://substack-post-media.s3.amazonaws.com/public/images/1fe1a9a3-21f4-47f0-97fa-d517af76cefb_1299x551.png&quot;},{&quot;type&quot;:&quot;image/png&quot;,&quot;src&quot;:&quot;https://substack-post-media.s3.amazonaws.com/public/images/a6c6621b-48d6-4581-9e8c-56ad5e23a2b2_1299x742.png&quot;},{&quot;type&quot;:&quot;image/png&quot;,&quot;src&quot;:&quot;https://substack-post-media.s3.amazonaws.com/public/images/338549e5-ab65-4e0a-8530-73a635876fd3_1299x829.png&quot;},{&quot;type&quot;:&quot;image/png&quot;,&quot;src&quot;:&quot;https://substack-post-media.s3.amazonaws.com/public/images/5786d2ac-93ef-4f01-8a8b-7cf758ea77dd_1299x829.png&quot;},{&quot;type&quot;:&quot;image/png&quot;,&quot;src&quot;:&quot;https://substack-post-media.s3.amazonaws.com/public/images/1543c5fd-32fb-4d7b-bd32-6dca726eb6be_1299x742.png&quot;},{&quot;type&quot;:&quot;image/png&quot;,&quot;src&quot;:&quot;https://substack-post-media.s3.amazonaws.com/public/images/3db08f26-1ed9-4fc2-8929-ca5fd7e283c8_1251x894.png&quot;}],&quot;caption&quot;:&quot;Diverses illustrations en lien avec la notion de progr&#232;s&quot;,&quot;alt&quot;:&quot;Empreinte carbone &quot;,&quot;staticGalleryImage&quot;:{&quot;type&quot;:&quot;image/png&quot;,&quot;src&quot;:&quot;https://substack-post-media.s3.amazonaws.com/public/images/5f4b8e0e-4e72-40f6-b15a-6542c8debdfd_1456x964.png&quot;}},&quot;isEditorNode&quot;:true}"></div><div class="poll-embed" data-attrs="{&quot;id&quot;:241148}" data-component-name="PollToDOM"></div><p class="button-wrapper" data-attrs="{&quot;url&quot;:&quot;https://timetoreset.studioreset.fr/subscribe?&quot;,&quot;text&quot;:&quot;Abonnez-vous maintenant&quot;,&quot;action&quot;:null,&quot;class&quot;:null}" data-component-name="ButtonCreateButton"><a class="button primary" href="https://timetoreset.studioreset.fr/subscribe?"><span>Abonnez-vous maintenant</span></a></p><div><hr></div><h2>&#10055;&#65039; France Net Z&#233;ro : quel r&#233;cit pour accompagner la transformation en cours ?</h2><div class="captioned-image-container"><figure><a class="image-link image2 is-viewable-img" target="_blank" href="https://substackcdn.com/image/fetch/$s_!iMIy!,f_auto,q_auto:good,fl_progressive:steep/https%3A%2F%2Fsubstack-post-media.s3.amazonaws.com%2Fpublic%2Fimages%2F04c2789a-e7b3-4cf7-800a-5bbd2d87eec5_1152x640.png" data-component-name="Image2ToDOM"><div class="image2-inset"><picture><source type="image/webp" srcset="https://substackcdn.com/image/fetch/$s_!iMIy!,w_424,c_limit,f_webp,q_auto:good,fl_progressive:steep/https%3A%2F%2Fsubstack-post-media.s3.amazonaws.com%2Fpublic%2Fimages%2F04c2789a-e7b3-4cf7-800a-5bbd2d87eec5_1152x640.png 424w, https://substackcdn.com/image/fetch/$s_!iMIy!,w_848,c_limit,f_webp,q_auto:good,fl_progressive:steep/https%3A%2F%2Fsubstack-post-media.s3.amazonaws.com%2Fpublic%2Fimages%2F04c2789a-e7b3-4cf7-800a-5bbd2d87eec5_1152x640.png 848w, https://substackcdn.com/image/fetch/$s_!iMIy!,w_1272,c_limit,f_webp,q_auto:good,fl_progressive:steep/https%3A%2F%2Fsubstack-post-media.s3.amazonaws.com%2Fpublic%2Fimages%2F04c2789a-e7b3-4cf7-800a-5bbd2d87eec5_1152x640.png 1272w, https://substackcdn.com/image/fetch/$s_!iMIy!,w_1456,c_limit,f_webp,q_auto:good,fl_progressive:steep/https%3A%2F%2Fsubstack-post-media.s3.amazonaws.com%2Fpublic%2Fimages%2F04c2789a-e7b3-4cf7-800a-5bbd2d87eec5_1152x640.png 1456w" sizes="100vw"><img src="https://substackcdn.com/image/fetch/$s_!iMIy!,w_1456,c_limit,f_auto,q_auto:good,fl_progressive:steep/https%3A%2F%2Fsubstack-post-media.s3.amazonaws.com%2Fpublic%2Fimages%2F04c2789a-e7b3-4cf7-800a-5bbd2d87eec5_1152x640.png" width="1152" height="640" data-attrs="{&quot;src&quot;:&quot;https://substack-post-media.s3.amazonaws.com/public/images/04c2789a-e7b3-4cf7-800a-5bbd2d87eec5_1152x640.png&quot;,&quot;srcNoWatermark&quot;:null,&quot;fullscreen&quot;:null,&quot;imageSize&quot;:null,&quot;height&quot;:640,&quot;width&quot;:1152,&quot;resizeWidth&quot;:null,&quot;bytes&quot;:1610893,&quot;alt&quot;:null,&quot;title&quot;:null,&quot;type&quot;:&quot;image/png&quot;,&quot;href&quot;:null,&quot;belowTheFold&quot;:true,&quot;topImage&quot;:false,&quot;internalRedirect&quot;:null,&quot;isProcessing&quot;:false,&quot;align&quot;:null,&quot;offset&quot;:false}" class="sizing-normal" alt="" srcset="https://substackcdn.com/image/fetch/$s_!iMIy!,w_424,c_limit,f_auto,q_auto:good,fl_progressive:steep/https%3A%2F%2Fsubstack-post-media.s3.amazonaws.com%2Fpublic%2Fimages%2F04c2789a-e7b3-4cf7-800a-5bbd2d87eec5_1152x640.png 424w, https://substackcdn.com/image/fetch/$s_!iMIy!,w_848,c_limit,f_auto,q_auto:good,fl_progressive:steep/https%3A%2F%2Fsubstack-post-media.s3.amazonaws.com%2Fpublic%2Fimages%2F04c2789a-e7b3-4cf7-800a-5bbd2d87eec5_1152x640.png 848w, https://substackcdn.com/image/fetch/$s_!iMIy!,w_1272,c_limit,f_auto,q_auto:good,fl_progressive:steep/https%3A%2F%2Fsubstack-post-media.s3.amazonaws.com%2Fpublic%2Fimages%2F04c2789a-e7b3-4cf7-800a-5bbd2d87eec5_1152x640.png 1272w, https://substackcdn.com/image/fetch/$s_!iMIy!,w_1456,c_limit,f_auto,q_auto:good,fl_progressive:steep/https%3A%2F%2Fsubstack-post-media.s3.amazonaws.com%2Fpublic%2Fimages%2F04c2789a-e7b3-4cf7-800a-5bbd2d87eec5_1152x640.png 1456w" sizes="100vw" loading="lazy"></picture><div class="image-link-expand"><div class="pencraft pc-display-flex pc-gap-8 pc-reset"><button tabindex="0" type="button" class="pencraft pc-reset pencraft icon-container restack-image"><svg aria-hidden="true" width="20" height="20" viewBox="0 0 20 20" fill="none" stroke-width="1.5" stroke="var(--color-fg-primary)" stroke-linecap="round" stroke-linejoin="round" xmlns="http://www.w3.org/2000/svg"><g><path d="M2.53001 7.81595C3.49179 4.73911 6.43281 2.5 9.91173 2.5C13.1684 2.5 15.9537 4.46214 17.0852 7.23684L17.6179 8.67647M17.6179 8.67647L18.5002 4.26471M17.6179 8.67647L13.6473 6.91176M17.4995 12.1841C16.5378 15.2609 13.5967 17.5 10.1178 17.5C6.86118 17.5 4.07589 15.5379 2.94432 12.7632L2.41165 11.3235M2.41165 11.3235L1.5293 15.7353M2.41165 11.3235L6.38224 13.0882"></path></g></svg></button><button tabindex="0" type="button" class="pencraft pc-reset pencraft icon-container view-image"><svg xmlns="http://www.w3.org/2000/svg" width="20" height="20" viewBox="0 0 24 24" fill="none" stroke="currentColor" stroke-width="2" stroke-linecap="round" stroke-linejoin="round" class="lucide lucide-maximize2 lucide-maximize-2"><polyline points="15 3 21 3 21 9"></polyline><polyline points="9 21 3 21 3 15"></polyline><line x1="21" x2="14" y1="3" y2="10"></line><line x1="3" x2="10" y1="21" y2="14"></line></svg></button></div></div></div></a></figure></div><p>Carbone 4 a d&#233;velopp&#233; - avec le soutien de l'European Climate Foundation (ECF), de l'ADEME et de la Direction g&#233;n&#233;rale de l'&#233;nergie et du climat (DGEC) - une plateforme permettant &#224; chacun de composer sa propre recette de la neutralit&#233; carbone du pays.</p><p>Gr&#226;ce &#224; une approche ludique, cet outil met en lumi&#232;re les d&#233;fis et les ordres de grandeur n&#233;cessaires pour atteindre la neutralit&#233; carbone d'ici 2050.</p><p>Un bel outil pour :</p><ul><li><p>Comprendre la trajectoire du pays dans une perspective Net Z&#233;ro ;</p></li><li><p>Mesurer l&#8217;ampleur des transformations &#224; venir et des choix associ&#233;s ;</p></li><li><p>Saisir l&#8217;urgente n&#233;cessit&#233; de construire un r&#233;cit d&#233;sirable et mobilisant autour de cet objectif.</p></li></ul><p>A ton tour de trouver la voie pour r&#233;ussir ce d&#233;fi ! </p><p class="button-wrapper" data-attrs="{&quot;url&quot;:&quot;https://www.francenetzero.fr/modes&quot;,&quot;text&quot;:&quot;France Net Z&#233;ro&quot;,&quot;action&quot;:null,&quot;class&quot;:null}" data-component-name="ButtonCreateButton"><a class="button primary" href="https://www.francenetzero.fr/modes"><span>France Net Z&#233;ro</span></a></p><div><hr></div><h2>&#128301; Signaux faibles et tendances lourdes : enjeux et d&#233;bats autour de la notion de progr&#232;s</h2><h3><strong>C&#233;dric Villani : &#171; Les progr&#232;s ne sont pas neutres &#187;</strong></h3><blockquote><p>Flashback : quand para&#238;t en 1962, <em>Printemps silencieux</em>, ouvrage qui d&#233;nonce l&#8217;utilisation toxique du dichlorodiph&#233;nyltrichloro&#233;thane (DDT) et qui marque la naissance de l&#8217;&#233;cologie politique, son autrice, la biologiste Rachel Carson, est la cible d&#8217;une campagne de d&#233;nigrement en r&#232;gle par l&#8217;industrie chimique, l&#8217;accusant d&#8217;obscurantisme hyst&#233;rique. Les &#233;volutions scientifiques entraient en collision avec les int&#233;r&#234;ts techniques, cela arrive souvent en fait ! C&#8217;est pourtant cet ouvrage qui provoquera la cr&#233;ation de l&#8217;agence publique am&#233;ricaine de protection de l&#8217;environnement et l&#8217;interdiction en 1972 du fl&#233;au environnemental qu&#8217;&#233;tait le DDT. Les le&#231;ons en sont toujours vraies aujourd&#8217;hui : face aux grands d&#233;fis qui sont les n&#244;tres, en particulier les trois acc&#233;l&#233;rations entrem&#234;l&#233;es &#8212; g&#233;opolitique, technologique et environnementale &#8212; que d&#233;peint Thomas Gomart dans <em>L&#8217;Acc&#233;l&#233;ration de l&#8217;histoire</em> (Tallandier, 2024), il faut &#234;tre lucide mais on peut s&#8217;autoriser l&#8217;optimisme car la prise de conscience est rapide. </p></blockquote><p>&#10145;&#65039; Retrouver l&#8217;article sur <a href="https://bigmedia.bpifrance.fr/nos-actualites/cedric-villani-les-progres-ne-sont-pas-neutres">bpifrance</a></p><h3><strong>La baisse tragique de l&#8217;esp&#233;rance de vie am&#233;ricaine ne tient pas qu&#8217;&#224; la pand&#233;mie</strong></h3><blockquote><p>Tous les travaux scientifiques qui ont tent&#233; d&#8217;identifier les forces &#224; l&#8217;&#339;uvre dans l&#8217;&#233;volution de l&#8217;esp&#233;rance de vie aux Etats-Unis mettent l&#8217;accent sur l&#8217;affaiblissement du contrat social, tout comme celui des services publics et leur privatisation progressive (notamment en mati&#232;re de sant&#233; et d&#8217;&#233;ducation), une fragilisation de la protection sociale et la concentration croissante des richesses au profit d&#8217;une part toujours plus faible de la population. La d&#233;t&#233;rioration de la situation sanitaire dans l&#8217;un des pays les plus riches du monde et &#224; la pointe des technologies les plus avanc&#233;es devrait servir d&#8217;avertissement aux gouvernements tent&#233;s par des politiques d&#8217;aust&#233;rit&#233; g&#233;n&#233;ratrices d&#8217;in&#233;galit&#233;s &#233;conomiques et sociales.</p></blockquote><p>&#10145;&#65039; Retrouver l&#8217;article sur <a href="https://www.liberation.fr/idees-et-debats/tribunes/la-baisse-tragique-de-lesperance-de-vie-americaine-ne-tient-pas-qua-la-pandemie-20220907_JQBSRGLQ6RFWNI7IIPVXYIGSFI/">Lib&#233;ration</a></p><h3><strong>Le progr&#232;s a-t-il encore de l&#8217;avenir ?</strong></h3><blockquote><p>Le triptyque &#8220;prot&#233;ger, projeter et progresser&#8221; permet de tendre vers le progr&#232;s. Nous ne pouvons progresser sans se sentir prot&#233;g&#233;, et sans se projeter. Il faut donc d&#8217;abord int&#233;grer la s&#233;curit&#233; comme base mais actuellement il y a un manque de capacit&#233; d&#8217;imagination pour se projeter. En ne focalisant que sur l&#8217;ins&#233;curit&#233; et les catastrophes, on ne peut donc plus avancer sereinement. En pensant le progr&#232;s avec pragmatisme et en remettant l&#8217;humain au centre, il faut accepter de se changer soi m&#234;me, de revaloriser la conscience de citoyen et diminuer celle du consommateur. Cela afin de retrouver une envie de se projeter, moins de se s&#233;curiser, et d&#8217;avoir un socle commun de rep&#232;res pour savoir si on progresse r&#233;ellement ou pas.</p></blockquote><p>&#10145;&#65039; Retrouver l&#8217;article sur <a href="https://entrepriseprogres.com/2021/10/progres-avenir/">Entreprise &amp; Progr&#232;s</a></p><h3><strong>Pr&#233;sentation du projet d'avis "Impacts de l'intelligence artificielle : risques et opportunit&#233;s pour l'environnement"</strong></h3><blockquote><p>Elle existe depuis des d&#233;cennies, mais a fait une entr&#233;e fracassante dans notre vie quotidienne. L'intelligence artificielle (IA) est &#224; pr&#233;sent partout autour de nous : dans nos smartphones et assistants intelligents, sur les r&#233;seaux sociaux, mais aussi dans des secteurs entiers comme l'industrie, le transport, le marketing... Cette omnipr&#233;sence nous am&#232;ne aujourd'hui &#224; questionner son impact sur le changement climatique. Certains d&#233;noncent une menace et un impact d&#233;j&#224; effectif pour l'environnement. D'autres soulignent son potentiel d'outil indispensable &#224; la transition &#233;cologique. Qui croire ?</p></blockquote><p>&#10145;&#65039; Retrouver l&#8217;article sur <a href="https://www.lecese.fr/actualites/quels-impacts-de-lintelligence-artificielle-sur-lenvironnement-seance-pleniere-en-direct">CESE</a></p><h3>Nobel d&#8217;&#233;conomie : progr&#232;s, pouvoir et d&#233;mocratie face &#224; l&#8217;intelligence artificielle<strong> </strong></h3><blockquote><p>Daron Acemo&#287;lu et Simon Johnson, professeurs au Massachusetts Institute of Technology (MIT), l'une des plus grandes universit&#233;s du monde et <strong>laur&#233;ats du prix Nobel d&#8217;&#233;conomie en 2024, remettent en question cette approche m&#233;caniste du d&#233;veloppement technologique</strong> dans l'ouvrage qu'ils ont cosign&#233;, <em><strong><a href="https://www.hachettebookgroup.com/titles/daron-acemoglu/power-and-progress/9781541702530/?lens=publicaffairs">Power and Progress : Our Thousand-Year Struggle Over Technology and Prosperity</a></strong></em>. Ils mettent le lecteur en garde contre ce qu'ils appellent le "<em>pi&#232;ge du r&#233;cit</em>". Selon eux, "<em><strong>d&#232;s lors qu&#8217;un r&#233;cit devient dominant, il est difficile de se d&#233;prendre de ses postulats </strong>car on a tendance &#224; tenir ses enseignements pour v&#233;ridiques</em>". Ce risque, toujours pr&#233;sent aujourd'hui, r&#233;sulte de notre incapacit&#233; &#224; remettre en question le discours des g&#233;ants de la technologie afin d&#8217;envisager des voies autres pour le d&#233;veloppement technologique et ses applications.</p><p>C'est pourquoi les auteurs affirment qu'il n'est pas possible de comprendre le "progr&#232;s", qui inclut le d&#233;veloppement technologique, ni la question de la r&#233;partition des richesses, sans prendre en compte la dimension du pouvoir. Leur th&#232;se, qu'ils &#233;tayent par des exemples historiques, est que <strong>la contribution de la technologie au bien commun n'a &#233;t&#233; rendue possible que gr&#226;ce aux luttes sociales : elle n&#8217;a pas &#233;t&#233; spontan&#233;e</strong>.</p></blockquote><p>&#10145;&#65039; Retrouver l&#8217;article sur <a href="https://www.institutmontaigne.org/expressions/nobel-deconomie-progres-pouvoir-et-democratie-face-lintelligence-artificielle">Institut Montaigne</a></p><p class="button-wrapper" data-attrs="{&quot;url&quot;:&quot;https://timetoreset.substack.com/?utm_source=substack&amp;utm_medium=email&amp;utm_content=share&amp;action=share&quot;,&quot;text&quot;:&quot;Partager Time To Reset&quot;,&quot;action&quot;:null,&quot;class&quot;:null}" data-component-name="ButtonCreateButton"><a class="button primary" href="https://timetoreset.substack.com/?utm_source=substack&amp;utm_medium=email&amp;utm_content=share&amp;action=share"><span>Partager Time To Reset</span></a></p><div><hr></div><h2>&#10133; <strong>La COP29 sert-elle encore &#224; quelque chose ?</strong></h2><h3>En bref</h3><blockquote><p>Alors m&#234;me que la r&#233;alit&#233; du r&#233;chauffement climatique et de la crise environnementale apparait de plus en plus clairement, nous faisons face &#224; un paradoxe. Le climatoscepticisme se d&#233;veloppe et la contestation contre les actions de lutte contre le r&#233;chauffement climatique et la crise environnementale se renforcent.</p></blockquote><div id="youtube2-jhofj86dHms" class="youtube-wrap" data-attrs="{&quot;videoId&quot;:&quot;jhofj86dHms&quot;,&quot;startTime&quot;:null,&quot;endTime&quot;:null}" data-component-name="Youtube2ToDOM"><div class="youtube-inner"><iframe src="https://www.youtube-nocookie.com/embed/jhofj86dHms?rel=0&amp;autoplay=0&amp;showinfo=0&amp;enablejsapi=0" frameborder="0" loading="lazy" gesture="media" allow="autoplay; fullscreen" allowautoplay="true" allowfullscreen="true" width="728" height="409"></iframe></div></div><h3>7 enseignements</h3><ul><li><p>&#127786;&#65039; <strong>Catastrophes climatiques</strong> : les al&#233;as climatiques extr&#234;mes, comme les ouragans, sont clairement li&#233;s au r&#233;chauffement climatique, mais l&#8217;inaction demeure. Cela illustre que la connaissance n&#8217;entraine pas n&#233;cessairement l&#8217;action.</p></li><li><p>&#129504; <strong>Passivit&#233; collective</strong> : malgr&#233; la prise de conscience croissante, il existe une curieuse passivit&#233; face &#224; l&#8217;urgence climatique. Cela pose la question de la motivation humaine &#224; agir pour le bien commun et du r&#233;cit associ&#233;.</p></li><li><p>&#129447; <strong>Comportement biologique</strong> : comparer notre inaction &#224; celle des macaques montre que les comportements humains peuvent &#234;tre biologiquement d&#233;termin&#233;s, soulignant la n&#233;cessit&#233; d&#8217;un d&#233;passement culturel.</p></li><li><p>&#128200; <strong>Consommation et publicit&#233;</strong> : la pression des messages de consommation contradictoires nous emp&#234;che de prendre des d&#233;cisions &#233;cologiques. Une mise en lumi&#232;re de l&#8217;impact n&#233;gatif de la soci&#233;t&#233; de consommation sur notre conscience &#233;cologique.</p></li><li><p>&#127963;&#65039; <strong>R&#233;ussites pass&#233;es</strong> : le protocole de Montr&#233;al (protection de la couche d&#8217;ozone) montre que des actions collectives peuvent &#234;tre efficaces. Cependant, la question climatique pr&#233;sente des d&#233;fis plus complexes et irr&#233;versibles.</p></li><li><p>&#128683; <strong>Publicit&#233; climaticide</strong> : la persistance de la publicit&#233; pour des produits nuisibles, comme les SUV, r&#233;v&#232;le une approche inqui&#233;tante face &#224; la crise climatique, n&#233;cessitant des r&#233;gulations strictes.</p></li><li><p>&#128227; <strong>Changement culturel n&#233;cessaire</strong> : pour sortir de cette crise, il est crucial de transformer notre imaginaire collectif autour de l&#8217;&#233;cologie et du progr&#232;s, en remettant en question les normes &#233;tablies par le fonctionnement &#233;conomique actel.</p></li></ul><p class="button-wrapper" data-attrs="{&quot;url&quot;:&quot;https://timetoreset.studioreset.fr/subscribe?&quot;,&quot;text&quot;:&quot;Abonnez-vous maintenant&quot;,&quot;action&quot;:null,&quot;class&quot;:null}" data-component-name="ButtonCreateButton"><a class="button primary" href="https://timetoreset.studioreset.fr/subscribe?"><span>Abonnez-vous maintenant</span></a></p><div><hr></div><h2>&#128172; Le mot de la fin</h2><p>Finalement que retenir de cette newsletter ? </p><p>Une vision du progr&#232;s bas&#233;e sur la croissance mat&#233;rielle infinie est en crise dans un monde aux ressources limit&#233;es.</p><p>Le progr&#232;s est malade, mais n&#8217;est pas enterr&#233;. Pour le r&#233;inventer, nous devons comprendre ses tensions, choisir nos r&#233;cits et agir.</p><p>Et si, ensemble, nous b&#226;tissions un progr&#232;s ancr&#233; dans les limites de notre monde mais porteur d&#8217;un futur d&#233;sirable ?</p><p>Car finalement, les macaques peuvent aussi r&#234;ver de progr&#232;s.</p><div class="poll-embed" data-attrs="{&quot;id&quot;:241017}" data-component-name="PollToDOM"></div><p>Processus infini d&#8217;am&#233;lioration continue dans un monde fini : n&#8217;h&#233;sitez pas &#224; me faire remonter vos remarques et avis sur cette newsletter. Ainsi que vos envies pour les prochaines ! </p><p class="button-wrapper" data-attrs="{&quot;url&quot;:&quot;https://timetoreset.studioreset.fr/p/pouvons-nous-encore-croire-au-progres/comments&quot;,&quot;text&quot;:&quot;Laissez un commentaire.&quot;,&quot;action&quot;:null,&quot;class&quot;:null}" data-component-name="ButtonCreateButton"><a class="button primary" href="https://timetoreset.studioreset.fr/p/pouvons-nous-encore-croire-au-progres/comments"><span>Laissez un commentaire.</span></a></p><p></p><p></p>]]></content:encoded></item><item><title><![CDATA[S'ancrer dans un monde fluctuant]]></title><description><![CDATA[#04 - Renforcer l'ancrage local de ses activit&#233;s &#233;conomiques pour r&#233;duire l'exposition aux risques d'une &#233;conomie expos&#233;e &#224; la d&#233;rive climatique.]]></description><link>https://timetoreset.studioreset.fr/p/sancrer-dans-un-monde-fluctuant</link><guid isPermaLink="false">https://timetoreset.studioreset.fr/p/sancrer-dans-un-monde-fluctuant</guid><dc:creator><![CDATA[Hugo Lambert]]></dc:creator><pubDate>Tue, 22 Oct 2024 05:31:11 GMT</pubDate><enclosure url="https://substack-post-media.s3.amazonaws.com/public/images/4560f0db-0b42-47c5-9cf8-97a4c194affc_420x300.png" length="0" type="image/jpeg"/><content:encoded><![CDATA[<h2><strong>Time To Reset en 1 minute </strong></h2><ol><li><p>&#129517; Face aux fluctuations de notre &#233;conomie : et si l&#8217;ancrage &#233;tait une des r&#233;ponses ?</p></li><li><p>&#128270; D&#233;crypter l&#8217;ancrage local : focus sur la notion.</p></li><li><p>&#10055;&#65039; Ressources : un outil pour comprendre son impact territorial.</p></li><li><p>&#128301; Signaux faibles, tendances lourdes : &#8220;Economie Glocale&#8221;, &#8220;Mod&#232;le &#233;conomique", &#8220;Tissu local&#8221;, &#8220;Imaginaire territorial&#8221;, &#8220;Performance et ancrage local&#8221;.</p></li><li><p>&#10133; 1 contenu pour aller plus loin : voici venu l&#8217;&#232;re des turbulences.</p></li><li><p>&#128172; Le mot de la fin </p></li></ol><div class="pullquote"><p>Lors de ma derni&#232;re newsletter j&#8217;&#233;voquais la notion d&#8217;empreinte &#233;cologique : <a href="https://timetoreset.substack.com/p/comprendre-son-empreinte-ecologique">&#8220;Comprendre son empreinte &#233;cologique&#8221;</a><br>Merci pour vos retours, soutiens et encouragements &#128591;</p></div><div class="subscription-widget-wrap-editor" data-attrs="{&quot;url&quot;:&quot;https://timetoreset.studioreset.fr/subscribe?&quot;,&quot;text&quot;:&quot;S'abonner&quot;,&quot;language&quot;:&quot;fr&quot;}" data-component-name="SubscribeWidgetToDOM"><div class="subscription-widget show-subscribe"><div class="preamble"><p class="cta-caption">Si on vous a transmis cette newsletter, vous pouvez vous abonner pour recevoir ce contenu tout chaud dans votre boite mail chaque semaine.</p></div><form class="subscription-widget-subscribe"><input type="email" class="email-input" name="email" placeholder="Tapez votre e-mail&#8230;" tabindex="-1"><input type="submit" class="button primary" value="S'abonner"><div class="fake-input-wrapper"><div class="fake-input"></div><div class="fake-button"></div></div></form></div></div><div><hr></div><h2>&#129517; <strong>L&#8217;ancrage : une r&#233;ponse &#224; la d&#233;rive ?</strong></h2><p>La promesse du XXI&#232;me si&#232;cle ne laisse gu&#232;re de place aux doutes. <br>Le monde qui vient sera fluctuant. Pour le meilleur et pour le pire.</p><p>L&#8217;heure est donc &#224; la d&#233;rive.</p><ul><li><p>acc&#233;l&#233;ration du d&#233;r&#232;glement climatique et de ses manifestations ;</p></li><li><p>tensions sur l&#8217;acc&#232;s aux ressources et mati&#232;res ;</p></li><li><p>acc&#233;l&#233;ration de la transformation des chaines de valeurs par le num&#233;rique ;</p></li><li><p>accroissement des tensions g&#233;opolitiques et g&#233;o&#233;conomiques ;</p></li><li><p>&#8230;</p></li></ul><p>Bref vous l&#8217;aurez compris : les raisons ne manquent pas de constater la fin d&#8217;un monde. Dans les faits - d&#8217;actualit&#233;s - et dans les esprits.</p><p>On peut le regretter. On peut le craindre. On peut aussi s&#8217;adapter. </p><p>Car si notre &#233;conomie est entr&#233;e dans une logique de transformation, les entreprises ont ici la capacit&#233; et l&#8217;opportunit&#233; de se r&#233;inventer. </p><p>Un objectif, s&#8217;adapter aux fluctuations de notre monde. </p><p>Pour r&#233;pondre &#224; cet enjeu, nous allons aujourd&#8217;hui parler de l&#8217;ancrage local. </p><p>H&#226;te d&#8217;entendre vos retours,</p><p>Bonne semaine,</p><p>&#10055;&#65039; <a href="https://www.linkedin.com/in/hugo-lambert/">Hugo L.</a></p><p>PS 1 : avec nos partenaires de <a href="https://maisonlmdc.fr/">La Moindre des Choses</a>, nous avons lanc&#233; un barom&#232;tre de la Responsabilit&#233; Territoriale des Entreprises. <a href="https://app.surveyfactory.io/session/66a3b00502788fbe1ac339a8">Contribuez &#224; ce travail collectif &#10145;&#65039;</a><br><br>PS 2 : chaque semaine, je vous ferai parvenir cette newsletter. Si vous &#234;tes int&#233;ress&#233;s par ce format, soutenez-nous en partageant ce format au plus grand nombre &#128591;</p><p class="button-wrapper" data-attrs="{&quot;url&quot;:&quot;https://timetoreset.substack.com/?utm_source=substack&amp;utm_medium=email&amp;utm_content=share&amp;action=share&quot;,&quot;text&quot;:&quot;Partager Time To Reset&quot;,&quot;action&quot;:null,&quot;class&quot;:null}" data-component-name="ButtonCreateButton"><a class="button primary" href="https://timetoreset.substack.com/?utm_source=substack&amp;utm_medium=email&amp;utm_content=share&amp;action=share"><span>Partager Time To Reset</span></a></p><blockquote><p><strong>Time To Reset : une newsletter qui t&#8217;aide &#224; penser et agir dans un monde fluctuant.</strong></p></blockquote><div><hr></div><h2>&#128270; Ancrage : tour d&#8217;horizon de la notion</h2><h3>Le concept</h3><blockquote><p>L'ancrage territorial d'une entreprise est une d&#233;marche proactive visant &#224; renforcer ses liens avec le territoire o&#249; elle est implant&#233;e, en s'int&#233;grant aux dynamiques locales et en d&#233;veloppant des partenariats avec les acteurs du territoire (entreprises, associations, collectivit&#233;s...). </p></blockquote><p>L'objectif de ce concept est simple : <strong>maximiser les retomb&#233;es positives mutuelles pour le territoire et l&#8217;entreprise et inscrire l'activit&#233; de cette derni&#232;re dans une logique de d&#233;veloppement soutenable pour le territoire.</strong></p><p>Dans la mesure ou une entreprise est toujours &#8220;de quelque part&#8221;, il est  essentiel de comprendre que l&#8217;intensit&#233; de son ancrage peut n&#233;anmoins varier :</p><ul><li><p>Elle peut se contenter de g&#233;rer les aspects lui permettant de conduire ses op&#233;rations sur le territoire. </p></li><li><p>Elle peut &#233;galement contribuer activement aux d&#233;marches de son territoire pour servir ses int&#233;r&#234;ts.</p></li></ul><ul><li><p>Elle peut enfin entrer dans une logique &#233;co-syst&#233;mique avec son territoire.</p></li></ul><p>Sur ces points, je vous invite &#224;  consulter <a href="http://www.oree.org/actualites-actions/actions-reporting-rse-ancrage-local.html">les travaux de l&#8217;association OREE sur cette dimension</a>.</p><h3>Mais pourquoi renforcer son ancrage local ?</h3><p>La d&#233;marche pr&#233;sente de nombreux b&#233;n&#233;fices potentiels. <br>Pour l&#8217;entreprise.<br>Mais &#233;galement pour son territoire. </p><p><strong>Des b&#233;n&#233;fices pour renforcer la r&#233;silience de l&#8217;entreprise l&#8217;entreprise</strong></p><ul><li><p>R&#233;duire son impact &#233;cologique en d&#233;veloppant des d&#233;marches d&#8217;&#233;conomie circulaire et de circuits courts.</p></li><li><p>Stimuler sa capacit&#233; d&#8217;innovation ou d&#8217;exp&#233;rimentation avec des acteurs locaux, agiles et cr&#233;atifs pour cr&#233;er des approches &#233;prouv&#233;es localement ;</p></li><li><p>D&#233;velopper une meilleure image localement et faciliter ainsi l&#8217;acceptabilit&#233; de ses actions et de ses projets. </p></li><li><p>Renforcer sa r&#233;silience face aux chocs &#233;conomiques en d&#233;veloppant de meilleurs liens avec les acteurs locaux dans un environnement international plus instable.</p></li><li><p>Acc&#233;der &#224; des ressources sp&#233;cifiques - savoir-faire, mati&#232;res premi&#232;res, &#233;quipements et infrastructures - pour cr&#233;er des avantages comp&#233;titifs durables.</p></li><li><p>Fid&#233;liser les talents et am&#233;liorer sa capacit&#233; &#224; les attirer.</p></li><li><p>Am&#233;liorer l&#8217;acceptabilit&#233; sociale des ses activit&#233;s par les parties prenantes.</p></li></ul><p><strong>Des b&#233;n&#233;fices pour accompagner le d&#233;veloppement &#233;conomique endog&#232;ne du territoire :</strong></p><ul><li><p>Favoriser le d&#233;veloppement &#233;conomique &#224; travers la cr&#233;ation d'emplois, le d&#233;veloppement des comp&#233;tences et la stimulation de l'&#233;conomie locale.</p></li><li><p>Renforcer la coh&#233;sion territoriale du tissu social &#224; travers l&#8217;am&#233;lioration du bien-&#234;tre des populations et le lien avec le tissu &#233;conomique.</p></li><li><p>Soutenir l'innovation territoriale en d&#233;veloppant des projets collaboratifs innovants.</p></li><li><p>Contribuer &#224; la transition &#233;cologique en d&#233;veloppant des initiatives d'&#233;conomie circulaire et de transition &#233;nerg&#233;tique &#224; l'&#233;chelle du territoire.</p></li></ul><h3>Pourquoi ce concept est cl&#233; ?</h3><ul><li><p><strong>Dans un environnement international plus instable,</strong> l&#8217;ancrage local invite l&#8217;entreprise &#224; repenser son mod&#232;le au regard des ressources et opportunit&#233;s de march&#233;s disponibles localement.</p></li><li><p><strong>Dans un contexte marqu&#233; par l&#8217;essor de la d&#233;fiance et de la d&#233;sinformation,</strong> la notion de local et de proximit&#233; apparait comme un levier de confiance entre l&#8217;entreprise, ses parties prenantes et le territoire.</p></li><li><p><strong>Dans une logique de d&#233;veloppement du marketing local, </strong>l&#8217;ancrage local permet de d&#233;passer le discours de &#8220;marketing terroir&#8221; au profit d&#8217;une vision plus moderne du d&#233;veloppement &#233;conomique local.</p></li></ul><p>En conclusion, l&#8217;ancrage local est une approche permettant de travailler sur cette fameuse Responsabilit&#233; Territoriale de l&#8217;Entreprise. Mais nous y reviendrons dans une autre newsletter.</p><div class="image-gallery-embed" data-attrs="{&quot;gallery&quot;:{&quot;images&quot;:[{&quot;type&quot;:&quot;image/png&quot;,&quot;src&quot;:&quot;https://substack-post-media.s3.amazonaws.com/public/images/d8568c71-6a29-49fe-a45a-34f880c5b415_1222x1134.png&quot;},{&quot;type&quot;:&quot;image/png&quot;,&quot;src&quot;:&quot;https://substack-post-media.s3.amazonaws.com/public/images/1718e26a-59b0-49d1-884e-35e2aa586b35_1402x862.png&quot;},{&quot;type&quot;:&quot;image/png&quot;,&quot;src&quot;:&quot;https://substack-post-media.s3.amazonaws.com/public/images/3af0b22a-f085-4779-8b2c-a63cd9f2d2e0_1366x1452.png&quot;},{&quot;type&quot;:&quot;image/png&quot;,&quot;src&quot;:&quot;https://substack-post-media.s3.amazonaws.com/public/images/3fcaea63-ffb2-411a-8977-0770fa53ffa1_524x1218.png&quot;},{&quot;type&quot;:&quot;image/png&quot;,&quot;src&quot;:&quot;https://substack-post-media.s3.amazonaws.com/public/images/10250e78-c5f3-4440-b3ba-712d5b43fc3f_1378x1152.png&quot;},{&quot;type&quot;:&quot;image/png&quot;,&quot;src&quot;:&quot;https://substack-post-media.s3.amazonaws.com/public/images/ee806348-e9f6-47d8-a1fb-2aaba185e05b_1378x768.png&quot;},{&quot;type&quot;:&quot;image/png&quot;,&quot;src&quot;:&quot;https://substack-post-media.s3.amazonaws.com/public/images/e127c622-2209-4cbe-8a69-788aa93cca66_1378x958.png&quot;},{&quot;type&quot;:&quot;image/png&quot;,&quot;src&quot;:&quot;https://substack-post-media.s3.amazonaws.com/public/images/f2caab71-884d-4dd7-8167-064a92f0b64c_1378x860.png&quot;}],&quot;caption&quot;:&quot;Ancrage local des entreprises - Sources : Institut Terram, Or&#233;e, Audencia&quot;,&quot;alt&quot;:&quot;Ancrage local des entreprises&quot;,&quot;staticGalleryImage&quot;:{&quot;type&quot;:&quot;image/png&quot;,&quot;src&quot;:&quot;https://substack-post-media.s3.amazonaws.com/public/images/5845f0c9-b150-45f9-879a-513fb1fd0093_1456x1700.png&quot;}},&quot;isEditorNode&quot;:true}"></div><div class="poll-embed" data-attrs="{&quot;id&quot;:225675}" data-component-name="PollToDOM"></div><p class="button-wrapper" data-attrs="{&quot;url&quot;:&quot;https://timetoreset.studioreset.fr/subscribe?&quot;,&quot;text&quot;:&quot;Abonnez-vous maintenant&quot;,&quot;action&quot;:null,&quot;class&quot;:null}" data-component-name="ButtonCreateButton"><a class="button primary" href="https://timetoreset.studioreset.fr/subscribe?"><span>Abonnez-vous maintenant</span></a></p><div><hr></div><h2>&#10055;&#65039; Mesurer son ancrage local &#224; l&#8217;aune de son impact territorial </h2><div class="captioned-image-container"><figure><a class="image-link image2 is-viewable-img" target="_blank" href="https://substackcdn.com/image/fetch/$s_!5qhY!,f_auto,q_auto:good,fl_progressive:steep/https%3A%2F%2Fsubstack-post-media.s3.amazonaws.com%2Fpublic%2Fimages%2F86209eb8-2e0a-4007-8c1b-8a2f4e7a0afa_1768x1580.png" data-component-name="Image2ToDOM"><div class="image2-inset"><picture><source type="image/webp" srcset="https://substackcdn.com/image/fetch/$s_!5qhY!,w_424,c_limit,f_webp,q_auto:good,fl_progressive:steep/https%3A%2F%2Fsubstack-post-media.s3.amazonaws.com%2Fpublic%2Fimages%2F86209eb8-2e0a-4007-8c1b-8a2f4e7a0afa_1768x1580.png 424w, https://substackcdn.com/image/fetch/$s_!5qhY!,w_848,c_limit,f_webp,q_auto:good,fl_progressive:steep/https%3A%2F%2Fsubstack-post-media.s3.amazonaws.com%2Fpublic%2Fimages%2F86209eb8-2e0a-4007-8c1b-8a2f4e7a0afa_1768x1580.png 848w, https://substackcdn.com/image/fetch/$s_!5qhY!,w_1272,c_limit,f_webp,q_auto:good,fl_progressive:steep/https%3A%2F%2Fsubstack-post-media.s3.amazonaws.com%2Fpublic%2Fimages%2F86209eb8-2e0a-4007-8c1b-8a2f4e7a0afa_1768x1580.png 1272w, https://substackcdn.com/image/fetch/$s_!5qhY!,w_1456,c_limit,f_webp,q_auto:good,fl_progressive:steep/https%3A%2F%2Fsubstack-post-media.s3.amazonaws.com%2Fpublic%2Fimages%2F86209eb8-2e0a-4007-8c1b-8a2f4e7a0afa_1768x1580.png 1456w" sizes="100vw"><img src="https://substackcdn.com/image/fetch/$s_!5qhY!,w_1456,c_limit,f_auto,q_auto:good,fl_progressive:steep/https%3A%2F%2Fsubstack-post-media.s3.amazonaws.com%2Fpublic%2Fimages%2F86209eb8-2e0a-4007-8c1b-8a2f4e7a0afa_1768x1580.png" width="1456" height="1301" data-attrs="{&quot;src&quot;:&quot;https://substack-post-media.s3.amazonaws.com/public/images/86209eb8-2e0a-4007-8c1b-8a2f4e7a0afa_1768x1580.png&quot;,&quot;srcNoWatermark&quot;:null,&quot;fullscreen&quot;:null,&quot;imageSize&quot;:null,&quot;height&quot;:1301,&quot;width&quot;:1456,&quot;resizeWidth&quot;:null,&quot;bytes&quot;:1598466,&quot;alt&quot;:null,&quot;title&quot;:null,&quot;type&quot;:&quot;image/png&quot;,&quot;href&quot;:null,&quot;belowTheFold&quot;:true,&quot;topImage&quot;:false,&quot;internalRedirect&quot;:null,&quot;isProcessing&quot;:false,&quot;align&quot;:null,&quot;offset&quot;:false}" class="sizing-normal" alt="" srcset="https://substackcdn.com/image/fetch/$s_!5qhY!,w_424,c_limit,f_auto,q_auto:good,fl_progressive:steep/https%3A%2F%2Fsubstack-post-media.s3.amazonaws.com%2Fpublic%2Fimages%2F86209eb8-2e0a-4007-8c1b-8a2f4e7a0afa_1768x1580.png 424w, https://substackcdn.com/image/fetch/$s_!5qhY!,w_848,c_limit,f_auto,q_auto:good,fl_progressive:steep/https%3A%2F%2Fsubstack-post-media.s3.amazonaws.com%2Fpublic%2Fimages%2F86209eb8-2e0a-4007-8c1b-8a2f4e7a0afa_1768x1580.png 848w, https://substackcdn.com/image/fetch/$s_!5qhY!,w_1272,c_limit,f_auto,q_auto:good,fl_progressive:steep/https%3A%2F%2Fsubstack-post-media.s3.amazonaws.com%2Fpublic%2Fimages%2F86209eb8-2e0a-4007-8c1b-8a2f4e7a0afa_1768x1580.png 1272w, https://substackcdn.com/image/fetch/$s_!5qhY!,w_1456,c_limit,f_auto,q_auto:good,fl_progressive:steep/https%3A%2F%2Fsubstack-post-media.s3.amazonaws.com%2Fpublic%2Fimages%2F86209eb8-2e0a-4007-8c1b-8a2f4e7a0afa_1768x1580.png 1456w" sizes="100vw" loading="lazy"></picture><div class="image-link-expand"><div class="pencraft pc-display-flex pc-gap-8 pc-reset"><button tabindex="0" type="button" class="pencraft pc-reset pencraft icon-container restack-image"><svg aria-hidden="true" width="20" height="20" viewBox="0 0 20 20" fill="none" stroke-width="1.5" stroke="var(--color-fg-primary)" stroke-linecap="round" stroke-linejoin="round" xmlns="http://www.w3.org/2000/svg"><g><path d="M2.53001 7.81595C3.49179 4.73911 6.43281 2.5 9.91173 2.5C13.1684 2.5 15.9537 4.46214 17.0852 7.23684L17.6179 8.67647M17.6179 8.67647L18.5002 4.26471M17.6179 8.67647L13.6473 6.91176M17.4995 12.1841C16.5378 15.2609 13.5967 17.5 10.1178 17.5C6.86118 17.5 4.07589 15.5379 2.94432 12.7632L2.41165 11.3235M2.41165 11.3235L1.5293 15.7353M2.41165 11.3235L6.38224 13.0882"></path></g></svg></button><button tabindex="0" type="button" class="pencraft pc-reset pencraft icon-container view-image"><svg xmlns="http://www.w3.org/2000/svg" width="20" height="20" viewBox="0 0 24 24" fill="none" stroke="currentColor" stroke-width="2" stroke-linecap="round" stroke-linejoin="round" class="lucide lucide-maximize2 lucide-maximize-2"><polyline points="15 3 21 3 21 9"></polyline><polyline points="9 21 3 21 3 15"></polyline><line x1="21" x2="14" y1="3" y2="10"></line><line x1="3" x2="10" y1="21" y2="14"></line></svg></button></div></div></div></a></figure></div><p>Comment comprendre son impact territorial ? Tout simplement en mesurant et analysant l&#8217;impact de ses activit&#233;s ou projets sur son territoire.</p><p>Tr&#232;s bien mais on fait comment me direz-vous ?</p><p>Bonne nouvelle, In France vous propose d&#8217;acc&#233;der gratuitement &#224; sa plateforme. L&#8217;outil offre la possibilit&#233; notamment : </p><ul><li><p>Analyser l&#8217;&#233;conomie d&#8217;un territoire ;</p></li><li><p>Comprendre l&#8217;impact &#233;conomique d&#8217;une fili&#232;re ou d&#8217;une entreprise sur un territoire ;</p></li><li><p>&#8230;</p></li></ul><p class="button-wrapper" data-attrs="{&quot;url&quot;:&quot;https://www.in-france.fr/&quot;,&quot;text&quot;:&quot;IN FRANCE&quot;,&quot;action&quot;:null,&quot;class&quot;:null}" data-component-name="ButtonCreateButton"><a class="button primary" href="https://www.in-france.fr/"><span>IN FRANCE</span></a></p><p></p><div><hr></div><h2>&#128301; Signaux faibles et tendances lourdes : 5 ressources sur l&#8217;ancrage local </h2><h3><strong>L&#8217;ancrage local au secours de l&#8217;&#233;conomie globale&nbsp;</strong></h3><blockquote><p>Aujourd&#8217;hui, au niveau local, se prennent des initiatives toutes plus cr&#233;atives les unes que les autres pour p&#233;renniser une globalisation d&#233;j&#224; bien ancr&#233;e. Au menu, prosp&#233;rit&#233; territoriale sur fond d&#8217;innovation avec, en prime, &#233;conomie sociale et solidaire mais aussi d&#233;veloppement durable !</p></blockquote><p>&#10145;&#65039; Retrouver l&#8217;article sur <a href="https://www.cjd.net/dirigeant/rse/lancrage-local-au-secours-de-leconomie-globale/">CJD</a></p><h3>&#171; De plus en plus d&#8217;entreprises placent les territoires au c&#339;ur de leur mod&#232;le &#233;conomique &#187; </h3><blockquote><p>Bien s&#251;r, des entreprises continuent &#224; quitter leurs territoires du jour au lendemain, sur la base de choix uniquement financiers. Des choix souvent irrationnels d'ailleurs : nous avons observ&#233; que la plupart de ces entreprises,&nbsp;justement,&nbsp;n&#8217;&#233;taient pas ancr&#233;es localement&nbsp;! A contrario, nous avons remarqu&#233; une forme de d&#233;cloisonnement, d&#8217;hybridation croissante entre les strat&#233;gies des collectivit&#233;s et bon nombre d'entreprises locales dans les 85% de bassins de vie rencontrant des difficult&#233;s aujourd'hui &#224; attirer de nouveaux investisseurs. Je suis persuad&#233; que cette question d&#8217;enracinement va devenir un axe structurant du dialogue entre les chefs d&#8217;entreprises et les &#233;lus locaux dans les territoires interm&#233;diaires, ruraux et semi-ruraux.</p><p>Les entreprises continueront &#224; regarder les comp&#233;tences ou le foncier disponibles avant de s&#8217;implanter dans un territoire, bien entendu, la qualit&#233; du cadre de vie, des &#233;quipements ou des infrastructures pour leurs salari&#233;s &#233;galement, mais elles se montreront aussi de plus en plus sensibles &#224; des crit&#232;res extra-financiers, notamment environnementaux ou sociaux. La capacit&#233; d&#8217;un territoire &#224; r&#233;soudre une partie des probl&#233;matiques de recrutement et de turn-over d'une soci&#233;t&#233; via la formation ou l'insertion, ou d&#8217;une zone d&#8217;activit&#233;s &#224; fournir de l&#8217;&#233;nergie d&#233;carbonn&#233;e, sont en passe de devenir des arguments-massues pour convaincre les chefs d&#8217;entreprises de s&#8217;installer ou ne serait-ce que de rester sur place.  </p></blockquote><p>&#10145;&#65039; Retrouver l&#8217;article sur <a href="https://www.courrierdesmaires.fr/article/de-plus-en-plus-d-entreprises-placent-les-territoires-au-c-ur-de-leur-modele-economique.57864">Le Courrier des Maires</a></p><h3>Pour les entreprises, s'ancrer &#224; nouveau dans le tissu local est un enjeu majeur </h3><blockquote><p>Parmi ses nombreux enseignements sur les dysfonctionnements de nos soci&#233;t&#233;s, la crise du Covid-19 aura soulign&#233; un enjeu majeur&nbsp;: l&#8217;importance du territoire. De tr&#232;s nombreux Fran&#231;ais ont non seulement ressenti la n&#233;cessit&#233; de disposer d&#8217;industries cl&#233;s sur leur territoire pour assurer la r&#233;silience de l&#8217;&#233;conomie, mais expriment le souhait d&#8217;ancrer nos &#233;conomies dans une r&#233;alit&#233; palpable, quotidienne, concr&#232;te, &#224; mesure d&#8217;homme.</p><p>Nous nous sommes surtout attach&#233;s au r&#244;le de l&#8217;entreprise. Ne pas nuire ou limiter les impacts n&#233;gatifs est le premier commandement, ensuite il s&#8217;agit de construire et de partager des diagnostics des vuln&#233;rabilit&#233;s du territoire, construire toute strat&#233;gie de contribution &#224; partir des forces intrins&#232;ques, concevoir de nouveaux mod&#232;les &#233;conomiques &#224; forte valeur territorialis&#233;e et enfin d&#233;velopper une v&#233;ritable culture de l&#8217;&#233;valuation de la contribution territoriale.</p></blockquote><p>&#10145;&#65039; Retrouver l&#8217;article sur <a href="https://www.challenges.fr/entreprise/green-economie/david-menasce-pour-les-entreprises-s-ancrer-a-nouveau-dans-le-tissu-local-est-un-enjeu-majeur_765709">Challenges</a></p><h3><strong>L&#8217;imaginaire territorial des marques</strong></h3><blockquote><p>L&#8217;important est de mesurer qu&#8217;au-del&#224; de leur objectif purement commercial les imaginaires territoriaux s&#233;cr&#233;t&#233;s par les marques produisent des effets sociopolitiques : leurs discours, leurs imageries, leurs univers graphiques exercent une influence sur la fa&#231;on dont le grand public se repr&#233;sente la r&#233;alit&#233; de tel ou tel territoire. L&#8217;&#233;tude se penche en particulier sur la fa&#231;on dont des marques &#233;trang&#232;res &#8211; singuli&#232;rement am&#233;ricaines &#8211; ont d&#233;velopp&#233; un v&#233;ritable &#171; marketing du terroir &#187;, produisant des repr&#233;sentations souvent d&#233;form&#233;es ou st&#233;r&#233;otyp&#233;es des territoires fran&#231;ais. Ce qui pose la question de la &#171; souverainet&#233; narrative &#187; : &#224; qui appartient le pouvoir de dire qui nous sommes ?</p><p>Toutes les marques ne produisent pas les m&#234;mes imaginaires territoriaux, ni les m&#234;mes types d&#8217;imaginaires : de l&#8217;imaginaire-&#233;cran de Airbnb &#224; l&#8217;imaginaire-tableau de Paysan breton, de l&#8217;imaginaire-mythique de la brasserie Lancelot &#224; l&#8217;imaginaire-narratif de Heetch, il existe une pluralit&#233; d&#8217;imaginaires qui ob&#233;issent &#224; des objectifs diff&#233;rents : faire diversion, questionner le r&#233;el, faire vivre des traditions, remodeler la r&#233;alit&#233;&#8230; Mais un constat s&#8217;impose quant &#224; la qualit&#233; (ou la nouveaut&#233;) des imaginaires territoriaux propos&#233;s : on constate que peu de marques cherchent &#224; renouveler les imaginaires associ&#233;s. La plupart d&#8217;entre elles se contentent bien souvent de recycler des imaginaires disponibles, confirmant l&#8217;horizon d&#8217;attente du public. En g&#233;n&#233;ral, lorsqu&#8217;une marque repr&#233;sente un territoire, elle le r&#233;duit &#224; deux ou trois signes imm&#233;diatement reconnaissables. L&#8217;Auvergne ? La fourme d&#8217;Ambert. Le Pays basque ? Le piment d&#8217;Espelette. La Bretagne ? Les l&#233;gendes arthuriennes ou le sel marin, etc. Ce faisant, l&#8217;imaginaire territorial des marques organise une forme de blocage symbolique. En surrepr&#233;sentant des &#171; images atemporelles &#187; qui collent &#224; l&#8217;identit&#233; de tel ou tel territoire, les marques nous enferment dans des repr&#233;sentations fig&#233;es. Ce qui ne veut pas dire qu&#8217;elles sont n&#233;cessairement fausses ou pass&#233;istes, mais plut&#244;t elles nous emp&#234;chent de voir ce qui change : en cela, l&#8217;imaginaire territorial des marques est conservateur.</p></blockquote><p>&#10145;&#65039; Retrouver la note sur le site de <a href="https://institut-terram.org/publications/limaginaire-territorial-des-marques/">l&#8217;Institut Terram</a></p><h3><strong>Etude sur la performance et l&#8217;ancrage territorial des entreprises familiales et non-familiale</strong></h3><blockquote><p>Une nouvelle &#233;tude montre les disparit&#233;s existant dans les entreprises de plus de 10 salari&#233;s en mati&#232;re de rapport &#224; leurs territoires. Si les dirigeants d&#8217;entreprises familiales et les femmes dirigeantes sont plus ancr&#233;s &#233;conomiquement dans leur r&#233;gion, l&#8217;attachement au territoire des entreprises en g&#233;n&#233;ral est nettement plus faible pour les jeunes g&#233;n&#233;rations (entre 18 et 34 ans) que les g&#233;n&#233;rations pr&#233;c&#233;dentes.</p></blockquote><p>&#10145;&#65039; Retrouver l&#8217;&#233;tude r&#233;alis&#233;e par la <a href="https://www.audencia.com/actualites/etude-sur-la-performance-et-lancrage-territorial-des-entreprises-familiales-et-non-familiales">Chaire Entrepreneuriat Familial et Soci&#233;t&#233; d&#8217;Audencia</a></p><p class="button-wrapper" data-attrs="{&quot;url&quot;:&quot;https://timetoreset.substack.com/?utm_source=substack&amp;utm_medium=email&amp;utm_content=share&amp;action=share&quot;,&quot;text&quot;:&quot;Partager Time To Reset&quot;,&quot;action&quot;:null,&quot;class&quot;:null}" data-component-name="ButtonCreateButton"><a class="button primary" href="https://timetoreset.substack.com/?utm_source=substack&amp;utm_medium=email&amp;utm_content=share&amp;action=share"><span>Partager Time To Reset</span></a></p><div><hr></div><h2>&#10133; <strong>L&#8217;ancrage local : un levier pour renforcer sa robustesse dans un monde fluctuant</strong></h2><h3>En bref</h3><blockquote><p>Face &#224; la promesse d&#8217;un monde fluctuant, Olivier Hamant, chercheur en biologie v&#233;g&#233;tale, explore la mani&#232;re dont l&#8217;&#233;conomie devra se r&#233;inventer. Un bon terreau pour penser l&#8217;ancrage de son activit&#233; &#233;conomique.</p></blockquote><div id="youtube2-ZH2Ap-iTYUA" class="youtube-wrap" data-attrs="{&quot;videoId&quot;:&quot;ZH2Ap-iTYUA&quot;,&quot;startTime&quot;:null,&quot;endTime&quot;:null}" data-component-name="Youtube2ToDOM"><div class="youtube-inner"><iframe src="https://www.youtube-nocookie.com/embed/ZH2Ap-iTYUA?rel=0&amp;autoplay=0&amp;showinfo=0&amp;enablejsapi=0" frameborder="0" loading="lazy" gesture="media" allow="autoplay; fullscreen" allowautoplay="true" allowfullscreen="true" width="728" height="409"></iframe></div></div><h3>7 enseignements</h3><ul><li><p>&#127807; <strong>Le monde fluctuant n&#233;cessite une adaptation</strong> : la dynamique actuelle, marqu&#233;e par des crises, requiert une red&#233;finition de la performance vers des syst&#232;mes plus robustes. Les fluctuations sont d&#233;sormais la norme, et il est crucial de s&#8217;y pr&#233;parer.</p></li><li><p>&#128260; <strong>La redondance favorise la r&#233;silience</strong> : en int&#233;grant des redondances dans nos syst&#232;mes, nous pouvons mieux faire face aux impr&#233;vus. Cela implique d&#8217;accepter une certaine inefficacit&#233; pour garantir la robustesse &#224; long terme.</p></li><li><p>&#129309; <strong>La coop&#233;ration comme moteur de robustesse</strong> : les interactions sociales et la coop&#233;ration renforcent les syst&#232;mes. Des structures collaboratives permettent de mieux g&#233;rer les fluctuations et d&#8217;encourager l&#8217;innovation.</p></li><li><p>&#128218; <strong>&#201;volution de l&#8217;&#233;ducation vers la coop&#233;ration</strong> : la formation doit se centrer sur le d&#233;veloppement de comp&#233;tences critiques et collaboratives, permettant aux individus de naviguer dans un monde complexe et incertain.</p></li><li><p>&#127757; <strong>Les initiatives locales sont le futur</strong> : les projets d&#8217;agro&#233;cologie et d&#8217;&#233;conomie circulaire montrent que des solutions robustes se d&#233;veloppent &#224; la p&#233;riph&#233;rie des syst&#232;mes actuels, offrant une alternative aux mod&#232;les dominants.</p></li><li><p>&#128161; <strong>La performance centralis&#233;e est p&#233;rim&#233;e</strong> : les mod&#232;les de performance rigides et centralis&#233;s sont fragiles face aux crises. Un syst&#232;me d&#233;centralis&#233; et connect&#233; est plus adaptable et durable.</p></li><li><p>&#127793; <strong>L&#8217;importance du temps pour soi</strong> : prendre du temps pour la r&#233;flexion et la d&#233;tente est vital pour le bien-&#234;tre individuel et collectif, renfor&#231;ant ainsi la robustesse face aux d&#233;fis du quotidien.</p></li></ul><p class="button-wrapper" data-attrs="{&quot;url&quot;:&quot;https://timetoreset.studioreset.fr/subscribe?&quot;,&quot;text&quot;:&quot;Abonnez-vous maintenant&quot;,&quot;action&quot;:null,&quot;class&quot;:null}" data-component-name="ButtonCreateButton"><a class="button primary" href="https://timetoreset.studioreset.fr/subscribe?"><span>Abonnez-vous maintenant</span></a></p><div><hr></div><h2>&#128172; Dans un monde fluctuant : renforcer sa capacit&#233; &#224; agir localement</h2><p>Finalement que retenir de cette notion d&#8217;ancrage local ?</p><p>Tout simplement que dans une &#233;conomie plus instable, li&#233;e notamment &#224; la d&#233;rive climatique et environnementale, les chaines de valeurs seront plus expos&#233;es &#224; de multiples risques. </p><p>L&#8217;ancrage de son activit&#233; &#233;conomique est donc un levier pour :</p><ul><li><p>Renforcer la performance, la r&#233;silience ou la robustesse de son mod&#232;le &#233;conomique ;</p></li><li><p>R&#233;duire son exposition &#224; certains risques (approvisionnements, al&#233;as g&#233;o-politiques&#8230;) ;</p></li><li><p>Diversifier d&#8217;autres d&#233;bouch&#233;s commerciaux ;  </p></li></ul><div class="poll-embed" data-attrs="{&quot;id&quot;:225661}" data-component-name="PollToDOM"></div><p>Processus infini d&#8217;am&#233;lioration continue dans un monde fini : n&#8217;h&#233;sitez pas &#224; me faire remonter vos remarques et avis sur cette newsletter. Ainsi que vos envies pour les prochaines ! </p><p class="button-wrapper" data-attrs="{&quot;url&quot;:&quot;https://timetoreset.studioreset.fr/p/sancrer-dans-un-monde-fluctuant/comments&quot;,&quot;text&quot;:&quot;Laissez un commentaire.&quot;,&quot;action&quot;:null,&quot;class&quot;:null}" data-component-name="ButtonCreateButton"><a class="button primary" href="https://timetoreset.studioreset.fr/p/sancrer-dans-un-monde-fluctuant/comments"><span>Laissez un commentaire.</span></a></p><p></p><p></p>]]></content:encoded></item><item><title><![CDATA[Comprendre son empreinte écologique ]]></title><description><![CDATA[#03 - Mesurer nos impacts sur un monde fini pour agir &#224; l'&#233;chelle individuelle, collective et territoriale face aux d&#233;fis du XXIe si&#232;cle.]]></description><link>https://timetoreset.studioreset.fr/p/comprendre-son-empreinte-ecologique</link><guid isPermaLink="false">https://timetoreset.studioreset.fr/p/comprendre-son-empreinte-ecologique</guid><dc:creator><![CDATA[Hugo Lambert]]></dc:creator><pubDate>Mon, 23 Sep 2024 05:01:57 GMT</pubDate><enclosure url="https://substack-post-media.s3.amazonaws.com/public/images/6a763357-a8f4-4966-b406-2969746758c1_420x300.png" length="0" type="image/jpeg"/><content:encoded><![CDATA[<div class="pullquote"><p><em>Qui laisse une trace, laisse une plaie</em><br>Henri Michaux</p></div><h2><strong>Time To Reset en 1 minute </strong></h2><ol><li><p>&#129517; Notre mod&#232;le de d&#233;veloppement est mis &#224; l&#8217;&#233;preuve des Limites Plan&#233;taires : se pose alors la question de notre empreinte ? </p></li><li><p>&#128270; D&#233;crypter la transition : focus sur la notion d&#8217;empreinte &#233;cologique.</p></li><li><p>&#10055;&#65039; Ressources : un outil pour comparer les empreintes mondiales de diff&#233;rents pays.</p></li><li><p>&#128301; Signaux faibles, tendances lourdes : &#8220;Ombre climatique&#8221;, &#8220;Secteurs d&#8217;activit&#233;s", &#8220;IA &amp; empreinte carbone&#8221;, &#8220;Empreinte &#233;cologique de la mort&#8221;.</p></li><li><p>&#10133; 1 contenu pour aller plus loin : voyage au pays du Bonheur National Brut.</p></li><li><p>&#128172; Le mot de la fin </p></li></ol><div class="pullquote"><p>La semaine derni&#232;re j&#8217;&#233;voquais avec vous les contraintes d&#8217;un monde fini : <a href="https://timetoreset.substack.com/p/faire-face-aux-limites-planetaires">&#8220;Faire face aux Limites Plan&#233;taires&#8221;</a><br>Merci pour vos retours, soutiens et encouragements &#128591;</p></div><div class="subscription-widget-wrap-editor" data-attrs="{&quot;url&quot;:&quot;https://timetoreset.studioreset.fr/subscribe?&quot;,&quot;text&quot;:&quot;S'abonner&quot;,&quot;language&quot;:&quot;fr&quot;}" data-component-name="SubscribeWidgetToDOM"><div class="subscription-widget show-subscribe"><div class="preamble"><p class="cta-caption">Si on vous a transmis cette newsletter, vous pouvez vous abonner pour recevoir ce contenu tout chaud dans votre boite mail chaque semaine.</p></div><form class="subscription-widget-subscribe"><input type="email" class="email-input" name="email" placeholder="Tapez votre e-mail&#8230;" tabindex="-1"><input type="submit" class="button primary" value="S'abonner"><div class="fake-input-wrapper"><div class="fake-input"></div><div class="fake-button"></div></div></form></div></div><div><hr></div><h2>&#129517; <strong>Face aux Limites Plan&#233;taires : comprendre son empreinte &#233;cologique</strong></h2><p>Laisser son empreinte. <br>Une obsession humaine, puissante, persistante. <br>Le point de rencontre entre l&#8217;&#233;ph&#233;m&#232;re et l&#8217;&#233;ternel. <br><br>Une d&#233;marche finalement vieille comme l&#8217;Humanit&#233;.<br>Un lien direct entre notre pass&#233;, notre pr&#233;sent et notre futur. </p><p>Aujourd&#8217;hui nous allons donc parler de l&#8217;empreinte &#233;cologique. <br>Un empreinte individuelle, collective, territoriale. <br>Nous allons &#233;voquer les enjeux &#233;cologiques associ&#233;s. </p><p>Car des empreintes nous en laissons. </p><p>Et dans un monde fini, se pose alors la question de leur suivi, de leur mesure, et de leurs impacts.</p><p>Vous connaissez l&#8217;adage : &#8220;on ne pilote bien que ce que l&#8217;on mesure&#8221;. </p><p>Dans un monde en transformation &#233;cologique, l&#8217;empreinte &#233;cologique sert &#224; ne pas perdre le nord.</p><p>&#10055;&#65039; Hugo L.</p><p>PS : chaque semaine, je vous ferai parvenir cette newsletter. N&#8217;h&#233;sitez pas &#224; la partager ou &#224; en parler autour de vous pour nous donner de la force &#128591;</p><p class="button-wrapper" data-attrs="{&quot;url&quot;:&quot;https://timetoreset.substack.com/?utm_source=substack&amp;utm_medium=email&amp;utm_content=share&amp;action=share&quot;,&quot;text&quot;:&quot;Partager Time To Reset&quot;,&quot;action&quot;:null,&quot;class&quot;:null}" data-component-name="ButtonCreateButton"><a class="button primary" href="https://timetoreset.substack.com/?utm_source=substack&amp;utm_medium=email&amp;utm_content=share&amp;action=share"><span>Partager Time To Reset</span></a></p><blockquote><p><strong>Time To Reset : une newsletter hebdomadaire qui t&#8217;aide &#224; agir en faveur de la transformation &#233;cologique des entreprises et des territoires.</strong></p></blockquote><div><hr></div><h2>&#128270; De quelles empreintes parlons-nous ?</h2><h3>Le concept</h3><blockquote><p>L&#8217;empreinte &#233;cologique vise &#224; quantifier la surface terrestre et marine n&#233;cessaire pour produire les ressources consomm&#233;es et absorber les d&#233;chets g&#233;n&#233;r&#233;s par une population donn&#233;e.</p></blockquote><p>D&#233;velopp&#233;e au d&#233;but des ann&#233;es 1990, l&#8217;empreinte &#233;cologique est un indicateur qui mesure l'impact des activit&#233;s humaines sur l'environnement. </p><p>Elle permet de comparer la consommation de ressources et la production de d&#233;chets d'une population &#224; la capacit&#233; de r&#233;g&#233;n&#233;ration de la biosph&#232;re.<br><br>C&#8217;est ce qu&#8217;on appelle la biocapacit&#233;. </p><p>Si cette empreinte &#233;cologique d&#233;passe la biocapacit&#233;, cela se traduit par une  situation de surconsommation des ressources naturelles. <br><br>Aujourd&#8217;hui, les ressources sollicit&#233;es par nos modes de vie repr&#233;sentent l&#8217;&#233;quivalent d&#8217;1,7 Terre pour couvrir nos besoins. </p><p>Alors que les limites plan&#233;taires se concentrent sur les processus globaux, l'empreinte &#233;cologique permet une analyse plus fine et localis&#233;e des impacts environnementaux. </p><p>Elle s&#8217;appr&#233;cie &#224; diff&#233;rentes &#233;chelles en mesurant l'impact environnemental &#224; travers la prise en compte de diff&#233;rents facteurs dans les modes de vie, de consommation et de production.</p><h4><strong>L&#8217;&#233;chelle individuelle</strong></h4><ul><li><p>L'alimentation : type de r&#233;gime, origine des aliments&#8230;</p></li><li><p>Le logement : taille, efficacit&#233; &#233;nerg&#233;tique&#8230;</p></li><li><p>Les transports : mode de d&#233;placement, distance parcourue&#8230;</p></li><li><p>La consommation de biens et services</p></li></ul><h4><strong>L&#8217;&#233;chelle organisationnelle (ex: une entreprise)</strong></h4><ul><li><p>La consommation d'&#233;nergie et de ressources dans les processus de production,</p></li><li><p>Les &#233;missions de gaz &#224; effet de serre,</p></li><li><p>L'utilisation de l'eau et la gestion des d&#233;chets,</p></li><li><p>L'impact de la cha&#238;ne d'approvisionnement et de la distribution,</p></li></ul><h4><strong>L&#8217;&#233;chelle territoriale</strong></h4><ul><li><p>La consommation globale de ressources naturelles,</p></li><li><p>La production de d&#233;chets et les &#233;missions de gaz &#224; effet de serre,</p></li><li><p>L'utilisation des terres (agriculture, urbanisation, etc.),</p></li><li><p>Les flux de ressources entrants et sortants du territoire,</p></li></ul><h3>Pourquoi cette notion est importante ?</h3><ul><li><p><strong>Mesurer concr&#232;tement l'impact humain sur les &#233;cosyst&#232;mes</strong> en quantifiant les ressources consomm&#233;es au regard de la surface terrestre et marine n&#233;cessaire pour produire ces ressources et absorber les d&#233;chets g&#233;n&#233;r&#233;s.</p></li><li><p><strong>Lier les modes de vie, de production et de consommation avec leurs impacts environnementaux </strong>pour faciliter la sensibilisation et l&#8217;action &#224; diff&#233;rents niveaux de la soci&#233;t&#233; pour r&#233;duire nos impacts.</p></li><li><p><strong>Analyser la soutenabilit&#233; de nos mod&#232;les</strong> en &#233;valuant la durabilit&#233; des pratiques au regard des Limites Plan&#233;taires.</p></li></ul><p>En conclusion, l'empreinte &#233;cologique apporte une granularit&#233; d&#8217;analyse qui compl&#232;te le cadre plus g&#233;n&#233;ral des limites plan&#233;taires. </p><p>Cette compl&#233;mentarit&#233; permet une compr&#233;hension op&#233;rationnelle des d&#233;fis environnementaux auxquels nous sommes confront&#233;s.</p><h3>A noter</h3><p>La famille des empreintes s'est affin&#233;e pour une meilleure compr&#233;hension des limites plan&#233;taires. Ces indicateurs compl&#232;tent l'empreinte &#233;cologique en abordant d'autres aspects :</p><ul><li><p><strong>Empreinte carbone </strong>: mesure les &#233;missions de gaz &#224; effet de serre associ&#233;es &#224; une activit&#233; ou un produit tout au long de son cycle de vie. Elle permet d'&#233;valuer la contribution au changement climatique.</p></li><li><p><strong>Empreinte eau </strong>: quantifie la consommation d'eau douce directe et indirecte li&#233;e &#224; une activit&#233;, en prenant en compte l'eau bleue (eau de surface et souterraine), l'eau verte (eau de pluie) et l'eau grise (eau pollu&#233;e).</p></li><li><p><strong>Empreinte azote </strong>: mesure la quantit&#233; d'azote r&#233;actif lib&#233;r&#233;e dans l'environnement, contribuant &#224; l'eutrophisation des &#233;cosyst&#232;mes aquatiques et &#224; la pollution de l'air.</p></li><li><p><strong>Empreinte biodiversit&#233; </strong>: &#233;value l'impact des activit&#233;s humaines sur la diversit&#233; biologique, en mesurant par exemple la perte d'habitats ou la r&#233;duction des populations d'esp&#232;ces.</p></li><li><p><strong>Empreinte mati&#232;re </strong>: quantifie la consommation de ressources naturelles, y compris les mati&#232;res premi&#232;res extraites et transform&#233;es, associ&#233;es &#224; une activit&#233; ou un produit.</p></li></ul><div class="image-gallery-embed" data-attrs="{&quot;gallery&quot;:{&quot;images&quot;:[{&quot;type&quot;:&quot;image/png&quot;,&quot;src&quot;:&quot;https://substack-post-media.s3.amazonaws.com/public/images/db6af3d7-4bd2-4218-8c34-3907a709a580_1194x846.png&quot;},{&quot;type&quot;:&quot;image/png&quot;,&quot;src&quot;:&quot;https://substack-post-media.s3.amazonaws.com/public/images/19317753-c038-40e1-8666-a9e93f13e767_1246x846.png&quot;},{&quot;type&quot;:&quot;image/png&quot;,&quot;src&quot;:&quot;https://substack-post-media.s3.amazonaws.com/public/images/8565e9b1-f7d6-401e-95f0-75af9be95ece_1286x856.png&quot;},{&quot;type&quot;:&quot;image/png&quot;,&quot;src&quot;:&quot;https://substack-post-media.s3.amazonaws.com/public/images/d175f24c-bc3f-48d8-8f4c-ae38fec71bba_1244x856.png&quot;},{&quot;type&quot;:&quot;image/png&quot;,&quot;src&quot;:&quot;https://substack-post-media.s3.amazonaws.com/public/images/8c187660-2b20-4c09-a713-45f6d20d797e_1120x594.png&quot;},{&quot;type&quot;:&quot;image/jpeg&quot;,&quot;src&quot;:&quot;https://substack-post-media.s3.amazonaws.com/public/images/2494ff48-4ef5-419b-b458-54804a8182a1_1200x1200.jpeg&quot;},{&quot;type&quot;:&quot;image/jpeg&quot;,&quot;src&quot;:&quot;https://substack-post-media.s3.amazonaws.com/public/images/e6f7bd5f-31de-4d64-94a7-88922d227e77_1200x1200.jpeg&quot;},{&quot;type&quot;:&quot;image/jpeg&quot;,&quot;src&quot;:&quot;https://substack-post-media.s3.amazonaws.com/public/images/fad46c56-fbb5-4432-8227-640bfb4a4fdf_1200x1200.jpeg&quot;},{&quot;type&quot;:&quot;image/jpeg&quot;,&quot;src&quot;:&quot;https://substack-post-media.s3.amazonaws.com/public/images/d1c86d55-46ad-4430-b084-6fdeaf05093f_1200x1200.jpeg&quot;}],&quot;caption&quot;:&quot;Diverses illustrations en lien avec l'empreinte &#233;cologique&quot;,&quot;alt&quot;:&quot;Empreinte carbone &quot;,&quot;staticGalleryImage&quot;:{&quot;type&quot;:&quot;image/png&quot;,&quot;src&quot;:&quot;https://substack-post-media.s3.amazonaws.com/public/images/bff97182-a435-4ad5-8977-3feea78cd767_1456x1454.png&quot;}},&quot;isEditorNode&quot;:true}"></div><div class="poll-embed" data-attrs="{&quot;id&quot;:215941}" data-component-name="PollToDOM"></div><p class="button-wrapper" data-attrs="{&quot;url&quot;:&quot;https://timetoreset.studioreset.fr/subscribe?&quot;,&quot;text&quot;:&quot;Abonnez-vous maintenant&quot;,&quot;action&quot;:null,&quot;class&quot;:null}" data-component-name="ButtonCreateButton"><a class="button primary" href="https://timetoreset.studioreset.fr/subscribe?"><span>Abonnez-vous maintenant</span></a></p><div><hr></div><h2>&#10055;&#65039; Comparer les diff&#233;rentes empreintes mondiales</h2><div class="captioned-image-container"><figure><a class="image-link image2 is-viewable-img" target="_blank" href="https://substackcdn.com/image/fetch/$s_!Y-WK!,f_auto,q_auto:good,fl_progressive:steep/https%3A%2F%2Fsubstack-post-media.s3.amazonaws.com%2Fpublic%2Fimages%2Fcba149a9-590a-422d-b734-141efe907b88_1029x819.png" data-component-name="Image2ToDOM"><div class="image2-inset"><picture><source type="image/webp" srcset="https://substackcdn.com/image/fetch/$s_!Y-WK!,w_424,c_limit,f_webp,q_auto:good,fl_progressive:steep/https%3A%2F%2Fsubstack-post-media.s3.amazonaws.com%2Fpublic%2Fimages%2Fcba149a9-590a-422d-b734-141efe907b88_1029x819.png 424w, https://substackcdn.com/image/fetch/$s_!Y-WK!,w_848,c_limit,f_webp,q_auto:good,fl_progressive:steep/https%3A%2F%2Fsubstack-post-media.s3.amazonaws.com%2Fpublic%2Fimages%2Fcba149a9-590a-422d-b734-141efe907b88_1029x819.png 848w, https://substackcdn.com/image/fetch/$s_!Y-WK!,w_1272,c_limit,f_webp,q_auto:good,fl_progressive:steep/https%3A%2F%2Fsubstack-post-media.s3.amazonaws.com%2Fpublic%2Fimages%2Fcba149a9-590a-422d-b734-141efe907b88_1029x819.png 1272w, https://substackcdn.com/image/fetch/$s_!Y-WK!,w_1456,c_limit,f_webp,q_auto:good,fl_progressive:steep/https%3A%2F%2Fsubstack-post-media.s3.amazonaws.com%2Fpublic%2Fimages%2Fcba149a9-590a-422d-b734-141efe907b88_1029x819.png 1456w" sizes="100vw"><img src="https://substackcdn.com/image/fetch/$s_!Y-WK!,w_1456,c_limit,f_auto,q_auto:good,fl_progressive:steep/https%3A%2F%2Fsubstack-post-media.s3.amazonaws.com%2Fpublic%2Fimages%2Fcba149a9-590a-422d-b734-141efe907b88_1029x819.png" width="1029" height="819" data-attrs="{&quot;src&quot;:&quot;https://substack-post-media.s3.amazonaws.com/public/images/cba149a9-590a-422d-b734-141efe907b88_1029x819.png&quot;,&quot;srcNoWatermark&quot;:null,&quot;fullscreen&quot;:null,&quot;imageSize&quot;:null,&quot;height&quot;:819,&quot;width&quot;:1029,&quot;resizeWidth&quot;:null,&quot;bytes&quot;:243327,&quot;alt&quot;:null,&quot;title&quot;:null,&quot;type&quot;:&quot;image/png&quot;,&quot;href&quot;:null,&quot;belowTheFold&quot;:true,&quot;topImage&quot;:false,&quot;internalRedirect&quot;:null,&quot;isProcessing&quot;:false,&quot;align&quot;:null,&quot;offset&quot;:false}" class="sizing-normal" alt="" srcset="https://substackcdn.com/image/fetch/$s_!Y-WK!,w_424,c_limit,f_auto,q_auto:good,fl_progressive:steep/https%3A%2F%2Fsubstack-post-media.s3.amazonaws.com%2Fpublic%2Fimages%2Fcba149a9-590a-422d-b734-141efe907b88_1029x819.png 424w, https://substackcdn.com/image/fetch/$s_!Y-WK!,w_848,c_limit,f_auto,q_auto:good,fl_progressive:steep/https%3A%2F%2Fsubstack-post-media.s3.amazonaws.com%2Fpublic%2Fimages%2Fcba149a9-590a-422d-b734-141efe907b88_1029x819.png 848w, https://substackcdn.com/image/fetch/$s_!Y-WK!,w_1272,c_limit,f_auto,q_auto:good,fl_progressive:steep/https%3A%2F%2Fsubstack-post-media.s3.amazonaws.com%2Fpublic%2Fimages%2Fcba149a9-590a-422d-b734-141efe907b88_1029x819.png 1272w, https://substackcdn.com/image/fetch/$s_!Y-WK!,w_1456,c_limit,f_auto,q_auto:good,fl_progressive:steep/https%3A%2F%2Fsubstack-post-media.s3.amazonaws.com%2Fpublic%2Fimages%2Fcba149a9-590a-422d-b734-141efe907b88_1029x819.png 1456w" sizes="100vw" loading="lazy"></picture><div class="image-link-expand"><div class="pencraft pc-display-flex pc-gap-8 pc-reset"><button tabindex="0" type="button" class="pencraft pc-reset pencraft icon-container restack-image"><svg aria-hidden="true" width="20" height="20" viewBox="0 0 20 20" fill="none" stroke-width="1.5" stroke="var(--color-fg-primary)" stroke-linecap="round" stroke-linejoin="round" xmlns="http://www.w3.org/2000/svg"><g><path d="M2.53001 7.81595C3.49179 4.73911 6.43281 2.5 9.91173 2.5C13.1684 2.5 15.9537 4.46214 17.0852 7.23684L17.6179 8.67647M17.6179 8.67647L18.5002 4.26471M17.6179 8.67647L13.6473 6.91176M17.4995 12.1841C16.5378 15.2609 13.5967 17.5 10.1178 17.5C6.86118 17.5 4.07589 15.5379 2.94432 12.7632L2.41165 11.3235M2.41165 11.3235L1.5293 15.7353M2.41165 11.3235L6.38224 13.0882"></path></g></svg></button><button tabindex="0" type="button" class="pencraft pc-reset pencraft icon-container view-image"><svg xmlns="http://www.w3.org/2000/svg" width="20" height="20" viewBox="0 0 24 24" fill="none" stroke="currentColor" stroke-width="2" stroke-linecap="round" stroke-linejoin="round" class="lucide lucide-maximize2 lucide-maximize-2"><polyline points="15 3 21 3 21 9"></polyline><polyline points="9 21 3 21 3 15"></polyline><line x1="21" x2="14" y1="3" y2="10"></line><line x1="3" x2="10" y1="21" y2="14"></line></svg></button></div></div></div></a></figure></div><p>Cet outil d&#8217;open data permet de positionner les diff&#233;rents pays au regard de leurs positionnement sur diff&#233;rents crit&#232;res:</p><ul><li><p>D&#233;ficit / R&#233;serve &#233;cologique</p></li><li><p>Empreinte &#233;cologique totale</p></li><li><p>Empreinte &#233;cologique par personne</p></li><li><p>Biocapacit&#233; totale </p></li><li><p>Biocapacit&#233; par personne</p></li></ul><p>L&#8217;outil dispose &#233;galement d&#8217;un explorateur de donn&#233;es permettant d&#8217;aller faire des comparaisons cibl&#233;s entre pays et r&#233;gions. </p><p>Un bel outil pour comprendre la durabilit&#233; des mod&#232;les par pays !</p><p class="button-wrapper" data-attrs="{&quot;url&quot;:&quot;https://data.footprintnetwork.org/?_ga=2.53205920.98391754.1726066089-838638850.1725955408#/&quot;,&quot;text&quot;:&quot;Data Footprint Network&quot;,&quot;action&quot;:null,&quot;class&quot;:null}" data-component-name="ButtonCreateButton"><a class="button primary" href="https://data.footprintnetwork.org/?_ga=2.53205920.98391754.1726066089-838638850.1725955408#/"><span>Data Footprint Network</span></a></p><div><hr></div><h2>&#128301; Signaux faibles et tendances lourdes : 5 articles sur l&#8217;empreinte &#233;cologique</h2><h3><strong>Ombre climatique&nbsp;: arr&#234;tons de nous focaliser sur l&#8217;empreinte carbone&nbsp;!</strong></h3><blockquote><p>Ce n&#8217;est pas parce qu&#8217;une personne a pris l&#8217;avion le mois dernier qu&#8217;elle pollue davantage la plan&#232;te qu&#8217;une personne qui n&#8217;a pas boug&#233; de chez elle et se d&#233;place la plupart du temps &#224; pied. Pourquoi&nbsp;? Parce que cette premi&#232;re personne est peut-&#234;tre une scientifique sp&#233;cialis&#233;e dans le climat et qu&#8217;elle a voyag&#233; loin pour donner une conf&#233;rence sur les dangers des &#233;missions de gaz &#224; effet de serre. Et que l&#8217;autre, celle qui a opt&#233; pour une mobilit&#233; douce, travaille en r&#233;alit&#233; pour un &#233;nerg&#233;ticien comme Total Energies ou pour une agence de publicit&#233; qui imagine des messages 100&nbsp;% greenwashing.</p></blockquote><p>&#10145;&#65039; Retrouver l&#8217;article sur <a href="https://www.wedemain.fr/ralentir/ombre-climatique-arretons-de-nous-focaliser-sur-lempreinte-carbone/">WE DEMAIN</a></p><h3><strong>Empreinte carbone : quels secteurs &#233;mettent le plus de CO2 en France et dans le monde ?</strong></h3><blockquote><p>L'empreinte carbone d'une activit&#233; est d&#233;termin&#233;e par la quantit&#233; de dioxyde de carbone (CO2) et d&#8217;autres gaz &#224; effet de serre rejet&#233;e par l'activit&#233; humaine dans l'atmosph&#232;re ainsi que par son impact sur l&#8217;environnement. Exprim&#233;e en tonnes de CO2 &#233;quivalent, elle est variable selon les pays, les secteurs et les ann&#233;es. Le point sur les &#233;missions de carbone par secteur.&nbsp;</p></blockquote><p>&#10145;&#65039; Retrouver l&#8217;article sur <a href="https://bigmedia.bpifrance.fr/nos-dossiers/empreinte-carbone-quels-secteurs-emettent-le-plus-de-co2-en-france-et-dans-le-monde">Big M&#233;dia</a></p><h3><strong>Le cr&#233;ateur de l&#8217;empreinte &#233;cologique Mathis Wackernagel pour le jour du d&#233;passement : &#171;les dommages caus&#233;s &#224; la plan&#232;te continuent de s&#8217;aggraver&#187;</strong></h3><blockquote><p>Mathis Wackernagel est l&#8217;&#233;conomiste &#224; l&#8217;origine du concept d&#8217;empreinte &#233;cologique qui permet de mesurer la pression qu&#8217;exerce l&#8217;humanit&#233; sur les ressources&nbsp;naturelles. Cette ann&#233;e, toutes les ressources r&#233;g&#233;n&#233;r&#233;es par la plan&#232;te en une ann&#233;e seront consomm&#233;es d&#232;s le 1<sup>er</sup> ao&#251;t. Ce &#171;&nbsp;jour du d&#233;passement&nbsp;&#187; symbolise ainsi la consommation d&#233;raisonn&#233;e de ressources naturelles par l&#8217;esp&#232;re humaine. Dans cet entretien avec GoodPlanet Mag&#8217;, Mathis Wackernagel revient sur le concept d&#8217;empreinte &#233;cologique qu&#8217;il a co-cr&#233;&#233;, sur l&#8217;&#233;volution du jour du d&#233;passement au fil des ann&#233;es mais aussi sur l&#8217;impact de la croissance d&#233;mographique et du num&#233;rique sur les ressources naturelles.  </p></blockquote><p>&#10145;&#65039; Retrouver l&#8217;article sur <a href="https://www.goodplanet.info/2024/07/31/le-createur-de-lempreinte-ecologique-mathis-wackernagel-pour-le-jour-du-depassement-les-dommages-causes-a-la-planete-continuent-de-saggraver/">Good Planet</a></p><h3><strong>Le bilan carbone de Shein risque d&#8217;exploser &#224; cause de l&#8217;IA</strong></h3><blockquote><p>En seulement un an, le bilan carbone de Shein a presque doubl&#233;. L&#8217;info, pass&#233;e sous les radars de la presse fran&#231;aise, a &#233;t&#233; r&#233;v&#233;l&#233;e par le roi de la fast-fashion lui-m&#234;me dans son rapport annuel sur la durabilit&#233; et l&#8217;impact social de l&#8217;entreprise, paru fin ao&#251;t. &#171;&nbsp;Nos &#233;missions absolues sont pass&#233;es de 9,17 millions de tonnes de CO2 en 2022 &#224; 16,68 millions de tonnes de CO2&nbsp;&#187;, d&#233;taille le g&#233;ant de la mode, qui a g&#233;n&#233;r&#233; plus de 2 milliards de dollars de b&#233;n&#233;fices en 2023.</p><p>Bien que la marque chinoise se soit engag&#233;e &#224; atteindre la neutralit&#233; carbone d&#8217;ici 2050, son bilan pourrait encore s&#8217;alourdir &#224; l&#8217;avenir &#224; cause de son usage de l&#8217;intelligence artificielle (IA). Et pour cause&nbsp;: Shein a mis &#224; disposition de ses 5 400 fournisseurs une plateforme boost&#233;e &#224; l&#8217;IA<strong> </strong>leur permettant d&#8217;adapter en temps r&#233;el leur production aux pr&#233;f&#233;rences des clients.&nbsp;</p></blockquote><p>&#10145;&#65039; Retrouver l&#8217;article sur <a href="https://usbeketrica.com/fr/article/le-bilan-carbone-de-shein-exploser-flamber-a-cause-de-l-ia">Usbek &amp; Rica</a></p><h3><strong>Se faire &#171;&nbsp;composter&nbsp;&#187; apr&#232;s sa mort, une fa&#231;on de r&#233;duire son empreinte &#233;cologique  </strong></h3><blockquote><p>En France, selon un sondage OpinionWay &#171;&nbsp;Les Fran&#231;ais et la terramation&nbsp;&#187; pour Humo Sapiens et la MAIF r&#233;alis&#233; en septembre&nbsp;2022, ils seraient 46&nbsp;% &#224; &#234;tre pr&#234;ts &#224; recourir &#224; cette pratique. Aux Etats-Unis, dans les six Etats concern&#233;s (dont New York et la Californie), le proc&#233;d&#233; existant est bien plus high-tech. Le corps est plac&#233; dans un cylindre en acier ventil&#233; par de l&#8217;oxyg&#232;ne, dont la temp&#233;rature est surveill&#233;e par des capteurs, ce qui permet d&#8217;obtenir le compost dans un d&#233;lai record d&#8217;un mois. La famille peut s&#8217;en servir dans son jardin ou le confier &#224; une entreprise sp&#233;cialis&#233;e qui le dispersera dans un parc. Katrina Spade, la fondatrice de Recompose, l&#8217;entreprise am&#233;ricaine pionni&#232;re en mati&#232;re d&#8217;humusation, affirme avoir eu un d&#233;clic le jour o&#249; elle a pris conscience que son cadavre allait empoisonner la terre.</p></blockquote><p>&#10145;&#65039; Retrouver l&#8217;article sur <a href="https://www.lemonde.fr/m-perso/article/2023/11/12/se-faire-composter-apres-sa-mort-une-facon-de-reduire-son-empreinte-ecologique_6199648_4497916.html">Le Monde</a></p><p class="button-wrapper" data-attrs="{&quot;url&quot;:&quot;https://timetoreset.substack.com/?utm_source=substack&amp;utm_medium=email&amp;utm_content=share&amp;action=share&quot;,&quot;text&quot;:&quot;Partager Time To Reset&quot;,&quot;action&quot;:null,&quot;class&quot;:null}" data-component-name="ButtonCreateButton"><a class="button primary" href="https://timetoreset.substack.com/?utm_source=substack&amp;utm_medium=email&amp;utm_content=share&amp;action=share"><span>Partager Time To Reset</span></a></p><div><hr></div><h2>&#10133; <strong>Le Bhoutan, seul pays au monde au bilan carbone n&#233;gatif</strong></h2><h3>En bref</h3><blockquote><p>Le Bhoutan est un pays pionnier dans la recherche d&#8217;un mod&#232;le de d&#233;veloppement int&#233;grant les exigences de la durabilit&#233; au point de se doter d&#8217;un indicateur propre : le Bonheur National Brut.</p></blockquote><div id="youtube2-HUm4o2zPAsE" class="youtube-wrap" data-attrs="{&quot;videoId&quot;:&quot;HUm4o2zPAsE&quot;,&quot;startTime&quot;:null,&quot;endTime&quot;:null}" data-component-name="Youtube2ToDOM"><div class="youtube-inner"><iframe src="https://www.youtube-nocookie.com/embed/HUm4o2zPAsE?rel=0&amp;autoplay=0&amp;showinfo=0&amp;enablejsapi=0" frameborder="0" loading="lazy" gesture="media" allow="autoplay; fullscreen" allowautoplay="true" allowfullscreen="true" width="728" height="409"></iframe></div></div><h3>7 enseignements</h3><ul><li><p>&#127793; <strong>Bilan carbone n&#233;gatif</strong>: le pays absorbe plus de CO2 qu&#8217;il n&#8217;en &#233;met, ce qui en fait un mod&#232;le pour la lutte contre le changement climatique.</p></li><li><p>&#127807; <strong>Pratiques agricoles durables</strong>: privil&#233;gier des m&#233;thodes agricoles qui pr&#233;servent la biodiversit&#233; et limitent l&#8217;utilisation de produits chimiques nocifs.</p></li><li><p>&#127795; <strong>Reforestation</strong>: soutien actif du gouvernement pour restaurer les &#233;cosyst&#232;mes et renforcer la couverture foresti&#232;re.</p></li><li><p>&#9889; <strong>&#201;nergies renouvelables</strong>: l&#8217;hydro&#233;lectricit&#233; repr&#233;sente une part majeure de la production d&#8217;&#233;nergie.</p></li><li><p>&#127757; <strong>Bonheur National Brut</strong>: le Bhoutan &#233;value son d&#233;veloppement non seulement par des indicateurs &#233;conomiques, mais aussi par le bien-&#234;tre de ses citoyens et de l&#8217;environnement.</p></li><li><p>&#127966;&#65039; <strong>Protection des &#233;cosyst&#232;mes</strong>: des lois strictes prot&#232;gent la faune et la flore pour garantir leur p&#233;rennit&#233;.</p></li><li><p>&#127760; <strong>Mod&#232;le de d&#233;veloppement alternatif</strong>: le pays d&#233;montre qu&#8217;un mod&#232;le de d&#233;veloppement durable et &#233;quilibr&#233; est possible.</p></li></ul><p class="button-wrapper" data-attrs="{&quot;url&quot;:&quot;https://timetoreset.studioreset.fr/subscribe?&quot;,&quot;text&quot;:&quot;Abonnez-vous maintenant&quot;,&quot;action&quot;:null,&quot;class&quot;:null}" data-component-name="ButtonCreateButton"><a class="button primary" href="https://timetoreset.studioreset.fr/subscribe?"><span>Abonnez-vous maintenant</span></a></p><div><hr></div><h2>&#128172; Des empreintes et des projets</h2><p>Finalement que retenir de cette newsletter ? </p><p>Car quoi qu&#8217;il arrive, nous laissons et nous laisserons une empreinte. <br>Reste &#224; d&#233;finir l&#8217;ampleur et la nature de cette derni&#232;re.<br>Et c&#8217;est notre responsabilit&#233; vis-&#224;-vis des g&#233;n&#233;rations qui viennent.</p><p>La bonne nouvelle, c&#8217;est que comprendre son empreinte permet de faire des choix en faveur d&#8217;un mod&#232;le plus durable. En un mot : agir. </p><ul><li><p>Agir &#224; l&#8217;&#233;chelle individuelle ;</p></li><li><p>Agir &#224; l&#8217;&#233;chelle de l&#8217;entreprise ;</p></li><li><p>Agir &#224; l&#8217;&#233;chelle territoriale ; </p></li></ul><p>Et c&#8217;est ce que nous verrons dans les prochaines newsletters !</p><div class="poll-embed" data-attrs="{&quot;id&quot;:215859}" data-component-name="PollToDOM"></div><p>Processus infini d&#8217;am&#233;lioration continue dans un monde fini : n&#8217;h&#233;sitez pas &#224; me faire remonter vos remarques et avis sur cette newsletter. Ainsi que vos envies pour les prochaines ! </p><p class="button-wrapper" data-attrs="{&quot;url&quot;:&quot;https://timetoreset.studioreset.fr/p/comprendre-son-empreinte-ecologique/comments&quot;,&quot;text&quot;:&quot;Laissez un commentaire.&quot;,&quot;action&quot;:null,&quot;class&quot;:null}" data-component-name="ButtonCreateButton"><a class="button primary" href="https://timetoreset.studioreset.fr/p/comprendre-son-empreinte-ecologique/comments"><span>Laissez un commentaire.</span></a></p><p></p><p></p>]]></content:encoded></item></channel></rss>